Voyage

Massif Central

Du 11 au 29 juillet 2011

19 jours921 km14 034 m D+407 photos

Le voyage

L'idée initiale de ce voyage était de rejoindre le rassemblement de l'association des véhicules à propulsion humaine à Allègre en Haute-Loire, à côté du Puy-en-Velay, organisé du 16 au 24 juillet 2011. C'était l'occasion de faire un voyage de quelques jours pour rejoindre Allègre depuis la maison, puis de revenir par une route légèrement différente, en passant par l'Aubrac, après la semaine du rassemblement. Comme Martine, prise par son boulot, n'a pu se rendre disponible, j'ai lancé un appel aux autres pratiquants de la région pour trouver des compagnons de voyage. Seule Marie-Claire a répondu positivement et nous avons partagé les joies et les difficultés d'une grande partie de cette aventure.

Nous avons remonté la vallée du Célé puis, en suivant une route parallèle aux vallées du Lot et de la Truyère, nous avons pu admirer le Plomb du Cantal sur fond de paysage champêtre. Après avoir passé Saint-Flour, nous avons rejoint Allègre, située à mi-chemin entre Le-Puy-en-Velay et La Chaise-Dieu. Finalement, arrivés là, le temps était tellement froid et humide que nous avons changé nos plans et décidé de continuer vers le Sud pour tenter de retrouver un peu de soleil et de chaleur. Après avoir remonté la vallée de l'Allier, nous avons rejoint celle du Tarn en passant près du Mont Aigoual. Là, Geneviève, qui n'avait pu se joindre à nous dès le départ, nous a rejoints en vélo droit après avoir pris le train jusqu'à Millau. Finalement, à Saint-Rome-de-Tarn, Marie-Claire a décidé de retourner en arrière pour explorer le Larzac et pendant que Geneviève et moi avons pris la route du retour rejoignant la vallée du Viaur.

L'aventure s'est terminée plus tôt que prévu avec la rupture de l'axe de roue arrière de mon tricycle lors du passage d'un ralentisseur à la sortie de Pampelonne, dans le Tarn. Comme nous n'étions pas très loin de la maison, nous avons appelé Martine à la rescousse et le retour s'est terminé en voiture, nos montures dans la remorque.

Finalement, ce fut une belle boucle dans le Massif Central et mon compteur affichait à l'arrivée plus de 900 km, parcourus en 16 étapes, du 11 au 29 juillet. Neuf départements ont été traversés : le Tarn & Garonne, le Lot, L'Aveyron, le Cantal, la Haute-Loire, l'Ardèche, la Lozère, le Gard et le Tarn. Si nous sommes partis avec une température de 38°C le premier jour, les journées qui ont suivi ont été plutôt fraîches avec parfois du vent fort et de la pluie. Cette dernière nous a bloqués une demi-journée à Figeac. Il en a été de même à Jax, un peu avant Allègre, et nous avons aussi roulé sous la pluie toute une matinée après Bedouès, dans l'Aveyron. Le relief ne nous a pas ménagé non plus avec des pourcentages parfois bien supérieurs à 10 % et ce sur plusieurs kilomètres. Nous avons monté plusieurs cols à plus de 1100 m. Par contre, ces difficultés ont largement été compensées par la beauté des paysages, en particulier dans les Cévennes. Nous avons pris notre temps et nous nous arrêtions parfois tous les 100 m pour faire une photo, admirer une fleur ou un joli village blotti dans la vallée au bord d'une rivière, ou bien encore pour déguster des framboises ou des mûres. Si les montées ont été longues, nous avons été grisés par de très belles descentes, sans doute parcourues trop vite pour bien apprécier le paysage. Mais ce sera une bonne raison de plus pour revenir...

Pour en garder le souvenir, nous avons ramené plusieurs milliers de photos de ce superbe voyage. Celles qui sont datées ont été réalisées par Marie-Claire.

Jour 1

Lundi 11 juillet 2011

Saint-Loup (82) → Concots (46)

8 photos

Le parcours

De Saint-Loup (82) à Concots (46) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

Je quitte la maison en début de matinée et je passe à la boulangerie de Valence d'Agen prendre du pain. Je rejoins ensuite la vallée de la Barguelonne que je remonte en suivant une petite route pas très bien revêtue mais peu fréquentée. C'est un parcours que je connais bien et que je fais souvent. Cette route jusqu'à Lalbenque, nous l'avons déjà suivie lors de notre boucle réalisée en août l'année dernière.

Marie-Claire, elle, est partie hier après-midi de Pujols, près de Villeneuve-sur-Lot. Nous avons prévu de nous retrouver vers 10h00 juste en-dessous de Montesquieu. Quand j'arrive au point de rendez-vous, elle n'est pas là. Heureusement, je décide d'aller à sa rencontre et je la trouve quelques centaines de mètres plus loin. Elle m'attendait de l'autre côté de la Grande Barguelonne dont nous allons remonter la vallée.

Nous faisons la pause méridienne au bord de la route à l'ombre des arbres. Il n'y a pas de circulation. Le soleil commence à taper fort et on apprécie l'ombre. Nous repartons après avoir bien pris notre temps pour ne pas trop rouler en pleine chaleur car la route qui suit cette vallée très cultivée n'est pas très ombragée. La température montera jusqu'à 38°C et nous arrivons à Lalbenque accablés de soleil en fin d'après-midi. Le rafraîchissement du bar est le bienvenu.

Quand nous repartons, nous faisons d'abord une étape aux sanitaires municipaux afin de faire le plein d'eau. Avant Concots, nous trouvons un coin pour planter nos tentes un peu à l'écart de la route. Le rituel quotidien se met en place. Préparation du dîner et montage des tentes, puis douche chacun notre tour dans un coin abrité des regards. Quelques voitures passeront pendant la soirée, mais nous ne serons pas dérangés pendant la nuit.

Le parcours du jour était en montée lente et le compteur affiche 86 km à la fin de la journée.

Petite pause à l'ombre pour faire des photos d'une très belle demeure 15:36
Petite pause à l'ombre pour faire des photos d'une très belle demeure
Les maisons de pierres blanches sont typiques de cette partie du Quercy 15:38
Les maisons de pierres blanches sont typiques de cette partie du Quercy
Ici, les vaches ont un pelage clair, c'est la Blonde d'Aquitaine 16:04
Ici, les vaches ont un pelage clair, c'est la Blonde d'Aquitaine
Un abri en pierre typique du Causse 16:20
Un abri en pierre typique du Causse
Nous empruntons cette route un peu plus fréquentée sur quelques kilomètres 16:37
Nous empruntons cette route un peu plus fréquentée sur quelques kilomètres
Nous quittons le village de Lalbenque après nous être rafraîchis au bar 19:05
Nous quittons le village de Lalbenque après nous être rafraîchis au bar
Jour 2

Mardi 12 juillet 2011

19 photos

Le parcours

De Concots (46) à Figeac (46) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

On a entendu le chevreuil aboyer cette nuit. Après avoir démonté les tentes et pris notre petit déjeuner, nous reprenons cette route tranquille qui serpente dans la forêt de chênes verts. Le soleil est de la partie et il va encore faire chaud aujourd'hui. En fin de matinée, à l'issue d'une longue descente vers la vallée du Lot, nous arrivons à Saint-Cirq-Lapopie. Le village, perché au-dessus de la rivière, est très touristique et il y a plein de monde. Nos appareils photos crépitent. La pente de la route est tellement forte que, malgré les deux freins bloqués, mon trike à l'arrêt glisse. Il faut dire qu'avec la remorque, je n'ai pas lésiné sur le chargement. Nous grimpons jusqu'en haut du village et notre équipage fait sensation.

Fuyant les touristes, nous redescendons jusqu'au pont sur le Lot. Puis nous prenons vers Cabrerets pour remonter la vallée du Célé. La route est très agréable. Elle est ombragée et monte très doucement. Nous passons devant le Musée de l'Insolite niché contre la falaise. On s'arrête juste après, près d'un gué qui mène au centre de vacances de Liauzu. Nous prenons notre temps pour cette pause méridienne à l'ombre et près de l'eau. Le Célé est peu profond, mais il permet malgré tout de faire une bonne trempette qui est la bienvenue pour nous rafraîchir. Des touristes étrangers en canoë venus s'échouer sur le passage à gué apprécient un coup de pouce pour retourner à l'eau. Un papillon rare venu s'abreuver au bord de l'eau fait la vedette devant l'objectif de Marie-Claire. Des touristes Hollandais viennent passer l'après-midi au bord de l'eau avec leurs enfants. Voilà qui a vraiment un air de vacances.

Nous reprenons la route en milieu d'après-midi. Les kilomètres défilent facilement. Nous passons de jolis petits villages. Les ponts sur la rivière calme sont admirables de majesté. À Brengues, nous faisons une petite pause pour faire des photos de la rivière, du pont et du village. Peu après l'église en ruines de Camboulit et juste avant la D802 plus fréquentée, nous posons notre dévolu sur un champ en bordure du Drauzou, un affluent du Célé, en contrebas de la route. Nous ne sommes qu'à 5 km de Figeac.

Nous profitons de la rivière pour faire un peu de lessive qui a à peine le temps de sécher avant que l'orage ne gronde au loin. Nous allons nous coucher sans avoir vu une goutte de pluie, mais la nuit sera humide.

Nous avons parcouru 65 km aujourd'hui.

Notre campement sur le Causse au petit matin 07:20
Notre campement sur le Causse au petit matin
Nous reprenons la route dans la forêt 09:00
Nous reprenons la route dans la forêt
Au fond, le village de Concots 09:11
Au fond, le village de Concots
Nous arrivons à Saint-Cirq-Lapopie 10:53
Nous arrivons à Saint-Cirq-Lapopie
Le village de Saint-Cirq-Lapopie est perché au-dessus du Lot 10:58
Le village de Saint-Cirq-Lapopie est perché au-dessus du Lot
C'est un haut lieu touristique avec des maisons typiques dominées par l'église Saint-Cyr 11:00
C'est un haut lieu touristique avec des maisons typiques dominées par l'église Saint-Cyr
Jour 3

Mercredi 13 juillet 2011

12 photos

Le parcours

De Figeac (46) à Fournoulès (15) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

Il a plu une bonne partie de la nuit et je me suis réveillé ce matin au son des gouttes sur la tente. Marie-Claire, qui avait planté la sienne sous un arbre n'a pratiquement pas eu d'eau pendant la nuit. Par contre, ce matin, l'arbre s'égoutte au-dessus d'elle. Finalement, la pluie s'est calmée un peu le temps qu'on déjeune et qu'on commence à plier les tentes. Mais à peine étions-nous partis qu'elle a repris. Il tombait même des cordes quand nous sommes arrivés à Figeac, 5 km plus loin. C'est complètement trempés que nous nous sommes réfugiés au premier bar rencontré, près du centre-ville. De l'intérieur, on voyait nos pauvres montures martelées par la pluie battante.

Après nous être réchauffés un peu, on a rangé et attaché les tricycles sur le trottoir, puis nous sommes partis faire un petit tour en ville sous la pluie incessante. Nous avons fait des courses au magasin bio de l'autre côté du Célé et nous sommes revenus trempés, encore une fois. Finalement, nous nous sommes réfugiés dans un petit restaurant où nous avons déjeuné. On en a profité pour faire sécher le linge à la laverie voisine et pour consulter nos messages sur internet. On a traîné là jusqu'en début d'après-midi et nous avons repris la route lorsque le temps s'est amélioré. Le soleil a même daigné pointer son nez, mais la température, elle, avait bien baissé.

Nous avons quitté la ville par une route assez fréquentée, mais très vite, nous retrouvons les petites routes et leur calme. Le soleil est bientôt retourné se cacher derrière un vilain voile gris, mais la température a fini par remonter un peu. Une petite pause pour photographier des chevaux et nous reprenons la route. Depuis que nous avons quitté Figeac, ça monte franchement. Nous quittons la vallée pour grimper sur les collines. Ensuite, ça redescend un peu puis ça remonte jusqu'à Montredon. Après quelques ondulations de terrain, on remonte encore. Fini les calmes vallées avec une pente toute en douceur. Le Massif Central nous montre de quoi il est capable. À nous d'être à la hauteur. On relève bien le défi, même si la moyenne s'en ressent un peu. Mais qu'importe, nous sommes en vacances et nous avons tout notre temps. Le paysage est bucolique avec beaucoup de prairies et quelques cultures sur le plateau. Il y a aussi pas mal d'arbres qui agrémentent le paysage.

À partir de Saint-Santin-de-Maurs, nous suivons la limite entre le Cantal, au Nord sur notre gauche, et l'Aveyron, au Sud et à droite. Pour rattraper un peu le temps passé à attendre l'accalmie à Figeac, nous roulons assez tard dans la soirée. Finalement, nous plantons les tentes après une longue montée, dans une grande prairie en bord de route, sur une colline qui domine le paysage de la commune de Fournoulès. Le vent, assez fort, tombera avec la nuit.

Nous n'avons parcouru que 34 km aujourd'hui, mais nous n'avons pratiquement pas roulé ce matin.

Le campement au petit matin 08:00
Le campement au petit matin
Après 5 km sous le déluge, on se sèche au bar à Figeac 09:40
Après 5 km sous le déluge, on se sèche au bar à Figeac
Pendant ce temps là, nos montures sont noyées par la pluie 09:41
Pendant ce temps là, nos montures sont noyées par la pluie
Ces jolis murs en pierres, typiques de la région, témoignent de l'opiniâtreté des anciens 17:08
Ces jolis murs en pierres, typiques de la région, témoignent de l'opiniâtreté des anciens
Nous traversons de très jolies forêts 17:29
Nous traversons de très jolies forêts
Finalement, la température remonte un peu et il faut se découvrir 17:52
Finalement, la température remonte un peu et il faut se découvrir
Jour 4

Jeudi 14 juillet 2011

24 photos

Le parcours

De Fournoulès (15) à Murols (12) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

Ce matin, surprise au lever, le fond de la vallée est sous les nuages et nous sommes au soleil. Le village, perché sur un monticule juste en-dessous de nous, émerge à peine, entouré de son bosquet d'arbres. Le temps de lever le camp et le fond de vallée se dégage lentement.

On reprend la route pour encore monter. Mais les pentes ne sont pas très fortes. Ici, les vaches sont beiges avec le museau noir entouré d'un anneau de pelage blanc et de belles cornes. C'est la caractéristiques des vaches de l'Aubrac. D'autres sont rousses très foncé, ou noires, avec de très belles cornes aussi. Encore des vaches de l'Aubrac. Certaines d'entre-elles ont une cloche qui sonorise le paysage.

Nous faisons halte à Cassaniouze pour acheter du pain. Le village est très agréable et la boulangère sympathique. Nous visitons l'église située sur la place du village et qui est bordée d'un joli jardin. Elle possède une belle crypte. Sur la place, un arbre porte de drôles de fruits. Ce sont des pancartes de bois avec d'un côté le nom d'un village voisin et de l'autre sa distance. C'est très original.

Nous poursuivons notre route. Il ne fait pas très chaud. Ici les maisons ont un toit de lauzes très lourd, avec une forte pente. On s'arrête pour déjeuner dans un chemin creux abrité du vent, à la sortie de Labesserette. Le soleil timide nous réchauffe un peu.

Nous repartons en milieu d'après-midi car nous nous sommes arrêtés tard aujourd'hui. 4 km après Ladinhac, nous entamons une superbe descente bien ombragée dans la vallée du Goul. La température, plutôt fraîche, combinée à notre vitesse, nous glace. Nous nous arrêtons au pont pour une petite pause photo. Ensuite, c'est 6 km de montée à plus de 5 % pour rejoindre le petit village de Murols perché au-dessus de la vallée du Batut. Le paysage est très joli et boisé. De temps en temps, nous sortons de la forêt et nous pouvons admirer la très belle vallée au-dessous de nous.

Il est déjà tard lorsque nous arrivons à Murols. Dans ce village, il y a des peintres et des sculpteurs. Un forgeron a restauré l'ancienne forge et produit des œuvres artistiques. Comme il est déjà tard, nous ne nous arrêtons pas car il nous faut monter sur le plateau afin de trouver un endroit pour camper. Ici, c'est impossible à cause des pentes.

Nous montons encore 3 km puis, nous nous arrêtons demander de l'eau dans une ferme du petit hameau de Gamelou. Des gens très gentils nous donnent une eau de ville javellisée qui contraste fort avec les eaux de source que nous avions trouvées les jours précédents. C'est quelques centaines de mètres plus loin que nous nous installons dans un immense champ d'herbe récemment fauchée entièrement jaune. Nous montons les tentes un peu à l'écart de la route derrière un petit bois où nous verrons des chevreuils.

Nous avons parcouru 48 km aujourd'hui. Le relief était nettement plus torturé que les jours précédents et nous avons cumulé un dénivelé positif de 830 m.

Notre colline est au soleil au petit matin 07:40
Notre colline est au soleil au petit matin
Par contre, la vallée est dans la brume 08:13
Par contre, la vallée est dans la brume
Les volutes montent lentement, poussées par la brise 08:16
Les volutes montent lentement, poussées par la brise
Quand nous levons le camp, la vallée se dégage 09:37
Quand nous levons le camp, la vallée se dégage
L'amour maternel est sans faille 09:45
L'amour maternel est sans faille
Les Aubrac, reconnaissables à leur museau noir entouré de blanc, sont attentives à notre présence 09:53
Les Aubrac, reconnaissables à leur museau noir entouré de blanc, sont attentives à notre présence
Jour 5

Vendredi 15 juillet 2011

33 photos

Le parcours

De Murols (12) à Saint-Flour (15) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

On a entendu le chevreuil cette nuit. Le soleil se lève derrière les montagnes et la journée s'annonce belle. Pour déjeuner, on s'écarte un peu du petit bosquet qui nous a abrité pour la nuit afin de profiter de la chaleur naissante. Nous nous sommes vite adaptés au confort de la table formée par le couvercle de la remorque et aux pliants qui nous permettent de prendre nos repas sans être sur le sol.

Une fois quitté notre campement, nous avons droit à une jolie côte pour atteindre Lacroix-Barrez. Ensuite, c'est le plateau. Le ciel est bleu et la température monte assez vite. Après quelques kilomètres sur la D904, toute droite et où les voitures roulent vite, nous prenons à droite pour descendre dans la vallée de la Bromme. Nous faisons une petite pause à Brommat, puis nous remontons la vallée du Siniq, un affluent de la Bromme. La route monte, mais pas trop fort, et elle est bien ombragée. De l'autre côté de la vallée, en face du village de Cussagol, le château de Castel-Noël, perché sur le promontoire formé par le confluent du Siniq avec le ruisseau de Messel, domine le paysage. Nous l'avons aperçu de loin, bien avant de passer en face. C'est une bâtisse impressionnante flanquée d'une grande tour et percée de petites fenêtres.

La route monte depuis un moment. Le point le plus haut est à 950 m, juste avant Thérondels. Nous y faisons une pause. Il y a là une très ancienne croix dont les inscriptions sont érodées par le temps. Nous arrivons au village juste à temps pour faire les courses. En repartant, nous y découvrons une bascule publique avec un système antique de pesée style balance Roberval. On tente de peser mon chargement, mais la plate-forme, prévue pour un seul essieu, est trop petite pour que j'y puisse mettre le tricycle et la remorque. Finalement, on renonce et nous reprenons notre route.

Après Thérondels, nous passons une superbe descente dans la forêt. En bas, une petite rivière au joli nom d'Hirondelle mérite un arrêt photo. Dans la côte qui suit, nous assistons à un spectacle exceptionnel. Un couple de Milans Royaux nous gratifie de grandes arabesques dans un ciel d'un bleu profond et sans nuages. Nous prenons le temps de faire quantité de photos, espérant en avoir quelques unes de bonne qualité et assez zoomées. Le manège dure assez longtemps car ils vont globalement dans la même direction que nous. On ne se lasse pas d'un tel spectacle. La route suit la très belle vallée du Brezons jusqu'à Saint-Martin-sous-Vigouroux, où elle traverse la rivière. Le village aux toits gris est blotti sous une coulée de lave très caractéristique.

Après avoir bien monté, nous faisons une petite pause à l'ombre. Marie-Claire en profite pour se masser les jambes avec une huile de sa composition qui embaume l'atmosphère. Quand nous avons récupéré, nous repartons pour terminer cette côte et redescendre sur Pierrefort, une petite ville perchée sur un rocher volcanique. Soudain, je vois Marie-Claire monter sur le trottoir et s'arrêter. Elle me fait : « J'ai oublié mon flacon d'huile de massage à la dernière pause ! ». Je calcule que nous avons fait environ 4 km depuis, essentiellement en descente. Je laisse la remorque et les sacoches sur le trottoir près du tricycle de Marie-Claire et je repars en arrière pour retrouver le flacon. Délesté de mon chargement, j'ai l'impression de piloter un bolide. J'avale les côtes à plus de 16 km/h. Il faut dire que l'entraînement depuis cinq jours est efficace. En un rien de temps, je suis revenu après avoir retrouvé le flacon dans l'herbe. Marie-Claire est soulagée et je suis content de m'être défoulé un peu. Finalement, cet intermède satisfait tout le monde.

Après Pierrefort, nous montons encore. Nous allons passer à plus de 1000 m. Le paysage est moins boisé. Loin au Nord, on distingue le Plomb du Cantal et les Monts du Cantal en arrière-plan. Après être passés entre le Puy d'Assac à gauche (1104 m) et le Puy de Gourdièges à droite (1137 m) nous passons notre premier grand col, le col du Puy de Renel, à 1075 m. La température a bien baissé, même si le soleil est toujours là.

Après Rouire, nous profitons d'une belle descente jusqu'au ruisseau de l'Épie, puis c'est de nouveau une côte. On commence à s'y faire. On monte très lentement, mais on profite davantage du paysage. Juste en dessous de Tagenac, on fait une pause. Ici, la falaise a été creusée pour faire passer la route. Il y a, au-dessus, des roches caractéristiques en forme de barres verticales à section carrée. Voilà qui fait le bonheur de Marie-Claire, professeur de sciences et vie de la terre, qui prend des photos détaillées pour montrer à ses élèves.

À force de monter, on se retrouve de nouveau sur un plateau à plus de 1000 m d'altitude. Il y a peu d'arbres et les foins ont été coupés dans les prairies. Dans un champ, des cigognes sont posées. C'est un peu loin de la route, mais on fait des photos quand même. Juste à côté, une pancarte indique « menhir de la Pierre Plantade ». C'est un petit rocher pointu, de 1 m environ, planté dans le sol. La carte nous montre qu'il y a aussi des dolmens aux alentours.

Nous décidons de dîner avant de trouver un coin pour planter la tente, puis nous reprenons la route de Saint-Flour. Au bout du plateau, nous prenons à gauche la D921 qui est un peu plus fréquentée à l'approche de la ville. Cette route ne fait que monter et descendre avec des pentes de 8 %. Avec la circulation, ce n'est pas agréable. Nous nous arrêtons lorsque la route domine la ville. Là, nous décidons de prendre un petit chemin à droite afin de chercher un coin pour la nuit, éloigné des bruits de la circulation et de la ville. Finalement, après beaucoup de tergiversations, nous établissons notre campement au lieu-dit La Pierre Plantée, dans un champ tournant le dos à Saint-Flour et qui domine la vallée du ruisseau de Couchery. Nous avons droit à un magnifique lever de la pleine lune avant d'aller au lit.

Nous avons parcouru 77 km aujourd'hui ce qui est pas mal avec notre chargement et compte tenu d'un dénivelé positif de près de 1100 m.

Pour déjeuner au soleil, on s'installe au milieu du champ 07:46
Pour déjeuner au soleil, on s'installe au milieu du champ
La remorque sert de table pour le petit déjeuner au soleil du matin 07:59
La remorque sert de table pour le petit déjeuner au soleil du matin
Arrivée à Lacroix-Barrez sous le soleil 09:17
Arrivée à Lacroix-Barrez sous le soleil
Le village de Brommat, dans la vallée de la Bromme 09:54
Le village de Brommat, dans la vallée de la Bromme
Depuis un moment, on devine au loin le château de Castel Noël 10:37
Depuis un moment, on devine au loin le château de Castel Noël
Le château de Castel Noël, de l'autre côté de la vallée du Siniq 10:42
Le château de Castel Noël, de l'autre côté de la vallée du Siniq
Jour 6

Samedi 16 juillet 2011

46 photos

Le parcours

De Saint-Flour (15) à Jax (43) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

Ce matin, le soleil a pris la place qu'occupait la lune hier soir. L'air est frais et il faudra un peu de temps pour que ça chauffe. Après avoir déjeuné et plié, nous reprenons le chemin qui nous a mené là et nous descendons sur la ville de Saint-Flour. La traversée est assez facile et nous en sommes vite sortis. C'est seulement à 10 km après la ville que nous nous souvenons qu'il faut faire le plein d'eau car nous n'avons quasiment plus rien. On s'arrête à la première ferme rencontrée. Hélas, la maison n'est pas habitée et un chien garde la grange. Il n'y a personne. Impossible de trouver de l'eau ici. Pour nous consoler, un couple de Milans Royaux vient parader dans le ciel. Faute d'eau, nous ramènerons des photos.

À partir de là, nous quittons le val de l'Ander, la rivière qui arrose Saint-Flour, et ça monte bien. D'en haut, on a une belle vue sur la vallée et les environs. Une fois sur le plateau, on est entre 1000 et 1100 mètres. Une borne, en bord de route indique 1099,49 m. Le ciel est nuageux mais ne menace pas. Le vent est plutôt frais. Au village de Sistrières, une grand-mère prend le soleil devant sa porte, à l'abri du vent. Elle remplit nos gourdes en nous signalant que c'est de l'eau de source qui alimente le village. Marie-Claire la prend en photo à mes côtés. Elle semble enchantée d'avoir rencontré du monde. C'est vrai qu'il ne semble pas y avoir d'autre personne qu'elle dans ce petit village où tout est fermé.

3 km plus loin, nous attaquons une belle descente qui va nous mener de plus de 1100 m à 480 m, sur les bords de l'Allier. Après Védrines-Saint-Loup, nous quittons la route principale pour prendre une petite route charmante et peu fréquentée. À partir de là, c'est un vrai tobbogan qui suit la Cronce sur plus de 15 km jusqu'à la vallée de l'Allier, un plaisir en tricycle couché. Nous nous arrêtons en route pour photographier les vaches. Marie-Claire les appelle et elles se tournent vers elle. On sent que quelque chose se passe entre elles. Je suis impressionné.

Juste avant Chastel, nous passons en Haute-Loire. Le ciel se dégage doucement et fait davantage place au soleil. Sur cette jolie petite route en descente et où nous sommes seuls dans la forêt, nous donnons libre cours à nos envies de vitesse au détriment de la contemplation du paysage qui est cependant très joli. Je laisse Marie-Claire rouler devant et je fais des photos en pilotant d'une seule main. Ce n'est pas difficile, il suffit simplement d'anticiper les freinages sans se laisser distancer, car je n'utilise qu'un seul frein. Marie-Claire, avec un tricycle plus large que le mien, peut prendre les virages plus vite que moi. Cette vallée très boisée est sauvage. On n'y voit personne, sauf qu'à un moment, j'ai eu juste le temps d'attraper les deux freins après avoir pris en photo le tracteur chargé de foin qui venait en sens inverse. Il occupait une grande partie de la route et Marie-Claire, impressionnée, avait bien ralenti. Le tracteur passé, nous reprenons notre course effrénée vers le bas.

Peu après le carrefour de la route de Cronce, la pente s'inverse et nous devons remonter. La vitesse en prend un coup et c'est tant mieux car le paysage est magnifique. Nous sommes sortis de la forêt et rien ne nous cache la sauvage beauté de cette très belle vallée. Nous nous arrêtons tous les 100 m pour faire des photos. A cette allure, nous ne souffrons pas de la pente qui est supérieure à 5 %. Le ciel est maintenant bien dégagé et nous profitons des arrêts pour boire un peu. La route surplombe les villages et les moulins nichés en bas de la vallée, au bord de la Cronce. C'est un paysage magique qui justifie largement toutes les côtes où nous avons souffert avant d'arriver là.

Il est déjà 13h30 lorsque nous trouvons un coin d'herbe pour notre pause méridienne. Le soleil tape et l'ombre est la bienvenue. Nous repartons près d'une heure et demi plus tard pour continuer notre ascension à flanc de colline. Le ciel commence à se couvrir et il fait déjà un peu moins chaud. Nous atteignons peu après le carrefour de la Croix de Cronce où reprend la descente vers la vallée de l'Allier. Nous filons à grande vitesse sur cette route qui serpente sous les arbres. C'est un jeu où l'on ne sent plus la charge de notre équipement.

Finalement, à l'issue de cette course folle, nous arrivons à Saint-Cirgues, juste avant Lavoûte-Chilhac. Nous passons le pont sur l'Avesne pour avoir un aperçu du village. Le clocher en ogive de l'église de Saint-Cirgues est assez inattendu. Lavoûte-Chilhac est juste à côté. Nous nous arrêtons le temps d'une photo à l'entrée de la ville, devant l'ancienne abbaye bénédictine au pied de laquelle coule l'Allier. Puis nous faisons demi-tour car ce n'est pas notre route. Nous repassons le pont sur l'Avesne puis nous reprenons la route de Langeac.

Nous suivons la vallée de l'Allier sur 6 km, puis, traversant la rivière, nous prenons à gauche au Chambon. Là, des touristes s'intéressent à nos montures et nous posent les questions habituelles. Nous reprenons la route peu après pour attaquer une côte à 14 %. Même si la température a bien baissé par rapport à l'après-midi, nous avons vite chaud. Heureusement, la forte pente n'est pas trop longue et on peut récupérer. Nous roulons ensuite sur un plateau. Après Saint-Georges d'Aurac nous faisons une petite pause. Le ciel est de plus en plus gris et il fait lourd.

Le village suivant est le village natal de Lafayette, Chavaniac-Lafayette. Il a l'air assez touristique avec un beau château, mais comme il est assez tard, nous ne verrons pas grand monde. A partir de là, nous entamons une longue montée. Et ça commence très fort avec une pente de 21 %, mesurée par mon inclinomètre à bulle. Heureusement, c'est juste dans le village. Nous sommes à 21 km d'Allègre et nous avons déjà un jour de retard par rapport au début annoncé du regroupement de vélos couchés. Ce n'est pas très important, le but étant seulement d'apprécier l'aventure et les paysages.

Il est plus de 19h30 lorsque nous arrivons à Jax. Dans une prairie, au milieu du village, un lama cohabite avec un mouton et une chèvre. Nous ne sommes pas tout à fait en haut, mais la vue sur la vallée est assez jolie. Le village est beau lui aussi avec des maisons en pierres sombres volcaniques. Avant de continuer, nous décidons de faire le plein d'eau au cimetière situé au bord de la route en-dessous de nous. Nous traversons un champ à pied et nous cherchons en vain un robinet. Une femme qui se trouvait là nous indique qu'il y a un lavoir avec une source un peu plus haut. Sa toiture vient d'être restaurée, mais le bassin, rempli d'herbes et d'algues, mériterait un nettoyage. Par contre, la source coule par un tuyau avec un bon débit. L'eau est excellente.

L'orage gronde au loin. Sachant qu'il nous reste encore plus de 17 km avant d'arriver à Allègre, vu le peu d'intérêt d'y arriver ce soir et le risque de rouler sous la pluie, nous décidons de planter la tente au pied du mur du cimetière, situé un peu à l'écart du village. L'herbe est tondue et l'endroit est très calme. Nous allons faire un petit tour au village où le seul commerce semble fermé. Nous dînons au campement et la soirée se termine sans pluie.

Nous avons parcouru 68 km aujourd'hui avec un dénivelé positif de plus de 1100 m.

Ce matin, le soleil a pris la place qu'occupait la lune hier soir 06:35
Ce matin, le soleil a pris la place qu'occupait la lune hier soir
L'air est plutôt frais et l'anorak n'est pas de trop 09:24
L'air est plutôt frais et l'anorak n'est pas de trop
En cherchant de l'eau dans une ferme isolée et abandonnée, on a rencontré un Milan Royal 09:57
En cherchant de l'eau dans une ferme isolée et abandonnée, on a rencontré un Milan Royal
Nous montons jusqu'à plus de 1000 m au-dessus de la vallée de Saint-Flour qu'on domine depuis la forêt des Maisons 10:43
Nous montons jusqu'à plus de 1000 m au-dessus de la vallée de Saint-Flour qu'on domine depuis la forêt des Maisons
Typique des régions montagneuses, la campanule est dans son élément ici 11:20
Typique des régions montagneuses, la campanule est dans son élément ici
À force de monter, on arrive sur le plateau 11:32
À force de monter, on arrive sur le plateau
Jour 7

Dimanche 17 juillet 2011

20 photos

Le parcours

De Jax (43) à Allègre (43) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

Il a plu toute la nuit. Ce matin, il pleut encore et on traîne pour se lever. Inutile de mettre le nez dehors, il pleut des cordes et on ne va pas rouler par un temps pareil. Vers 10h00, je sors faire quelques photos. Le temps est complètement bouché et on est dans la brume, sous la pluie. À 11h00, on se décide pour un petit déjeuner à l'abri du lavoir. Il fait froid. L'eau goutte dans le bassin en faisant des ronds. Faute d'une amélioration, on retourne dans les tentes faire la sieste et écouter de la musique.

En début d'après-midi, le temps s'arrange. Le soleil chauffe un peu la tente et nous oblige à mettre le nez dehors. C'est le signal du départ. On plie et à 15h00 on reprend la route après avoir rempli nos gourdes à la source du lavoir. Il fait encore frais et nous gardons les anoraks. Il y a beaucoup de nuages et le soleil chauffe à peine. Il faut dire que nous sommes à 1000 m d'altitude. Nous achevons vite le kilomètre de montée qui nous sépare du plateau. Malgré le ciel nuageux, nous apercevons le paysage des montagnes, au loin par-dessus le village.

Ensuite, nous sommes dans la forêt, principalement des conifères que Marie-Claire m'apprend à reconnaître, en particulier l'épicéa avec la forme caractéristique de ses branches retombantes. La route est déserte et nous pouvons rouler côte à côte pour discuter. À la sortie du village de Chastenuet, nous trouvons des framboises sur le talus en bord de route. Elles ont un goût exquis. À Varennes-Saint-Honorat, on s'arrête de nouveau pour faire des photos des vaches. J'aime cette habitude qu'a Marie-Claire de s'arrêter à la moindre occasion. Cela agrémente le voyage et on est moins les yeux rivés sur le compteur et la distance parcourue. C'est d'autant plus facile qu'on a fait le choix de faire du camping sauvage, ce qui est très simple dans toutes ces régions que nous avons traversées.

3 km après Varennes-Saint-Honorat, nous entamons notre dernière descente avant Allègre. Nous sommes dans la forêt et il fait froid. Nous descendons vite malgré tout. 2 km plus loin, nous prenons la D40 qui va nous mener jusqu'à Allègre. C'est une route plus large et plus fréquentée, mais il y a malgré tout peu de circulation. À Menteyres, nous sommes au point le plus bas et nous entamons 2 km de montée assez raide pour rejoindre le village. En bas, il y a un gîte avec des branches tortueuses grimées en nain de jardin en bordure de route. On fait deux arrêts dans la côte pour prendre des chevaux en photo.

Finalement, il est un peu plus de 17h00 lorsque nous arrivons au panneau d'entrée du village. Nous demandons où se trouve le camping aux premières personnes rencontrées. C'est de l'autre côté du village et nous devons encore monter un peu. En plus, il se met à pleuvoir. Finalement, nous trouvons le camping et la gérante nous indique la zone où sont installés les autres participants. Il n'y a pas grand monde, une dizaine d'installations tout au plus. On est loin des 35 participants annoncés, mais peut-être arriveront-ils plus tard. L'accueil est sommaire. On nous laisse monter nos tentes et les informations sur la rencontre sont quasi inexistantes. Je découvre que notre voisin de camping est mon ami Anglais Rob que j'ai rencontré l'été dernier sur le Canal des Deux Mers près de chez moi. Il nous dit qu'il a prévu de descendre en Espagne et que, comme il n'a pas trop de temps, il repart le lendemain matin.

On nous informe qu'un apéro est organisé en ville ce soir. Nous partons donc tous à pied, par petits groupes, vers le village. C'est l'occasion de faire un peu connaissance, mais après ces six jours où nous avons vécu hors du temps et de la civilisation, je me sens un peu décalé. Finalement, nous reprenons le chemin du camping où nous dînons à l'abri du vent derrière le tarp qui abrite la remorque.

Nous n'avons parcouru que 18 km aujourd'hui car nous n'avons roulé que l'après midi et nous sommes arrivés assez tôt.

Notre campement sous la pluie, près du cimetière de Jax 10:06
Notre campement sous la pluie, près du cimetière de Jax
Le toit du lavoir municipal de Jax nous permet de prendre le petit déjeuner à l'abri de la pluie incessante 10:59
Le toit du lavoir municipal de Jax nous permet de prendre le petit déjeuner à l'abri de la pluie incessante
La pluie fait des ronds dans le lavoir qui n'est que partiellement couvert comme ça se fait dans la région 11:00
La pluie fait des ronds dans le lavoir qui n'est que partiellement couvert comme ça se fait dans la région
Non seulement il pleut, mais à plus de mille mètres, nous sommes dans les nuages 11:18
Non seulement il pleut, mais à plus de mille mètres, nous sommes dans les nuages
Finalement, le ciel se dégage, le soleil apparaît et nous pouvons repartir 15:05
Finalement, le ciel se dégage, le soleil apparaît et nous pouvons repartir
Sur le plateau, nous roulons dans la forêt 15:28
Sur le plateau, nous roulons dans la forêt
Jour 8

Lundi 18 juillet 2011

7 photos

Le récit

Ce matin, il fait très froid pour un mois de juillet, mais nous sommes en altitude et la météo générale sur la France n'est pas au beau temps. De nouveaux participants arrivent dès le début de matinée, notamment Pesca avec son tricycle en bois autoconstruit, une réalisation remarquable. Nous apprenons par hasard l'heure et le lieu du départ de la balade du jour. L'organisation a l'air assez floue et ne nous inspire pas très confiance. Finalement, nous décidons de visiter le village et de ne pas rouler aujourd'hui. Il faut dire que la pluie qui menace et le vent froid ne sont pas très engageants.

Nous profitons de la machine à laver du camping pour faire une lessive, puis nous partons à pied pour une petite visite du village. C'est assez désert et le grand nombre d'anciennes boutiques désaffectées laisse une impression d'une ville autrefois florissante maintenant totalement abandonnée. Après une petite balade dans les rues qui n'arrange pas notre moral, nous allons visiter l'église. Nous allons ensuite faire quelques courses au commerce local puis nous remontons vers le centre pour nous réchauffer un peu au bar situé près de l'ancienne porte de la ville. C'est l'occasion de relever nos messages et de donner de nos nouvelles.

Nous décidons ensuite de tester le restaurant local, tenus par des gens du Nord. Nous sommes les seuls clients et nous pouvons discuter longuement avec la patronne qui se plaint du manque d'intérêt que porte la municipalité au commerce local. C'est sans doute la cause de ce qu'on a constaté en visitant le village. Nous traînons là tout le début d'après-midi. Il faut dire que c'est appréciable d'être au chaud compte tenu de la température extérieure. Ici, les gens ont remis le chauffage en service.

Ensuite, Marie-Claire retourne faire un tour à l'église pendant que je vais au bar consulter internet. Elle me rejoint bientôt. La pluie qui tombe ne nous incite pas à la balade à l'extérieur. Finalement nous sommes mieux là. Nous décidons de ne pas rester dans la région. Il fait trop mauvais. Marie-Claire avait prévu initialement de descendre la vallée de la Loire, mais pour être certaine de retrouver un temps plus clément, elle se range à ma proposition de continuer avec moi en allant vers le Sud. Nous repartirons demain pour remonter la vallée de l'Allier puis retourner vers l'Ouest dans les Cévennes et peut-être monter au Mont Aigoual.

En fin d'après-midi nous retournons au camping pour y retrouver le reste du groupe qui n'est toujours pas très nombreux. Il paraît que le gros de la troupe arrive demain matin. Peu importe, ne nous sentant pas très bien dans cet environnement et compte tenu du climat plus que glacial, nous restons sur notre décision de repartir. Nous avons fait peu de photos aujourd'hui, ce qui reflète un peu notre sentiment de ne pas être dans un lieu aussi agréable que les jours précédents. Nous n'avons pas roulé non plus, mais ce jour de repos est finalement le bienvenu après une semaine à rouler tous les jours.

Le tricycle en bois autoconstruit de l'Ardéchois Pesca 08:38
Le tricycle en bois autoconstruit de l'Ardéchois Pesca
Le village d'Allègre est dominé par un vestige que l'on appelle 09:19
Le village d'Allègre est dominé par un vestige que l'on appelle
Certains décors de la fête médiévale d'Allègre, organisée le dimanche de notre arrivée, sont encore en place 09:30
Certains décors de la fête médiévale d'Allègre, organisée le dimanche de notre arrivée, sont encore en place
La place centrale du village d'Allègre est encore encombrée des structures qui tenaient les décors de la fête médiévale 09:33
La place centrale du village d'Allègre est encore encombrée des structures qui tenaient les décors de la fête médiévale
Sur le blason reproduit pour la fête, on peut noter qu'à l'époque le nom de la ville ne comportait qu'un seul 09:35
Sur le blason reproduit pour la fête, on peut noter qu'à l'époque le nom de la ville ne comportait qu'un seul
La ville est sur le chemin de Compostelle et il y a, bien sûr, des sentiers balisés 09:36
La ville est sur le chemin de Compostelle et il y a, bien sûr, des sentiers balisés
La porte fortifiée est très imposante 09:36
La porte fortifiée est très imposante
Jour 9

Mardi 19 juillet 2011

4 photos

Le parcours

De Allègre (43) à Saint-Arcons d'Allier (43) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

Ce matin, de nouveaux participants arrivent. Le groupe commence à s'étoffer. Comme nous sommes décidés à partir vers le Sud, nous ne partons pas avec eux. Nous retournons au village pour tenter de résoudre le problème de chargement de la musique sur l'i-pod de Marie-Claire, problème sur lequel nous trimons sans succès depuis plusieurs jours. Nous reviendrons au camping en fin de matinée sans l'avoir résolu. Pendant ce temps là, il a plu et on n'a pas regretté de ne pas être sur la route.

Finalement, nous quittons le camping en début d'après-midi avec pour objectif de rejoindre la vallée de l'Allier. Nous reprenons la route par laquelle nous sommes arrivés dimanche. Il faut encore monter un peu dans la forêt. Il fait un froid glacial renforcé par un fort vent du Nord-Est. À Fix-Saint-Geneys, une femme nous explique par signes qu'il ne fait pas un temps à traîner dehors. On est bien d'accord avec elle, mais on a l'espoir que ça va s'améliorer lorsqu'on sera dans la vallée. 2 km après Fix-Saint-Geneys, on atteint la limite du plateau. On domine toute la vallée de l'Allier est le paysage est très beau. On ne s'attarde pas trop pour les photos car on est vite gelés par le vent glacial.

Nous repartons donc pour une folle descente qui va nous faire passer de plus de 1100 m à 580 m. Avec la température, nous arrivons en bas bien gelés. Heureusement, là il n'y a pas de vent et il fait un peu plus doux. Nous atteignons la vallée de l'Allier à Saint-Arcons d'Allier. C'est là que débutent les gorges de l'Allier que nous avons prévu de suivre. Après réflexion, on se dit que s'engager dans les gorges à cette heure tardive de l'après-midi nous expose à des difficultés pour trouver un emplacement pour nos tentes avant la nuit.

Finalement, nous jetons notre dévolu sur le chemin qui mène au cimetière, en bordure de la route des gorges et à deux pas du village. Nous y serons à l'abri des regards, juste en-dessous de la route des gorges entre le mur de soutènement de la route et celui du cimetière. En plus, on a de l'eau à disposition. Nous installons les tentes et prenons notre dîner à l'abri du tarp qui protège la remorque.

Pour finir la soirée, nous allons faire une petite visite au village. Nous sommes agréablement surpris. Tout est parfaitement rénové et il y a de très jolies ruelles. Un hôtel de luxe, inscrit aux Relais et Châteaux, utilise les habitations pour loger des touristes fortunés. La moitié de la clientèle est étrangère. Au fond de la vallée de la Fioule, qui se jette dans l'Allier au bas du village, il y a un immense gîte avec des chevaux et des lamas. Toutes les bâtisses sont parfaitement rénovées. L'environnement est vraiment exceptionnel et nous enchante d'autant plus que le contraste est grand avec ce que nous avons vu à Allègre.

C'est à la nuit tombée que nous regagnons notre campement, satisfaits de ce que nous avons pu admirer. Nous avons parcouru 32 km aujourd'hui, dont plus de la moitié en descente.

Nous arrivons au point où commence la descente sur la vallée de l'Allier 18:49
Nous arrivons au point où commence la descente sur la vallée de l'Allier
D'ici, on a une belle vue sur la vallée de l'Allier et les montagnes qui l'entourent 18:51
D'ici, on a une belle vue sur la vallée de l'Allier et les montagnes qui l'entourent
Notre campement entre le mur du cimetière et celui qui soutient la route des gorges de l'Allier, juste au-dessus de nous 19:53
Notre campement entre le mur du cimetière et celui qui soutient la route des gorges de l'Allier, juste au-dessus de nous
Le joli village de Saint-Arcons d'allier est un enchantement après la ville sinistre d'Allègre 21:01
Le joli village de Saint-Arcons d'allier est un enchantement après la ville sinistre d'Allègre
Jour 10

Mercredi 20 juillet 2011

30 photos

Le parcours

De Saint-Arcons d'Allier (43) à Poutès (43) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

Ce matin, le ciel est gris. Un a un peu plu dans la nuit, mais au fond de la vallée, il n'y a pas de vent. Nous n'avons pas été dérangés. Après la routine habituelle, nous prenons la route des gorges qui remonte la vallée de l'Allier. C'est d'une sauvage beauté. Les falaises volcaniques alternent avec les pentes boisées. C'est très vert avec, au fond de la vallée, quelques prairies. À Saint-Julien-des-Chazes, nous passons sur la rive gauche par un imposant pont métallique peint en rouge qui contraste avec la couleur ambiante. Les maisons sont très fleuries et le village en pierres, blotti au fond de la vallée, est agréable. Un peu plus loin, le clocher isolé de l'église de Sainte-Marie émerge entre les arbres de l'autre côté de la rivière.

Avant Prades, nous passons sous la voie ferrée. Un Voyage en train dans cette vallée doit être aussi extraordinaire. La rivière est très belle avec des rapides séparés par des zones plus calmes. Nous sommes seuls sur la route bordée d'un petit muret en pierres. Arrivés à Prades, nous faisons l'étonnement d'un homme en train de retaper une maison en bord de route. Nous traversons le village. Il y a une base UCPA qui organise des descentes de l'Allier en canoë et en kayak. Un groupe est en train de se préparer à descendre. Nous repassons sur l'autre rive. L'eau est très claire et les falaises en face de nous sont striées comme si animal géant y avait fait ses griffes. Voilà qui fait encore de belles photos pour les élèves de Marie-Claire.

A partir de là, on grimpe au-dessus de la vallée. La personne que nous avons vu en arrivant au village nous a prévenus, la pente est à 15 %. On a monté plus dur. Maintenant, on est prêts à tout. C'est juste une question de temps, et du temps, on en a à revendre. En fait, ce n'est pas si difficile car la forte pente ne dure pas toute la montée. La route grimpe en lacets. D'en haut, on a une vue magnifique sur le village de Prades et sur la vallée. Un peu en dessous de la route, au-delà du rideau d'arbres, il y a un promontoire qui fait un magnifique poste d'observation. On voit en face la route et la voie ferrée, et en-dessous des canoës font une tache de couleur vive. Les pentes sont boisées avec quelques prairies. Il ne manque que le soleil à ce paysage enchanteur.

Nous reprenons notre montée pour contourner le piton rocheux avant de retrouver le surplomb de la vallée après le village de Vergues. Juste avant, un groupe de vaches de l'Aubrac nous regarde passer en s'approchant de la clôture. Elles sont accompagnées d'un cheval très joli avec une belle chevelure blonde. A Chardassac, nous atteignons le point le plus haut. On domine toute la vallée. La route est fraîchement gravillonnée et il faut être concentré sur la trajectoire, surtout lorsque ça descend et qu'on atteint des vitesses importantes. Elle serpente dans la forêt, bordée parfois d'un petit muret en pierres recouvert de mousse.

À Chanove, on s'arrête pour la pause méridienne dans un champ au bout d'un chemin. Il y a plein de coquelicots, ce qu'on ne voit plus dans les zones où l'agriculture est intensive. Après récupération, nous repartons sur cette petite route sans voiture. On s'arrête régulièrement pour admirer la vallée et la rivière que l'on domine d'en haut. Le ciel est toujours couvert et il ne fait pas très chaud. Nous passons Saint-Privat d'Allier puis Saint-Didier d'Allier en fin d'après-midi. Ce dernier village est un peu à l'écart en contrebas de la route. On a une belle vue de l'église au-dessus de la vallée.

C'est à la soirée que le soleil fait une apparition, mais il va vite se coucher derrière la montagne. Finalement, nous trouvons un coin pour planter les tentes en surplomb de la route dans un petit bosquet. Au-dessous, dans la vallée, il y a la retenue de Poutès. On est juste avant le carrefour de la route qui mène au barrage. Le coin est très calme.

Nous avons parcouru 37 km aujourd'hui pour un dénivelé positif de 728 m.

Au petit matin, entre la route et le cimetière, invisibles pour les rares véhicules qui passent au-dessus de nous 06:50
Au petit matin, entre la route et le cimetière, invisibles pour les rares véhicules qui passent au-dessus de nous
La vallée de l'allier, où les roches volcaniques alternent avec les arbres et les prairies, est vraiment magnifique 08:43
La vallée de l'allier, où les roches volcaniques alternent avec les arbres et les prairies, est vraiment magnifique
Petite pause pour admirer les fleurs qui ornent cette maison de ce joli village blotti au fond de la vallée 08:57
Petite pause pour admirer les fleurs qui ornent cette maison de ce joli village blotti au fond de la vallée
Le clocher isolé de l'église de Sainte-Marie émerge entre les arbres de l'autre côté de la rivière 09:00
Le clocher isolé de l'église de Sainte-Marie émerge entre les arbres de l'autre côté de la rivière
La route suit la rivière qui court au fond de la vallée entourée de falaises de roche volcanique 09:20
La route suit la rivière qui court au fond de la vallée entourée de falaises de roche volcanique
Petit clin d’œil dans le rétroviseur où je vérifie régulièrement que ma coéquipière ne s'est pas arrêtée pour une photo 09:22
Petit clin d’œil dans le rétroviseur où je vérifie régulièrement que ma coéquipière ne s'est pas arrêtée pour une photo
Jour 11

Jeudi 21 juillet 2011

34 photos

Le parcours

De Poutès (43) à Cellier-du-Luc (07) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

Ce matin, une partie de la vallée est dans la brume, mais on sent que le soleil va vite prendre le dessus. Les masses de brume se déplacent en allant vers le haut. De temps en temps, le soleil éclaire la montagne de l'autre côté de la vallée. À peine partis, nous nous arrêtons pour faire des photos tellement nous sommes subjugués par le paysage offert par la retenue d'eau qui tapisse le fond de la vallée. Il fait encore frais et comme nous descendons jusqu'à Pont d'Alleyras, il faut rester couvert.

À Gourlong, le petit hameau situé juste avant Pont D'Alleyras, nous faisons une pause pour admirer le petit pont de la voie ferrée au-dessus du ruisseau de Gourlong. Marie-Claire en profite pour photographier les fleurs du fossé en bord de route. En arrivant à Pont d'Alleyras, nous avons la surprise de découvrir des mannequins à taille humaine qui décorent les coins de rue. On en profite pour se photographier devant l'effigie d'un gardien de troupeau dont la poche a du mal à cacher un téléphone portable géant. Continuant notre route, nous traversons le ruisseau de Malaval et nous entamons la montée vers Alleyras. Un peu plus loin, on trouve un groupe de trois mannequins, représentant le Petit Chaperon Rouge, Mère-Grand et le Loup. La route serpente en remontant la vallée du ruisseau de Malaval. À Alleyras, il y a encore un mannequin. Celui-ci porte une coquille sans doute pour représenter les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle.

En continuant notre route au-dessus du village, la vue se dégage. Dans une épingle à cheveux, on accède à un promontoire qui domine la vallée. Il y a là un ancien pressoir et une table d'orientation a été installée. On domine la vallée des deux côtés car l'Allier fait ici une boucle. La table d'orientation est en ardoise gravée très finement par un artiste local. De là, on distingue très bien les méandres de la rivière, suivis par la voie ferrée. D'en haut, on voit un train passer, plein de touristes penchés aux fenêtres, appareil photo à la main, aveuglés par la beauté de ce qu'ils découvrent à chaque sortie de tunnel.

Nous reprenons notre route qui continue à monter. Marie-Claire soudain s'arrête en me disant qu'elle a vu arriver le train bleu à deux wagons que je n'ai pas réussi à prendre en photo tout à l'heure. S'en suit une course contre la montre dans la forêt pour que j'arrive à temps à découvert afin de faire la photo. J'y suis arrivé, mais je n'ai pas eu le temps de zoomer pour l'avoir de plus près.

Un peu avant Anglard, nous découvrons un tapis de framboisiers sur le talus à gauche de la route. En quelques minutes, nous cueillons de quoi nous régaler. Les framboises sont mûres à point. Nous poursuivons notre route qui suit la vallée de l'Allier de plus ou moins loin, en haut de la montagne, dans les arbres et les prairies. Nous sommes seuls. Il n'y a pas de circulation et c'est bien agréable. Régulièrement, nous profitons de la vue sur les montagnes et la vallée. À partir du village des Souils, nous entamons une grande descente très pentue sur la vallée de l'Allier. C'est un vrai toboggan jusqu'à Chapeauroux. Nous faisons malgré tout une halte lorsque nous sommes au-dessus de la ville pour mémoriser la vue extraordinaire.

À Chapeauroux, nous traversons l'Allier puis nous allons nous installer près de l'entrée du camping, au bord de la rivière, pour déjeuner. Des gamines du camping viennent nous voir et demandent à essayer le tricycle de Marie-Claire. Je leur explique la méthode qu'avaient utilisée les jeunes Irlandais que j'avais rencontrés au camping d'Oldenburg en Allemagne en revenant du Cap Nord. Il suffit de bien s'allonger pour atteindre les pédales. La position n'est pas très confortable, mais les enfants s'adaptent à tout pour atteindre leur objectif. En un rien de temps les filles ont compris comment faire et font des tours pendant qu'on prépare le déjeuner en les surveillant du coin de l’œil. Peu après, c'est un vrai troupeau que nous avons autour et Marie-Claire passe son temps à gérer les tours d'essai pendant que je râpe les carottes. Une toute petite a même fait un tour de tricycle sur les genoux de Marie-Claire. Finalement, ils nous ont laissé déjeuner pendant qu'un groupe de jeunes embarquait en canoë tout près de nous.

En début d'après-midi, nous repartons après avoir fait le plein d'eau au camping. Notre route quitte la vallée de l'Allier pour remonter celle du Chapeauroux qui est, elle aussi, très jolie. La rivière est plus sauvage car la pente est plus forte. La vallée très boisée est magnifique. Lors d'une pause, après Saint-Bonnet-de-Montauroux, surprise, nous marchons presque sur des fraises des bois. Il n'y en a pas beaucoup, mais elles sont délicieuses.

Un peu après Laval-Atger, nous décidons de quitter la vallée du Chapeauroux pour rejoindre directement la retenue de Naussac sur l'Allier. La pente augmente nettement. Encore une fois, nous montons à plus de 1000 m d'altitude. Une heure plus tard, du point culminant, nous avons une belle vue sur la vallée de l'Allier et la retenue immense de Naussac qui assure une partie du soutien d'étiage du bassin de la Loire. A partir de là, nous fonçons dans la descente, puis nous longeons la retenue sur la gauche et passons sur le barrage de Naussac. On continue jusqu'à Naussac, puis on prend à gauche vers Langogne, la grande ville du coin.

Au centre-ville, on s'arrête près de la halle où se tient un marché gourmand. Comme la soirée est bien avancée, on décide de dîner là. On jette notre dévolu sur l'aligot, spécialité locale à base de pommes de terre et de fromage qui fait une pâte bien fluide. C'est très bon. Ensuite, nous allons faire un petit tour en ville. On en a vite fait le tour. Nous allons à la poste retirer de l'argent, puis on va se détendre au bar devant une bonne bière. Ici, impossible de se connecter à internet. Finalement, nous nous décidons à reprendre la route afin de trouver un coin pour la nuit. Nous rejoignons les bords de l'Allier que nous remontons, cap au Sud. Quelques kilomètres plus loin, nous trouvons un champ tranquille de l'autre côté de la rivière, près du confluent avec le ruisseau de Liauron, face au petit hameau de Lestèvenès, tout près de Celliers-du-Luc.

Nous avons parcouru 60 km aujourd'hui, avec un dénivelé positif de plus de 1000 m.

Notre campement au petit matin, dans le bosquet au-dessus de la route 07:23
Notre campement au petit matin, dans le bosquet au-dessus de la route
Le ciel se dégage au-dessus de la retenue de Poutès qui serpente au fond de la vallée 09:09
Le ciel se dégage au-dessus de la retenue de Poutès qui serpente au fond de la vallée
Dans le creux, au soleil, le village de Pont d'Alleyras où va nous conduire une belle descente dans la forêt 09:18
Dans le creux, au soleil, le village de Pont d'Alleyras où va nous conduire une belle descente dans la forêt
Dans la descente, le tricycle est si stable que Marie-Claire fait l'oiseau 09:20
Dans la descente, le tricycle est si stable que Marie-Claire fait l'oiseau
Sous ce petit pont coule le ruisseau de Gourlong, face aux falaises de la vallée de l'allier 09:24
Sous ce petit pont coule le ruisseau de Gourlong, face aux falaises de la vallée de l'allier
À Pont d'alleyras, des mannequins ont été installés aux coins des ruelles et celui-là nous a semblé fort sympathique 09:35
À Pont d'alleyras, des mannequins ont été installés aux coins des ruelles et celui-là nous a semblé fort sympathique
Jour 12

Vendredi 22 juillet 2011

25 photos

Le parcours

De Cellier-du-Luc (07) à Vialas (48) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

Ce matin, il y a quelques nuages, mais le temps s'annonce beau. Je monte sur la route faire quelques photos de notre campement. Juste au-dessus il y a une voie ferrée. Nous n'avons pas entendu un seul train depuis hier soir. Ce matin, un seul passera avant qu'on parte. L'Allier n'est ici qu'un petit ruisseau qui coule sur les cailloux. En tout cas à cette saison. Il faut dire que nous ne sommes qu'à quelques dizaines de kilomètres de sa source. Nous déjeunons et après avoir démonté les tentes et rangé le matériel, nous reprenons la route qui suit la vallée.

La route est belle et peu fréquentée. Elle circule en corniche en suivant la montagne, dominant la rivière. À l'entrée du village de Luc, nous nous arrêtons faire des emplettes à une fromagerie en bordure de route. Le fromage est plus cher que dans le Cantal où nous avons trouvé d'excellents spécimens locaux vendus dans les commerces des petits villages. Ceux-ci sont malgré tout très bons.

À Labastide-Puylaurent, nous quittons la vallée de l'Allier qui tourne vers l'Ouest et la source, pour continuer notre route vers le Sud. À partir de là, ça monte un peu plus fort jusqu'au col du Thort, à 1120 m. Le paysage est davantage constitué de prairies et on a une belle vue sur les montagnes des deux côtés. A gauche, les monts du Vivarais, à moins de 1000 m et à droite, les monts Lozère, à plus de 1500 m.

À partir de là, la route descend jusqu'à Prévenchères. Comme le revêtement est de bonne qualité et que la circulation est quasi inexistante, on se régale dans la descente. Juste avant Prévenchères, nous rejoignons la vallée du Chassezac que nous suivons jusqu'à la retenue du barrage du Rachas, où nous faisons une petite pause photo. À partir de ce point, on remonte un peu sur le plateau. En haut, nous passons devant la cité fortifiée de La-Garde-Guérin que nous prenons en photo du bord de la route balayée par le vent. Ensuite nous entamons une belle et longue descente jusqu'à la vallée de l'Altier et la retenue du barrage de Villefort. Cette route en corniche est de toute beauté, avec beaucoup de virages qui agrémentent notre descente très rapide. On domine la vallée et le fond est tapissé de montagnes. La route suit les falaises rocheuses où l'univers minéral contraste avec la verdure environnante.

Nous nous arrêtons au belvédère de la Ranchine qui offre un très beau point de vue au-dessus du lac de Villefort. Il y a une table d'orientation qui permet de repérer les montagnes environnantes. Nous continuons la descente jusqu'au niveau du lac. Il est très tentaculaire, pénétrant dans les moindres recoins de ce relief tourmenté. Nous passons le pont sur l'Altier pour rejoindre le village de Villefort, au creux des montagnes. Après l'avoir traversé, nous faisons une pause casse-croûte bien méritée.

Lorsque nous repartons, il fait chaud et Marie-Claire réalise qu'elle a perdu sa casquette, sans doute emportée par le vent d'une descente. Elle se protège en roulant avec son pull sur la tête lorsque le soleil n'est pas caché par les nuages. Nous quittons la Lozère pour le Gard. La température, plus élevée que ce que nous avons connu à Allègre, nous conforte dans notre choix d'être descendus vers le Sud. Habitués à la chaleur, nous préférons ce climat plus agréable.

La route serpente à flanc de montagne jusqu'après Concoules, puis elle descend jusqu'en bas de Genolhac. Après avoir traversé le centre-ville, Marie-Claire réalise qu'elle aurait pu trouver une casquette dans un commerce local. Finalement, elle remonte à pied jusqu'à la superette pendant que j'attends près des tricycles. Elle revient avec un superbe chapeau en paille qui lui va à ravir. Un petit bricolage maison permet de rajouter un cordon de serrage pour éviter qu'il s'envole dans les descentes. Avant de repartir, nous donnons un coup de fil à Geneviève qui a proposé de nous rejoindre pour terminer la randonnée avec nous. Finalement, nous nous donnerons rendez-vous un peu avant Millau dans quelques jours.

Nous terminons la descente rapide jusqu'en bas de Genolhac, puis nous prenons à droite la route qui mène à Florac. Pour quitter la vallée, ça grimpe bien. Il n'est que 18h30, mais Marie-Claire a une fringale qui nous incite à dîner de bonne heure, ce que nous faisons en bord de route juste à la limite des départements du Gard et de la Lozère. Quelques voitures sont venues troubler notre tranquillité, mais c'est resté acceptable.

Nous reprenons ensuite la route qui serpente à flanc de montagne. C'est très joli, mais les endroits pour bivouaquer sont inexistants, la route étant coincée entre falaise et précipice. Finalement, juste en arrivant à Vialas, petit village accroché à la montagne et dominé par Le Prat-Bouissou qui culmine à 1316 m, nous trouvons un terrain en terrasses, surplombant la route, qui a servi de pâture aux ânes. On y monte les tricycles en les poussant à deux. Marie-Claire monte sa tente juste au-dessus de la route et moi, la mienne sous un châtaigner, une terrasse plus haut.

Nous avons parcouru 62 km aujourd'hui, avec un dénivelé positif de 741 m. En effet, nous sommes plus bas qu'hier et notre dénivelé négatif est supérieur à 1100 m.

Notre campement dans un champ au bord de l'Allier près de Celliers-du-Luc 07:29
Notre campement dans un champ au bord de l'Allier près de Celliers-du-Luc
Nous sommes installés en contrebas de la route et derrière les arbres, au fond, on devine la rivière 07:47
Nous sommes installés en contrebas de la route et derrière les arbres, au fond, on devine la rivière
La route en corniche remonte la vallée de l'Allier en pente douce devant un paysage de montagnes boisées 09:28
La route en corniche remonte la vallée de l'Allier en pente douce devant un paysage de montagnes boisées
À notre droite, les Monts de la Margeride, au Nord de la Lozère, surmontés d'un beau ciel apprécié des photographes 11:21
À notre droite, les Monts de la Margeride, au Nord de la Lozère, surmontés d'un beau ciel apprécié des photographes
Après avoir laissé l'Allier, nous avons monté ce col pour ensuite rejoindre le Chassezac 11:29
Après avoir laissé l'Allier, nous avons monté ce col pour ensuite rejoindre le Chassezac
Du col du Thort, on a une belle vue sur les montagnes d'Ardèche 11:29
Du col du Thort, on a une belle vue sur les montagnes d'Ardèche
Jour 13

Samedi 23 juillet 2011

29 photos

Le parcours

De Vialas (48) à Bedouès (48) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

Cette nuit, des sangliers sont venus gratter autour de nos tentes. Je suis sorti alors qu'ils s'étaient éloignés et je les ai vus qui fouillaient le sol avec acharnement de l'autre côté du ruisseau qui dévale la pente où nous sommes installés. Je les ai éclairés avec ma frontale, mais ils n'ont même pas fait cas de moi. Finalement, ils sont repartis dans la colline et je suis retourné me coucher.

Au petit matin, tout est calme. Le soleil pointe son nez derrière la montagne et ne va pas tarder à chauffer. Le ciel est d'un bleu limpide. Les deux pitons rocheux qui dominent notre campement et le village, le Rocher de la Fare qui culmine à 944 m et le Plos qui monte à 846 m, sont d'un blanc étincelant. Après notre routine matinale nous chargeons les bagages et descendons de notre piédestal pour rejoindre la route. Les maisons du village de Vialas dépassent à flanc de colline entre les arbres. Tout est beau ici. Il y a des petits cours d'eau qui dévalent de la montagne et passent sous la route.

Nous traversons le village qui s'étire le long de la route faute de place en dessus ou en dessous. On s'arrête au centre pour faire des courses au petit commerce local. En face, dans un renfoncement contre la montagne, il y a une jolie fontaine à laquelle a été donné le nom d'un curé local, Jean Roux. L'eau de source qui coule de la montagne est d'une limpidité extraordinaire. Nous en profitons pour remplir nos gourdes.

Nous reprenons la route de Florac qui monte régulièrement dans cette vallée où coule un ruisseau, le Luech. Les paysages sont fantastiques. Si, au niveau de Polimiès, la pente nous laisse un petit répit, ensuite, ça devient beaucoup plus sérieux avec localement des pourcentages supérieurs à 15 %. Dans la partie haute de la vallée, le ruisseau se résume à de grandes vasques remplies d'eau qui se déversent les unes dans les autres. Mais elles sont inaccessibles de la route. On le regrette car on aurait bien tenté une trempette avec la chaleur qu'il fait aujourd'hui.

Conformément à nos habitudes, nous nous arrêtons régulièrement pour faire des photos. C'est magnifique partout et il n'y a pas de circulation. Cela permet aussi de souffler un peu dans cette côte interminable. Nous faisons une longue pause méridienne sur un petit terre-plein en bord de route, partiellement ombragé. Un sentier commence là et monte en suivant un ruisseau qui court vers la vallée, sous les arbres. Il y fait bien frais et on apprécie de ne pas rester au soleil. Après que nous ayons déjeuné, un randonneur à vélo s'arrête pour discuter. Julien habite en Alsace et il est venu pédaler dans les Cévennes. On discute un moment, puis il reprend sa lente montée jusqu'au col. Marie-Claire profite du ruisseau pour faire un peu de lessive dans l'eau claire qui coule de la montagne. Nous la mettrons à sécher sur les porte-bagages.

Après Saint-Maurice de Ventalon, nous arrivons enfin au col de la Croix de Berthel, à 1088 m. À partir de là, nous entamons une très jolie descente jusqu'à la vallée du Tarn. La descente en lacets dans la forêt est très agréable. Le ciel s'est couvert et le vent s'est levé. Il fait bien plus frais que ce matin. Nous sommes obligés de rajouter une couche de vêtements. Peu avant Pont de Montvert, nous rejoignons la vallée du Tarn. La pente est encore très forte et nous descendons avec la rivière.

Lorsque nous arrivons à Pont de Montvert, c'est le début du marché. Nous laissons les tricycles attachés pour aller faire un petit tour dans le village. C'est très touristique. Il y a une ruelle pavée qui grimpe au milieu des boutiques. Il y a pas mal de touristes. Après un petit tour, nous reprenons notre route qui continue par une belle petite montée à la sortie du village avant de descendre le long du Tarn. Un peu plus loin, nous revoyons en passant notre ami Julien, attablé au bar au-dessus de la route avec un autre cycliste. Juste un salut de la main en passant et nous passons sans nous arrêter. Après avoir bien descendu, nous admirons de dessous le château de Miral, perché sur un promontoire entre le Tarn et le ruisseau de Runes. Peu après, nous faisons une pause dans une boucle d'où on a une belle vue sur la rivière.

C'est sous un ciel bien couvert que nous effectuons les derniers kilomètres de la journée. Nous nous arrêtons au camping de Chantemerle, juste après Cocurès, sur la rive droite du Tarn.

Nous avons parcouru 37 km aujourd'hui, avec un dénivelé positif de 725 m, mais avec de fortes pentes en matinée.

Les deux sommets au-dessus de Vialas éclairés par le soleil matinal, le Rocher de la Fare à 944 m et le Plos à 846 m 09:07
Les deux sommets au-dessus de Vialas éclairés par le soleil matinal, le Rocher de la Fare à 944 m et le Plos à 846 m
Marie-Claire termine son chargement avant de descendre de la terrasse qui l'a accueillie pour la nuit 09:48
Marie-Claire termine son chargement avant de descendre de la terrasse qui l'a accueillie pour la nuit
Nous arrivons à ce joli petit village très touristique accroché au flanc de la montagne 10:06
Nous arrivons à ce joli petit village très touristique accroché au flanc de la montagne
Nous nous sommes arrêtés au commerce de Vialas pour faire quelques courses avant de poursuivre notre route 10:11
Nous nous sommes arrêtés au commerce de Vialas pour faire quelques courses avant de poursuivre notre route
En plein centre du village de Vialas, la fontaine du curé Jean Roux est nichée dans un recoin bien fleuri 10:28
En plein centre du village de Vialas, la fontaine du curé Jean Roux est nichée dans un recoin bien fleuri
Ici, les noms de lieu-dit sont particulièrement jolis 10:45
Ici, les noms de lieu-dit sont particulièrement jolis
Jour 14

Dimanche 24 juillet 2011

13 photos

Le parcours

Le col de Perjuret : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

Aujourd'hui, nous souhaitons nous poser un peu. Geneviève ne nous rejoindra que demain et nous avons un peu de temps. Marie-Claire décide d'aller faire une petite visite au village de Cocurès qu'elle rejoint à pied pendant que je reste au camping connecté sur internet. Lorsque Marie-Claire revient, il est déjà assez tard et, le temps de déjeuner, l'après-midi est déjà bien avancé.

La météo annoncée n'est pas bonne. De la pluie est prévue demain et c'est déjà tombé un peu en fin de matinée. Nous tergiversons un moment avant de nous décider à passer encore une nuit ici. Marie-Claire souhaite faire une balade à pied seule cet après-midi. Finalement, je me dis que j'aurais du profiter de la journée pour monter au Mont Aigoual et revenir. Maintenant c'est trop tard, mais monter au col de Perjuret est encore faisable.

Il fait très frais et il y a encore des nuages, mais avec un vélo pas chargé, la montée est faisable avec un retour pour dîner. Je prends donc la route que nous devrons prendre demain, peut-être sous la pluie. Je traverse le Tarn, juste après le camping et prend la route de Florac. La ville n'est pas très grande et sa traversée est facile. Je repère en passant un commerce ouvert, bien que nous soyons dimanche, où je pourrai faire des courses en revenant car nous n'avons plus de sel.

Après Florac, la route monte en suivant la vallée du Tarnon. Il y a ensuite une descente dans laquelle je croise un vélo couché. On se fait signe, mais lui monte, talonné par deux voitures, et moi je descend à pleine vitesse. Impossible de s'arrêter pour discuter. À Les Mazels, je quitte la route principale pour rester dans la vallée du Tarnon. La route descend encore un peu puis, avant Salgas, elle reprend sa montée. Pour l'instant, la pente n'est pas très forte, mais c'est suffisant pour avoir chaud malgré l'air froid.

Je passe le village de Vébron. Peu après, à Les Vanels, la route quitte la vallée du Tarnon pour suivre celle du ruisseau de Fraissinet. La pente est encore inférieure à 5 % jusqu'à Fraissinet-de-Fourques, mais à la sortie du village, juste après un virage à angle droit, il y a une belle côte à plus de 10 % qui continue par deux lacets aussi pentus au-dessus du village. La suite, jusqu'au col de Perjuret est du même acabit. C'est 5 km entre 10 et 15 %. Le col est à 1031 m d'altitude. De là, il reste encore 14 km jusqu'au Mont Aigoual. Malgré ma forte envie d'y monter, il est trop tard pour rentrer avant la nuit. En plus, il y a un petit vent frais qui n'incite pas du tout à l'exploit. Tant pis, je ferai le Mont Aigoual une autre fois.

J'avance de quelques centaines de mètres sur la route du Mont Aigoual pour profiter de la vue. D'ici on domine le paysage. Le ciel bleu est ponctué de nuages blancs que le vent pousse rapidement. Comme il ne fait pas chaud, je ne m'attarde pas et je redescend la route que je viens de monter. Les cinq premiers kilomètres sont avalés en un rien de temps et le tricycle se joue des virages à grande vitesse. En descendant, je m'arrête au monument à la mémoire de Roger Rivière qui a chuté là lors du Tour de France en 1960, mettant fin à une carrière brillante.

À Fraissinet-de-Fourques, je m'arrête faire une photo. Il fait bien frais et je ne quitte pas l'anorak. Ensuite, la pente est moins forte, mais ça descend encore bien et le tricycle ne chôme pas, même si je m'arrête régulièrement pour faire des photos. De loin, je vois apparaître le village de Vébron, perché sur la colline. Le soleil du soir donne un joli relief au paysage. Peu après, je retrouve la vallée du Tarnon et je traverse Vébron sans m'arrêter. De l'autre côté du village, il y a un joli point de vue sur le Pic Clazelle coiffé d'une maison.

Je ne tarde pas à retrouver la route principale et la ville de Florac. Je m'arrête à la superette pour acheter du sel. Au milieu de paquets de sel industriel de Méditerranée, je trouve de la fleur de sel artisanale que nous saurons apprécier. Je reprend ma route et après quelques photos de l'église de Bedouès si caractéristique, j'arrive au camping.

Marie-Claire n'est pas rentrée et son tricycle est devant sa tente, mais j'ai la surprise de retrouver Julien en train de monter sa tente à côté des nôtres. Il me raconte qu'il est monté sur le Causse avant de reprendre la route de la vallée du Tarn. Nous discutons aussi dépannage vélo car il a eu des soucis, probablement dus à une insuffisance de gonflage de ses pneus. Avec mes conseils et la pompe que je lui ai donnée, il devrait s'en sortir maintenant.

Marie-Claire nous rejoint peu après et nous allons tous les trois manger des frites au snack du camping. On passe ainsi une soirée agréable au bord du Tarn. Pendant qu'on mangeait, je vois sur le Tarn un paquet d'algues qui avance à contre-courant. C'est un castor qui travaille. C'est extraordinaire qu'on puisse l'observer comme ça alors qu'il y a du bruit et beaucoup de monde autour. Marie-Claire va explorer la berge et découvre l'entrée du terrier encombré de branches. Notre intrusion dans la vie de ces gentilles bêtes s'arrêtera là.

J'ai parcouru 56 km aujourd'hui, avec un dénivelé de 904 m.

Notre installation au camping de Chantemerle en-dessous de Cocurès 08:35
Notre installation au camping de Chantemerle en-dessous de Cocurès
J'arrive au col dans le vent froid avec un ciel un peu nuageux 17:12
J'arrive au col dans le vent froid avec un ciel un peu nuageux
Du col, on a une belle vue sur les montagnes des Cévennes 17:23
Du col, on a une belle vue sur les montagnes des Cévennes
Le monument à la mémoire du cycliste Roger Rivière qui fit une chute grave ici lors du Tour de France en 1960 17:36
Le monument à la mémoire du cycliste Roger Rivière qui fit une chute grave ici lors du Tour de France en 1960
Le monument à la mémoire du cycliste Roger Rivière qui fit une chute grave ici lors du Tour de France en 1960 17:38
Le monument à la mémoire du cycliste Roger Rivière qui fit une chute grave ici lors du Tour de France en 1960
Perché sur la colline, le village de Vébron 17:52
Perché sur la colline, le village de Vébron
Jour 15

Lundi 25 juillet 2011

13 photos

Le parcours

De Bedouès (48) à Meyrueis (48) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

Ce matin, nous traînons un peu. Julien nous a quittés de bonne heure, alors que nous étions à l'accueil du camping en train de surfer sur internet. Marie-Claire est ensuite retournée faire un tour à Cocurès. La météo annonce de la pluie pour cet après-midi, mais nous n'avons qu'une demi-journée de route pour rejoindre Meyrueis où nous devons retrouver Geneviève. Si j'ai pu préparer le repas au soleil, le temps de faire la vaisselle la pluie se met à tomber. Fort. Nous avons démonté les tentes ce matin et tout est sec, mais c'est sous la pluie que nous quittons le camping en début d'après-midi.

Nous suivons l'itinéraire que j'ai emprunté hier. À Florac, on fait une halte à la poste, puis à la superette pour faire des courses. On reprend notre route sous la pluie, sous le regard effaré des touristes qui sont dégoûtés par la météo de ce mois de juillet. On est autant mouillés par ce qui tombe que par les projections de nos roues avant quand on passe dans les flaques parfois inévitables. Pour tout arranger, les voitures nous arrosent copieusement. Nos jambes nues sont glacées, mais en montant on se réchauffe un peu.

En passant à Vébron, je réalise qu'il y a une grande tête de diable échevelé sculptée dans le bois à un carrefour. Je ne l'ai pas vue hier car je suis passé trop vite. À la sortie des Vanels, on fait une courte pause au carrefour de la route des gorges du Tapoul. Un improbable Parisien déboule de sa maison coincée contre le tunnel et interroge Marie-Claire sur la réception télévisuelle numérique dans la région. Elle le renvoie vers moi et je suis bien embarrassé pour lui répondre. On se demande bien ce que les gens peuvent trouver d'intéressant à la télé quand il viennent en vacances dans un coin paradisiaque comme ici où il y a tellement à faire en dehors, quel que soit le temps. Enfin, chacun sa vie...

Un peu plus loin, on s'arrête en bord de route pour un petit casse-croûte. Heureusement, la pluie s'est arrêtée. Mais il fait toujours humide et froid. Nous passons Fraissinet-de-Fourques et attaquons la difficile montée du col de Perjuret. La pente à 15 % fait chauffer le moteur et nous posons les anoraks. Au fur et à mesure de la montée, le paysage apparaît plus ou moins masqué dans les nuages qui recouvrent les sommets. On s'attendait à trouver le col sous les nuages, mais il n'en est rien. Par contre, il y a là-haut un petit vent bien frais qui nous glace jusqu'aux os. Nous enfilons nos anoraks et la pause restauration avant la descente est écourtée au maximum.

La descente est rapidement avalée. En bas, la température est un peu plus acceptable. À l'approche de Meyrueis, on voit de nombreux campings. Nous nous arrêtons devant celui du Pré de Charlet qui nous semble bien sympathique. Marie-Claire tente en vain d'appeler Geneviève sur son téléphone portable. Visiblement, il y a des problèmes de réception. Nous nous adressons au camping qui nous signale que Geneviève est là, qu'elle nous cherche et qu'elle s'est probablement installée au gîte juste au-dessus.

Nous reprenons nos montures et parcourons la centaine de mètres qui nous sépare du gîte. Pour monter jusqu'au bâtiment, il y a une belle côte à plus de 20 %. Maintenant qu'on est bien affûtés, cela ne nous fait pas peur car ce n'est que pour quelques mètres. Finalement, nous nous hissons sur la plate-forme devant le gîte pour voir Geneviève sortir, tout contente de nous trouver. Elle a essuyé une pluie battante ce matin au départ de Millau où elle est arrivée en train avec sa randonneuse. Elle est arrivée là complètement trempée et a décidé de s'installer au gîte pour la nuit de façon à recharger les batteries. Le problème, c'est que c'est en pension complète, le repas du soir est inclus, et que ce n'est pas conforme à notre philosophie du voyage.

Finalement, nous décidons de retourner au camping où nous nous installons. C'est très calme et très agréable. Nous sommes convenus avec Geneviève de faire un point demain matin pour définir la stratégie des prochains jours.

Nous avons parcouru 39 km aujourd'hui, avec un dénivelé positif de 686 m.

À l'entrée du camping, l'accès internet permet à Marie-Claire de consulter ses messages sur mon ordinateur 12:24
À l'entrée du camping, l'accès internet permet à Marie-Claire de consulter ses messages sur mon ordinateur
Nous quittons Bedouès sous la pluie en début d'après-midi 14:18
Nous quittons Bedouès sous la pluie en début d'après-midi
Il fait bien frais mais, sous la capuche, on garde le sourire 15:21
Il fait bien frais mais, sous la capuche, on garde le sourire
En passant trop vite hier à Vébron, je n'avais pas remarqué cette magnifique sculpture sur bois au centre du village 16:23
En passant trop vite hier à Vébron, je n'avais pas remarqué cette magnifique sculpture sur bois au centre du village
Le gorges du Tapoul doivent aussi mériter un détour, mais ce sera pour une autre fois 16:34
Le gorges du Tapoul doivent aussi mériter un détour, mais ce sera pour une autre fois
Ici, la pluie se calme un peu, mais ça tombe toujours et il fait froid 17:18
Ici, la pluie se calme un peu, mais ça tombe toujours et il fait froid
Jour 16

Mardi 26 juillet 2011

20 photos

Le parcours

Le Causse Méjean : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

La nuit a été très calme. Ce camping est vraiment bien. Il a un petit peu plu et le linge que l'on avait laissé à sécher sur le fil est encore mouillé malgré l'abri des arbres. Après avoir déjeuné, nous allons rejoindre Geneviève au gîte. Nous décidons de rester une journée encore ici pour aller faire une virée sur le Causse Méjean au-dessus de Meyrueis. Geneviève va venir s'installer au camping près de nous pour la nuit prochaine.

Finalement, nous partons sous un ciel partiellement couvert. Nous allons faire quelques courses à Meyrueis puis nous remontons pour prendre la route qui surplombe les gorges de la Jonte. Un peu plus de deux kilomètres après le village, la route passe sous le rocher. Nous nous arrêtons juste avant la première route qui monte sur le Causse Méjean. C'est l'occasion de faire des photos des gorges vues d'en-haut. De là, on voit vraiment une faille dans le plateau correspondant au passage de la rivière. Nous montons sur le pré au-dessus de la route pour casser la croûte. Il y a plein de petits rochers et nous choisissons les plus plats comme siège. Pendant la pause, nous aurons droit à quelques gouttes, prémices de ce qui nous attend dans l'après-midi.

Nous repartons et quittons la route de la corniche pour monter sur le plateau. Le changement de paysage est radical. Le relief est adouci et il n'y a presque pas d'arbres. Ce ne sont que des prairies à moutons jaunies par le soleil d'été. Près d'une ferme au toit de lauzes, nous prenons une petite route un peu défoncée qui serpente entre les prairies. Même si nous profitons de temps en temps du soleil, on voit au loin s'avancer de gros nuages noirs annonciateurs de pluie. Une première alerte nous oblige à nous réfugier derrière des arbustes qui font un piètre abri mais nous protègent un peu du vent qui souffle sous l'averse. Heureusement, ça ne dure pas. Nous avons revêtu nos anoraks et Geneviève a mis son poncho orange qui sert aussi de signalisation quand elle roule.

Un peu plus loin, nous rejoignons un groupe de quatre jeunes marcheurs bien courageux d'affronter ce paysage austère où il n'est pas possible de s'abriter si les éléments se déchaînent. A peine les avons-nous dépassés qu'une nouvelle averse arrive. Cette fois, elle dure un peu plus que la précédente et nous trouvons l'abri de jeunes sapins qui nous protègent du plus gros de la pluie. Pendant que nous attendons sous les frondaisons, les marcheurs, qui ont continué malgré la pluie, pointent leur nez au-dessus de la colline. Au même moment, la pluie s'atténue et nous repartons avant qu'ils ne nous rejoignent.

À peine sommes-nous repartis que la pluie repart de plus belle. C'est sous des trombes d'eau que nous arrivons à Hures, petit village désert que nous traversons en deux minutes. Ensuite, le temps s'éclaircit et on a même droit à un rayon de soleil en traversant le village du Buffre où, étonnamment, il y a du monde. Sans doute des vacanciers. Ensuite, la route descend et le paysage change pour laisser davantage de place à la forêt. Le poncho de Geneviève gonfle avec la vitesse, la transformant en montgolfière orange. C'est du plus bel effet. Après une jolie descente, nous rejoignons la route de Sainte-Enimie qui va nous ramener à Meyrueis.

À peine faisons-nous quelques kilomètres qu'une nouvelle averse menace. Nous avons juste le temps de nous abriter sous les sapins après avoir enjambé une clôture et laissé nos montures en bord de route sous la pluie. Quelques minutes plus tard, ça se calme et nous pouvons repartir. À La Borie, nous passons entre les murets de pierre qui délimitent les jardins. Un nouveau grain approche, mais il passe un peu plus loin poussé par le vent. Finalement, nous rejoignons le point où nous sommes montés sur le Causse. La suite n'est plus qu'une longue descente jusqu'au camping, en repassant sous le rocher déjà vu à l'aller. Nous avons terminé une jolie boucle. Plus tard, Geneviève vient installer sa tente près des nôtres et nous passons une soirée agréable.

Nous avons parcouru 37 km aujourd'hui avec un dénivelé positif de 584 m.

Notre installation au camping très agréable du Pré de Charlet 07:42
Notre installation au camping très agréable du Pré de Charlet
Les gorges de la Jonte, vues d'en-haut, forment une faille verdoyante dans le plateau du Causse 12:34
Les gorges de la Jonte, vues d'en-haut, forment une faille verdoyante dans le plateau du Causse
Geneviève, avec sa randonneuse est obligée de s'adapter à notre rythme, beaucoup plus lent en montée 12:39
Geneviève, avec sa randonneuse est obligée de s'adapter à notre rythme, beaucoup plus lent en montée
Pause casse-croûte dans une prairie en pente jonchée de rochers 13:25
Pause casse-croûte dans une prairie en pente jonchée de rochers
Ici, nous quittons la route qui suit le haut des gorges de la Jonte pour monter sur le Causse Méjean 13:40
Ici, nous quittons la route qui suit le haut des gorges de la Jonte pour monter sur le Causse Méjean
Sur le Causse, les maisons sont basses avec un toit de lauzes 13:59
Sur le Causse, les maisons sont basses avec un toit de lauzes
Jour 17

Mercredi 27 juillet 2011

33 photos

Le parcours

De Meyrueis (48) à Millau (12) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

Il a plu toute la nuit et il pleut encore ce matin. Hier soir, vu la météo peu clémente, on avait mis le linge à sécher sous un préau du camping. C'est là que nous nous installons pour le petit déjeuner. Il y a des tables et des bancs. Nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls à adopter cette solution. Juste avant nous, un couple de cyclistes a fait de même.

La pluie s'arrête, mais comme le temps n'est pas sûr, nous décidons l'aller faire un tour à pied au village de Meyrueis. C'est jour de marché et il y a plein de monde. Le soleil apparaît et on commence à avoir chaud. Nous profitons du marché pour faire le plein de fruits et de légumes. Rentrés au camping, nous démontons nos tentes. Le soleil a l'air de vouloir se maintenir, alors nous décidons de continuer notre périple. Après un casse-croûte rapide, nous reprenons la route, direction Meyrueis et les gorges de la Jonte.

Nous traversons le village et passons sur la rive droite de la rivière par un joli petit pont bien fleuri. La route suit les gorges, surmontée de belles falaises avec la Jonte qui court sur les cailloux en-dessous. Elle descend en pente douce et c'est très facile de rouler, d'autant qu'il y a peu de circulation. En haut, les falaises sont pleines de grottes : grotte de Nabrigas, grotte de la Vigne, grotte de la Chèvre. Un peu plus loin, on peut voir l'Arcade des Bergers, une belle arche de pierre naturelle qui décore le sommet de la falaise. Le spectacle est autant en haut qu'en bas où coule la rivière.

Nous passons le hameau des Douzes, surmonté du Roc Saint-Gervais. Un peu plus loin, la route surplombe le village du Maynial, de l'autre côté de la Jonte, qui occupe l'intérieur d'une boucle de la vallée. Il est construit sur une succession de terrasses et descend jusqu'au bord de l'eau. Au niveau du Truel, la route remonte un peu. La pente est assez forte, mais ça ne dure pas. Au point le plus haut, il y a un parking plein de touristes. Nous sommes juste au-dessous du Belvédère des Vautours. Du parking, on les voit très nombreux qui survolent la vallée autour du promontoire rocheux où ils nichent.

Peu avant la fin des gorges, nous voyons au loin le village de Peyreleau, perché sur un piton rocheux sur la rive gauche de la Jonte. Le village touche celui du Rozier, coincé entre les falaises au confluent de la Jonte et du Tarn, qui marque la fin des gorges de ces deux rivières. Au Rozier, nous prenons à gauche le pont sur la Jonte puis nous grimpons à Peyreleau. Bien qu'impressionnante, la côte n'est pas si difficile. D'en-haut, on a une belle vue sur Le Rozier.

Nous prenons une petite route qui suit la rive gauche du Tarn, moins fréquentée que celle de la rive droite. Elle monte et descend régulièrement au gré du relief, avec une belle vue sur la vallée du Tarn et sur les collines de l'autre rive. Depuis notre côté, nous pouvons admirer le village de Mostuéjouls, dominé par son château, puis les ruines de Peyrelade, au-dessus de Rivière-sur-Tarn.

Juste avant La Cresse, un gros nuage noir pointe son nez. Nous avons juste le temps de monter jusqu'à une cabane en pierre pour nous abriter alors que le déluge déferle. Nos pauvres montures sont restées au bord de la route, martelées par la pluie. Cet épisode marque une dégradation du temps. Il fait plus gris et plus froid, et le ciel roule de gros nuages noirs.

À La Cresse, nous faisons halte sous le hall d'une coopérative agricole, à côté de l'église. Plusieurs averses passent alors que nous attendons une éclaircie. Après une petite visite à l'église, nous repartons quand la pluie s'arrête. Juste avant Carbassas, un champ de cerisiers n'a pas été récolté. Les cerises sont trop mûres et n'ont pas été ramassées. Elles sont cependant assez bonnes pour nous et nous nous régalons.

Finalement, nous arrivons à Millau. Nous nous arrêtons à la superette du camping pour faire quelques courses, puis nous gagnons le centre-ville pour poursuivre dans la vallée du Tarn. C'est là que Geneviève s'aperçoit qu'elle a oublié son achat lors de notre dernier arrêt. Elle fait demi-tour et nous l'attendons. A son retour, nous traversons la ville pour prendre la D41 qui suit la rivière. Cette petite route passe sous le viaduc de Millau et c'est presque à son pied qu'on trouve un champ en hauteur où nous plantons les tentes pour la nuit. Le ciel s'est dégagé et nous avons droit à un superbe coucher de soleil qui éclaire le viaduc juste au-dessus de nos têtes. L'effet est assez surréaliste.

Nous avons parcouru 50 km aujourd'hui, en majorité en descente puisque nous avons suivi les rivières.

Après la pluie, nous démontons les tentes sous le soleil 12:23
Après la pluie, nous démontons les tentes sous le soleil
Geneviève a un vélo bien chargé, tout comme nous 12:24
Geneviève a un vélo bien chargé, tout comme nous
À Meyrueis, nous traversons la Jonte pour suivre la rive droite dans les gorges 12:57
À Meyrueis, nous traversons la Jonte pour suivre la rive droite dans les gorges
La route est dominée par de très belles falaises 13:05
La route est dominée par de très belles falaises
On descend en pente douce et Marie-Claire plane 13:08
On descend en pente douce et Marie-Claire plane
Les falaises rocheuses illuminées de soleil se détachent sur le ciel bleu 13:14
Les falaises rocheuses illuminées de soleil se détachent sur le ciel bleu
Jour 18

Jeudi 28 juillet 2011

21 photos

Le parcours

De Millau (12) à Saint-Jean-Delnous (12) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

La nuit a été agitée. Des jeunes sont venus faire la fête à une heure du matin à côté de nos tentes. On a eu droit à tout : les phares de la voiture, la musique à tue-tête, les cris et même l'aboiement d'un chien lorsqu'il m'a vu sortir de la tente. Ils sont restés une bonne heure et demi, mais ne se sont pas approchés. Pour être certain qu'ils ne viennent pas trop près, je suis resté debout dehors tout ce temps. Ils ont fini par repartir et nous avons pu nous rendormir. La prochaine fois, on choisira un endroit plus discret pour s'installer.

Nous prenons notre petit déjeuner sous le soleil qui pointe à travers le viaduc dans un paysage majestueux. Après avoir tout plié, nous redescendons sur la route pour reprendre la descente le long de la vallée du Tarn. Moins de 2 km plus loin, nous faisons une pause au village de Peyre. C'est un groupe de maisons accroché à la falaise. Marie-Claire nous fait un cours de botanique sur les plantes sauvages comestibles que l'on trouve en bord de route. Dans le village, nous remplissons nos gourdes à la fontaine publique. De là, on a une très belle vue sur le viaduc de Millau. Dommage que le fond soit si nuageux, un ciel bleu et quelques flocons blancs auraient très bien rendu sur les photos.

Nous reprenons notre route et passons Comprégnac, puis Candas. Il n'y a que peu de circulation et la route est agréable. Après Candas, à Saint-Hippolyte, nous traversons la Muze puis tournons à gauche vers Saint-Rome-de-Tarn sous le regard amusé des habitants du lieu. Nous traversons le Tarn avant de grimper la côte qui mène à Saint-Rome-de-Tarn. Juste après le pont, une aire de repos nous permet une petite pause avec toilettes pour les dames.

Après la côte assez musclée, nous faisons halte à Saint-Rome-de-Tarn. Le village, perché sur le flanc d'une colline, domine la rivière. Après quelques courses au commerce local, nous nous installons près du lavoir, sur un banc, pour déjeuner. En descendant vers le lavoir, une gamine fait à sa mère en me voyant passer avec ma remorque : « regarde maman la drôle de voiture ! ». On ne me l'avait jamais faite celle là ! Après déjeuner, nous allons prendre un dernier café au bar près de la statue de Monseigneur Denys Auguste Affre, archevêque de Paris, natif du village. Marie-Claire a décidé de nous abandonner là et de revenir en arrière vers le Larzac. Forte de l'expérience que nous venons de vivre depuis plus de 15 jours, elle a envie de tenter l'aventure en solitaire.

En début d'après-midi, nous laissons Marie-Claire faire demi-tour et nous reprenons notre route le long du Tarn. Après Saint-Rome-de-Tarn, la route monte au-dessus de la vallée. Nous faisons une halte au belvédère de Puech Gazal, au-dessus des Raspes du Tarn et de la retenue de Pinet. Après une petite pause, nous reprenons la montée qui est parfois bien raide. Le temps est couvert, mais il fait chaud. À La Baraque, après Saint-Victor, nous atteignons le point le plus haut. S'ensuit une superbe descente jusqu'au bord du Tarn, 6 km plus loin.

À mi-pente, nous faisons une pause pour visiter le village de Melvieu. Il est assez joli, mais c'est désert. D'en haut, on a une belle vue sur le village de La Romiguière qui domine la faille où coule le ruisseau de Genève. C'est dans ce creux que passe notre route pour rejoindre le Tarn. Nous grignotons devant l'accès des pompiers, puis on reprend la descente. En un rien de temps nous sommes au Tarn. Nous traversons sur le pont, puis nous prenons, à gauche, la route de Broquiès. Un peu plus loin, nous passons au-dessus du barrage de la Jourdanie.

Avant Broquiès, au carrefour de la D25, un couple en vélo m'interroge sur le tricycle. Lui est déjà bien informé et ne va pas tarder à devenir accro. Nous repartons chacun de notre côté. Il nous faut monter jusqu'au village puis redescendre de l'autre côté pour retrouver les bords du Tarn. Juste avant Couffoulens, la route coupe une boucle du Tarn. Pour passer la colline, il y a un tunnel. Il n'y a pas d'éclairage. Je sors la frontale et Geneviève allume son phare. En quelques minutes, nous passons de l'autre côté, mais c'est assez stressant de croiser une voiture dans le noir comme nous l'avons fait. Après la sortie du tunnel, un pont métallique nous fait repasser sur la rive gauche.

Ensuite nous passons devant le village de Couffoulens de l'autre côté du Tarn. Nous faisons une halte à Brousse-le-Château. Je connais déjà le village qui est très joli. Nous allons faire le plein d'eau aux toilettes publiques, puis nous repartons. 2 km plus loin, nous repassons sur la rive droite, puis à Lincou, nous quittons la vallée du Tarn en direction de celle du Viaur. Pour monter sur le plateau, nous devons nous farcir une rude montée de 5 km à plus de 10 %. En vélo droit, Geneviève monte beaucoup plus vite que moi et très vite, je me retrouve seul. Elle m'attend en haut, à l'entrée de Requista. Dans le village, une déviation nous fait faire un petit détour, mais nous retrouvons vite la bonne route. C'est un peu plus loin, juste avant Saint-Jean-Delnous que nous installons les tentes sur un coin d'herbe à l'entrée d'un champ et au bord d'un chemin.

Nous avons parcouru 70 km aujourd'hui. Même si nous avons globalement suivi la vallée du Tarn, deux belles montées nous ont fait un dénivelé positif total de 1263 m à la fin de la journée.

Petit déjeuner, dans le soleil levant, sous le viaduc de Millau 08:13
Petit déjeuner, dans le soleil levant, sous le viaduc de Millau
Prêts à repartir, nous redescendons sur la route 09:35
Prêts à repartir, nous redescendons sur la route
Le village de Peyre est appuyé contre la falaise 09:42
Le village de Peyre est appuyé contre la falaise
Petit cours de botanique, par Marie-Claire, sur les plantes sauvages comestibles 09:45
Petit cours de botanique, par Marie-Claire, sur les plantes sauvages comestibles
D'ici, on a une belle vue sur le viaduc de Millau mais ça manque un peu de soleil 09:52
D'ici, on a une belle vue sur le viaduc de Millau mais ça manque un peu de soleil
Le village de Peyre est maçonné à même la falaise 09:56
Le village de Peyre est maçonné à même la falaise
Jour 19

Vendredi 29 juillet 2011

16 photos

Le parcours

De Saint-Jean-Delnous (12) à Pampelonne (81) : voir le parcours sur OpenRunner

Le récit

Au lever du soleil, il y a un peu de brume dans la vallée, mais le ciel est entièrement dégagé. Une belle et chaude journée s'annonce. Après la routine matinale, nous quittons notre coin d'herbe pour reprendre la route. Nous sommes sur le plateau pendant à peu près une douzaine de kilomètres et le relief est juste un peu vallonné. Peu après La-Malric, nous entamons un belle descente dans la forêt. En tricycle, je vais bien plus vite que Geneviève qui doit gérer l'équilibre de sa randonneuse chargée, ce qui n'est pas facile à grande vitesse.

En peu de temps je suis en bas et je m'arrête au pont du Giffou pour l'attendre. Elle arrive peu après et m'explique qu'elle s'est arrêtée en descendant pour ramasser des champignons. Elle me montre de superbes coulemelles qui feront le bonheur de notre déjeuner. Après le pont, nous sommes au village de Castelpers. Il n'y a pas âme qui vive. Nous traversons le Céor et longeons un superbe château privé. Nous suivons la vallée du Céor, très verte avec des forêts sur les pentes et des prairies en bas.

À Saint-Just-sur-Viaur, nous traversons le Viaur une première fois avant le village, puis une seconde fois à la sortie. Nous le traversons de nouveau à La Bastide, pour continuer sur la rive droite. Juste après, un passage à gué submersible traverse la rivière. Un peu plus loin, la route très ombragée passe sous le viaduc du Viaur, une grande construction métallique, probablement due à Gustave Eiffel, sur laquelle le train enjambe toute la vallée. Rouler dans cette zone est très agréable grâce à l'ombre des arbres qui nous protègent du soleil qui commence à chauffer. Juste sous le viaduc, il y a une superbe maison bien fleurie.

La route continue dans cette petite vallée champêtre et étroite toute couverte de verdure. C'est très reposant. Un peu plus loin, nous montons sur le plateau. La montée ne dure que deux kilomètres, mais il y a des passages à près de 10 %. Après environ 5 km sur le plateau, nous entamons une belle descente dans la forêt jusqu'au pont de Thuriès. En bas, il y a un camping où j'ai déjà dormi en camping-car. Nous traversons le pont sur le Viaur, puis c'est une remontée aussi raide qui fait bien 2 km avec des pentes jusqu'à 20 % dans les épingles à cheveux. Heureusement, les arbres apportent un peu de fraîcheur.

Geneviève m'attend à la seconde épingle qui donne accès au château de Thuriès, perché sur un piton au-dessus du Viaur. De là, nous avons une belle vue sur le barrage qui crée un lac dans la vallée. Le château a été réhabilité par un chantier jeunes en 2004. Finalement, nous terminons la montée sous le soleil qui maintenant chauffe vraiment. Je retrouve Geneviève au petit commerce de Pampelonne, le bourg juste au-dessus de la vallée. Nous faisons la pause casse-croûte sous les arbres de la place du village. Puis nous repartons en direction de Monestiés.

C'est à la sortie du village qu'il nous arrive un gros pépin. Il y a là une série de trois ralentisseurs dont l'angle avec la route est très abrupt. Comme la route est en légère pente, je les passe sans trop ralentir. En sortant du troisième ralentisseur, j'entends un crac, je me sens descendre d'un cran et la remorque me double par la gauche. Heureusement, la route était déserte et il n'y avait personne en face. Geneviève qui me suivait a eu plus peur que moi.

C'est l'axe de la roue arrière du tricycle, sur lequel la remorque est fixée, qui s'est rompu. Sur une suggestion de Geneviève, nous appelons Martine à la rescousse. Nous ne sommes qu'à trois heures en voiture de la maison et elle viendra nous chercher avec la remorque pour mettre le matériel. Finalement, on aurait aussi pu faire faire une réparation de fortune dans le garage local ce qui nous aurait permis de continuer jusqu'au bout, mais nous n'avons pas choisi cette option. On en a été quittes pour attendre quelques heures devant une bière et à l'ombre des arbres dans le village.

Nous aurons parcouru 40 km aujourd'hui. Ainsi se termine une très belle aventure qui nous laissera des souvenirs inoubliables. Les Cévennes méritent vraiment le voyage et c'est un endroit où nous reviendrons.

En bas d'une belle descente, j'ai attendu Geneviève qui s'était arrêtée 09:31
En bas d'une belle descente, j'ai attendu Geneviève qui s'était arrêtée
Elle avait trouvé de belles coulemelles qui vont agrémenter notre repas 09:32
Elle avait trouvé de belles coulemelles qui vont agrémenter notre repas
À Castelpers, on traverse le Céor qui baigne une superbe propriété entourant un château privé 09:43
À Castelpers, on traverse le Céor qui baigne une superbe propriété entourant un château privé
Nous suivons la vallée du Céor jusqu'au Viaur 09:44
Nous suivons la vallée du Céor jusqu'au Viaur
Un peu avant Saint-Just-sur-Viaur, le pont sur le Viaur inondé de verdure et de lumière 09:53
Un peu avant Saint-Just-sur-Viaur, le pont sur le Viaur inondé de verdure et de lumière
La vallée est très verte, essentiellement constituée de prairies et de forêts 09:54
La vallée est très verte, essentiellement constituée de prairies et de forêts