Itinérance AFV n°6
Du 25 juin au 1er juillet 2017 · Liginiac (19)
7 jours363 km7 338 m D+305 photos
Le voyage
La météo annonçant de la pluie pour la fin de cette dernière semaine de juin 2017 ne s’était pas trompée. Cependant, nous aurons eu du soleil tous les jours pour cette extraordinaire aventure qui nous a conduits de Corrèze jusqu’au pied du Puy Mary, dans le Cantal. Nous avons également grandement exploré les berges de la Dordogne et ses grands barrages, avec de superbes paysages de prairies, de forêts et de prairies d’estive, au-delà de la zone boisée. Notre point le plus haut, au col du Pas de Peyrol, au pied du Puy Mary, affiche 1589 m. Les températures ont été très contrastées de plus de 30°C le premier jour, nous avons enregistré seulement 10°C les deux derniers matins. Nous garderons en mémoire les odeurs des sapins sous le soleil et le bruit des cloches des vaches et des brebis dans les prairies. La taille réduite de notre groupe, seulement quatre, nous a permis d’adapter facilement la logistique à la conjoncture. C’est ainsi que nous avons passé deux nuits en mobile-home et une nuit en gîte alors que nous avions réservé un emplacement de camping. Côté matériel, la difficulté de gestion de la charge des batteries et des pannes d’assistance ont obligé certains d’entre-nous à rouler en musculaire pur, parfois dans des montées difficiles avec des développements mal adaptés, mais la solidarité jouant, tout s’est finalement bien passé. Un grand merci à l’ami Christian qui, en plus d’avoir assuré la garde de nos véhicules pendant notre aventure, nous a permis de voyager léger le dernier jour. Il a également été notre guide pour la visite des installations publiques du barrage de l’Aigle. Même si nous avons partiellement roulé sous la pluie au cours de ces plus de 360 km avec un dénivelé total de 6960 m, nous garderons un excellent souvenir de ce périple, avec en plus une forte envie de revenir poser nos roues dans les montagnes du Massif Central.
Les photos, vidéos et réactions des participants sont consultables sur le forum vélorizontal.
Jours du voyage
Dimanche 25 juin 2017
37 photos
Le parcours
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Le récit
Nous sommes arrivés hier après-midi au camping du Maury à Liginiac en Corrèze où nous avons retrouvé Serge, puis Jean-Pierre et Brigitte. Nous avons, en vain, attendu Hervé qui a fait demi-tour à mi-chemin après avoir constaté l’oubli de ses chaussures de vélo et, finalement, renoncé à cette aventure. Christian, qui m’a aidé à organiser ce périple nous a rejoint au camping. Nous sommes allés prendre une bière au café de la plage, puis nous avons raccompagné Christian chez lui où nous nous avons laissé les voitures. Le retour s’est fait à pied en un quart d’heure. Ce matin, nous sommes quatre au départ, tous en trike à assistance électrique : Jean-Pierre, Serge, Martine et moi. Jean-Pierre tire une remorque mono-roue, Serge et moi restons fidèles à la remorque à deux roues. Pascal, le gérant du camping qui appartient à la commune de Liginiac, est venu assister au départ et faire quelques photos. Le soleil que ne cache aucun nuage nous promet une belle journée. Après le traditionnel briefing et les photos de groupe, nous donnons nos premiers coups de pédale dans la côte bien pentue qui quitte le camping. Arrivés en haut, je constate que ma casquette a disparu. Je fais demi-tour me souvenant l’avoir laissée dans les sanitaires. Trop tard ! Quelqu’un l’a trouvée avant moi. Martine en a plusieurs et m’en prête une. Nous rejoignons la route de Neuvic à Bort-les-Orgues que nous prenons à gauche vers Liginiac. Un peu plus loin, un petit arrêt nous permet de saluer Christian qui habite là. Nous rejoignons ensuite Liginiac où nous nous arrêtons faire des courses au commerce local.
Après Liginiac, nous avons quelques petites montées, puis une jolie descente pour rejoindre le fond de la vallée de la Diège que nous traversons à Rotabourg. Bien entendu, de l’autre côté il faut remonter. Une fois en haut, après un petit parcours en plateau, nous prenons à droite la route de Saint-Julien-près-Bort. Dans le village, un joli balancier permet de descendre le seau au fond d’un puits. C’est l’occasion de quelques photos devant cet outil inhabituel. Ensuite, nous prenons à droite la petite route qui mène au point de vue de Saint-Nazaire. Nous arrivons au belvédère qui domine les gorges de la Dordogne. Le paysage est superbe avec la vallée en enfilade. On distingue un peu plus loin la statue qui marque la fin du chemin de croix qui commence juste à côté. Après une belle série de photos et un allègement de la tenue pour parer à la montée progressive de la température, nous reprenons la route qui, après un parcours sur le plateau, grimpe franchement jusqu’au col du Puy de Bort. Un peu avant le col, nous faisons une pause pour admirer la vue de la vallée de la Dordogne et du bout des Orgues de Bort, qui nous cachent la ville située juste en-dessous. Le col du Puy de Bort, du nom du petit village situé juste après, est le premier d’une série que nous allons franchir au cours des prochains jours. C’est aussi le plus bas, à 780 m.
Après le col et une jolie descente pas trop longue, nous remontons de nouveau pour rejoindre le point de vue au-dessus des orgues de Bort. C’est un endroit prisé des touristes mais il n’y a pas trop de monde ce matin. La buvette est ouverte et il y a des toilettes sèches. Martine réalise qu’elle a un peu forcé sur l’assistance et qu’elle n’a peut-être pas suffisamment de réserve pour monter jusqu’à Lastioulles. Heureusement, la personne qui tient la buvette nous permet de recharger sa batterie pendant notre pause, ce qui lui permettra de finir la journée sans problème. Nous nous installons pour déjeuner sur une table à l’ombre avec une belle vue sur la vallée. Après déjeuner, nous allons explorer l’esplanade qui donne une belle vue sur la ville de Bort-les-Orgues, sur la vallée de la Dordogne et sur les monts du Cantal. Un petit tour à la buvette pour bien terminer cette pause et nous reprenons nos vélos pour la suite de l’aventure. Pour Jean-Pierre, l’aventure c’est tout de suite. En quittant la zone piétonne, il ne voit pas le poteau métallique qui empêche l’entrée des voitures. La roue droite de son trike le heurte de plein fouet et patatras ! Le trike et la remorque se retrouvent couchés sur le côté et Jean-Pierre coincé dessous. Heureusement, il n’y a pas de casse car il roulait très lentement. Il s’en sortira avec quelques contusions et une écharde dans le doigt qu’il arrivera à retirer le soir.
Nous quittons le point de vue pour entamer une belle descente jusqu’à Bort-les-Orgues. La petite route en lacets est très pentue et il faut y aller doucement. Finalement, nous rejoignons la route principale que nous prenons à droite en direction de la ville. Nous faisons une première pause pour admirer la vue sur le lac de retenue et sur le château de Val situé à la pointe d’une presqu’île. Nous faisons un second arrêt au niveau du barrage. D’une hauteur de 120 mètres et de type poids-voûte, il possède une retenue longue de 21 km permettant de nombreuses activités nautiques. C'est la troisième plus grande retenue en béton de la France métropolitaine. Il est équipé d'un évacuateur de crue, capable d'assurer un débit de 1 200 m3/s d'eau, de type dit « saut à ski » en raison de sa forme. Cet évacuateur n'a jamais servi en dehors des tests. L'usine hydroélectrique possède trois turbines de type Francis. Les deux plus gros groupes font 120 MW chacun. La hauteur de chute nominale est de 114,8 mètres. Après un petit tour à pied sur le barrage, nous reprenons la descente pour rejoindre la ville. Nous nous arrêtons devant la halle aux blés qui date du XIXème siècle. La halle abrite une sculpture en bronze de Paul-Roger Bloche baptisée "Enfant". Le soleil chauffe de plus en plus et nous ne nous attardons pas, pressés de quitter la ville et son béton étouffant.
La couleur est annoncée dès que nous passons le pont sur la Dordogne : ça monte bien raide. En plus, c’est en plein soleil et le bitume commence à fondre. Le thermomètre atteindra les 30°C aujourd’hui. Nous faisons une petite pause à l’aire de repos au-dessus du saut de la Saule. Un peu plus loin, nous atteignons le haut d’une première bosse. Suit une petite descente jusqu’au ruisseau de Cheylade, puis ça monte de nouveau. Une nouvelle descente nous amène à Champs-sur-Tarantaine où nous nous regroupons sur la place à l’ombre des arbres. La suite est une longue montée, heureusement partiellement ombragée. Les sapins sous le soleil exhalent un parfum très agréable. Le goudron fond sur la route et la pente est forte. Inutile de dire que les assistances sont bien sollicitées avec notre chargement. Celle de Serge arrivera en bout de décharge avant que nous soyons en haut. Finalement, il est près de 18h30 lorsque nous arrivons au barrage du lac de Lastioulles. Un kilomètre et demi plus loin, nous arrivons au camping « Les Bruyères » où la gérante est prête à repartir. Nous avons parcouru 55 km aujourd’hui avec un dénivelé positif de plus de 1200 m. C’était la journée la plus dure et finalement, nous nous en sommes tous bien sortis.
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Lundi 26 juin 2017
47 photos
Le parcours
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Le récit
Ce matin, le temps est couvert et la température a baissé. Après le briefing, nous reprenons la route où nous l’avons quittée hier. À peine arrivés à la Crégut, nous réalisons que Jean-Pierre n’a pas suivi. Après un temps d’attente, je fais demi-tour pour le rejoindre. Nous nous retrouvons au sommet de la côte près du camping. Jean-Pierre a été retardé par un déraillement de la chaîne de son trike, mais il n’y a rien de grave. Une jolie descente nous conduit jusqu’à Trémouille, alors que quelques gouttes commencent à tomber. Finalement, nous nous arrêtons pour mettre la tenue de pluie. La route continue à descendre jusqu’au fond de la vallée de la Grande Rhue. Nous nous arrêtons à Cornillou pour aller voir l’ancienne forge. Elle est minuscule, mais le diamètre de la cheminée est conséquent. La forge, à peine plus grosse qu’un four à pain, a été murée. Ce n’est plus qu’un tas de pierres surmontée de cette grosse cheminée rouillée, un peu anachronique entre les arbres où coule un filet d’eau. Nous reprenons la route qui entame une longue montée le long de la vallée de la Grande Rhue. La pente n’est pas trop forte et c’est un joli parcours dans la forêt qui nous abrite de la pluie qui n’est pas très forte.
Après plusieurs pauses, nous arrivons à Condat. Nous traversons la ville sous le regard curieux des passants, et nous nous rendons directement au petit supermarché alors que le soleil pointe son nez et nous gratifie d’une chaleur réconfortante. Après les courses, nous faisons un second arrêt à la boulangerie. Ensuite, nous traversons la Grande Rhue pour attaquer la montée au col de la Malmouche qui nous élève de près de 450 mètres. Bien raide au début, la pente se régularise bientôt et nous prenons notre rythme. La pluie a cessé, mais le soleil n’a fait qu’une apparition fugitive. Bientôt, nous quittons la forêt pour les prairies d’estive. Les cloches des vaches sonorisent la montagne. Nous restons couverts car le vent est plutôt frais. Nous arrivons à Marcenat où nous prenons à gauche la direction d’Allanche en sortie du village. Peu après, nous arrivons au point culminant, le col de la Malmouche à 1141 m. La suite est en pente douce jusqu’à ce que nous prenions à droite, un peu plus d’un kilomètre plus loin. Après une belle descente, nous traversons Landeyrat et ses quelques raidillons très courts mais bien pentus, pour finalement terminer la descente jusqu’à la gare du vélo-rail du Cézallier où des tables nous accueillent pour la pause méridienne. Dans ce creux, nous sommes un peu protégés du vent. Le café est fermé les lundis et mardis. C’est pas de chance car on aurait bien profité d’un boisson chaude après notre repas.
Après déjeuner, nous laissons les remorques et les sacoches derrière le bâtiment de l’ancienne gare pour faire une excursion en mode allégé jusqu’à la cascade de Veyrines. Nous passons en contrebas des wagons du vélo-rail stationnés près de la gare, puis après le passage à niveau, nous prenons à gauche la route qui rejoint celle d’Allanche. En passant, nous avons une belle vue en surplomb sur la gare et le vélo-rail. Des brebis ont colonisé le quai de l’ancienne gare pour faire la sieste à l’abri. En peu de temps, nous arrivons au site de la cascade de Veyrines. Un parking et un sentier ont été aménagés pour rejoindre la cascade. Il n’y a pas beaucoup d’eau. Ce n’est pas surprenant vu la canicule qui a sévi la semaine précédente et le peu d’eau qui est tombé depuis ce matin. La chute verticale de plusieurs mètres n’en est pas moins impressionnante. Après quelques photos, nous faisons demi-tour pour récupérer nos bagages à la gare de Landeyrat. Avant de repartir de la gare, nous faisons quelques photos du vélo-rail. Finalement, nous retraversons la voie ferrée pour prendre à droite la route de Saint-Saturnin qui serpente au milieu des prairies d’estive. Elle monte doucement jusqu’au col de la Rieu, à 1097 m. Suit une belle descente qui nous fait quitter le plateau et rejoindre le fond de la vallée de la Santoire. Un superbe viaduc en courbe fait franchir la vallée au vélo-rail.
En bas, au carrefour de la D16, la route à gauche est barrée. C’est là que se trouve l’éboulement qui nous a conduit à modifier le circuit à l’issue de la reconnaissance. C’est assez impressionnant. L’éboulement, juste après une ferme qui a été protégée par le rocher (ils savaient ce qu’ils faisaient les anciens), a d’abord recouvert la moitié de la chaussée, puis il l’a soulevée d’un bon mètre. Il y a ainsi plusieurs centaines de mètres de route détruite. Sans doute que la réparation ne sera pas pour demain, d’autant que la route située de l’autre côté de la Santoire permet de rejoindre Saint-Saturnin sans rajouter trop de distance. Il y a à peine plus de deux kilomètres jusqu’à Saint-Bonnet-de-Condat où un pont permet de franchir la rivière. Nous descendons le long de la Santoire jusque là, puis après avoir traversé le pont, nous prenons à droite en direction de Lugarde. La route grimpe bien. À Lugarde, nous prenons à gauche la route de Cheylade. La route continue à monter. Au loin sur la droite, une grande croix surmonte la colline de Soubrevèze. Un cheval au pied de la croix se détache sur le ciel partiellement couvert. Nous faisons une pause au niveau du pont sur la Grolle. On entend les cascades, mais on ne peut les voir car elles sont cachées par une végétation luxuriante. Nous arrivons au carrefour de la D3 que nous prenons à droite sur quelques centaines de mètres avant de bifurquer à gauche vers Cheylade.
L’arrivée à Cheylade est une belle descente mais nous prenons tout de suite à gauche la petite route qui grimpe jusqu’au camping qui domine le village. Il n’y a personne, mais les grilles sont ouvertes. Le terrain sommaire et bien pentu nous laisse perplexes, autant que les sanitaires qui semblent d’une autre époque. Il y a quand même des bornes électriques un peu partout. Le ciel se couvre et l’orage gronde au loin. Alors que nous inspectons les lieux, le gérant arrive. Il y a un problème dans l’alimentation électrique des sanitaires. Seuls deux WC et une douches sont éclairés et il n’y a pas de courant aux prises. Après des recherches infructueuses, le gérant appelle le maire, qui ne répond pas, puis son fils qui est électricien. Celui-ci arrive un peu plus tard, alors que l’orage gronde et que des trombes d’eau nous ont relégués dans le bâtiment construit il y a fort longtemps à partir de quatre abris-bus de récupération. Après analyse, l’électricien constate qu’il manque une phase dans l’alimentation électrique du bâtiment. Par quelques modifications de raccordement, il réussit à nous rétablir l’électricité. Finalement, vu la pluie incessante et considérant que nous sommes seuls dans le camping, nous décidons de ne pas monter la tente et de dormir sur le sol des sanitaires où nous serons à l’abri. Nous avons parcouru 60 km environ aujourd’hui, avec un dénivelé positif de plus de 950 m.
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Mardi 27 juin 2017
78 photos
Le parcours
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Le récit
La pluie c’est arrêtée hier soir et il n’a pratiquement pas plu de la nuit. Ce matin il fait frais, mais les nuages laissent entrevoir un peu de bleu. Le gérant du camping vient assister à notre départ. Nous descendons dans le village pour rejoindre l’église. De l’extérieur elle n’a rien d’extraordinaire, mais l’intérieur vaut le détour. Les plafonds peints sont vraiment très originaux. Il y a aussi de très beaux vitraux et de superbes tableaux. Après avoir mis un euro dans la boîte prévue à cet effet, tout ce patrimoine sort de l’ombre et peut-être admiré pendant quelques minutes. Après la visite, nous repartons par la petite route qui descend jusqu’à la Petite Rhue que nous traversons. Il y a quelques bosses bien pentues mais très courtes. Nous passons devant le château d’Escorolles, puis nous rejoignons la cascade de la Roche sur la Petite Rhue d’Eybes. L’accès est assez périlleux quand on est chaussé pour le vélo, avec des cales qui glissent sur les rochers. Je descends néanmoins jusqu’au dessus de la cascade mais je ne verrai pas la chute, cachée par un gros rocher et un arbre qui a poussé là. Le bassin de réception, une bonne dizaine de mètres plus bas donne une idée du spectacle. Ensuite, nous allons un peu plus loin pour voir la cascade du Sartre sur la Petite Rhue. Là, c’est parfaitement aménagé et on voit bien la belle chute d’eau.
Nous rejoignons la route qui monte au Pas de Peyrol après avoir un peu allégé la tenue. Peu après le Claux, nous attaquons la montée. Il y a deux cols à passer avant le Pas de Peyrol : le col de Serre (1364 m), puis le col d’Eylac (1460 m). La route monte en lacets jusqu’au col de Serre. La pente est très forte, mais nous montons tranquillement. Nous nous retrouvons en haut dans le vent froid où nous écourtons la pause. Le début de la route qui suit n’est pas revêtu. Ce sont de gros cailloux anguleux que nos pneus n’apprécient pas trop. Heureusement, c’est en descente pas trop forte et surtout ce ne sont que quelques centaines de mètres. Ensuite, la route monte et nous retrouvons un bon bitume. Les sommets sont dans les nuages mais, en montant, nous apercevons bientôt la baraque du Pas de Peyrol qui semble dégagée. Nous passons le col d’Eylac où la pente ne faiblit pas. Il reste juste deux kilomètres pour le sommet. La batterie de l’assistance électrique de Jean-Pierre est déchargée. Il doit finir en musculaire alors qu’il n’a pas de petit plateau. Au virage en épingle suivant, envahi de marcheurs venus se former sur la reconnaissance des plantes de montagne, nous le déchargeons partiellement pour qu’il puisse finir la montée de moins de deux kilomètres plus facilement. Finalement, nous arrivons tous en haut un peu avant midi. Nous sommes à 1589 m, le point le plus haut de l’ensemble de notre périple. Le lieu est battu par le vent froid, mais on a une belle vue sur l’ensemble des vallées alors que le Puy Mary reste dans les nuages. Nous avons même droit à un peu de soleil.
Pendant que Martine nous attend au col, nous allons jusqu’au point de vue face à la Roche Noire, sur la route d’Aurillac. Partout, on a une belle vue sur les vallées et les montagnes environnantes, même si les plus hautes sont dans les nuages. Nous revenons en arrière, puis nous attaquons la descente freins serrés au début, pour ne pas nous emballer car la pente est très forte. En peu de temps, nous nous retrouvons en bas au carrefour de la route du Falgoux où nous prenons à gauche la montée du col de Néronne. Heureusement pour Jean-Pierre, la pente n’est pas très forte, mais la montée est un peu longue et c’est avec plaisir que nous voyons arriver le col qui affiche 1242 m. C’est aussi largement l’heure du casse-croûte et les tables sont les bienvenues, même si elles sont en plein vent. L’auberge où nous aurions aimé déjeuner est fermée et nous devons rester au frais. Nous ne traînons pas et nous repartons pour une belle descente alors que le soleil se fait une belle part dans le ciel. Après un vrai plaisir dans cette descente magnifique, nous arrivons à Salers, un des plus beaux villages de France, après avoir allégé la tenue. Nous commençons par quelques courses au commerce local. Il y a pas mal de touristes, mais le village vaut vraiment le coup d’œil. De vieilles maisons de pierres noires flanquées de jolies échauguettes, de petites ruelles pavées de dalles d’ardoise plates, de jolies places avec des boutiques de souvenirs et des restaurants, il y a de quoi régaler les touristes. Nous nous contentons d’en prendre plein les yeux et de remplir notre appareil photo. Il y a aussi des curieux qui, comme d’habitude, nous questionnent sur nos vélos étranges.
Nous repartons bientôt sous l’œil amusé des touristes. La route plonge dans la vallée de la Maronne. Nous passons juste en-dessous du château de la Pierre à Saint-Paul-de-Salers. Flanqué d’un côté d’un gros donjon carré, il possède une fine tour ronde de l’autre. Il date du XVIe Siècle. Après le château, la route plonge dans la verdure. À Clédart, nous prenons à gauche la route de Fontanges, puis nous nous arrêtons chez un producteur de fromage qui tient boutique à la ferme. Nous goûtons le Salers, le Cantal entre-deux et le Cantal vieux. C’est le Salers qui a notre préférence. C’est un fromage fabriqué en été avec des critères précis. Les vaches doivent être en estives et au-dessus d’une certaine altitude. Le résultat est très sensible sur le goût. Après avoir fait quelques provisions, nous terminons les deux kilomètres pour arriver à Fontanges où la vierge trône sur le village. Elle est perchée sur un rocher qui a été creusé pour faire une chapelle. Nous rejoignons le camping à la sortie du village. Nous avons juste le temps de monter la tente lorsque l’orage gronde et nous déverse des trombes d’eau. Nous nous tremperons pour rien en tentant d’aller dîner au restaurant local qui était ouvert lorsque nous sommes passés devant en arrivant. À 20h00 il est fermé et nous nous contenterons d’un repas frugal à l’abri des sanitaires. Nous avons parcouru 47 km aujourd’hui pour un dénivelé positif de plus de 850 m.
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Mercredi 28 juin 2017
32 photos
Le parcours
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Le récit
Il a plu toute la nuit et si ça s’est un peu calmé ce matin, ça ne va pas durer. Serge a déjeuné dans sa tente, mais nous avons préféré les sanitaires. Les tentes ont été pliées bien trempées. Nous quittons le camping en tenue de pluie. Nous remontons la vallée de l’Aspre en direction du col de Saint-Georges. Il ne pleut pas trop fort et ce n’est pas très gênant. Nous arrivons au col (954 m) vers 9h30. La pluie se renforce et le vent n’arrange rien. Il fait bien froid à cette altitude. Nous descendons face au vent vers Saint-Projet-de-Salers. Là, nous faisons une petite halte rapide pour voir l’église sous l’œil étonné de la préposée du point poste qui prend le frais devant sa boutique. Nous repartons sans tarder et peu après, nous prenons à gauche la route de Tournemire qui monte jusqu’à Viellespesse. C’est un joli parcours dans la forêt que nous aurions davantage apprécié s’il n’avait pas plu. Arrivés en haut, la route fait une épingle et nous avons une belle vue sur la vallée de la Bertrande et Saint-Projet tout embrumés de pluie. Après Viellespesse, nous descendons jusqu’à Tournemire alors que la pluie se calme. Nous entrons dans le village aux rues étroites et pentues. Il y a des touristes malgré le mauvais temps. Nous laissons les vélos au centre, et nous avançons à pied jusqu’au château d’Anjony. C’est un petit bijou avec des jardins fleuris du plus bel effet et des belles pierres. Même les dépendances ont fière allure. Nous passons ensuite voir l’église, construite en pente sur un rocher incliné. C’est plein de monde et il est difficile de faire des photos. Nous retournons à la fraîcheur extérieure.
Après Tournemire, nous rejoignons Saint-Cernin où nous nous arrêtons à la boulangerie. Vu l’heure avancée, nous décidons de déjeuner là. Après renseignement, nous jetons notre dévolu sur le hall d’entrée de la salle des fêtes qui saura nous abriter en cas d’averse. En fait, l’averse n’arrivera qu’alors que nous aurons presque terminé, mais elle obligera quand même Serge à rentrer à l’abri alors qu’il s’était installé dehors au soleil. Après déjeuner, nous reprenons notre route qui grimpe à la sortie de la ville. C’est même très pentu et l’assistance n’est pas ménagée. Une fois atteint le plateau, la route est globalement descendante, mais il y a encore quelques petites montées courtes et pas difficiles. Nous rejoignons Freix-Anglards où nous avions prévu de déjeuner, mais l’unique table n’étant pas abritée et l’heure étant bien avancée, nous avons pris une sage décision. La suite du parcours est très agréable, dans un paysage de prairies bordées d’arbres. À Bel-Air, nous prenons à gauche vers Saint-Victor. Le ciel nous dégage de jolis pans de ciel bleu et la température remonte. Après le Claux, nous passons la vallée du ruisseau de Pranlac, puis celle du ruisseau de Braulle après Saint-Victor. À chaque fois, la descente est suivie d’une remontée assez courte mais bien pentue. À Laborie, nous prenons à droite la D52 qui descend bien, puis remonte plus doucement jusqu’à Nieudan.
C’est en arrivant là que le ciel se couvre de nuages noirs et que le tonnerre gronde, venant de l’ouest. Le temps de revêtir les vêtements de pluie, l’orage se déchaîne et nous restons à l’abri du mur de la mairie, Le vent est si fort que nous ne sommes pas mouillés. Nous restons là une bonne demi-heure avant que l’orage se calme et que la pluie diminue sérieusement. Finalement, nous reprenons la montée qui s’achève à la sortie du village et nous enchaînons par une belle descente jusqu’à Laroquebrou, notre destination du jour. Nous nous installons au camping où nous disposons d’une salle commune avec frigo, congélateur et tout le nécessaire, voire le superflu, comme la télévision par exemple. Nous pouvons dîner à l’intérieur et au chaud et nous nous y installerons même pour la nuit. Nous profitons du début de soirée pour aller faire les courses au petit supermarché local, accessible à pied depuis le camping. Nous aurons en plus l’avantage de pouvoir repartir demain avec l’ensemble de nos vêtements entièrement secs. Par contre, les tentes resteront mouillées malgré notre tentative de séchage en les montant sur l’emplacement que nous avions choisi. Voyant l’inefficacité de l’opération compte tenu de l’humidité ambiante à l’extérieur, nous avons décidé de tout replier dès le soir. Seul Serge a persévéré en laissant la sienne montée dehors toute la nuit, mais il la pliera mouillée malgré tout le lendemain. Nous avons parcouru 55 km aujourd’hui avec un dénivelé positif conséquent de 934 m.
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Jeudi 29 juin 2017
25 photos
Le parcours
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Le récit
Nous avons bien dormi à l’abri dans la salle commune du camping de Laroquebrou. Il ne pleut pas ce qui facilite le chargement des vélos. Le temps est très couvert et le ciel menaçant. Le gérant du camping vient assister à notre départ. À peine partis, la pluie se met à tomber bien fort. Nous rejoignons la route puis descendons jusqu’au village où nous nous arrêtons au supermarché. Nous nous abritons près des chariots pendant que Serge va faire des courses. Lorsque nous repartons, la pluie se calme un peu, mais elle reprend aussi fort dès que nous avons quitté Laroquebrou pour entamer la montée sur le plateau. La côte n’est pas difficile et elle est suivie d’une partie plus ou moins plate avant de se remettre à monter. La pluie ne nous quitte plus et il faut faire avec. Nous arrivons à la Croix-de-Bonnet où nous prenons la D1120 sur un peu plus de trois kilomètres. Il y a de la circulation, mais la route est large et globalement en descente. En peu de temps, nous retrouvons une petite route qui mène à Goulles. Après un parcours facile, nous nous arrêtons devant le restaurant de Goulles pour prendre le café. C’est alors que Serge constate que son assistance ne fonctionne plus. De l’eau est entrée dans les connexions. Il réussira à les sécher au briquet pendant que nous nous réchauffons au bar. À une heure près, on aurait pu rester là pour déjeuner. Le chef nous promettait un aligot. Mais les impératifs de l’étape nous ont obligé à repartir dès que la panne de Serge a été résolue.
Si la pluie a un peu diminué pendant notre pause à Goulles, dès que nous repartons, elle redouble d’intensité. Nous renonçons à l’excursion vers les tours de Carbonnières, un aller-retour avec un fort dénivelé. Nous quittons Goulles en passant devant une très belle grange à entrée latérale formant pigeonnier. La suite est une belle descente dans la vallée de la Maronne, un peu gâchée par la pluie. En bas, les tours de Merle trônent sur un éperon rocheux que contourne la rivière. C’est un ensemble de maisons fortes formant un castrum (place fortifiée) des XIIe et XVe siècles dont il ne reste que des vestiges : les piles ruinées de la maison de la garde du pont, l'emplacement du pont-levis de Veilhan, la tour de Noailles et la tour de Pestel. La maison de Fulcon de Merle est attestée en 1365 et il subsiste les emplacements de la maison dite de Veilhan et de la seconde chapelle Sainte-Anne bâtie en 1674, ainsi que les vestiges des tours donnés comme étant celles du commandeur de Saint-Léger, du prieur de Saint-Léger et de Saint-Bauzire. La route contourne les ruines après avoir traversé la Maronne et nous pouvons les voir sur toutes leurs faces. Dans la descente, alors qu’il avait mis son assistance en régénération, Serge réalise qu’elle est de nouveau en panne. Il faut dire que le déluge que nous avons essuyé n’a pas dû arranger les choses. Il se voit obligé de grimper la côte suivante à la force unique des mollets.
Après nous être extraits de la vallée de la Maronne, nous arrivons à Saint-Cirgues-la-Loutre pour la pause déjeuner alors que la pluie se calme. Et même quelques coins de ciel bleu apparaissent. Nous nous installons sur la place de l’église Saint-Cyr-Sainte-Julitte au clocher-peigne comportant quatre cloches et dont le porche muni de deux bancs latéraux en pierre nous servira d’abri en cas d’averse. À l’intérieur, où la température est bien plus clémente qu’au dehors grâce aux pierres chauffées par les fortes chaleurs de la semaine dernière, nous découvrons quelques petits trésors : un sarcophage mérovingien avec sa loge céphalique (X - XIIe siècles) et une ancienne croix médiévale. Il y a aussi une statue de Jeanne d’Arc. Il y a également un souterrain découvert lors de l’électrification du bourg en 1933 dont l’entrée principale, située sans doute sous les maisons en face de l’église, n’a pas été découverte. Il servait autrefois au stockage de la nourriture et éventuellement d’abri. Son entrée, située sous le parking de l’église, est fermée et nous n’avons pas pu le visiter. Le nom du village est issu d’une légende liée à la construction de l’église il y a plus de cinq siècles. Après que nous soyons repartis, une averse, heureusement de courte durée, nous oblige à nous abriter sous les arbres.
Nous avons droit à une belle montée, suivie d’une belle descente. Vu qu’il ne pleut plus, nous faisons une pause photo à Soult où de superbes hortensias d’un bleu éclatant donnent un petit air de Bretagne au restaurant local sis dans une belle bâtisse en pierre. Nous faisons aussi une photo du groupe devant l’église. Après avoir descendu un peu, nous remontons encore, mais la pente est moins forte. Après Le Vert, nous rejoignons la route de Saint-Privat à Argentat. Il y a un peu de circulation et quelques poids-lourds, mais la route est large et le revêtement lisse. Un peu plus d’un kilomètre plus loin, alors qu’une violente averse nous tombe sur la tête, nous nous abritons sous les arbres au début de la route qui mène à Servières-le-Château. Le ciel s’est bien couvert et l’amélioration n’est pas pour ce soir. Nous repartons dans une relative accalmie, mais la pluie ne cessera pas jusqu’à notre arrivée au camping. La belle descente qui mène à Servières-le-Château ne sera pas appréciée à sa juste valeur et nous ne prendrons pas le temps de visiter le village. Nous filons directement au camping du lac de Feyt où nous sommes bien contents de trouver un bungalow disponible pour faire sécher nos affaires. L’accueil est très sympa et nous pouvons mettre nos trikes et nos remorques à l’abri dans le local qui sert d’atelier pour l’entretien du camping. Nous avons parcouru 43 km aujourd’hui.
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Vendredi 30 juin 2017
10 photos
Le parcours prévu
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Le récit
La météo annonce un temps exécrable aujourd’hui. Nous avons changé nos plans pour rester une nuit de plus dans le bungalow du camping du lac de Feyt. Vu que le parcours du jour est constitué en grande partie d’une boucle qui revient vers Servières-le-Château, nous décidons de rajouter les 13 km restants jusqu’à Auriac pour le lendemain sachant qu’il sont en pente douce montante et qu’ils ne poseront pas de difficultés. Martine décide de rester au bungalow pour une journée de repos et Serge préfère prendre le temps de revoir les connexions de son assistance électrique en profitant de l’atelier du camping et de l’aide de son très sympathique factotum. Finalement Jean-Pierre et moi décidons d’affronter l’humidité permanente et de réaliser la boucle jusqu’à Argentat. Nous voyagerons léger, n’ayant que le strict nécessaire pour ramener les courses que nous ferons à Argentat. Nous partons sous une pluie battante et reprenons la route par laquelle nous sommes arrivés hier. La température n’affiche guère plus de 10°C, soit 20°C de moins que le premier jour. Arrivés à Servières-le-Château, nous réalisons que nous nous sommes trompés. Après le barrage de Glane de Servières, nous aurions dû prendre à droite la route qui mène au barrage du Chastang. Ce n’est pas très grave, nous n’aurons fait qu’un kilomètre et demi de plus que prévu. Nous faisons demi-tour après avoir jeté un coup d’œil au château de Servières et nous sommes bientôt dans la grande descente qui mène au barrage. Nous faisons une pause pour photographier le château entre les arbres avant de replonger en direction du fond de la vallée de la Dordogne.
Après une descente prudente – la route détrempée est bien glissante – nous arrivons au barrage. L'usine-barrage du Chastang a été construite entre 1947 et 1952. L’usine hydro-électrique, d’une puissance installée de 290 MW, a été mise en service en 1951. Ce barrage poids-voûte qui retient les eaux de la Dordogne, est en béton et repose sur des fondations de granit. Sous un ciel bas et gris, avec une pluie ininterrompue, la vallée est assez sinistre, le vert foncé des arbres renforçant la noirceur du paysage. Le barrage lui aussi est sombre, le béton prenant une couleur noirâtre lorsqu’il est mouillé. L’appareil photo est sorti le moins possible et nous ne traînons pas longtemps avant de reprendre la route. Nous achevons la descente pour arriver au pied du barrage, puis nous prenons la route qui suit la rive gauche des gorges de la Dordogne. Le revêtement est déplorable et nous sommes bien secoués, d’autant que, vu la météo, le rythme est bien soutenu. Nous passons Glény sans nous arrêter pour voir la chapelle du XIIe siècle. En peu de temps, nous passons Grafeuille puis nous apercevons le camping et le château du Gibanel sur l’autre rive. Il n’y a pas grand monde. Juste après, nous nous arrêtons le temps d’une photo devant le barrage du Sablier à l’entrée d’Argentat.
Nous passons devant les usines, puis nous prenons à droite vers le centre ville. Nous passons sur le pont sur la Dordogne, puis nous prenons à droite afin de rejoindre les quais. Il pleut toujours, mais les nuages se déchirent laissant apparaître un semblant de ciel bleu très localisé. Les quais sont pavés de galets qui nous secouent bien, mais le paysage est bien agréable. Des restaurants ont installé leurs tables le long du quai, mais la pluie a fait fuir les touristes. Au bout du quai, une forte pente caillouteuse nous fait remonter dans la ville. Heureusement elle est courte, mais Jean-Pierre devra s’y prendre à deux fois pour arriver à monter. Nous allons faire les courses au supermarché alors que le soleil fait une apparition timide. Lorsque nous ressortons, le temps s’est à nouveau couvert et il recommence à pleuvoir. Nous passons dans les petites ruelles de la ville. Les maisons sont jolies mais ça n’a pas le charme qu’on peut y trouver sous le soleil. Finalement, nous repassons le pont sur la Dordogne puis nous prenons la route de Saint-Privat qui monte régulièrement et au revêtement bien lisse. Après un parcours sans histoire, nous retrouvons la route de Servières-le-Château que nous avions prise hier soir et nous rentrons au camping pour l’heure du déjeuner, non sans avoir pris le temps de faire une photo au barrage de Glane de Servières qui retient l’eau du lac de Feyt. Nous avons parcouru près de 40 km dans la matinée. L’après-midi se passera en farniente et activités diverses à écouter la pluie tambouriner sur le toit du bungalow.
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Samedi 1er juillet 2017
76 photos
Le parcours
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Le récit
Pour faciliter le parcours du dernier jour, Christian va venir chercher nos bagages, remorques et sacoches au camping du lac de Feyt où nous les laissons dans le local du factotum. Après l’état des lieux du bungalow, nous partons vers 8h30 sous le soleil qui nous met du baume au cœur, mais avec une température qui reste très fraîche. La route est facile, en montée douce jusqu’à Auriac, entre prairies et forêts. Nous traversons Darazac sans nous arrêter, puis nous faisons une halte à Dezéjouls où une très jolie chapelle trône au milieu d’un hameau de belles maisons en pierres. Un habitant du lieu vient discuter avec nous, intrigué par nos vélos. Dans la forêt après Dezéjouls, nous croisons Christian qui va au camping chercher notre matériel. Nous discutons quelques minutes puis nous repartons chacun de notre côté en nous donnant rendez-vous au bas du barrage de l’Aigle. Deux kilomètres plus loin, nous arrivons à Auriac, où nous aurions dû camper hier soir si le temps avait été plus clément. Après quelques photos du village, nous repartons dans la descente vers Spontour. Cette première descente est suivie d’une petite remontée et nous nous regroupons au point haut. Serge, qui avait bien réparé son assistance avec l’aide de l’homme à tout faire du camping du lac de Feyt, est dépité. Lorsqu’il passe en régénération, le moteur fait des a-coups. C’est une autre panne. Il va devoir finir le parcours sans assistance.
Nous entamons avec prudence la longue descente dans la vallée de la Dordogne, le long du ruisseau de Longuechaux. Un éboulement a effacé une zone de dégagement au bord de la route. De gros blocs sont descendus. Heureusement, la route est restée dégagée. Juste après, dans une épingle à cheveux de la route, une belle cascade justifie un arrêt. Nous faisons quelques photos puis nous reprenons la descente. Nous nous retrouvons tous en bas, au fond de la vallée de la Dordogne. Nous prenons à gauche la route de la vallée et passons le pont pour rejoindre Spontour. C’est un petit village avec des ruelles très étroites qui ne manquent pas de charme. Nous faisons quelques photos devant l’église, puis nous reprenons la route vers le pont afin de remonter la vallée de la Dordogne vers le barrage de l’Aigle. Nous avançons dans cette jolie vallée très encaissée entre deux montagnes boisées. Nous passons le pont sur l’Auze et nous croisons Christian, venu à notre rencontre. Nous continuons jusqu’à Aynes où Christian, qui nous a doublés après avoir fait demi-tour, nous attend devant la maison commémorative des habitats construits pour les ouvriers de 30 nationalités différentes assurant la construction du barrage. Elle a été inaugurée la semaine précédente. On ne peut pas entrer, mais on voit très bien par les fenêtres l’équipement succinct mais efficace de l’époque. Ensuite, nous passons de l’autre côté de la rivière pour aller voir les maquettes des barrages, au Moulinot. C’est là que des maquettes ont été réalisées pour tester les configurations de différents barrages de la région, notamment celle du barrage de l’Aigle. Le lieu a été aménagé par EDF pour le confort des visiteurs. Il y a des panneaux explicatifs détaillés et une passe à poissons permet aux truites de remonter le courant à la saison de la fraie, jusqu’à la retenue d’eau qui alimente les maquettes.
Après de multiples photos, nous repartons vers le barrage, repassant la rivière puis devant la turbine dont l’emblème marque l’entrée du site EDF. Nous montons un peu, puis après un petit tunnel, nous arrivons au sommet du barrage où passe la route. Nous nous arrêtons pour faire une petite visite à l’espace pédagogique aménagé juste au dessous du haut du barrage. De là, on a une belle vue sur la vallée en aval et le petit hameau d’Aynes. On surplombe aussi l’usine où se trouvent les turbines et l’évacuation de l’eau. Un panneau explique que les ouvriers ont ralenti les travaux de construction débutés en 1940, en résistance contre l’envahisseur allemand. Le barrage a ainsi été surnommé « barrage de la résistance » comme l’indique une stèle commémorative placée en bord de route sur le haut du barrage. Nous traversons le barrage en quête d’un endroit pour casser la croûte. De l’autre côté, sur un des piliers de la construction qui supporte les transformateurs, une peinture humoristique à l’attention des cyclistes est intitulée « l’Aigle, refuge des cyclistes ». Un joli clin d’œil que nous apprécions, nous qui passons là à vélo. Juste après le barrage, il y a deux petits tunnels et c’est après le second que nous trouvons un petit muret en bord de route pour nous accueillir le temps de la pause méridienne. Nous sommes au soleil et à l’abri du vent. Même si un nuage nous a jeté quelques gouttes vites séchées par le soleil, nous y étions très bien.
Après déjeuner, nous avons repris la belle route qui monte entre les rochers le long de la vallée du ruisseau du Pont Aubert. La pente est forte mais régulière et la montée fort agréable avec cette température fraîche. En haut, nous arrivons au Breuil où le poste de transformation électrique, bien connu de notre ami Christian qui a travaillé là, est un nœud crucial pour évacuer l’énergie produite par les barrages de la région. Suit un joli parcours sur le plateau jusqu’à Soursac. Là, sur les conseils de Christian et pour épargner notre ami Serge qui roule sans assistance, nous décidons de rejoindre directement Saint-Pantaléon-de-Lapleau ce qui nous évite deux descentes – et deux remontées bien raides – dans la vallée de la Luzège. Nous manquerons des passages intéressants, mais cela nous fera une occasion de revenir dans cette belle région. Notre parcours suit grosso-modo l’ancien tracé du Transcorrézien. Le Transcorrézien appelé plus familièrement le Tacot, fut pendant une cinquantaine d'années le tramway à vapeur le plus utilisé de Haute-Corrèze. Ses lignes furent exploitées de 1912 à 1925 par la Société des Tramways Départementaux de la Corrèze. Inauguré en 1913 par Raymond Poincaré alors Président de la République, il sillonna la campagne corrézienne jusqu'à sa disparition en 1960. Au total plus de 190 kilomètres de lignes pour une activité tant marchandises que voyageurs, reliant Tulle et Ussel avec pas moins de 15 arrêts : Tulle, Laguenne, Espagnac, Saint-Pardoux-la-Croisille, Clergoux, Marcillac-la-Croisille, Lafage-sur-Sombre, Saint-Hilaire-Foissac, Lapleau, Soursac, Saint-Pantaléon-de-Lapleau, Saint-Hilaire-Luc, Neuvic, Liginiac, Chirac-Bellevue et Ussel. À la sortie de Soursac, nous passons devant un tronçon de voie qui porte un wagon.
La route jusqu’à Saint-Pantaléon-de-Lapleau est quasiment plate et, comme nous ne sommes pas chargés, nous avançons bien. Nous arrivons bientôt au village après avoir retrouvé le tracé initial que nous avions abandonné à Soursac. La commune doit abriter un artiste car plusieurs sculptures décorent les lieux. Un avion, devant la mairie est particulièrement intéressant, visiblement fabriqué à partir de matériaux de récupération. À la sortie du village, on trouve aussi un wagon posé sur quelques mètres de rail, souvenir du Transcorrézien. Nous continuons cette route facile qui serpente entre prairies et forêts pour rejoindre la gare de Saint-Hilaire-Luc. C’est un endroit isolé dans la forêt où l’ancienne gare est visiblement habitée et où une dizaine de mètres de rail supportent deux wagons d’époque bien entretenus. Après quelques photos, les pieds dans l’herbe encore mouillée de la pluie de la veille, nous reprenons notre route qui nous conduit bientôt à Neuvic. Là, nous décidons de passer par le sud du lac pour rejoindre directement la maison de Christian à Labissière où nous récupérerons nos voitures et nos bagages. Nous faisons en passant une halte au barrage de la Triouzoune où nous avons droit à quelques gouttes de pluie, puis nous terminons le périple en milieu d’après-midi. Après un charmant accueil chez Christian, nous rejoignons le camping du Maury où nous avons réservé un gîte. Nous terminons la soirée en compagnie de Christian au restaurant du Maury, juste à côté, où nous sommes régalés d’une superbe truffade suivie d’un tiramisu qui nous a laissé de très bon souvenirs. Le compteur affiche plus de 59 km en fin de journée, pour un total de plus de 360 km en sept jours, mais l’essentiel réside dans la qualité des paysages et dans la convivialité de cette belle aventure.
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