Cap Nord 2010
Du 3 avril au 4 juillet 2010 · Norvège
93 jours7 350 km46 100 m D+9 chapitres684 photos
Le voyage
L'objectif initial était de rejoindre le Cap Nord et d'en revenir sans utiliser d'autres moyens que le tricycle couché. Pour réduire notablement le temps d'absence, le principe a été revu en cours de voyage et la descente de la Norvège, initialement prévue à la force des mollets, a été effectuée en ferry.
Cartographie
Réalisé en solitaire, le voyage a duré 3 mois pour environ 7 350 km et 46 100 m de dénivelé. Le trajet aller passe par la Normandie, les côtes de Belgique, des Pays-Bas etd'Allemagne, le Danemark (îles de lloland et Sjaelland), la Suède, la Finlande et la Norvège jusqu'au Cap Nord. Le retour a été réalisé en ferry jusqu'au Nord du Danemark - Hirtsals - avec une étape à Bergen, deuxième ville de Norvège, puis en tricycle via l'Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique et la France, jusqu'à la maison. Le trajet de retour a été plus direct en suivant la frontière entre l’Allemagne et les Pays-Bas, puis en diagonale en Belgique et en France via les Ardennes.
Les tracés de principe aller et retour sont respectivement en rouge et en bleu sur la carte ci-dessous.

Les cartes ci-dessous donnent les trajets aller en France, en Belgique et aux Pays-Bas, en Allemagne, au Danemark, en Suède, Finlande et Norvège, puis les trajet de retour au Danemark, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et en France.








Dans les pages du carnet de voyage, les parcours approximatifs sont décrits sous Openrunner. Les tracés ne sont pas toujours exactement conformes au parcours réellement effectué, mais ils en donnent une idée assez précise.
Medias
La Dépêche du Midi a publié deux articles sur ce voyage, l'un à l'occasion du départ, l'autre pour l'atteinte du Cap Nord. Mon passage dans la Creuse le 30 juin 2010 a fait l'objet d'une publication (pleine d'inexactitudes) dans l’Écho du pays creusois.



Chapitres du voyage
France
Saint-Loup (82) → Escalles (62)
Du 3 au 24 avril 2010 · 22 jours · 196 photos
Le parcours
Saint-Loup (82) - Hure (33) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
C'est le grand jour. Le temps est froid et couvert, mais il ne pleut pas. J'ai du mal à quitter la maison car le téléphone sonne. Certains de ceux qui n'ont pas pu venir veulent me donner leurs encouragements avant le départ. Merci à eux.
Finalement, avec Martine en tricycle et Amandine en vélo droit, nous rejoignons la place de l'église. Il y a déjà du monde. Les photographes se déchaînent. A la demande générale, je fais un essai du Ukulele, mais il est froid et je n'ai pas les mains bien chaudes non plus...
Robert Baffalio, le maire de Saint-Loup, est là. Il a préparé un fanion plastifié à l'effigie du village qu'il accroche, accompagné d'un ruban bleu blanc rouge, en dessous de mon drapeau.
Après quelques photos de groupe, je donne le top du départ. Il y a Martine et Amandine en vélo, Frank en Quad, Yvonne, Denis et Jean-Pierre en voiture. En bas de Saint-Loup, je réalise que mon compteur ne fonctionne pas. En fait j'ai inversé les roues avant lorsque j'ai installé les pneus neufs et le capteur magnétique est sur la roue gauche alors que le détecteur est à droite. Nous nous arrêtons sur l'aire de repos en bas du village pour échanger les roues. La main d’œuvre ne manque pas et le problème est vite réglé.
Les paparazzi s'en donnent à cœur joie le long du parcours jusqu'à Lamagistère. Au rond point avant le canal, Frank nous quitte après m'avoir souhaité bon voyage.
Sur le canal, avant Agen, on rejoint Olivier venu à notre rencontre. Lors d'une pause à la halte nautique, il fait un essai du tricycle de Martine. Il est enchanté. Arrivés à Agen, il nous quitte près de chez lui.
On s'arrête au pont canal. Quelques photos, puis je continue seul. Un peu plus loin, il commence à pleuvoir un peu mais l'anorak n'est pas nécessaire.
Je m'arrête à Sérignac-sur-Garonne, une Jolie bastide. Des enfants jouent devant l'église. Ils sont émerveillés par le tricycle.
Un pont m'abrite pour le casse croûte, ce qui me permet de ne pas rester sous la pluie qui s'est mise à tomber plus fort. Je met l'anorak et je le garderai, même s'il pleut faiblement.
À Bruch, il y a une déviation car il y a des travaux sur la voie verte. Le détour n'est pas très long. Comme il pleut, je ne rencontre personne. Un peu plus loin, trois chèvres broutent sur l'autre côté du canal. Avant Tonneins, j'essuie une forte pluie et j'évite le plus gros en attendant sous un pont. En 5 mn, le soleil revient. A Port des Sables, des barrières forment une chicane. Je les évite en passant sur la pelouse.
Je m'arrête finalement près d'une écluse, à 13 km avant Castets-en-Dorthe. Il fait un vent d'enfer, mais je trouve un emplacement en contrebas, à l'abri du vent à une entrée de champ qui surplombe la Garonne.
J'ai parcouru 102 km avec 544 m de dénivelé. C'est pas mal pour un premier jour, mais la piste du canal est plate et le vent n'était pas trop fort dans la journée. Demain sera plus difficile...
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Le parcours
Hure (33) - Biron (33) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Je me réveille vers 7 h. Il fait 10°C dans la tente et 7,5°C dehors, mais je n'ai pas eu froid. Je retrouve la routine de la randonnée. Déjeuner, toilette, rangement, démontage. Le soleil est de la partie et me permet de sécher la tente avant de plier. Cela ne durera pas hélas. Dès mes premiers coups de pédale, il pleut.
Le temps sera ainsi toute la matinée. Des éclaircies avec du soleil et un beau ciel bleu, suivies d'un gros nuage noir et d'une belle rincée. Un vrai temps de mars ! Monsieur météo n'a pas regardé le calendrier : on est en avril ! Pour tout arranger, il y a un fort vent d'ouest.
Peu après mon départ, je trouve la base de loisirs de Fontet. Si j'avais poussé 1 km plus loin hier soir, j'aurais trouvé là une superbe pelouse pour planter la tente avec des tables et des bancs. Je me console en me disant que ça devait être battu par le vent alors que j'étais abrité. C'est là aussi que je trouve des barrières difficiles à passer. Pendant que je fais ma manœuvre, un homme s'arrête et nous échangeons quelques mots. Je lui laisse ma carte de visite et il me promet qu'il suivra mon périple sur internet.
Peu après, je suis à Castets-en-Dorthe. Je croise une équipe espagnole en vélo. Ils sont chargés et semblent partis pour rejoindre Toulouse, mais il ne s'arrêtent pas et nous n'échangeons qu'un "bonjour". Au kilomètre 0, c'est le début de la piste. Je m'arrête pour installer le panneau solaire sur la remorque car je vais avoir besoin du GPS pour la suite. Il faisait beau quand je me suis arrêté, mais je repars sous une pluie battante.
Peu après avoir traversé la Garonne, puis le village suivant, le GPS me fait passer par un raccourci sensé me faire gagner du temps et des kilomètres. Le problème c'est que c'est un mur : une côte de 20 % me dit mon inclinomètre. Le compteur de vitesse affiche 0 tellement je vais lentement vu mon chargement. Après plusieurs pauses pour récupérer, j'arrive en haut bien fatigué, mais je l'ai eue ! Heureusement, il n'y en aura pas d'autre comme celle-là.
Les montées et les descentes se succèdent. C'est l'Entre-deux-mers avec ses collines, ses vignes, ses châteaux et ses jolis petits villages. Je ne profite pas pleinement du paysage car régulièrement j'essuie une averse et j'ai toujours le vent de travers avant.
Je trouve un petit bois abrité du vent pour casser la croûte pendant une éclaircie. Dès que je repars, la pluie se remet à tomber. Finalement, j'arrive chez mon frère Bruno à Rauzan vers 14h30. C'est plus tôt que je n'avais prévu, mais j'ai bien avancé hier. Du coup, je ne reste que deux heures puis je repars chez mon autre frère Christophe qui habite à 17 km de là, à Biron, sur la commune de Saint-Quentin-de-Baron. Il me faudra deux heures pour les parcourir en raison des fortes côtes et du fort vent de face.
Ce soir, je dors à l'intérieur et j'ai une connexion à internet pour mettre à jour le site.
Aujourd'hui, j'ai quand même fait 64,5 km avec 664 m de dénivelé, soit au total 167 km et 1208 m de dénivelé.
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Le parcours
Biron (33) - Aubie (33) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Le parcours de ce jour n'est pas long, alors je prends mon temps ce matin. En plus, le ciel est tout bleu et il y a peu de vent. Au moment du départ, les enfants des voisins de Christophe viennent voir mon équipage. Le plus grand fait même un essai de quelques mètres. Ils sont ravis.
Je mets le GPS en route et je pars sous le soleil. À Saint-Quentin-de-Baron, les anciens qui discutent au carrefour me saluent. Je passe à Nérigean, puis à Cadarsac. C'est une belle descente sur la vallée de la Dordogne jusqu'à Arveyres. Je vais bien plus vite que je ne l'avais prévu.
À Arveyres, je prends la route qui vient de Bordeaux. Elle est assez fréquentée, mais il y a une piste cyclable de chaque côté. Le revêtement est assez granuleux et même plutôt caillouteux à certains endroits. Peu importe, j'arrive rapidement à Libourne. En route, plusieurs cyclistes me saluent.
À Libourne, je passe sur les boulevards où il y a une piste cyclable bien pratique pour les endroits difficiles, notamment les ronds-points. Je passe le pont sur l'Isle et prends la direction de Saint-André-de-Cubzac.
À Fronsac, je quitte la vallée et attaque le coteau. La montée n'est pas trop difficile et une fois en haut, il n'y a pas beaucoup de dénivelé. À Vérac, je croise une charrette tirée par un âne. La bête prend peur en voyant mon équipage. La conductrice a du mal à la maîtriser. Heureusement, je passe assez vite pour qu'il se ressaisisse vite.
Je voyage au milieu des vignobles et des châteaux réputés du Bordelais. Les maisons sont magnifiques. Au fur et à mesure que je m'éloigne de Libourne, le paysage évolue. Il y a davantage de champs et de pâtures, moins de vignes et plus de forêts. Le relief est adouci et globalement plutôt descendant, ce qui améliore ma moyenne. Je fais même des pointes à plus de 40 km/h.
J'arrive chez mon fils Manuel, à Aubie, peu après midi. Nélys et sa maman sont parties pour la journée à Hourtin. Nous en profitons pour finaliser la configuration de mon ordinateur.
J'ai fait 39,5 km pour 280 m de dénivelé aujourd'hui. C'est une petite étape. Le total est à 206 km pour 1488 m de dénivelé.
Le récit
Aujourd'hui, c'est repos forcé chez Manu car j'ai trop de travail pour remettre le site internet en état. Finalement, ça me permet de profiter de ma petite Nélys à qui on a fait essayer le tricycle ce matin. À huit mois, elle a tout de suite compris où étaient les commandes...
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Le parcours
Aubie (33) - Fombelle (17) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Lorsque je me lève, le temps est couvert, mais il ne pleut pas. Le temps de déjeuner et de charger, une pluie fine se met à tomber. Je pars lorsque Manu va au boulot. On fait une ultime photo et je les laisse. Même avec la pluie, le panneau solaire alimente le GPS. Je mets le cap sur le Nord. Je suis invité à déjeuner chez Denise, une amie de l'époque où nous habitions à Étauliers.
Peu après Gauriaguet, deux hommes conduisent deux chevaux et un poney d'un pré dans un autre. L'un tient le poney, l'autre les deux chevaux. Le plus grand cheval, lorsqu'il m'aperçoit, est pris de panique. L'homme qui le tient arrive difficilement à le maîtriser. Soudain, le cheval se rebiffe, échappe à son maître et retourne dans le pré d'où il vient. Ce faisant, il renverse l'homme qui tombe sur le dos entre les deux chevaux. Une fois le cheval reparti, il se relève en claudiquant. Il a sans doute été un peu piétiné. Je m'étais pourtant arrêté pour attendre la fin de leur manœuvre. Je leur demande de m'excuser pour la perturbation et je poursuis ma route pour les laisser reprendre les opérations.
La route monte et descend, mais les pentes ne sont pas fortes et c'est très agréable. Bientôt, la pluie faiblit puis s'arrête totalement. Je passe de jolis petits villages puis je rejoins Saint-Savin, perché sur une colline. La descente est très agréable car la route est peu pentue et longue, ce qui me permet de maintenir une vitesse supérieure à 30 km/h. Après être passé par dessus l'autoroute, je m'arrête pour retirer les vêtements de pluie. Des automobilistes qui passent me font des signes amicaux.
Finalement j'arrive à Étauliers juste avant midi. Denise a préparé un bon repas et Guy ouvre les huîtres. Entre les échanges de souvenirs, ils s'intéressent à mon voyage qui les étonne un peu.
Je repars vers 15 h et met le cap au Nord. Le soleil est apparu, mais le vent s'est levé. Il est froid et je l'ai en face pour tout le parcours. Le relief est assez vallonné pendant toute la première moitié de l'après midi. Le paysage est agréable, avec des vignes et beaucoup de forêts.
À partir de Soubran, le paysage change. Les vignes ont laissé la place aux champs de blé et aux prairies, le relief s'est aplani. Puis on retrouve des vignes. Je passe un très beau village nommé Saint Sigismont-de-Clermont, puis je m'arrête juste après le village suivant, Fombelle, où je prend un petit chemin qui descend à la rivière. J'y trouve un pêcheur avec qui je discute un moment. Il est épaté par mon voyage. Je monte la tente au bord de l'eau. Le vent, qui était encore fort lorsque je suis arrivé, tombe avec la nuit.
Total du jour : 65,8 km pour 408 m de dénivelé, depuis le départ : 272 km pour 1896 m de dénivelé.
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Le parcours
Fombelle (17) - Taillebourg (17) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, il fait frais : 8,5°C dans la tente et dehors. Le ciel est tout bleu. De la brume monte du champ derrière la rivière et le soleil ne va pas tarder à pointer son nez derrière les arbres au loin. Cela promet une belle journée.
Après la routine quotidienne, je reprends la route. L'air est encore frais, mais il n'y a pas de vent et au soleil, on est bien. Les gens que je croise me font des signes. Je suis les petites routes, pour éviter la nationale 137 très fréquentée avec beaucoup de poids lourds. Le revêtement n'est pas bon et limite la vitesse. La remorque est bien secouée.
Les vignerons attachent les vignes. On est dans le pays du cognac. Après Mosnac, je mets le cap sur Pons dans le but d'y faire les courses. Je fais le plein au supermarché après avoir rangé le panneau solaire et tout ce qui est accessible, puis verrouillé la remorque et attaché l'ensemble roulant. Il est plus de midi et il n'y a plus grand monde. J'ai vite fait.
En quittant le supermarché, je vois qu'il y a un MacDo juste à côté. C'est l'occasion de mettre le site à jour et de relever mes messages. Cela doit aller vite car la dernière mise à jour est récente. Sauf que la liaison ne marche pas. On pensait avoir résolu le problème chez Manu, mais ce n'est pas fini.
Un peu dépité, je repars pour tenter de trouver un cybercafé et envoyer un message à Simon, mon expert en Linux. Je vais au syndicat d'initiative que j'avais repéré en passant. A cette heure, il est fermé. J'en profite pour aller casser la croûte sur l'aire de loisirs en bord de Seudre avant de repasser.
La personne qui tient le SI me signale qu'il faut aller à la bibliothèque pour avoir un accès à internet, puis elle me propose d'utiliser l'ordinateur du SI. Très sympa. J'envoie un message Mayday à Simon et je survole ceux qui m'ont été envoyés, puis je repars.
Mon idée est de trouver un camping avec accès internet ce soir ou demain pour traiter le problème en ligne avec Simon le soir. Je vais jusqu'à Saintes par les petites routes. Très agricole et sans arbres, le paysage n'est pas très beau. Tant pis. À Saintes, je retrouve la vallée de la Charente et c'est nettement mieux. Par contre, c'est la ville avec toutes ses voitures. Je vais jusqu'au camping de l'autre côté de la ville pour découvrir qu'il est fermé. Je discute avec des Norvégiens qui remontent d'Espagne en camping car. Eux peuvent séjourner là car l'aire de camping car, elle, est ouverte. Je vais discuter avec un homme qui fait l'entretien du camping. Il me signale celui de Taillebourg, à une dizaine de kilomètres, qui est ouvert toute l'année. Après consultation de la carte, je vois que c'est dans la bonne direction pour moi.
La route de Saintes à Taillebourg est plus fréquentée que les petites routes que j'avais choisies auparavant, mais le revêtement est meilleur. En suivant les collines et après moult montées et descentes, je retrouve la vallée de la Charente et le joli village de Taillebourg coincé contre la colline. Je monte à la place du marché pour trouver des renseignements. Il y a une boutique ouverte et la dame qui la tient me signale que pour internet, il faut s'adresser à la mairie demain matin. Elle m'indique le chemin du camping et j'y plante la tente. J'apprécie l'eau chaude et la douche. Il n'y a pas grand monde et le camping est tout petit.
Aujourd'hui, j'ai parcouru 52,5 km pour 413 m de dénivelé, soit depuis le départ 324 km et 2309 m de dénivelé.
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Le parcours
Taillebourg (17) - Vix (85) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, il fait très froid. J'ai 8°C dans la tente quand je me lève. Je vais prendre un bonne douche bien chaude. Après avoir déjeuné et tout rangé, je vais à la mairie pour demander un accès à internet. Ils sont très gentils et me mettent un poste à disposition. Je peux relever mes messages et mettre sur le site le compte rendu des deux derniers jours. Pour les photos, il va falloir attendre que je puisse me connecter avec mon ordinateur.
Ensuite, je mets le cap au Nord, vers Saint-Savinien. Le paysage est très agricole. Il n'y a presque pas d'arbres et les champs de blé et de colza sont à perte de vue. Pour tout arranger, on n'arrête pas de monter et de descendre et le paysage est balayé par un vent du Nord-Est bien glacé. Je passe Saint-Savinien, puis Archingeay, et Tonnay-Boutonne dans une jolie vallée où je m'arrête pour casser la croûte. Il me tarde d'arriver dans le marais Poitevin.
Finalement, j'arrive à Surgères. Il y a un beau centre-ville avec un château. Ensuite, je prends des petites routes puis je rejoins une départementale plus fréquentée, mais c'est encore acceptable. Le paysage devient ensuite plus plat et plus boisé. C'est nettement plus agréable. En fin d'après midi, le vent a faibli et la température a bien monté. Le thermomètre d'une pharmacie croisée en route indique 19°C.
Je passe Courçon, et à La Ronde, je prends à gauche pour rejoindre la maison des marais à Taugon. J'arrive un peu tard pour la dernière visite. Demain c'est fermé. Tant pis, je me contenterai de la visite dans la nature. Je quitte Taugon pour m'enfoncer dans le marais. Je traverse la Sèvre Niortaise et je trouve un réseau de pistes cyclables. Je prends celle qui mène à Vix, car cela me rapprochera de Fontenay-le-Comte où je veux passer demain.
Je passe un canal sur un joli pont de bois. Juste derrière le pont, je trouve l'endroit idéal pour planter la tente pour la nuit. Dans le ciel, un couple de buses lance des cris stridents. C'est la saison des amours. J'ai droit à un beau spectacle toute la soirée.
Aujourd'hui, j'ai fait 67,8 km avec 377 m de dénivelé soit un total de 392 km avec 2686 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Vix (85) - La Chataigneraie (85) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Je me lève avec le soleil qui pointe derrière les arbres. Il fait grand beau, mais il y a toujours un petit vent frais. Je suis prêt très tôt et je pars sans avoir mis l'anorak. Au bout de quelques kilomètres sur le chemin qui longe la Sèvre Niortaise, face au vent, je dois m'arrêter pour me couvrir car il fait trop froid.
Je suis bientôt à Vix, village tout en longueur. Je fais l'attraction, comme toujours. De Vix, je prends la départementale qui mène en droite ligne à Fontenay-le-Comte. Il y a beaucoup de circulation, mais pas de poids lourds.
Après un certain nombre de montées et de descentes, j'arrive à Fontenay-le-Comte. Je vais directement au centre ville pour acheter du pain. Devant la boulangerie, je fais sensation. Des étrangers viennent me questionner avant que j'aille acheter mon pain, et lorsque je reviens, c'est un habitant du quartier qui s'étonne de mon équipage et de ma destination.
Pour partir, je rejoins le haut de la ville. C'est là que se tient le marché. Il y a plein de monde et plein de voitures. Après une ultime photo, Je mets le cap vers Mervent. La forêt m'attire. La route monte et descend, encore et encore. Un peu plus loin, un motocycliste en scooter s'arrête. Après discussion, il s’avère être un membre du forum Vélorizontal. C'est un hasard qu'on se soit trouvés. Il me propose de déjeuner chez lui (il est 11h30). C'est avec grand plaisir que j'accepte.
Jack me guide jusqu'à sa maison qui est tout près. Nous rangeons le tricycle et la remorque dans le garage. Il y a déjà un autre tricycle et un vélo couché. Je suis chez un passionné. Après déjeuner, je profite de sa connexion internet pour charger mes photos et mettre le site à jour. Il faut un peu de temps, alors il est près de 17 h lorsque je repars après que Jack m'ait proposé de repasser chez lui à mon retour.
Je prends la direction de La Chataigneraie, comme Jack me l'a indiqué. Il m'a aussi signalé que le village de Vouvant vaut un petit détour. Je prends cette option sans hésiter et je pénètre dans la forêt de Mervent. Le coin est magnifique même s'il faut le mériter. En effet, il y a pas mal de côtes qui sollicitent les mollets. De temps en temps, on trouve une cabane qui abrite une table pour le pique nique.
Je passe la retenue de Mervent après une belle descente et j'attaque la côte qui suit. Bientôt, je quitte la forêt pour arriver à Vouvant. C'est un très joli village. Il y a des touristes. Après un petit tour et quelques photos, je mets le cap sur La Châtaigneraie. Il est tard je dois trouver un coin pour planter la tente.
Un automobiliste ralentit, baisse sa vitre et me fait « bravo ! ». Je prends un chemin qui mène sous un viaduc surplombant un ruisseau. Peine perdue, il y a une maison au bout. Je fais demi-tour et un peu plus loin, je trouve un emplacement qui convient, à l'entrée d'un champ de blé et au pied d'une voie ferrée désaffectée. Il est déjà 20 h. Une heure plus tard, J'ai tout monté, j'ai dîné et j'écris ces lignes sous la tente au chaud dans mon duvet.
Aujourd'hui, j'ai fait 47,2 km avec 415 m de dénivelé soit un total de 440 km avec 3101 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
La Chataigneraie (85) - Thouarcé (49) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Je me suis levé à une heure du matin pour mettre l'auvent en position basse. Le vent secouait tout ça méchamment, au point de me réveiller. Je me suis vite rendormi, mais lorsque je me suis réveillé, le vent soufflait encore très fort. Il était de surcroît très glacé. Dans la tente je n'avais que 7°C. Dans ce cas là, on hésite à quitter la douceur du duvet... D'autant que ce matin, point de soleil.
Je pars très couvert. Bonnet, anorak, pantalon de pluie et des sous couches supplémentaires sont nécessaires pour lutter contre ce vent froid que j'aurai en face ou légèrement sur la droite toute la journée. Malgré cela, j'ai du mal à me réchauffer les mains et je finirai par mettre les gants.
À La Châtaigneraie, je ne rentre pas dans le village et je prend tout de suite la route qui mène à La Forêt sur Sèvre. C'est une route assez fréquentée, mais le dimanche matin de bonne heure, il n'y a pas grand monde. À La-Forêt-sur-Sèvre, je retrouve la Sèvre Niortaise. Il y a un joli château au bord de l'eau. Je continue sur Cerizay. Là, je prends une route plus petite et il n'y a personne. Le paysage change un peu. C'est le bocage avec ses prairies et ses buissons qui les séparent. C'est beaucoup plus agréable que les champs à perte de vue.
Je ne compte pas les signes amicaux que je reçois en roulant. C'est un coup de klaxon, voire plusieurs, un signe de la main, un appel de phares. Il y a même une dame qui s'arrête à côté de moi et baisse la vitre côté passager, alors que je monte à grand peine une côte à 5 km/h, et qui me fait : « Bravo, quel courage. Vous venez d'où ? ». Je lui réponds du Tarn et Garonne en lui précisant que c'est inscrit sur le mât derrière la remorque. Elle me dit qu'il y a aussi un Saint-Loup par ici. Le monde est petit...
Ensuite, la route descend davantage et le relief est moins accentué. Je roule un peu plus vite, malgré le vent de face toujours présent. Je casse la croûte à Nueil-les-Aubiers où je trouve un endroit un peu abrité du vent. Puis je continue dans le bocage. Il n'y a personne, même en voiture. Avec ce temps, les gens se terrent chez eux.
À Saint-Paul-du-Bois, je fais le plein d'eau au cimetière, puis je reprends ma route. Finalement, j'arrive à Thouarcé vers 18 h. Un petit tour en ville, fort agréable. Il n'y pas grand monde là non plus. Le bar de la place de la mairie vient d'ouvrir comme j'arrive. Il attire quelques clients. Je suis la pancarte camping pour voir. Fermé. J'ai le temps de chercher un coin pour dormir.
Je ne mettrai pas longtemps. Un peu plus loin, au bord d'une mare et près d'une route peu fréquentée, je trouve une entrée de champ où l'herbe a déjà été piétinée. En plus, cet endroit est abrité du vent par une rangée d'arbres. J'entame mon rituel quotidien pour terminer cette journée. J'ai beaucoup roulé aujourd'hui, mais vu le temps c'était ça ou enfiler des bières au chaud dans un bar (à condition d'en trouver un, ce qui n'est pas forcément évident dans ces coins perdus).
Total du jour : 82,8 km avec 775 m de dénivelé, soit 522 km avec 3876 m de dénivelé au total.
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Le parcours
Thouarcé (49) - Châteauneuf-sur-Sarthe (49) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin encore il fait froid. 6°C dehors, 7°C dans la tente. Par contre, le ciel est tout bleu. Je ne m'en suis pas rendu compte en me levant car j'étais abrité, mais le vent du Nord souffle toujours autant et il est toujours glacé. En nettoyant mes lunettes, c'est la tuile : un verre me reste dans les mains. Le fil qui le soutient par dessous est cassé. Heureusement, ce matin je serai à Angers et j'espère bien faire réparer ça. En attendant, il va falloir rouler sans lunettes.
Finalement, je m'en sors assez bien en lisant les pancartes au dernier moment. Le paysage est très agricole avec de grands champs et peu d'arbres. J'arrive à Angers vers 11h30, et c'est juste à temps pour trouver un opticien dans le centre ville. La réparation est faite en 10 mn et en plus c'est gratuit. Merci.
Je fais un petit tour dans le centre ville. Il y a de beaux jardins et un magnifique château. L'office du tourisme n'ouvre qu'à 14 h alors, je prends le temps de me promener et de déjeuner. A l'ouverture, je demande l'adresse de Cycles Zen, revendeur spécialisé de vélos couchés et celle d'un point d'accès internet. Cycles Zen est de l'autre côté de la ville et pas sur ma route pour partir, alors je renonce à visiter le magasin. Le point internet est juste à côté. Par contre, le serveur du site AS3R ne répond pas alors je me contente de relever mes messages.
Je reprends la route et quitte la ville. Il fait toujours froid et le vent est fort. Bien sûr, de face. La route est très fréquentée jusqu'à Cantenay-Epinard, puis je trouve une route tranquille qui serpente entre les prairies. Le coin est plutôt dédié à l'élevage. On y trouve des champs herbeux bordés de haies qui coupent un peu le vent. Je traverse Soulaire-et-Bourg. Il n'y a pas grand monde. Je trouve un joli château à l'Echillarderie.
J'arrive à Châteauneuf-sur-Sarthe vers 17h30. Je vais faire mes courses au supermarché. Des gens me questionnent. Une dame me dit que si elle m'avait vu plus tôt, elle aurait prévenu la presse locale car elle est correspondante. Tant pis.
Je descends au bord de la Sarthe pour voir le camping. Comme je m'y attendais, il est fermé. Je m'installe quand même. Je choisis un emplacement à l'abri du vent. D'ailleurs, il ne va pas tarder à tomber et il fait un peu meilleur ce soir. Il y a aussi quelques gouttes de pluie passagères. Mais ça ne dure pas. Espérons que demain il n'y aura plus cet horrible vent du Nord qui me glace depuis plusieurs jours. Je cherche en vain une cabine téléphonique. Plus personne n'utilise ça aujourd'hui... Je trouve de l'eau aux toilettes municipales sur la place de l'hôtel de ville.
Total du jour : 56,2 km avec 329 m de dénivelé soit 579 km avec 4205 m de dénivelé au total au total.
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Le parcours
Châteauneuf-sur-Sarthe (49) - Louverné (53) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, il a l'air de faire meilleur. La température est plus douce – près de 11°C dans la tente – le ciel est tout bleu et le vent à l'air calmé. J'espère arriver à Laval aujourd'hui où peut-être je trouverai Yves, le Président de la Fédération de la Plaisance en Kayak de Mer, qui m'a succédé en 2005 quand j'ai du prioriser sur mes activités professionnelles.
Je quitte le camping avant 9h00. La route longe les prairies bordées de haies. Le beau soleil de ce matin se couvre peu à peu et le ciel devient d'un blanc laiteux, presque brumeux. Le vent n'est pas très fort, mais il fait encore frais et ça va s'accentuer dans la journée.
Un peu plus loin, un âne court le long de la haie pour me suivre. Je m'arrête à l'entrée du champ. Il est tout excité et je crains qu'il ne passe par dessus la barrière. Heureusement il n'en fait rien et je trouve même un moment où il est calme pour faire une photo.
Quelques kilomètres après, la route est barrée à 5 km et une déviation renvoie sur Miré. Cela ne me rallonge pas vraiment par rapport au parcours initialement prévu, mais la route est peut-être un peu plus fréquentée. Heureusement, Miré n'est pas loin et je vais retrouver rapidement une route sans circulation.
Hier soir, j'ai cherché en vain une cabine téléphonique à Châteauneuf-sur-Sarthe. A Miré, je demande à un homme qui tient une petite fille par la main s'il y a une cabine. En fait, elle était cachée sous l'abri-bus. J'appelle chez Yves et je n'ai que le répondeur. J'appelle aussi à la maison pour donner et prendre des nouvelles. Tout va bien. Il fait froid aussi dans le Sud-Ouest.
Pour la suite, le temps se refroidit et le vent forcit un peu. Je l'ai toujours en face. Je passe Mirné, puis Grez-en-Bouère. Il fait un temps humide et glacial. Je m'arrête pour casser la croûte et repasse un coup de fil à Yves. Toujours personne. Je crains qu'il ne soit pas là.
À Meslay-du-Maine, je rattrape une route très fréquentée avec des poids lourds, 22 km avant Laval. C'est souvent comme ça à l'approche des grandes villes. La plupart des conducteurs ralentissent à mon approche, y compris les poids lourds. La route est large et lisse. Je file à bonne allure lorsque ça descend, mais cela n'arrête pas de monter et descendre.
Finalement, j'arrive à Laval en début d'après-midi. Je traverse la ville en suivant les instructions du GPS qui me conduit directement chez Yves. Il n'y a personne. Je ne suis pas surpris étant donné l'absence de réponse à mes coups de fil répétés. Je laisse un petit mot dans la boîte aux lettres et je reprends ma route vers le Nord.
À Changé, je m'arrête au bar pour me réchauffer un peu et recharger mon matériel électrique. Avec ce temps très couvert, le Pocket PC est déchargé, le micro aussi à force d'écrire les compte rendus sous la tente le soir. Seul le GPS, qui consomme peu, a pu être rechargé dans la journée par le panneau solaire. À cette saison, les campings ne sont pas ouverts et je ne peux pas profiter des commodités correspondantes.
Au moment où je quitte le bar, une averse tombe. Il en est tombé une autre pendant que j'étais à l'intérieur. Heureusement, ça ne dure pas et il ne pleuvra plus de la soirée. La route que je comptais prendre et qui longe la Mayenne est fermée pour cause de travaux. Ils refont la protection de la falaise. Je suis la déviation qui m'amène à l'entrée de l'autoroute. Heureusement, le GPS me sauve, bien qu'il y ait de nouvelles routes dans la zone industrielle.
Finalement, à Louverné, je trouve un endroit sympa au bord de l'étang de la Vannerie avec des bancs, des tables et de l'herbe rase sur un terrain plat. L'idéal pour du camping sauvage. L'ouverture de la pêche au brochet est pour le week-end prochain, donc je devrais être tranquille. C'est sans compter la centaine de pies qui nichent dans les arbres un peu plus haut et qui jacassent toute la soirée. Heureusement, elles se tairont à la nuit tombée. De l'autre côté de l'étang, un héron m'observe longuement avant de reprendre sa pêche, visiblement rassuré sur mes intentions. Je le vois tendre lentement le cou puis brusquement plonger le bec dans l'eau pour ramener sa proie.
Total du jour : 78 km avec 596 m de dénivelé, soit 657 km avec 4801 m de dénivelé au total.
Le parcours
Louverné (53) - Hardanges (53) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Il fait toujours aussi froid. Je suis dans un creux et je ne sens pas le vent du Nord qui est toujours là. Il n'a pas plu de la nuit. Les pies se sont tues à la tombée de la nuit, relayées par quelques grenouilles qui n'ont pas tardé à se taire elles aussi. La nuit a été calme.
Je m'apprête à démonter la tente quand je vois une voiture approcher lentement. Un homme en descend, me salue, examine l'eau longuement, puis repart comme il est venu. 5 mn plus tard, il revient accompagné d'un autre homme en voiturette. Ce dernier vient me voir et me demande qui m'a autorisé à pêcher cette nuit. Je lève vite le quiproquo en lui expliquant que je ne pêche pas et que je suis en route pour le Cap Nord. Il est impressionné par mon projet et me souhaite bon voyage avant de repartir.
Je quitte les bords de l'étang pour reprendre ma route vers le Nord. Le paysage défile lentement. Ce sont essentiellement des prairies dédiées à l'élevage et quelques champs de blé ou de colza. Régulièrement, des porcheries embaument le voisinage. C'est récurrent depuis que j'ai quitté les Deux-Sèvres. Les collines se succèdent. Ici il n'y a pas beaucoup de terrain plat. Je longe l'autoroute un moment, puis ma route s'écarte et rejoint des endroits plus calmes et bucoliques.
Je m'arrête à Martigné-sur-Mayenne pour acheter du pain. La boulangère me dit qu'elle ne sait pas s'il y a un point pour accéder à internet dans le village et me suggère de demander à la mairie. Là, la secrétaire me dit que l'accès est à la bibliothèque et que celle-ci ne sera ouverte que demain. Finalement, elle me prête son poste de travail pour que je fasse un minimum.
J'envoie un message à Sébastien qui devrait m'accueillir demain. Je relève mes messages et consulte le forum du site AS3R. Les nouvelles sont bonnes. Pour ne pas abuser, je ne peux pas mettre à jour le site. Je ferai ça plus tard. En remerciant la secrétaire, je lui remet une carte de visite et je lui parle de mon voyage. Elle sort dans le vent froid pour examiner mon véhicule. Finalement, elle appelle sa collègue et elles font une photo de moi sur le parvis de la mairie. Je fais une photo de nous trois. Elles rentrent vite car le vent froid vous glace en peu de temps et elles ne se sont pas couvertes pour sortir.
Je reprends ma route à travers la campagne de la Mayenne. Ce serait bien plus agréable s'il ne faisait pas ce froid humide. J'ai l'impression d'être dans un nuage. Le ciel est couvert mais le soleil n'est pas loin. Seulement, il n'est pas suffisamment apparent pour réchauffer l'atmosphère. Je suis obligé de mettre les gants pour ne pas avoir les mains gelées.
Je fais la pause méridienne sur un petit pont. Dans le pré attenant, deux ânes chahutent. Je verrai passer deux voitures pendant que je resterai là. C'est vraiment une route tranquille. Quand je repars, le soleil montre le bout de son nez. Au bout d'une demi-heure, je pose l'anorak qui ne m'a pas quitté depuis le début de la matinée. Cela ne durera pas longtemps. Une heure après, je remets l'anorak et les gants pour lutter contre le froid humide.
Après de longues côtes et une descente trop rapide où j'atteins 48 km/h, j'arrive à La Chapelle-au-Riboul. Je m'arrête au bar restaurant sur la place du village pour prendre un thé et rédiger mon compte rendu pendant que le micro et le Pocket PC rechargent. Avec ce temps brumeux, seul le GPS arrive à tenir la charge avec le panneau solaire. Je suis le seul client. C'est très calme et je peux me concentrer sur mon compte rendu. Il y a un accès wifi mais je ne peux pas l'utiliser. Le patron me propose d'utiliser son micro, ce qui me permet de traiter quelques messages.
Mon objectif est d'arriver chez Sébastien dans la journée de demain. J'ai le temps car il ne reste pas beaucoup de kilomètres. Quand je quitte le bar, le soleil est devenu plus présent et il fait moins froid. Je fais encore quelques kilomètres dont pas mal de côtes avant de trouver un endroit en lisière de forêt pour planter la tente, un peu après Hardanges. L'endroit est tranquille et reposant.
Aujourd'hui, j'ai parcouru 47,3 km avec 433 m de dénivelé, ce qui fait un total de 704 km avec 5234 m de dénivelé.
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Le parcours
Hardanges (53) - Montmerrei (61) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Il ne fait encore pas chaud ce matin. Il y a du brouillard, mais comme je suis en hauteur, le soleil pointe rapidement son nez. On dirait qu'il va faire une belle journée. L'abri des arbres a limité l'humidité sur la tente.
Je reprends ma route bien couvert car il y a toujours un petit vent frais et la brume encore présente dans les creux n'arrange rien. La route monte et descend au milieu des prairies bordées de buissons et d'arbres. Je passe un tronçon fréquenté sur la nationale 12, mais il y a de la place bitumée à droite de la voie et c'est assez facile malgré la circulation. Un peu plus loin, il y a des moutons avec des petits. Très vite, je retrouve des routes peu fréquentées qui défilent au milieu des prairies.
À lignères, il y a une très jolie chapelle qui mérite qu'on s'y arrête le temps d'une photo. Je fais la pause méridienne à la limite des départements de la Mayenne et de l'Orne. Après avoir repris ma route, je passe à Carrouges où se trouve un magnifique Château. L'ensemble du village semble dédié au tourisme. A un moment, on a l'impression d'être sur une allée du château alors que c'est bien la route...
Je m'arrête à la mairie pour tenter d'avoir un accès à internet et voir la réponse de Sébastien. Il est 14h30 et la mairie est ouverte depuis une demi-heure, mais la porte de l'accueil est fermée à clé et les personnes présentes à l’intérieur et visibles à travers la porte vitrée ne daignent pas s'enquérir de moi. Arrivent deux cyclistes qui font une boucle et veulent faire valider leur passage à Carrouges. Ils n'ont pas plus de succès que moi. Finalement, ils s'adresseront à la poste pour avoir un coup de tampon. Nous discutons un peu et faisons quelques photos. Lassé, je reprends ma route sans savoir si Sébastien sera là. On verra bien.
Après quelques belles lignes droites, j'arrive enfin à Montmerrei. Je trouve un homme dans son jardin qui m'explique où se trouve la maison de Sébastien et Annabelle. Dans ce petit village, tout le monde connaît sans doute ceux qui roulent en vélo couché et qui eux aussi sont des voyageurs. Il n'y a personne, mais un voisin me dit qu'il sont au travail et ne vont pas tarder à rentrer. En effet, Sébastien arrive peu de temps après. Annabelle est retenue à Caen pour son travail et je ne la verrai pas. Nous passerons une soirée agréable en compagnie de ses deux enfants.
Total du jour : 54,4 km pour 630 m de dénivelé soit 758 km pour 5864 m de dénivelé au total.
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Le parcours
Montmerrei (61) - Boulon (14) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
J'ai bien dormi au chaud. Ce matin, je prends un peu de temps pour mettre le site internet à jour avant de partir. Sébastien amène les enfants à la garderie puis s'en va au boulot. Je lui laisse les clés de la maison dans la boîte aux lettres lorsque je pars à mon tour, vers 10h30. Il fait grand beau temps. Le soleil est de la partie et le vent du Nord n'est pas très fort bien que toujours un peu frais.
Je passe par le château de Sassy. Il est vraiment magnifique. Sur les recommandations de Sébastien, je prends un itinéraire qui évite la circulation. En plus, il reste un peu en dehors de la plaine dont le paysage, composé de grands champs de blé et de colza, est un peu monotone. Je roule entre les prairies et la forêt et c'est bien plus agréable. Il y a bien sûr quelques côtes, mais il suffit de prendre son mal en patience.
J'arrive à Écouché. C'est un joli petit village avec de belles arches devant l'église. Après le village, je m'arrête déjeuner. Il y a toujours ce vent du Nord un peu frais dont il faut s'abriter quand on s'arrête si on vent profiter de la chaleur du soleil.
Sur la colline d'Habloville, je vois une pancarte indiquant un dolmen à 200 m. Sans hésiter, j'emprunte le chemin de terre qui y mène. Le dolmen est entouré d'une belle pelouse qui aurait fait un joli campement, mais il est trop tôt.
Un peu plus loin, à Frenay-le-Buffard, il y a une superbe propriété où l'on élève des chevaux. Je m'arrête pour faire quelques photos au moment où une voiture sort. Le chauffeur, me voyant bricoler mon guidon pour mettre le frein à main (c'est juste un élastique qui serre la poignée), me propose son aide si j'ai des problèmes matériels. C'est très gentil de sa part, mais je n'ai besoin de rien.
À Saint-Pierre-du-Bû, il y a un joli lavoir très fleuri. Un peu plus loin, je passe par un lieu-dit nommé La Briqueterie où il y a, devinez quoi, une briqueterie. Il n'y a d'ailleurs quasiment que ça. La route est très défoncée. Quelques mètres plus loin, j'en fais les frais. J'entends un bruit d'air qui s'échappe rapidement du côté droit. En passant dans un trou, j'ai pincé la chambre à air et je suis à plat. Je change la chambre que je réparerai plus tard.
La fin de la journée est difficile. Le chemin me ramène dans la plaine très cultivée et c'est très difficile de trouver un endroit pour planter la tente. Je fais des incursions dans les vallées. C'est ainsi que je découvre le joli moulin du Roinet, installé dans un creux sur un petit ruisseau. Je n'arrête pas de descendre et remonter sans rien trouver pour planter la tente. Finalement, je réalise que je me suis trop rapproché de Caen. Je prends donc l'option de partir carrément à l'opposé en attaquant encore une fois la colline et j'arrive ainsi à Boulon vers 21 h, un peu tard pour planter la tente, où je m'installe près du terrain de foot. Je dînerai à la lampe frontale.
Total du jour : 77 km avec 561 m de dénivelé, soit 835 km avec 6425 m de dénivelé au total.
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Le parcours
Boulon (14) - Hérouville-Saint-Clair (14) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Je me réveille à 7 h et je trouve l'extérieur du duvet un peu froid. Le thermomètre de ma montre indique 5°C. Lorsque je sors, je trouve l'herbe blanche et raide. Il a gelé ce matin. La tente est blanche. Je prends mon temps pour laisser le matériel sécher au soleil. Je sais que je ne suis pas loin de Caen. Je n'ai pas beaucoup de kilomètres à faire aujourd'hui.
Je pars vers 10 h. Le soleil est déjà haut et commence à bien chauffer. C'est une belle journée qui s'annonce. Peu après, j'arrive à Caen avec son flot de voitures. Il y a des pistes cyclables pour approcher de la ville. Il y a aussi des feux et il faut attendre son tour. Je passe par le centre ville mais comme il est tard, il y a peu de monde. Je casse la croûte sur les quais de l'Orne. Lorsque je repars, je passe près du château des ducs. Il n'y a pas d'accès vélo alors je poursuis ma route.
J'arrive chez Serge vers 14 h. C'est bien plus tôt que je ne lui avais dit et il n'y a personne. Tant pis, je repars visiter la ville. Le quartier est très joli, avec de belles maisons et un petit lac. Je redescend vers le port. Je vais faire une photo devant un ferry qui se trouve là, puis devant le Petit Lourdes, une chapelle très jolie. Lorsque je remonte chez Serge, il est là avec son épouse et sa fille. L'accueil est très chaleureux. Nous passerons la soirée à échanger nos souvenirs de voyage et à jouer de la guitare et du ukulélé. Encore merci.
Aujourd'hui, j'ai parcouru 31,1 km avec 221 m de dénivelé soit 867 km avec 6646 m de dénivelé au total.
Le parcours
Hérouville-Saint-Clair (14) - Honfleur (14) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
On s'est couchés tôt ce matin après tous les essais de Simon pour tenter, en vain, de résoudre le problème de la liaison wifi de mon ordinateur, entrecoupés de discussions, de tisane et de guitare. Après le petit déjeuner, je termine la mise à jour du site internet avant de partir. On fait quelques photos pour garder le souvenir de ces bons moments passés ensemble.
Serge m'accompagne pour les premiers kilomètres. Comme il a un souci avec un genou, il a pris un vélo droit, délaissant son fidèle Condor. Nous descendons la route jusqu'au canal puis nous prenons la piste cyclable. C'est dimanche matin et il y a beaucoup de monde, à pied, à vélo, en roller... Il fait très beau, il n'y a presque pas de vent et on avance bien. On traverse le canal au pont de Ranville, puis on grimpe à Amfreville. Là, Serge fait demi tour après m'avoir expliqué le chemin à suivre pour rejoindre Honfleur sans trop de difficultés.
Si la route après le pont sur le canal était assez fréquentée, la route que je prends après Amfreville est très calme et bucolique. J'arrive rapidement à Varaville où je prends à droite la route des marais. Je m'arrête déjeuner près du mémorial de la victoire du Duc Guillaume sur le Roi des Francs, Henri 1er, en 1057. C'est aussi l'endroit où je croise la voie verte qui mène à Cabourg.
À Périers-en-Auge, je quitte les marais et ça commence à monter très fort. Soudain, j'entends un craquement sinistre puis je n'ai plus d'effort sous la pédale. La chaîne vient de casser net. Il y a un bout de 10 cm qui traîne sur la chaussée. Je ramasse les morceaux et range le tricycle sur le bas côté pour réparer. Je suis obligé de le mettre en travers car la roue freinée dérape et tout glisse tellement la pente est forte. Finalement, je remplace le maillon défaillant et remets l'attache rapide voisine qui s'était démontée. Le plus long n'a pas été la réparation, mais le temps nécessaire à ré-enfiler la chaîne dans les tubes.
Je reprends la route qui monte indéfiniment. La circulation est importante car on est le premier dimanche des vacances parisiennes. Je poursuis sur cette route qui évite le bord de mer, plein d'habitations et de touristes. Au niveau de Deauville, je prends la route directe pour Honfleur qui se rapproche peu à peu de la côte. Elle commence par une montée longue et difficile, suivie d'une descente où je bats mon record avec la remorque : 63 km/h. Le bitume est bien lisse et la remorque ne bronche pas. Un peu avant Honfleur, je rejoins la côte. On voit en face le port du Havre et ses innombrables réservoirs.
À l'arrivée à Honfleur, il y a du monde sur la plage. Je rejoins le camping du phare, juste à droite en arrivant à l'entrée de la ville. J'y installe ma tente pour deux jours. Demain, c'est jour de repos.
Aujourd'hui, j'ai parcouru 54,8 km avec 487 m de dénivelé, soit 921 km avec 7133 m de dénivelé au total.
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Le récit
Aujourd'hui, c'est jour de repos à Honfleur. En me levant, je m'aperçois que la roue arrière du tricycle est à plat. Je trouve une épine dans le pneu. L'après-midi, je décide d'aller faire un tour en ville. Je prends le tricycle. À vide, il me fait l'effet d'une vraie bombe. La ville est pleine de monde. Il y a de très jolies rues pavées avec des maisons à colombages. Je trouve un opticien pour de nouveau faire réparer mes lunettes, car le fil a du jeu et j'ai encore perdu le verre ce matin. J'espère que cette fois ça tiendra.
Lorsque je repars, en quittant le trottoir, ma chaîne se met à dérailler. C'est comme si elle avait voulu passer sur le grand plateau alors que je n'ai pas bougé la manette. Il y a plein de monde et je fais l'animation. Je regarde d'un peu plus près et horreur, je vois la roulette qui est horizontale au lieu d'être verticale. Son support est tout tordu. Je redresse comme je peux à la main, je remets la roulette en place et je rentre au camping sans forcer sur les pédales. Je perdrai la roulette deux fois avant d'arriver. En route, je m'imagine bloqué ici, obligé de rappeler Serge et d'attendre une livraison de pièces pendant peut être une semaine.
Une fois au camping, je démonte tout. Je réalise que ce sont probablement les fixations des tubes qui se sont désolidarisés du support. Cela a défait le circlips qui tient la roulette en place et le support s'est tordu sous l'effort. Je le redresse à la pince et je remonte tout. Apparemment, ça fonctionne bien. Le prochain test en effort sera le pont de Normandie. J'espère que ça ira.
À la soirée, je retourne en ville à pied pour faire quelques photos pendant que les touristes sont au restaurant. Les rues sont très belles et valent vraiment le détour. Je passe devant les deux cybercafés signalés par le gardien du camping, mais ils sont encore fermés. Tant pis, la mise à jour du site se fera une autre fois.
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Le parcours
Honfleur (14) - Fécamp (76) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, le temps est couvert et tout est mouillé de rosée. Il fait bien plus froid dehors que dans la tente. Je range tout rapidement et quitte le camping avant l'ouverture du bureau. La traversée de Fécamp se fait facilement car il n'y a pas grand monde. Les livreurs s'affairent autour des restaurants. Je suis les indications pour rejoindre le pont de Normandie sur lequel je vais traverser la Seine. Les conseils de Serge me sont très précieux. Il y a un accès pour les cyclistes qui est bien fléché en approchant du pont. Le haut du pont se perd dans la brume.
J'attaque la montée qui n'est finalement pas si difficile. Les poids lourds sont sympas, ils s'écartent quand ils me dépassent, bien que je soit sur une bande cyclable séparée. La circulation n'est pas trop dense et ce n'est pas stressant. Arrivé en haut, je prends rapidement de la vitesse, d'autant que le vent des poids lourds me pousse. Le pont est gratuit pour les vélos et les motos, et il y a un passage à côté du péage des véhicules à moteur. Je fais un petit signe au permanent de la guérite la plus proche en passant.
Après le pont, je prends sur la droite une route à accès limité qui traverse les marais. Il n'y a personne. C'est tout plat et je file bien. Un peu plus loin, je quitte la vallée de la Seine pour monter sur les coteaux. Dans la côte, il y a des chevaux au pacage et une jument protège de près son poulain.
À Saint-Romain-de-Colbosc, je m'arrête à la boulangerie. Il y a la queue jusque dehors. Je poursuis ma route jusqu'à Etretat. Il y a beaucoup de monde et de voitures. Je ne m'arrête que le temps d'une photo avant de reprendre la route qui de nouveau remonte sur les coteaux. Le paysage est très joli et plus on monte, plus la vue sur la mer est belle.
Finalement, j'arrive à Fécamp où, là aussi, il y a plein de monde et de voitures. Je m'installe au camping qui domine la mer et la ville. Je vais tout de suite au magasin de vélo pour acheter une chaîne, car je n'ai plus de maillons de secours depuis le dernier incident. Ce soir, je devrais trouver un cybercafé en ville.
J'ai parcouru 61,1 km pour 502 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 983 km avec 7635 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Fécamp (76) - Dieppe (76) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Lorsque je me lève, il fait grand beau temps. Le soleil est encore caché derrière la colline, mais il ne va pas tarder à chauffer et sécher la tente. Pendant le petit déjeuner, j'ai une visite. Un moineau pas très sauvage s'approche vraiment très près sans doute dans l'espoir d'avoir quelques miettes. Un peu plus tard, alors que je reviens de la douche, je vois de loin un goéland qui s'attaque à ma poubelle, suspendue à la remorque. Je suis arrivé avant qu'il ne vienne à bout du sac plastique.
En partant, je passe devant le port. Il y a un peu d'animation. Pour limiter les montées et descentes au gré des falaises, j'ai décidé de prendre la route principale qui mène à Saint-Valéry-en-Caux, puis à Dieppe. Il y a un peu de circulation, mais pas trop. Le paysage n'est pas très beau dès qu'on est sur le plateau. C'est essentiellement de grands champs sans arbres, cultivés de blé, de soja ou juste labourés. Par contre, en haut c'est quasiment plat et je tiens une bonne allure malgré ma charge.
Un automobiliste donne de grands coups de klaxon en me dépassant. Quelques dizaines de mètres plus loin, Il s'est arrêté sur la gauche et prend des photos. Je m'arrête en face et lui fait signe de traverser ce qu'il fait sans rechigner. Nous échangeons quelques mots et je lui donne ma carte de visite. Il me dit qu'il m'écrira sous le nom de « l'homme des hautes falaises ».
Dans l'après midi, le temps se couvre de nuages hauts, le vent de Nord-Ouest forcit et il fait bien plus frais. Je suis obligé de m'arrêter pour ajouter une épaisseur tellement je me gèle dans les rares descentes. Je m'arrête au syndicat d'initiative de Veules-les-Roses pour savoir s'il y a un accès à internet dans le village. Il n'y a rien à part le wifi au camping, mais c'est trop tôt pour que je campe là ce soir.
Finalement, j'arrive à Dieppe vers 17h30 et je m'installe au camping fléché sur la route. C'est un trois étoiles avec accès wifi. Hélas, mon ordinateur refuse toujours de se connecter. Tant pis, on verra ça plus tard.
J'ai parcouru 65,6 km avec 638 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 1048 km avec 8273 m de dénivelé depuis le départ.
08:04
Le parcours
Dieppe (76) - Saint-Valéry-sur-Somme (80) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
La tente est sèche quand je me lève. Le temps est au beau, mais il fait toujours froid. Je descends jusqu'au port pour remonter de l'autre côté de la ville. Un peu plus haut, je m'arrête à la boulangerie. La boulangère est très intéressée par mon voyage. Je lui laisse ma carte de visite.
Une fois monté sur le plateau, je suis la véloroute. Elle permet d'éviter les routes fréquentées, mais elle suit la côte d'assez près ce qui fait qu'à chaque ville de la côte, elle descend jusqu'à la plage pour remonter de l'autre côté. Heureusement, il n'y a pas beaucoup de villes. Le parcours est assez plaisant, même si les côtes sont toujours trop longues et trop pentues. À Belleville-sur-mer, les noms des rues sont marqués sur des stèles décorées qui les illustrent. C'est du plus bel effet. Par contre, à la mairie on me dit qu'il n'y a pas d'accès à internet dans le village.
Vers midi, je passe à Penly, tout près de la centrale nucléaire cachée dans la falaise. Un peu plus loin, j'approche de Criel-sur-mer en suivant une vallée verdoyante et je trouve une aire de repos aménagée pour pique-niquer.
Peu après j'arrive au Tréport. Au syndicat d'initiative, on me dit qu'il y a une association qui fournit un accès à internet payant, mais c'est en haut de la falaise que je viens de descendre. Finalement, je décide d'aller jusqu'à Eu pour voir car les deux villes sont très proches. Là, on me dit que c'est très simple, qu'il suffit d'aller à l'auberge de jeunesse toute proche. Effectivement, ils ont plusieurs postes à disposition et je peux faire la mise à jour du site.
Quand je sors de l'auberge de jeunesse, un homme m'interpelle. Il attend un bus de Cracovie avec l'orchestre national Tchèque. Nous discutons du voyage au Cap Nord. Lorsque je repars, il est près de 6 h. J'ai à peine quitté la ville qu'une voiture s'arrête devant moi et qu'un homme en descend pour discuter. Je m'arrête également et je lui donne les renseignements qu'il attend, car il est intéressé par le vélo couché.
Finalement, je reprend ma lente montée jusqu'au plateau. Je pensais, vu l'heure tardive, que j'allais juste faire quelques kilomètres puis trouver un emplacement pour la nuit, mais la route était particulièrement favorable avec soit des grandes parties plates soit en légère pente. C'est donc à bonne allure que je rejoins Saint-Valéry-sur-Somme où je m'installe au camping. Le bureau est fermé, mais je trouve un emplacement vide après être passé sous la barrière. On régularisera ça demain.
J'ai parcouru 60,4 km avec 526 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 1109 km avec 8799 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Saint-Valéry-sur-Somme (80) - Cucq (62) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Quand je me réveille, il fait 6°C dans la tente. Je suis bien au chaud dans mon duvet et comme en pareil cas, il faut se faire violence pour sortir du cocon. Dehors, ça gèle. Le panneau solaire sur la remorque et le haut des sacoches sur le tricycle sont blancs de givre. Par contre, c'est un superbe ciel bleu et le soleil levant qui m'accueillent.
Je profite de la liaison internet du camping pour consulter mes messages et le forum AS3R. C'est toujours avec plaisir qu'on lit les messages de ceux qui sont loin. Vers 10h30, je quitte le camping. Je prends la route du Crotoy. A peine quitté le camping, je trouve une piste cyclable qui fait le tour de la Baie de Somme. C'est très agréable car elle est séparée de la chaussée par une double rangée d'arbustes qui isolent bien.
Rapidement, je descends jusqu'au niveau des marais. Il y a plein d'oiseaux dans les canaux et les étendues d'eau. Je m'arrête pour faire une photo et là... panique à bord. Pas d'appareil photo là où je le range habituellement, c'est-à-dire dans la sacoche latérale droite avec le GPS ! Je fouille la remorque, rien du tout. Dans les sacoches, non plus. Reste une hypothèse, c'est que je l'aie oublié au camping, soit sur l'emplacement bien que je jette toujours un coup d’œil avant de partir, soit à côté du micro.
Je fais demi-tour. Je reprends la piste cyclable à l'envers en remontant la côte. J'arrive au camping à midi. Mon compteur totalise 18 km et je suis au point de départ de la journée ! J'interroge le responsable du camping, il ne sait rien. Sur mon emplacement et près du micro, il n'y a rien. Je fouille une nouvelle fois la remorque sans succès.
Le moral au plus bas, je me décide à reprendre la route. Au pire, j'achèterai un nouvel appareil dans la prochaine ville, car je ne peux pas envisager de faire le reste du voyage sans appareil photo. Je casse la croûte au bord d'un canal sur la piste cyclable. Là, je vide entièrement la remorque. Toujours rien. Je rage. Une des hypothèses serait que je l'aie laissé dans la tente intérieure que je range à part dans la remorque. Je la tâte sans la déplier et je ne trouve rien.
Je poursuis ma route, en prenant mon parti, bien décidé à acheter un nouvel appareil au prochain magasin de photo. J'arrive au Crotoy. Il y a beaucoup de touristes aux terrasses des restaurants. Contrairement à hier où il a fait froid toute la journée, la température est printanière et tout le monde en profite. Je tourne un peu en ville. Pas de photographe. De plus, les boulangeries ouvrent trop tard pour que j'attende.
Je reprends ma route. Le GPS me guide au milieu des marais et des prairies. C'est très agréable. En plus, pour la première fois depuis mon départ, tout est plat. La moyenne s'en ressent. À Conchil-le-Temple, une déviation m'oblige à prendre une route très fréquentée, qui monte et qui me rallonge. Tout pour plaire ! Mon objectif est d'aller à Berck où je pense trouver un appareil photo.
Finalement j'arrive à Berck. Le gros de la circulation va vers la plage et quand je prends vers la ville, ça se calme. Je trouve rapidement un photographe qui me vend un appareil pour remplacer celui perdu. Je reprends ma route en direction du Nord, Arrivé à Cucq, je trouve un camping avec un accès à internet. Une aubaine.
J'y plante la tente et, devinez ce que je trouve dans la tente intérieure : mon appareil photo perdu ! Je suis sidéré de ne pas l'avoir senti quand j'ai roulé la tente, ni quand j'ai cherché l'appareil pensant qu'il était là. Finalement, l'histoire se termine bien. Je vais pouvoir offrir le nouvel appareil à Martine qui n'en a pas. Je le lui posterai demain.
Pour bien finir la journée, j'arrive à connecter mon ordinateur avec le câble de celui du camping et je peux avoir des échanges vidéo avec la maison sur Skype. Tout va bien dans le meilleur des mondes, même si je n'ai pas pu faire de belles photos des oiseaux rencontrés aujourd'hui.
J'ai parcouru 59,3 km avec 200 m de dénivelé, ce qui fait 1186 km avec 9077 m de dénivelé depuis le départ.
08:03
Le parcours
Cucq (62) - Escalles (62) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin encore, il gèle dehors. Mais il fait très beau et la température va monter plus vite qu'hier. Je profite de l'accès internet du camping pour traiter les messages en attente, achever la mise à jour du site et jeter un œil sur le forum. Le soleil est déjà chaud lorsque je pars. Je passe par la poste pour envoyer le nouvel appareil photo à Martine. Je pense qu'il lui plaira.
Finalement il est midi lorsque je quitte Cucq. Ce n'est pas bien grave, j'ai tout mon temps. Peu après, je suis à Étaples qui est toute proche. C'est la grande ville pleine de voitures que je traverse sans m'arrêter. À la sortie, je trouve une piste cyclable. Je la suis un moment, puis je bifurque sur la droite pour prendre une petite route moins fréquentée. C'est un espace protégé, première propriété du Conservatoire du Littoral.
Après avoir passé Camiers et Dannes, je rejoins la route initiale. La piste cyclable est toujours là. Du coup, je suis la route jusqu'à Boulogne sur mer. Par la piste, les voitures ne sont pas trop gênantes. Pour traverser Boulogne, plus de pistes cyclables. En plus, il y a des côtes pas piquées des hannetons. Finalement, j'arrive à la sortie de la ville et je prends des petites routes plus agréables.
Après Isques, je décide de suivre la route touristique de la côte pour rejoindre Calais. Voilà qui n'était pas une bonne idée ! Il y a plein de circulation et le revêtement est très rugueux. J'avais oublié qu'on était samedi et en plus, avec le temps qu'il fait, tout le monde est sur la côte. Tant pis, je continue. Finalement, je m'arrête à Escalles, un nom qui parle à un marin.
Au camping, je me trouve relégué complètement à l'écart des autres campeurs, juste à côté d'un jeune Hollandais, Tim, avec qui je sympathise tout de suite. Il est en week-end et tente d'échapper temporairement aux obligations professionnelles. Nous avons eu une longue conversation autour d'un verre de Bordeaux qu'il m'a gentiment offert alors que je venais de monter ma tente près de la sienne.
J'ai parcouru 58 km avec 483 m de dénivelé, ce qui fait 1244 km avec 9560 m de dénivelé depuis le départ.
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Belgique - Pays-Bas
Escalles (62) → Groningen (NL)
Du 25 avril au 2 mai 2010 · 8 jours · 64 photos
Le parcours
Escalles (62) - Nieuwpoort (B) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, il fait doux. J'ai 13°C dans la tente. Tout est sec, le vent a supprimé toute humidité, y compris dans l'herbe. La Direction du camping m'offre le croissant et la baguette que j'avais commandés hier soir. Merci. Mon voisin de tente n'est pas levé lorsque je pars. Je descend d'abord jusqu'à la plage, histoire d'y jeter un coup d’œil et de faire une photo.
Ensuite, je traverse le village et je reprends la route de la côte pour Calais. Cela commence par une montée carabinée en lacets que j'attaque en douceur. Après deux ou trois virages, je fais une pause pour enlever une épaisseur de vêtement. C'est dimanche matin, il y a peu de voitures et quelques cyclistes. Deux virages plus loin, j'entends un craquement sinistre et la chaîne casse. C'est en plein à l'intérieur d'un virage et les voitures arrivent sans visibilité. Je galère pour arriver à mettre le tricycle et la remorque sur le bas-côté car il y a une bordure assez haute. Finalement, j'arrive à tout réparer et je repars. Je suis à deux virages du sommet.
J'enchaîne ensuite une grande descente qui va me mener jusqu'à Sangatte, puis à Calais. À partir de là, le terrain s'aplanit. Il reste quelques dunes à gauche, mais elles ne sont pas très hautes. La route, elle, est sur le plat. Et ça va durer toute la journée. Pour tout arranger, depuis ce matin, le vent a pris la direction que je m'attends à avoir depuis que j'ai atteint la côte après Caen : l'Ouest. C'est très bien, car je l'ai dans le dos et la moyenne horaire s'en ressent nettement, de même que le kilométrage à la fin de la journée.
Pour quitter Calais, je m'y reprends à plusieurs fois. Un coup je suis dans la zone industrielle et la seule sortie, c'est l'autoroute, le suivant, je suis dans la zone portuaire qui redonne vers la ville. Finalement, le GPS me remet sur la bonne voie. Il manquait juste une pancarte à un endroit où il fallait bifurquer. Après Calais, la route serpente dans la campagne et il n'y a pas grand monde. À Oye-Plage, il tombe quelques gouttes, mais ça ne durera pas. Le ciel est couvert depuis que le premier rayon de soleil du matin a disparu.
Je m'arrête casser la croûte à Gravelines, sur le port. Une dame qui passe à vélo avec une jeune fille me propose de me prendre en photo. Après Gravelines, je prends la route directe pour Dunkerque. Il n'y a pas trop de circulation et la route est très large. Avant d'arriver à Loon-Plage, je trouve Ellie et Rudi, deux Sud-Africains en vélo bien chargés. Ils me racontent qu'ils sont en voyage eux-aussi pour six mois. Ils vont descendre en Normandie, puis en Bretagne, ensuite remonter la vallée de la Loire puis rejoindre le Danemark ou la Suède en train. On fait une photo, je leur indique le chemin à suivre, qui est celui que je viens de parcourir, puis ils partent.
La traversée de Dunkerque est des plus facile. C'est tout droit, et en plus il y a des pistes cyclables. Je file sur une route toute neuve et en peu de temps, je suis à la frontière. Ensuite, le revêtement est un peu moins bon, mais ça ne dure pas. À La Panne, je prends à gauche pour me rapprocher de la côte, car j'ai prévu de la longer en empruntant la piste LF1 qui la suit jusqu'aux Pays-Bas. Elle est bien indiquée et les pistes cyclables sont parfois très bien équipées, notamment dans les zones où il y a le tram.
Par contre, la côte est très bâtie. On ne voit pas la mer car il y a des tas d'immeubles. Quand on sort d'une ville, c'est pour attaquer tout de suite la suivante. Une dizaine de kilomètres avant Nieuwpoort, une jeune fille à vélo entame la conversation pendant que nous pédalons de conserve. Elle me dit qu'il y a un camping à la sortie de Nieuwpoort et m'indique le chemin à suivre. Grand merci car je n'ai pas vu beaucoup de pancartes jusque là indiquant un camping.
Un peu plus loin, j'aperçois un tricycle couché quelques dizaines de mètres devant moi. Je force un peu l'allure pour le rattraper au moment où il tourne sur la gauche. C'est un Français et son tricycle ICE est le dernier modèle sorti en 2010. Il a des suspensions sur les trois roues de 20 pouces. Le confort doit être énorme. Nous discutons un moment, puis je reprends ma route.
Finalement, je m'installe au camping près d'un couple d'Allemands en camping-car. Nous discutons un moment, lui en allemand, moi à moitié en français, à moitié en anglais. Mais l'essentiel est que nous nous comprenons à peu près.
Grâce au vent arrière et au relief plat, j'ai parcouru 86,5 km avec 198 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 1331 km avec 9858 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Nieuwpoort (B) - Ossenisse (NL) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Après un petit salut à mes voisins Allemands, je quitte le camping de bonne heure. Je retrouve la piste cyclable qui m'a amené là la veille. Vu la concentration d'habitations sur la côte, j'ai décidé de filer droit sur Bruges. D'ailleurs, il y a des pistes cyclables partout sur les routes principales. C'est un vrai plaisir. Le revêtement est parfois moins bon que sur la route car il est souvent constitué de plaques en béton, mais la sécurité est parfaite.
Après un arrêt dans une boulangerie où j'ai fait sensation dans la rue, j'arrive rapidement à Bruges, en milieu de matinée. Souhaitant profiter au maximum des conditions favorables, car j'ai le vent dans le dos et la moyenne est élevée, je décide de ne pas visiter la ville et je prends la route qui mène directement vers le Nord.
Un peu plus loin, je quitte les routes fréquentées et il y a moins de pistes cyclables, mais il n'y a personne hormis un ou deux tracteurs. La région est très agricole et les porcheries embaument l'atmosphère.
En fin de matinée, j'arrive à Middelburg, une petite ville où les rues sont entièrement pavées. C'est dur pour la mécanique. D'ailleurs, à la sortie, je m'aperçois que ma roue avant droite s'est dévissée. À la sortie de la ville, c'est les Pays-Bas. Il y a un ponton sur le canal équipé des bancs et de tables qui m'est fort utile pour déjeuner.
Le reste de la route est entièrement en piste cyclable. Les Pays-Bas sont vraiment bien pour ça. J'arrive à Terneuzen juste avant 17 h. C'est l'affluence sur les pistes cyclables. Les gens quittent leur boulot équipés en cyclistes et foncent à la maison. C'est assez incroyable à voir. Moi, j'avais prévu de prendre le pont qui traverse le bras de mer, mais c'est une autoroute payante. Mon GPS m'a pourtant guidé là et il n'y a pas l'air d'avoir d'interdiction aux vélos. Dans le doute, je m'abstiens et je revois la stratégie. Je passerai plus à l'Est, où je pourrai trouver un pont sur le canal.
En quittant la ville vers l'Est, je retrouve la campagne profonde. Je longe une haute digue un moment, jusqu'à trouver le camping qui était indiqué à la sortie de la ville. Il a l'air désert et je commence à m'installer quand le propriétaire arrive pour demander son dû. Je peux ainsi profiter de la douche chaude car il faut un jeton.
J'ai parcouru 104,5 km avec 124 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 1435 km avec 9982 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Ossenisse (NL) - Gooreind (B) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, j'ai la tente au soleil, mais une brume se lève qui le masque rapidement. Heureusement, elle ne durera pas. Avant de partir, je fais un brossage de la chaîne. Elle en avait bien besoin, toute pleine de la crasse amassée sur la route et les chemins depuis le départ.
Je pars en suivant la digue qui protège le polder du bras de mer où circulent les gros bateaux qui viennent du port d'Anvers. Toute la matinée, je roule dans la campagne. Il y a beaucoup de gibier, des faisans et des lièvres énormes qui ne semblent presque pas effrayés par mon passage. Les routes sont calmes, il n'y a personne.
En fin de matinée, j'arrive au port d'Anvers. Il y a des pistes cyclables partout et c'est facile de circuler malgré le gros trafic de poids-lourds. Après le port, je retrouve une zone plus calme, mais l'approche de la ville augmente vite la circulation. Heureusement, il y a des pistes cyclables.
Par contre, j'avais prévu de passer le début du bras de mer sur un pont marqué sur ma carte mais il s'avère que ce pont est un tunnel qui passe sous l'eau et qui est interdit aux vélos. Je suis obligé de revoir ma stratégie et de pénétrer plus profond dans la ville. Un peu plus loin, il y a un tunnel réservé aux cyclistes et je peux passer de l'autre côté. Une seconde fois, mon GPS me jouera le même tour en voulant me faire passer sur une voie rapide interdite aux cyclistes. Heureusement, la rue parallèle fait parfaitement l'affaire.
À la sortie d'Anvers, c'est encore la ville sur des kilomètres. Je n'en voit pas le bout. Entre chaque ville, il y a de superbes villas avec de plus grands terrains, mais ça ne fait pas vraiment de différence. Je passe une bonne partie de l'après-midi à circuler sur une piste cyclable qui passe sur les trottoirs ou qui longe la route très fréquentée. Vers 17h30, je me dis que j'ai ma dose et décide de m'arrêter au premier camping trouvé.
Un peu plus loin, une femme à vélo me dépasse en me faisant « bonjour, comment ça va ? ». Visiblement elle ne sait pas dire grand chose de plus en français car elle ne répond pas à ma demande relative à un camping dans le coin. Quelques mètres plus loin, elle tourne à gauche en me souhaitant bon voyage. Finalement, c'est dans ce village, à Gooreind, que je trouverai un camping cher et peu accueillant, mais la fatigue prime.
J'ai parcouru 66,7 km avec 121 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 1502km avec 10103 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Gooreind (B) - Bruchem (NL) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin il fait très beau et le soleil annonce encore une chaude journée. Je laisse la tente sécher au maximum avant de plier. Comme il y a moins de trafic qu'hier, je décide de continuer sur la même route. Il y a encore beaucoup de villes qui se succèdent. C'est pas une bonne affaire pour moi, car les pistes cyclables en ville ne sont pas très bien carrossables. La plupart du temps, elles sont pavées et elles comportent des creux qui sollicitent beaucoup le matériel et ralentissent l'allure.
J'étais repassé des Pays-Bas en Belgique juste avant Anvers et là je revient aux Pays-Bas. J'arrive à Breda, la grosse ville du coin. La traversée n'en finit pas car il y a encore d'autres villes à la suite, sans discontinuité. Il me tarde un peu de rouler à la campagne.
Compte tenu des difficultés en ville, je revois mon itinéraire pour passer à l'Est de la mer intérieure avant de rejoindre Kimswerd où vivent mes amis kayakistes Peter et Ria. De cette façon, j'éviterai Amsterdam et le trajet sera plus campagnard.
Je fais la pause méridienne sur un petit sentier que j'ai pris un peu par hasard, mais qui raccourcit mon chemin. J'y croise quelques anciens à vélo qui me sont souvent plus sympathiques que les plus jeunes, trop attachés à la performance. Globalement, les Belges et les Néerlandais sont peu souriants et me regardent d'un air plutôt dubitatif. On est loin des réactions rencontrées en France et c'est moins sympathique.
Ma route croise le fleuve Maas qu'il faut traverser sur un bac qui fait la navette en permanence. La traversée est gratuite pour les vélos. Bien que le fleuve soit assez étroit ici, le trafic maritime est important et le bac doit choisir son moment pour passer.
Un peu plus loin, je m'arrête à un magasin de vélos pour acheter de l'huile pour ma chaîne. Le vendeur est très sympa et me parle de ses parents qui avaient une maison en Normandie et qui parlaient français tous les deux. Il me donne aussi l'adresse du camping le plus proche que je rejoins sans encombre.
J'ai parcouru 81,1 km avec 119 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 1583 km avec 10222 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Bruchem (NL) - Nunspeet (NL) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, la tente est sèche. Je n'ai vu personne hier soir, je vais partir tôt et je ne verrai personne non plus pour payer le camping ce matin. Tant pis pour eux. Le temps est chaud et couvert. Le soleil fera quelques apparitions dans la journée, mais les hauts nuages resteront toujours présents.
Avant de quitter le village, je m'arrête à la boulangerie, qui fait aussi épicerie, ce qui me permet de faire mes courses en une seule fois. Je passerai peu de villes aujourd'hui. J'évite Utrecht et je traverse Ede. Les maisons sont jolies, surtout à la périphérie des villes. Il y a aussi de jolis petits villages.
Je m'arrête pour prendre le petit déjeuner au bord d'un canal où il y a un gros trafic maritime. Plusieurs cyclistes passent. Certains me disent bonjour. Les familiarités sont ici moins flagrantes qu'en France. Je verrai quand même quelques pouces levés.
L'après midi, je traverse quelques jolis petits villages, tous sur le même modèle. Puis, je passe dans une très belle forêt essentiellement de pins qui sentent bon. Cela dure une bonne partie de l'après-midi. La piste cyclable serpente dans les sous bois et la route principale, un peu écartée se fait oublier. Par contre, comme je suis en grande partie à l'ombre, mon panneau solaire ne produit pas grand chose.
Finalement, j'arrive à Nunspeet juste avant 18 h et l'accueil du camping est fermé. Tant pis, je m'installe. Je trouve un ouvrier qui appelle le patron. Celui-ci ne daigne pas se déplacer. Le seul hic, c'est qu'il faut un badge pour accéder aux sanitaires. Je me débrouille pour rentrer en même temps qu'un autre campeur, mais le service n'est quand même pas à la hauteur. Je sens que je vais déguerpir tôt demain matin...
J'ai parcouru 99,5 km avec 288 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 1682 km avec 10510 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Nunspeet (NL) - Kimswerd (NL) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
L'orage a grondé cette nuit et il a plu beaucoup. Un éclair a éclaté pas loin. Pas très rassurant quand on campe dans une forêt de pins. Heureusement, il ne s'est rien passé. Je décampe avant 8 h et je ne vois personne au camping. Je roule un peu puis je m'arrête déjeuner. Il fait humide et froid. C'est un gros contraste avec la journée d'hier.
À Nieuwstad, je rejoins un axe de circulation fluviale. Le port est plein de jolis bateaux. Je longe la rive un moment, par la piste cyclable qui passe sous les arbres. Le vent d'Ouest se lève et sera très fort toute la journée, aggravant la sensation de froid. À Kampen, le pont que j'avais prévu de prendre est réservé aux voitures, ce qui m'oblige à faire un détour de plusieurs kilomètres et à traverser la ville. Pour tout arranger, il se met à pleuvoir. Dans la ville, des cyclistes attendent le passage du plus mauvais à l'abri de l'auvent d'un café fermé.
L'après midi, le temps s'arrange peu à peu, mais le vent reste très fort et froid. Au fur et à mesure que je monte vers le Nord, je trouve de plus en plus de champs de tulipes qui mettent de la gaîté dans le paysage. À Sneek, je m'arrête au supermarché. Au moment de traverser la route, crac, la roulette du passage de chaîne sous le siège est démontée, comme ça m'était déjà arrivé en France. Je mets le tricycle sur le côté et remet tout en place.
Après Sneek, je prends vers le Nord-Est, exactement face au vent. La vitesse de progression s'en ressent. Un peu plus loin, au moment de traverser une route devant une voiture qui me laisse passer, la roulette refait des siennes. Cette fois, je démonte le maillon rapide de la chaîne et vire les tubes du brin tendu. Le problème n'est pas résolu totalement car sur les deux plus gros pignons, la chaîne frotte sur le cadre. Je traiterai le problème plus tard.
Finalement j'arrive à Kimswerd où je vais peut-être trouver des kayakistes. Je n'ai pas pu les prévenir, car leur adresse e-mail ne fonctionne plus, alors je passe à tout hasard. Il n'y a personne chez Peter et Ria et personne non plus chez Pita. Tant pis, je plante la tente sur le terrain de foot. J'ai assez roulé pour aujourd'hui.
J'ai parcouru 115,1 km avec 86 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 1798 km avec 10596 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Kimswerd (NL) - Groningen (NL) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Je n'ai pas été dérangé de la nuit. Je rejoins Harlingen, qui est la ville la plus proche. Le bureau d'information touristique n'ouvre que l'après-midi. Je renonce à attendre pour m'entendre dire qu'il n'y a pas d'accès à internet en ville. Je pense pouvoir me connecter à Leuwarden qui est une ville beaucoup plus grande.
En arrivant à Leuwarden, je vois une pancarte camping. Faire un jour de repos près de la ville est tentant. Après de multiples détours, il y a aussi une pancarte camping avec un sigle vélo sur la piste cyclable. Je flaire la bonne solution, d'autant qu'en ville je vais certainement pouvoir accéder à internet. Peine perdue. Là encore, la pancarte de la route mène à une voie rapide interdite aux vélos et les pancartes de la piste cyclable s'arrêtent sans que j'aie vu le moindre camping. C'est un comble. En plus, je suis assez loin de la ville et je n'ai pas envie de retourner en arrière. Pour tout arranger, il se met à pleuvoir à verse. Je m'abrite sous un arbre en attendant que ça se calme un peu.
Finalement, je vise la prochaine grosse ville, Groningen. Le temps s'éclaircit un peu et j'ai le vent dans le dos. Je passe à Bergum, un petit bourg très animé avec plein de commerces. Je m'arrête chez un horloger pour faire changer la pile de ma montre qui donne des signes de faiblesse quand il fait froid, mais il y a trop de monde et il faut attendre. Je renonce.
À Noordhorn, un camping est signalé. Comme je souhaite faire un jour de repos, je suis la direction. Pas de camping. J'interroge les gens dans le village, ils ne savent pas qu'il y a un camping. Finalement, je ne trouve rien et je continue ma route.
Un peu avant Groningen, je vois une pancarte camping-restaurant. Cette fois, je le trouve, mais le maître des lieux me dit que le camping est fermé, qu'il faut aller à Groningen. Je n'ai pas le choix, je continue. Quelques kilomètres plus loin, j'arrive à Groningen. Pas de pancarte camping. C'est probablement de l'autre côté de la ville.
Je traverse le centre ville et là, catastrophe, la roulette de ma chaîne refait des siennes. Je la retrouve sur le sol, en plein milieu du carrefour. Je m'arrête sur le trottoir et je sors l'outillage. C'est à ce moment que je m'aperçois qu'il me manque la clé pour démonter l'axe de la roulette. J'ai du la perdre dans l'herbe au dernier remontage. Finalement, je repars en tenant la roulette en place avec la main. Ce n'est pas très pratique car mon bras passe sous la cuisse et me gêne pour pédaler. Je roule lentement. Après avoir exploré le centre ville de cette façon un peu acrobatique, je trouve un emplacement pour planter la tente, au bord d'une piste cyclable à la sortie de la ville.
Quelques personnes viennent balader leur chien dont une dame qui me demande s'il ne fait pas trop froid pour camper. Au milieu de la nuit, je suis réveillé par un concert. Il y a une salle pas loin. Heureusement, ça ne durera guère plus d'une heure et je finirai ma nuit tranquillement.
J'ai parcouru 80,2 km avec 77 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 1890 km avec 10673 m de dénivelé depuis le départ.
Le récit
Ce, je plie la tente qui est sèche, retraverse la ville car je n'étais pas du bon côté et quelques kilomètres plus loin, je trouve le camping international de Groningen. Le responsable du camping me trouve une clé et une rondelle pour réparer ma roulette et je prends mon jour de repos là. Par contre l'accès à internet m'est impossible encore une fois.
J'ai parcouru 12,8 km à plat ce matin, ce qui fait 1903 km avec 10673 m de dénivelé depuis le départ.
Allemagne
Groningen (NL) → Klausdorf (D)
Du 3 au 9 mai 2010 · 7 jours · 25 photos
Le parcours
Groningen (NL) - Weener (D) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Il s'est mis à pleuvoir hier soir vers 18 h et c'est tombé fort une bonne partie de la nuit. Quand je me lève, le temps est bouché, le vent vient du Nord-Est, ce qui veut dire que je vais l'avoir dans le nez. Heureusement il ne pleut plus et je peux plier sans me tremper avant de partir. Quand je quitte le camping, il tombe un espèce de crachin qui va tenir un bon moment. J'entame une longue lutte contre le vent et le froid.
Je suis le trajet prévu jusqu'à Scheemda, mais là, je tombe sur un os : il y a des travaux et un pont est condamné. Il faut faire un détour de plusieurs kilomètres et face au vent. Ce qui console c'est que le retour se fera vent dans le dos. Voilà qui me permet de mesurer l'effet du vent sur le ressenti du froid. C'est assez incroyable. Ma route me ramène bientôt juste après les travaux, mais 1 km plus loin, nouveau problème. Cette fois, ils sont en train de refaire la route entièrement et c'est complètement bloqué. Je suis obligé de refaire un circuit similaire et parallèle au précédent. Le bilan de l'affaire, 20 km pour pas grand chose, à lutter contre le vent et le froid et dans un paysage désolé de champs cultivés et de prairies.
Juste après Nieuw Beerta, je passe en Allemagne. Le climat est le même et l'environnement aussi : des cultures et des prairies avec quelques arbres assez rares. Juste avant Weener, je vois une pancarte camping à 1100 m. C'est une aubaine, un camping près de la ville va me permettre de chercher un accès à internet.
Je m'arrête à l'office de tourisme qui se trouve à 200 m du camping. On me dit qu'il est possible d'accéder à internet à la bibliothèque. Je m'empresse de déposer la remorque et le maximum de choses au camping, puis je file en ville avec le tricycle déchargé pour aller à la bibliothèque qui ferme à 17h30. J'ai le temps de regarder mes messages, de prévenir Jürgen de mon arrivée imminente à Lübeck et de rassurer Martine qui s'inquiète un peu de mon silence depuis que j'ai quitté la France, puis je retourne monter la tente et prendre une douche.
Demain, la bibliothèque ouvre à 15 h jusqu'à 19 h. Je vais pouvoir rattraper le retard de la mise à jour du site et répondre à tous ceux qui m'ont écrit. La dame qui s'occupe de la bibliothèque doit se renseigner pour savoir si je peux connecter mon ordinateur sur le câble de la bibliothèque. Si ça marche, je pourrai traiter les photos plus vite et je n'aurai pas à batailler avec le clavier allemand dont la disposition n'est ni française ni américaine.
J'ai parcouru 69,8 km avec 42 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 1973 km avec 10715 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Weener (D) - Hesel (D) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, je prends mon temps. Le soleil chauffe la tente lorsque je me lève. Enfin, c'est tout relatif. Il fait un froid de canard et le vent est toujours fort. Par contre, il a tourné au Nord-Ouest, ce qui fait que je l'aurai moins en face. J'attends que tous mes appareils électriques soient chargés, que le linge ait fini de sécher, et je quitte le camping en fin de matinée.
Je fais une petite visite de la ville. Il y a un joli petit port avec certains bateaux en bois très anciens. Ce n'est pas très animé, mais à l'heure où je me balade, les gens sont en train de manger. Le vent est toujours très fort et très froid, et il y a de gros nuages qui viennent régulièrement cacher le soleil.
Comme j'ai du temps et que je ne souhaite pas en perdre en repartant après ma séance à la bibliothèque, j'explore un peu le parcours qui me fera quitter la ville. Je découvre ainsi un itinéraire entièrement réservé aux cyclistes et une halte pour les pagayeurs et les cyclistes. Il y a une buvette qui n'est ouverte que le vendredi après midi et le week-end. Il y a aussi un ponton et une glissière pour mettre les kayaks à l'eau. Ils font ça bien les Allemands.
À 15 h, je me rends à la bibliothèque pour accéder à internet. Je ne peux pas connecter mon propre ordinateur et je dois me battre avec le clavier allemand. Je peux échanger quelques messages avec Martine qui est à la maison. Il me faut deux bonnes heures pour rattraper le retard accumulé depuis la dernière mise à jour.
Finalement, il est plus de 17 h lorsque je me mets en route. Je prends la piste explorée en début d'après-midi. Elle passe au pied d'une digue au milieu des moutons. C'est très agréable. Un peu plus loin, je retrouve la route qui n'est pas fréquentée du tout, puis je rejoins l'itinéraire initial où il y a une piste cyclable. Je passe le pont sur l'Ems qui se cachait derrière la digue.
Après avoir traversé Leer, je suis obligé de prendre des rues parallèles. La route principale est interdite aux vélos. Je la retrouve un peu plus loin. Finalement, je plante la tente dans une forêt après le village de Hesel, au bord d'une petite route peu fréquentée.
J'ai parcouru 27,1 km avec 63 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 2000 km avec 10778 m de dénivelé depuis le départ.
12:08
12:08
13:52
13:52
13:53
18:10
Le parcours
Hesel (D) - Kührstedt (D) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
J'ai été bercé par une douce pluie une bonne partie de la nuit. Au lever, il fait toujours très froid et le vent à tourné à l'Est, ce qui veut dire que je l'aurai en face. La pluie s'est calmée, mais les arbres s'égouttent. De toutes façons, la tente est mouillée.
Je pars dans le vent froid. La piste cyclable est très roulante et le paysage est essentiellement composé de forêts, ce qui change un peu des Pays-Bas sans arbres. Il fait de plus en plus froid et il tombe quelques gouttes de temps en temps. Heureusement, on voit un peu de ciel bleu entre les nuages.
En fin de matinée, le temps s'arrange nettement. Les nuages se déchirent et laissent bientôt la place au soleil qui commence à chauffer un peu, mais l'air est toujours froid. Je garderai le bonnet de laine sur la tête quasiment toute la journée.
Je m'arrête en début d'après-midi juste avant Rodenkirchen. Il y a une aire de repos pour les cyclistes, sur le bord de la piste. C'est le grand luxe. Le soleil chauffe un peu, mais le vent est toujours là qui tempère ses effets.
Il me faut passer de l'autre côté du fleuve Weser et là, ça devient vite la galère. Tout d'abord, le parcours proposé par le GPS passe par une voie rapide interdite aux vélos, comme le pont d'ailleurs. En interrogeant les passants, j'obtiens l'information qu'il y a un autre pont et un bac. L'autre pont, je ne le verrai pas. A mon avis, l'information était erronée. Par contre, le bac, annoncé à 10 km, s'avère être beaucoup plus loin. Tant pis, et puis ça ne me rallongera pas forcément beaucoup pour rejoindre Lübeck ensuite.
Le bac part juste après que je sois monté. La traversée dure un petit quart d'heure, à peine le temps d'admirer le paysage. De l'autre côté, je suis en pleine ville. Le GPS me met sur la bonne route et je file dans la campagne. Le paysage est plus vallonné, sans l'être trop et il y a beaucoup d'arbres, ce que j'apprécie. Comme on est en pleine campagne, il y a peu de chances de trouver un camping. Finalement, je m'arrête juste avant Kührstedt, lorsque je trouve un chemin qui mène à des champs près d'une forêt qui saura me protéger du vent froid.
J'ai parcouru 99,8 km avec 272 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 2100 km avec 11050 m de dénivelé depuis le départ.
08:11
11:14
14:21
16:49
16:54
16:56
18:56
Le parcours
Kührstedt (D) - Brande (D) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, il fait toujours très froid. Et encore, la tente est à l'abri du vent. Dès que je quitte la forêt, je retrouve le vent d'Est, mais plus fort qu'hier. Le temps est aussi plus couvert. On ne voit pratiquement pas de ciel bleu, mais il ne pleuvra pas.
À plusieurs reprises, je m'abrite dans un abri-bus en bois qui protège très bien du vent. La différence de température ressentie est incroyable.
En début d'après-midi, je prends le bac pour traverser l'Elbe. Cette fois, aucune galère à déplorer. La piste cyclable m'amène à bon port et double la file de voitures et de camions qui attendent, ce qui fait que moi, je n'attends pas. La traversée est assez rapide, mais très ventée.
Ensuite, je reprends ma route contre le vent, après avoir tenté sans succès d'obtenir une connexion à internet à l'auberge de jeunesse de Gluckstadt. Le vent est toujours aussi fort, mais le temps s'est éclairci un peu. La température est aussi montée un peu, mais le bonnet est toujours de rigueur.
Un peu plus loin, je rencontre Frank, qui est à pied avec son nouveau vélo couché qu'il vient d'acheter chez le fabricant, à 10 km de là. C'est un Toxy TT, avec deux roues de 20 pouces et un guidon haut. Par contre, le guidon a été mal serré, et Franck est obligé de finir sa route à pied. Malheureusement pour lui, c'est la clé que j'ai perdue qu'il faudrait et je ne peux pas le dépanner. Après une longue discussion, nous repartons chacun de notre côté.
Lassé du vent froid de face depuis ce matin, je finis par m'arrêter près de Brande, où je trouve un chemin qui mène à une prairie abritée derrière un bosquet d'arbres. Lorsque j'arrive, trois chevreuils sont en train de brouter au fond. Ils me regardent et ne décampent que lorsque je me lève du siège. Aussitôt après, deux gros lapins déboulent de la forêt et s'enfuient à travers le pré. Je ne dormirai pas seul...
J'ai parcouru 82,1 km avec 145 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 2167 km avec 11600 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Brande (D) - Lübeck (D) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Il a plu une partie de la nuit. Ce matin, le ciel est tout bouché et il commence à bruiner lorsque je pars. Il fait encore très froid mais le vent a faibli un peu. Par contre, il est toujours de face, plein Est. J'en souffrirai moins aujourd'hui car le paysage est un peu plus vallonné et surtout plus boisé. Les arbres coupent bien le vent.
C'est vraiment une journée maussade où il n'y a rien à dire. Beaucoup de pluie et de froid, un peu d'amélioration l'après-midi. Pour la pause méridienne, je m'arrête dans un petit village pour profiter de l'abri bus local. Alors que j'ai fini de déjeuner et que je m'apprête à partir, je vois arriver un homme venu attendre sa petite fille qui doit arriver par le bus scolaire. Nous entamons la conversation et nous échangeons sur mon voyage. Il est déjà allé au Cap Nord et peut m'en parler. Lorsque le bus arrive, nous repartons chacun de notre côté.
Vers 16h30, j'arrive chez mon ami Jürgen, de l'autre côté de Lübeck. Il n'a pas lu mon message de lundi le prévenant de mon arrivée car il était en voyage et vient juste de rentrer. Je suis accueilli à bras ouverts et il m’emmène passer la soirée en ville où il fait un excellent guide, puis il m'offre le restaurant. C'est une soirée bien agréable qui clôture cette journée maussade.
J'ai parcouru 84,8 km avec 405 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 2254 km avec 11500 m de dénivelé depuis le départ.
15:18
Le récit
Aujourd'hui, c’est jour de repos chez Jürgen à Lübeck. Nous prenons des vélos droits et nous allons visiter le port de Travemünde à une dizaine de kilomètres. Nous poursuivons par une longue balade à pied sur la plage puis sur les falaises et nous clôturons la matinée par un repas de poisson au restaurant.
Le parcours
Lübeck (D) - Klausdorf (D) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Je quitte Jürgen et sa femme en début de matinée après un copieux petit déjeuner. J'ai la journée pour me rapprocher de Puttgarden afin de prendre le ferry pour le Danemark demain matin. Le temps est le même qu'hier, très gris, pas de vent et du crachin de temps en temps. Il fait un peu moins froid et la brise a tourné au Nord-Ouest.
C'est dimanche et il y a peu de monde dans les villages que je traverse. Après quelques kilomètres, je rejoins la côte de la mer Baltique. C'est un endroit très touristique, avec des villes balnéaires qui se touchent et une faune huppée qui roule dans des voitures puissantes et bruyantes et qui loge dans les hôtels chics face à la plage. La moyenne d'âge des touristes à cette saison est très élevée. Je passe rapidement cette zone urbanisée en suivant la piste cyclable qui longe la plage.
Je m'arrête déjeuner sur la piste au-dessus du port de plaisance de Skiersdorf. La zone est très calme. Quelques propriétaires s'affairent dans leur bateau, mais la plupart de ceux-ci ne sont pas occupés en ce moment.
Un peu plus loin, c'est la zone des campings. Il y a des caravanes et des bungalows partout, certains campings sont de haut niveau. Ils se succèdent sur plusieurs kilomètres. La piste cyclable pavée se transforme en sentier, puis en sentier étroit où mes roues ne trouvent pas très bien leur place. Je revois l'itinéraire pour rejoindre la route principale qui mène à Puttgarden et qui possède une piste cyclable.
Dans l'après-midi, le crachin devient plus présent. Juste avant Cismar, la piste est occupée par un groupe de cyclistes arrêtés. Ils sont au moins 25. J'ai droit à une haie d'honneur. La piste monte et descend dans les collines. Voilà qui change un peu des plats pays traversés précédemment.
Avant d'arriver à Puttgarden qui se trouve sur une île, il faut prendre la route principale et le pont. Il n'y a pas de piste cyclable séparée et la circulation est dense, mais la vitesse est limitée. Un peu plus loin, les cyclistes sont invités à quitter la route principale pour prendre une petite route peu fréquentée qui mène aussi à Puttgarden. Je suis à 7 km de Puttgarden quand je vois une pancarte camping.
C'est ainsi que j'arrive à Klausdorf où le bureau du camping est fermé. Je m'installe malgré tout. Il y a douche chaude à volonté, c'est le grand standing. Le temps de réparer un arceau cassé à la tente, le soleil fait une apparition rapide avant de disparaître. Le temps s'améliore, par contre, la nuit s'annonce encore froide.
J'ai parcouru 95 km avec 385 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 2361 km avec 11985 m de dénivelé depuis le départ.
Danemark
Klausdorf (D) → Rødovre (DK)
Du 10 au 12 mai 2010 · 3 jours · 13 photos
Le parcours
Klausdorf (D) - Praestø (DK) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Hier soir, à la nuit tombée, je suis allé voir la plage, juste au bout du camping. La mer était calme et il y avait des pêcheurs. Vers 5 h du matin, j'ouvre un œil. Il fait grand jour. La montre me dit qu'il fait 6,5°C dans la tente. Je me renfonce dans mon duvet et me rendort aussitôt. Lorsque je me réveille, à 7h30, le thermomètre indique 13°C. Le soleil chauffe. Voilà une bonne nouvelle. Le vent a tourné au Nord-Ouest et il n'est pas trop fort. Le ciel roule encore quelques nuages, mais la dominante est au soleil.
Je quitte le camping sans avoir vu un responsable. Tant pis. En passant dans le village de Klausdorf, j'ai la surprise de voir un chevreuil tout près des fermes, dans un champ. Comme je suis sous le vent, il ne m'a pas senti et j'ai largement le temps de l'observer.
En peu de temps, je suis au ferry. Je passe le péage avec les voitures. L'opérateur me salue en français. Il connaît quelques mots et me souhaite bon voyage. Je suis le premier à embarquer. Je suis dirigé sur le pont le plus bas, avec les camions et les camping-cars. Dans le ferry, les passagers se ruent sur le restaurant et les duty-free. Le trajet dure à peine une heure. D'ailleurs, on voit les côtes des deux côtés. Sur le pont, des mouettes se font nourrir par les passagers. Elles font du sur-place et attrapent au vol ce qu'ils leur jettent. Il y en a même une qui vient se servir dans la main. Un vrai spectacle.
Je débarque en premier, vite rattrapé par les poids lourds. La route se transforme en autoroute et je suis dirigé vers une route parallèle. L'itinéraire est facile à trouver et il y a aussi de très bonnes pistes cyclables au Danemark.
À midi, je fais la pause dans l'abri-bus d'un petit village. Les routes sont calmes car le plus gros du trafic suit les autoroutes. Le soleil est de la partie, mais le fond de l'air est bien frais. Jusqu'au début de l'après midi, l'anorak sera nécessaire.
Lors d'une pause sur une aire de repos, je rencontre un homme qui s'approche en me voyant arriver. Il est à vélo et s'intéresse à mon équipage. Nous discutons un moment puis nous repartons chacun de notre côté.
La partie du Danemark où je suis est constituée de plusieurs îles. Je fais un premier changement d'île à Guldborg où un pont permet de passer le bras de mer à peine plus large qu'une petite rivière. Le second passage se fait juste avant Vordinborg. Là, c'est autre chose. Le pont fait plus de 3 km de long, il a une voie pour le train, une pour les voitures et une pour les vélos. Le béton du parement est tout abîmé par les coups de mer. Pourtant nous sommes à plus de 10 m au-dessus de l'eau.
Après Vordinborg, la piste cyclable me fait passer par des petites routes peu fréquentées et qui serpentent dans la forêt et les collines. Qui a dit que le Danemark c'est plat ? J'ai eu droit à quelques jolies montées et de belles descentes.
Finalement, en arrivant à Praestø, je rejoins la mer qui n'est jamais très loin dans ce pays. Le camping est très familial et je suis très bien accueilli. Les douches chaudes sont gratuites et le tarif n'est pas très élevé. Comme tous les campings de Scandinavie, c'est le grand confort. Il y a une cuisine équipée avec de la vaisselle, une cuisinière, plusieurs cafetières, un micro-ondes, et les douches sont chauffées. C'est bien agréable après une journée à pédaler dans la fraîcheur.
J'ai parcouru 107,9 km avec 336 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 2469 km avec 12321 m de dénivelé depuis le départ.
08:53
10:11
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15:47
Le parcours
Praestø (DK) - Greve (DK) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Je suis réveillé à 5h30 par un chantier situé derrière le camping. Mais pourquoi commencent-ils si tôt ? Je somnole jusqu'à 6h30, puis je décide de me lever. Le vent a tourné à l'Est. Il fait bien froid dehors. En partant, je fais le tour de la petite ville, mais tout est fermé. Quelques personnes attendent le bus qui va les mener au travail. Le temps est couvert même si on voit quelques traces de ciel bleu à certains endroits.
Je suis aveuglément la voie cyclable n°54, mais cela ne va pas s'avérer une bonne idée. C'est bien pour visiter le pays qui est très vallonné dès que l'on s'éloigne de la côte, avec des montées dont mes jambes se souviennent, même si elles ne sont pas trop longues. Par contre, cet itinéraire est plein de détours. A un moment, je vois une pancarte Praesto 17 km. Je regarde mon compteur : il est à 27 km !
Je continue malgré tout. Le paysage est très agréable, avec des forêts très belles dans un relief très vallonné. Par contre, il fait beaucoup plus froid sous les arbres. Peu à peu, je me rends compte que la voie cyclable n°54 ne me mène pas du tout du bon côté. Je suis bien plus à l’ouest que je l'avais prévu. J'ai du me tromper de numéro de voie à un moment donné. Je rejoins la grande ville la plus proche, Naestved, j'en profite pour faire les courses, et je choisis un itinéraire plus direct pour revenir vers Copenhague. La route est plus fréquentée, mais il y a une belle piste cyclable tout le long.
Le rythme s'accélère aussi car les pentes sont beaucoup plus faibles, permettant une montée plus rapide et un rythme malgré tout soutenu en descente. À Rønnede, je rejoins la route que j'avais prévu de suivre. C'est une voie directe pour Copenhague, qui elle aussi possède une piste cyclable latérale. J'arrive en peu de temps à Køge et je me rends au bureau du tourisme. Manque de chance, ils ont changé les horaires et c'est fermé. J'aurais voulu prendre un peu de temps pour mettre à jour le site si j'avais su trouver un accès internet en ville, car il y a aussi un camping tout proche.
Tant pis, comme il n'est pas tard, je continue ma route jusqu'au prochain camping. Vers 18 h, j'arrive à Greve, à 20 km de Copenhague, où je trouve un camping. Demain, je m'arrêterai à Copenhague pour mettre le site à jour.
J'ai parcouru 88,2 km avec 384 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 2557 km avec 12705 m de dénivelé depuis le départ.
09:54
Le parcours
Greve (DK) - Rødovre (DK) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
À 6 h, j'entends la pluie sur la tente. Je me lève un peu plus tard et il pleut toujours. La journée s'annonce mal. Je souhaite passer à Copenhague car je sais que j'y trouverai un ordinateur connecté pour mettre le site à jour. Je quitte le camping de Greve sous une pluie battante.
Je suis la piste cyclable. Elle longe la route qui mène à Copenhague. Encore une fois, je me fais piéger par les entrées de ville. La route mène à l'autoroute, interdite aux vélos. Je me perds un peu, toujours sous la pluie, avant de retrouver la bonne direction. Il pleut de plus en plus fort. Je commence à être un peu mouillé. Le temps est tout gris et je ne vois pas d'amélioration à venir.
Un peu lassé, je passe devant le camping de Rødovre et je décide de m'arrêter là. Il est près de midi. Mon objectif d'accéder à internet est peut-être possible là. Je monte la tente sous la pluie, après l'avoir démontée sous la pluie. Elle est toute mouillée. Heureusement, la tente intérieure, qui se monte séparément et après le double-toit, peut être stockée au sec dans la remorque, ce qui garantit de dormir au sec, condition indispensable pour résister au froid.
L'après-midi, je tente d'utiliser l'accès wifi du camping avec les commandes que m'a donné Simon, mais ça ne marche toujours pas. Le patron vient à ma rescousse, mais lui non plus ne sait pas faire. Il m'indique qu'il y a des ordinateurs à disposition à la bibliothèque de la ville, à 20 mn à pied. La pluie a cessé et s'est transformée en bruine. Je vais à la bibliothèque où ils ont plein d'ordinateurs qu'ils mettent à disposition gratuitement. C'est exactement ce dont j'ai besoin.
Je n'ai parcouru que 16,7 km avec 36 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 2574 km avec 12741 m de dénivelé depuis le départ.
Suède - Finlande
Rødovre (DK) → Palojoensuu (FIN)
Du 13 mai au 2 juin 2010 · 21 jours · 112 photos
Le parcours
Rødovre (DK) - Margretetorp (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Il n'a pas plu de la nuit, mais l'atmosphère est enveloppée de brume. Tout est humide et froid. Le temps de démonter la tente, il se met à tomber un crachin qui mouille tout. Je prends mon déjeuner dans la cuisine collective du camping.
Hier, j'avais repéré une petite tente près d'un vélo de randonnée chargé de sacoches. Ce matin, c'est le randonneur à vélo qui repère mon équipage, rangé devant les locaux collectifs. Jörn est Allemand et parle bien le français. Il est parti le 3 mai pour faire le tour de la mer Baltique. Je lui laisse ma carte et il mettra un lien sur son blog.
Je traverse le dédale de la banlieue de la capitale danoise pour enfin me retrouver dans la campagne. Un peu plus loin, la route rejoint la côte, ce qui est très agréable. Le temps est très gris, mais il ne pleut pas, à part un petit crachin de temps en temps, insuffisant pour me mouiller. Je m'arrête pour déjeuner près d'un petit port. Je fais vite, car le vent, même s'il est faible, est très froid.
J'arrive à Helsingor vers 13h30. Après quelques minutes d'attente, le ferry arrive. La traversée est très rapide car les côtes sont très proches, à peine la largeur d'un fleuve. Je débarque à Helsingborg pour mes premiers coups de pédale en Suède. Je passe en ville pour retirer des couronnes suédoises, puis je reprends ma route vers le Nord. Le paysage n'est pas différent de celui du Danemark, essentiellement agricole.
En fin d'après-midi, je vois une belle colline se dessiner à l'horizon. La route se met à monter imperceptiblement et ça dure. Finalement, à Margretetorp la route monte le long d'un petit cours d'eau bien pentu, entre les collines boisées. C'est bien agréable de se retrouver dans la forêt. En plus, le vent y est moins fort et il fait un peu moins froid. C'est à quelques kilomètres du village que je m'arrête dans une belle forêt de sapins, pour planter la tente pour la nuit. La route est très peu fréquentée et la nuit devrait être calme.
J'ai parcouru 96,4 km avec 495 m de dénivelé kilomètres aujourd'hui, ce qui fait 2670 km avec 13236 m de dénivelé depuis le départ.
09:13
12:47
14:10
14:11
14:32
19:21
Le parcours
Margretetorp (S) - Hyltebruk (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Quand je me réveille, j'entends quelques gouttes qui tombent des arbres sur la tente. Dehors, c'est le brouillard et un léger crachin qui tombe. Les sapins m'ont bien protégé. Je pars dans la brume et sous la pluie fine. Il fait encore bien frais ce matin. La route descend des collines et la descente rapide est froide et mouillée. En bas, je quitte la forêt et je retrouve le paysage campagnard fait de champs cultivés, de prairies et de quelques arbres en guise de clôture.
Je m'arrête à la première grosse ville pour faire les courses. Je repars vers le Nord et bientôt, je retrouve la forêt. Le temps s'est subitement amélioré. Le soleil fait quelques apparitions et je dois m'arrêter pour retirer des couches de vêtements car il fait bien plus chaud. C'est agréable et surtout, tout sèche vite.
La route monte et descend en permanence. Je passe mon temps à changer de vitesse. C'est un parcours très agréable qui n'a rien de monotone. La route est très peu fréquentée et il y a peu de villages, à peine quelques maisons de temps en temps. Cela dure jusqu'au soir quand j'arrive à Hyltebruk, une petite ville calme que j'ai vite traversée. Je m'arrête au camping situé à 2 km après la fin des habitations, au bord d'un lac. Le bureau est fermé, les sanitaires aussi à part les toilettes dans une pièce chauffée avec un lavabo.
Après dîner, j'ai droit à un coucher de soleil sur le lac.
J'ai parcouru 100,4 km avec 1064 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 2771 km avec 14312 m de dénivelé depuis le départ.
14:18
14:25
16:52
20:49
20:50
20:52
Le parcours
Hyltebruk (S) - Axamo (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Il tombe quelques gouttes quand je me lève, puis ça se calme. Je plie la tente et je vais me laver. Quand je reviens, il pleut des cordes. J'attends une bonne demi-heure que ça se calme, puis je pars sous la pluie qui reprend. Un peu plus loin, ça se gâte franchement et je m'arrête dans un abri-bus.
Quand je repars, il ne pleut presque plus, mais le temps reste couvert. Je poursuis ma route, prêt à remonter la tente s'il le faut. Un peu avant midi, le temps s'arrange. Le ciel s'éclaircit franchement et le soleil tente une apparition vite réprimée par les nuages. Dans l'après midi, le temps s'arrange vraiment. Il y a des grandes zones bleues dans le ciel et la température monte vraiment bien.
Je poursuis ma route vers Jönköping. Elle passe par une piste cyclable très agréable et bien à l'écart de la route principale qui est assez fréquentée. Elle est aménagée pour recevoir les randonneurs et il y a même des endroits où on peut faire du feu, avec une réserve de bois coupé prêt à l'emploi. J'y croise une cavalière qui suit le sentier parallèle à la piste cyclable. Le cheval est un peu effrayé à ma vue, mais elle le maîtrise bien.
Après une longue journée de lutte contre le vent qui était assez fort et de face, je m'arrête au camping d'Axamo, juste avant Jönköping où j'ai l'intention de prendre un jour de repos.
J'ai parcouru 107 km avec 661 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 2878 km avec 14973 m de dénivelé depuis le départ.
12:36
13:52
13:55
14:16
14:31
Le parcours
Axamo (S) - Bankeryd (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Le temps est gris et froid aujourd'hui, mais il ne pleut pas. Je prends mon temps pour plier la tente car c'est jour de repos. Je dois avancer un peu jusqu'à Jönkoping, à 9 km de là, puis trouver un autre camping.
Je trouve facilement le centre ville à Jönkoping et l'office du tourisme qui est fermé le dimanche. Par contre, à côté il y a des ordinateurs à disposition moyennant l'achat d'un ticket d'accès à internet au bureau de tabac voisin. Le problème est que les ports USB sont verrouillés et je ne peux pas utiliser les fichiers que j'ai préparés. Tant pis, la mise à jour du site attendra, par contre, je peux traiter les messages et répondre sur le forum.
Quand mon heure internet est écoulée, il est plus de midi. Je reprends la route pour longer la côte ouest du lac où j'ai vu sur la carte l'emplacement d'un camping. La route n'arrête pas de monter et descendre en dominant de loin les eaux du lac. C'est une vraie mer intérieure, dont on ne voit pas le bout vers le Nord.
Finalement, je trouve le camping à Bankeryd, après une zone industrielle et dans une zone naturelle protégée. C'est l'embouchure d'une rivière qui est également un port. Le camping est un camping de motards. Il n'ouvre qu'au 1er juin, mais tout est en service. Il y a même de l'eau chaude à volonté dans la douche. Je suis le seul campeur. Il y a quelques allées et venues car les propriétaires de bateaux passent par le camping pour accéder aux pontons. Il y a aussi quelques motards qui viennent faire un tour, puis repartent. Comme le coin est très joli et sauvage, il y a pas mal de promeneurs.
J'ai parcouru 18,1 km avec 169 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 2896 km avec 15142 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Bankeryd (S) - Granvik (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Le ciel est uniformément gris ce matin. La tente a été séchée par le vent d'hier et il n'y a presque pas de rosée. Je lève le camp très tôt. Je passe par le port où une passerelle permet de traverser la rivière.
Je retrouve tout de suite la route principale qui suit le bord du lac. C'est une route assez large mais peu fréquentée. Il y a quelques poids lourds de temps en temps, mais comme il n'y a personne d'autre, ils se mettent carrément sur la voie de gauche pour me dépasser.
Je m'arrête déjeuner sur une aire de repos où le mobilier est rustique mais fonctionnel. Peu après avoir repris la route, j'arrive à Hjo, petite ville sur le lac avec un port de plaisance bien fourni en bateaux. Je repère tout de suite la bibliothèque qui ouvre dans un quart d'heure. A côté, les enfants attendent l'ouverture du collège. À 13 h, la bibliothèque ouvre. Il y a des ordinateurs à disposition et c'est gratuit. Que demander de plus ? Surtout qu'en prime j'ai droit au sourire de la responsable. Je peux mettre le site à jour et répondre aux messages.
Au bout d'une heure, je reprends la route. Le paysage change un petit peu. Autour des villages traversés, il y a davantage de champs cultivés avec souvent des vaches dans les prés. Cependant, la forêt est toujours très présente et très dense.
Après quelques kilomètres, je rejoins une route plus importante qui vient de la côte ouest. Elle n'est malgré tout pas trop fréquentée, mais il y a davantage de camions, notamment certains qui transportent du bois et qui laissent derrière eux les effluves très agréables du sapin du Nord qui vient d'être coupé.
À Karlsborg, il y a de l'eau des deux côtés. La route passe entre les lacs, puis elle passe dans les collines, c'est-à-dire qu'il y a des côtes alors que depuis ce matin, c'était plutôt plat. Un peu plus loin, avant Granvik, je m'arrête sur une aire de repos où se trouve un panneau d'information. Je repère un camping quelques kilomètres plus loin, un peu à l'écart de la route principale.
J'arrive au camping de Stenkällegarden par une petite route qui serpente dans la montagne. Le camping est très joli sur un flan de montagne avec un lac en bas. Par contre, le tarif est très élevé. C'est de la prestation haut de gamme. Tout est nickel et très bien équipé. On demande même de se déchausser avant d'entrer dans les sanitaires. Je n'ai jamais vu ça ailleurs. Il y a une cuisine et une salle de télé. Elles me permettent de dîner et de faire le compte rendu de la journée au chaud. La carte me dit qu'il reste environ 2000 km pour atteindre le Cap Nord.
J'ai parcouru 99 km avec 628 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 2995 km avec 15770 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Granvik (S) – Kil (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, le soleil chauffe la tente. Il fait déjà bien doux quand je me lève. Il y a quelques nuages, mais le soleil est bien là. Lorsque je quitte le camping, le propriétaire me souhaite un bon voyage. Sa femme, qui m'a accueilli hier soir, a du lui raconter mon aventure. J'ai à peine fait quelques dizaines de mètres qu'un chevreuil traverse la route devant moi. Le coin est vraiment superbe. Après la première côte, j'enlève une couche de vêtements. Il n'est pourtant que 8h30. Le contraste avec la veille est saisissant et je pédalerai l'après-midi en short et en tee-shirt.
Je retrouve la route principale et ses quelques camions chargés de bois. La route monte et descend, mais les pentes ne sont pas trop difficiles. Je m'arrête sur une aire de repos qui domine le lac. Le coin est très joli, avec plein d'îles. Je me dis que ce lac pourrait très bien être une destination intéressante pour un raid en kayak de mer.
Avant midi, j'arrive à Askersund. Je passe devant la bibliothèque qui n'ouvre qu'à midi. Je vais faire les courses au supermarché puis vais faire une photo sur le port avant de venir voir si une connexion internet est possible. J'ai droit à une demi-heure de connexion gratuitement. Ensuite je reprends la route qui ne tarde pas à rejoindre la route qui montait de l'autre côté du lac. La circulation est maintenant beaucoup plus dense avec de nombreux poids lourds. Je continue car il n'y a pas d'autre possibilité, la route étant coincée entre les lacs, c'est en effet le seul passage possible. Heureusement, après quelques kilomètres, je trouve une route alternative, dont un tronçon n'est pas goudronné.
Avant midi, j'arrive à Askersund. Je passe devant la bibliothèque qui n'ouvre qu'à midi. Je vais faire les courses au supermarché puis vais faire une photo sur le port avant de venir voir si une connexion internet est possible. J'ai droit à une demi-heure de connexion gratuitement. Ensuite je reprends la route qui ne tarde pas à rejoindre la route qui montait de l'autre côté du lac. La circulation est maintenant beaucoup plus dense avec de nombreux poids lourds. Je continue car il n'y a pas d'autre possibilité, la route étant coincée entre les lacs, c'est en effet le seul passage possible. Heu Cette route me mène droit à Orebro où il y a plein de pistes cyclables. La difficulté dans ce cas est de s'assurer qu'on va bien au bon endroit, car les pistes ne suivent en général pas les routes. Enfin, tant bien que mal, je trouve, au bout de la ville, un panneau indiquant une piste pour Lindesberg, la prochaine grande ville.
Le problème c'est qu'ensuite, il n'y a plus de panneau et qu'on retombe sur la nationale qui devient à quatre voies et interdite aux vélos. Je cherche une autre solution, retombe sur un panneau indiquant une piste pour Lindesberg, mais le problème se corse plus loin. Il n'y a plus de piste et même plus de route goudronnée. Je suis une route en terre, qui finit par grimper tellement que ma roue arrière dérape. Je suis obligé de descendre et de pousser sur quelques dizaines de mètres.
Je continue jusqu'au prochain village, très joli d'ailleurs. J'y rencontre un couple qui me précise la route à suivre pour rejoindre la nationale à un endroit où elle est autorisée. Il faut s'en écarter de plus de huit kilomètres. Un peu fatigué par une longue journée, je mets encore du temps à trouver un coin pour planter la tente. En effet, il y a pas mal de zones cultivées et les forêts sont très marécageuses. Finalement, je trouve un coin en haut d'une côte, un peu avant Kil, où j'ai juste la place de la tente. Il est plus de huit heures trente.
J'ai parcouru 114,7 km avec 720 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 3109 km avec 16490 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Kil (S) - Eskil (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Il fait 14°C dans la tente lorsque je me réveille. Le soleil est levé depuis longtemps. Plus je monte et plus le jour allonge. La différence avec la France commence à être sensible. La tente est bien sèche et en moins d'une heure je suis sur la route.
Après une dizaine de kilomètres, je retrouve la route très fréquentée que j'avais quittée hier. Les conseils du couple rencontré hier soir m'ont été bien utiles pour retrouver mon chemin. A partir de là, la route est fréquentable par les vélos, mais elle est toujours envahie de camions et de voitures. Je la suis encore quelques kilomètres, puis je prends la route qui mène à Lindesberg.
Lindesberg est un petit bourg entouré d'eau. Il y a des lacs partout. C'est très joli. Je vais à la bibliothèque pour une connexion internet. C'est facile et gratuit. J'en profite pour acheter une nouvelle clé USB car la mienne est verrouillée en lecture seule depuis sa dernière utilisation. J'ai peut-être fait une erreur, mais avec les menus en suédois, il est parfois difficile de maîtriser la situation.
Après Lindesberg, je prends une autre route qui est aussi un axe important, mais moins fréquenté que la route précédente. C'est nettement plus agréable. Il y a peu de voitures et de camions. Les gens sont plus décontractés et me font des signes, des appels de phares et des coups de klaxon amicaux. À deux reprises, un camion arrive derrière moi alors qu'un autre est en face, situation assez rare. Dans les deux cas, le camion derrière moi a attendu pour passer sur la voie de gauche alors qu'il aurait eu la place de passer.
La route serpente dans la forêt au milieu des collines. Une côte succède à une descente, elle même suivie par une côte. De temps en temps, il y a quelques maisons mais très dispersées, pas vraiment un village bien qu'il y ait parfois un nom de lieu. Les collines sont très élevées. Quand on est en haut, on voit très loin, et aussi on devine la colline suivante. Dans les creux, il y a toujours un lac, voire plusieurs. La descente dans la vallée de Fagersta est très pentue. Ma vitesse sans pédaler dépasse les 50 km/h. Le tricycle ne bronche pas et la remorque non plus. Mon record a été de 63 km/h en France au début du voyage.
Finalement, il est 6 h quand j'arrive au camping d'Eskil, juste avant Fagersta. Ils font un tarif particulier pour les cyclistes, c'est moitié prix. Une bonne nouvelle. À l'accueil on me dit qu'ils ont vu d'autres cyclistes qui sont en route pour le Cap Nord. Je vais sans doute en rencontrer d'autres dans les prochains jours. Il n'est pas exclu non plus que je revoie mon ami Jörn, l'Allemand rencontré près de Copenhague qui fait le tour de la mer Baltique. Il était à Stokholm il y a deux jours et doit poursuivre sa route vers le Nord qui doit rejoindre la mienne bientôt.
J'ai parcouru 92,7 km avec 770 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 3202 km avec 17260 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Eskil (S) - Kungsgården (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, il fait encore plus chaud qu'hier. 17°C dans la tente à 8 h. Le ciel est tout bleu, la journée va être estivale. Je pars en short et en tee-shirt, et ne je rajouterai rien au cours de la journée. À Fagersta, je cherche ma route, perdue en suivant la piste cyclable, lorsque trois jeunes filles s'arrêtent pour me questionner sur mon vélo. Elles sont épatées par mon histoire. L'une d'elles essaye le tricycle sur quelques mètres. Elles me mettent sur le bon chemin et me souhaitent bon voyage.
Je reprends la route fréquentée par seulement quelques voitures et quelques camions, dont certains qui fleurent bon le bois frais coupé. À Norberg, je fais un petit crochet jusqu'à la bibliothèque, mais elle n'ouvre qu'à midi. Comme il est 10h30, je reprends la route. Vers midi, j'arrive à Avesta. C'est une ville animée. Un passant m'indique la bibliothèque qui est ouverte. Comme je verrouille mon véhicule, un homme noir s'arrête et me questionne. Il me dit qu'il est en charge de l'accueil des immigrés à la municipalité. Il me souhaite la bienvenue à la ville d'Avesta. A la bibliothèque, l'accès internet est gratuit. Je peux mettre à jour le site et lire mes messages.
La sortie d'Avesta est un peu compliquée. Il y a plusieurs routes importantes qui se croisent. Finalement, après quelques centaines de mètres sur une route fréquentée et après avoir traversé le fleuve, je retrouve la route 68 que je suis depuis déjà pas mal de temps. A partir de là, la route monte progressivement, et ça dure longtemps.
Un peu avant Horndal, le ciel s'assombrit brusquement du côté où je me dirige et la température baisse un peu. Un peu plus loin, la route a été bien mouillée par une averse, mais cela reste très localisé. À partir de Horndal, le ciel est tout noir. J'arrive à passer entre les averses, mais je me prépare à une bonne saucée. J'ai prévu la bâche pour m'abriter si jamais ça arrive.
Finalement, je passe entre les averses. J'entends l'orage gronder au loin, puis il se met à tomber quelques gouttes mais qui ne suffisent pas à me mouiller. Plus loin, la route est toute trempée et je suis plus mouillé par les embruns des voitures et des camions que par les quelques gouttes qui continuent à tomber. J'entame une longue descente de près de 10 km jusqu'à Storvik. Voilà qui arrange bien la moyenne du jour.
À Storvik, je croise la route principale qui mène sur la côte. Elle est interdite aux vélos. je continue jusqu'à la ville, puis rejoins la ville de Kungsgården où j'ai vu qu'il y a un camping. J'y arrive vers 19 h. Une dame charmante m'accompagne jusqu'à l'accueil. Le patron ne parle pas anglais. Maria fait l'interprète puis m'invite ce soir à me joindre à eux pour la soirée. C'est très sympathique. Le camping n'est pas cher et il est très bien équipé. Je passe la soirée avec mes hôtes au bord du canal autour d'un feu qui éloigne les moustiques. L'un deux m'explique que la plus belle partie de la Suède est devant moi et qu'il faut prendre vers l'intérieur. J'y trouverai de jolis paysages de forêt, de montagnes, de lacs et de rivières.
J'ai parcouru 100,4 km avec 488 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 3302 km avec 17748 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Kungsgården (S) - Mo (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Il a plu en fin de nuit. Quand je me lève, il ne pleut plus. Le temps est couvert, mais un rayon de soleil perce quelques minutes au bon moment pour sécher la tente avant que je la démonte. Au moment de partir, le patron du camping me prend en photo. Bien qu'il ne parle pas anglais, nous arrivons à communiquer par gestes. Je fais mes adieux à mes amis d'hier soir et je vais faire les courses au supermarché en haut du village.
Il est près de 10 h lorsque je prends la route. Je suis une route peu fréquentée qui monte vers le Nord. Il y a pas mal de dénivelé et le parcours est tout en forêt, ce qui est très agréable. Le temps est couvert et de temps en temps, un nuage crache quelques gouttes qui s'évaporent aussitôt. Il fait très doux et je suis encore en short. Au fil du temps, les conditions s'améliorent. La route est sèche et il ne pleut plus.
Je m'arrête à Ockelbo où je fais sensation sur la place du village où se trouve la bibliothèque. Malheureusement, elle n'ouvre qu'à 14 h et il me faudrait attendre plus d'une heure. Je reprends ma route en me disant que j'en trouverai une autre plus loin. La route reste très calme, sinuant entre lacs et forêts. En montant une côte près de Holmsveden, j'entends un craquement caractéristique d'un maillon de la chaîne qui lâche. Elle ne casse pas, mais je sens bien qu'il y a quelque chose de détraqué. Je poursuis comme ça quelques kilomètres et à la pause qui suit, je change le maillon défaillant.
Juste avant Sibo, je rejoins une route un peu plus fréquentée qui vient de la côte. À Kilafors, je m'arrête car il y a une bibliothèque d'après le plan affiché en bord de route 1 km avant la ville. Pas de chance, elle est fermée le vendredi. A la sortie du village, je quitte la route principale pour rejoindre Segersta. Il y a là un pont pour les vélos qui traverse le fleuve. Sur le pont, j'interroge un passant pour savoir s'il y a un camping dans les environs. Il m'envoie sur la route qui mène à la côte en me disant qu'il y en a un dans deux kilomètres. Au bout de quatre kilomètres, je ne vois toujours pas de camping. Un deuxième maillon de ma chaîne la fait sauter de temps en temps. J'espérais traiter le problème au camping, mais vu la situation je m'arrête de nouveau pour le remplacer.
Finalement, J'arrive à Mo où il n'y a toujours pas de camping. Je rejoins une route plus importante qui revient vers la côte. Finalement, je plante la tente pour la nuit dans un coin de forêt en contrebas de la route.
J'ai parcouru 103 km avec 524 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 3405 km avec 18272 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Mo (S) - Hedvigsfors (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, il fait grand beau temps. Le ciel est tout bleu. Même sous les arbres, le soleil chauffe la tente. Quand j'ai tout plié, j'offre un coup de gonflage à tous mes pneus. Ils en avaient besoin. Je reprends la route et bifurque bientôt à droite pour prendre une route moins fréquentée qui grimpe dans les collines à partir de Glössbo. Après Flästa, je passe le pont sur la rivière pour rejoindre Arbra. Il y a une usine hydraulique et le débit est impressionnant. À Arbra, il n'y a pas de bibliothèque. Tant pis, je retraverse la rivière pour reprendre ma route touristique.
La route monte et descend en surplombant l'immense lac qui correspond à la retenue du barrage. À partir de Nordjö, j'attaque la montagne. Elle commence par une pente à plus de 10%. C'est la minute de vérité pour la transmission du tricycle. Elle passe bien l'examen. La chaîne a tenu et la roulette aussi. Mes réparations ont l'air efficaces. La montée dure quelques kilomètres avec un peu moins de pente. En haut, la route suit les ondulations du terrain. Pour midi, je m'arrête près d'un petit cours d'eau qui descend de la montagne. L'eau y est claire et transparente. J'en profite pour faire le plein d'eau.
La suite est une descente fabuleuse qui dure très longtemps jusqu'à Delsbo. La pente est assez forte et l'état de la route mérite une vigilance compte tenu de la vitesse atteinte. Je fais une pause à la sortie de Langsbo. Il y a un joli lac, comme j'en ai croisé plusieurs dans la journée. Finalement, j'arrive à Delsbo à 16 h. La bibliothèque fermait à 14 h. Tant pis. Il faudra attendre lundi pour la connexion à internet. Quand je repars, le temps s'est couvert et l'air a un peu rafraîchi.
À Delsbo, j'ai rejoint une autre vallée. Il y a deux grands lacs dans cette vallée. La route est moins pentue et je peux rouler assez vite. Je suis toujours sur une petite route transversale avec peu de circulation. Un peu avant Hedvigsfors, je vois arriver un cycliste en sens inverse qui traverse la route et s'arrête à ma hauteur. Nous discutons un moment alors qu'il tombe quelques gouttes, puis nous repartons chacun de notre côté. Je passe le village et un peu plus loin, je croise un motard qui ralentit. Dans mon rétroviseur, je le vois faire demi-tour. Comme nous sommes seuls sur la route, je m'arrête. Il me dit que lui aussi a un vélo couché et nous discutons un moment.
Ensuite, j'attaque la montée dans la montagne. Une pancarte annonce plus de 5% pendant 4,5 km. Pas de problème, je suis rôdé. Il suffit de s'armer de patience. Quand j'ai monté un peu, je trouve un emplacement pour monter la tente dans les bois, près d'une carrière.
J'ai parcouru 111,1 km avec 1053 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 3516 km avec 19325 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Hedvigsfors (S) - Stöde (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, il pleut. Je suis dans la montagne et je n'ai pas envie de rester là. Je préférerais être au camping pour profiter des commodités. Il tombe juste une petite pluie fine, alors je plie et je pars. La route continue sa lente montée dans la montagne. Une fois parti, la pluie s'accentue. J'ai fait quelques kilomètres quand le bitume disparaît. La route devient une espèce de piste plus ou moins lisse, au moins aux endroits où se trouvent les traces des voitures. Et encore, quand il n'y a pas d'ornières. Avec la pluie, c'est une jolie gadoue.
Après Furuberg, ça monte encore, puis j'attaque une belle descente vers Hassela. Sous la pluie, c'est frais et humide. Avec la vitesse, les roues projettent de la boue partout. Mon rétroviseur est inutilisable. Heureusement, il n'y a quasiment personne sur cette route. À Hassela, je traverse la rivière qui est un vrai torrent de montagne qui se jette dans le lac un peu plus loin.
Après Hassela, la route grimpe de nouveau dans la montagne. Le seul avantage, c'est que je ne vais pas vite, donc je me mouille et je me salis moins. Puis peu à peu, la pluie diminue, sans s'arrêter vraiment, mais c'est quand même plus agréable.
Après avoir passé un nouveau col à Hattmar, j'attaque une nouvelle descente. Le tricycle est de plus en plus sale. De plus, le sable a fini par entrer dans ma poignée de dérailleur droite et j'ai de plus en plus de mal à faire remonter la chaîne sur les grands pignons. J'essaie un rinçage avec l'eau de la gourde, c'est pire. Non seulement je n'ai pas résolu le problème, mais j'ai en plus les mains mouillées qui glissent et je ne peux plus monter les pignons. En séchant un peu, je reviens à la situation antérieure. C'est faisable, mais difficile.
Je m'arrête casser la croûte dans un abribus au bord de la route non loin d'une maison. Peu après, je m'approche de Stöde et je retrouve le bitume. Il est 14h30 lorsque j'arrive au camping de Stöde, situé au bord d'un lac. J'ai pris l'option de m'arrêter là pour sécher mes affaires et faire une lessive, car je ne suis pas certain de trouver un camping avant ce soir si je continue ma route.
Il est tombé plusieurs averses dans l'après-midi alors que j'étais à l'intérieur. Finalement, je ne regrette pas d'avoir fait le choix de m'arrêter aussi tôt. Normalement, j'aurais du prendre un jour de repos aujourd'hui, cela ne fait qu'une demi journée, mais c'est suffisant. D'autant que le camping étant équipé d'une machine à laver et d'une armoire de séchage, la lessive s'est faite toute seule et elle est sèche.
J'ai parcouru 60 km avec 446 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 3576 km avec 19771 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Stöde (S) - Utanede (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
J'ai été réveillé par le froid vers 2h30 ce matin. Il faisait grand jour. Plus je monte vers le Nord et moins il y a de nuit. J'ai rajouté une épaisseur et je me suis rendormi jusqu'à 7 h. Ce matin, il y a un vent froid du Nord qui glace tout. Je vais l'avoir en face toute la journée.
Après quelques hésitations, je trouve la route qui mène à Holm. Le ton est donné dès le départ : pas de bitume. C'est comme hier, avec la pluie en moins et des nids de poule en plus. Malgré mes multiples rinçages, le câble de dérailleur arrière est difficile à manœuvrer, souvenir de la route d'hier. Il va falloir que je le démonte pour nettoyer à fond. La route monte dans la montagne avec de fortes pentes. Par contre, le paysage est très joli avec beaucoup de petits lacs dans la forêt. Dès qu'il y a un lac, il y a une ou deux habitations.
La route monte jusqu'à Östenbäck, puis elle descend un peu. Le pilotage est difficile compte tenu de l'état du sol. Une vraie tôle ondulée, avec des trous par endroits qu'il faut tenter d'éviter. Finalement, j'arrive au carrefour de la route 230 et là, miracle, le bitume réapparaît. La route suit le lac jusqu'à Holm. Avec le vent en face, je ne vais pas très vite. À partir d'Holm, je quitte cette route pour rejoindre Liden par une petite route de montagne non bitumée. Il y a un peu moins de nids de poule que sur la précédente. C'est globalement une grande descente de 16 km jusqu'à Liden, qui se trouve dans la vallée de l'Indalsälven.
À Liden, je prends la route 86 qui remonte la vallée. La route monte au-dessus du fleuve et le domine de haut. Il n'y a pas beaucoup de circulation. De temps en temps, un camion de bois descend ou un camion vide va chercher du bois en amont. Il y a peu de voitures. Je passe plusieurs villages constitués de maisons éparpillées dans la nature. Il n'y a pas de commerces. J'aurais bien aimé faire des courses. Tant pis, on verra demain. Pour la connexion internet, c'est pareil, les villages sont trop petits pour offrir cette possibilité. Finalement, juste après Utanede, je m'arrête au bord de la route. Il y a un bosquet de sapins qui abrite du vent et de la route avec un emplacement pour planter la tente.
J'ai parcouru 96,1 km avec 1224 m de dénivelé aujourd'hui, avec de bonnes montées, ce qui fait 3672 km avec 20995 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Utanede (S) - Näsåker (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Quand je me réveille, j'ai 4,5°C dans la tente. Il n'y a pas plus de 2°C dehors. Je ne sens pas le vent car je suis à l'abri, mais il n'a pas faibli depuis hier. Le soleil fait une apparition, puis il se cache définitivement derrière les nuages. Avant de partir, je démonte le câble de dérailleur, je nettoie toutes les gaines - il en sort un jus noir ! - et j'arrive à remonter le câble sans avoir à le changer. Cela va beaucoup mieux après cette opération.
Je reprends la route 86 et juste avant Bispgarden, je bifurque sur la route 87 qui file vers le Nord. Il y a encore moins de monde, mais, comme je quitte la vallée, ça monte. Il fait très froid et très gris. Vers midi, j'arrive à Langsele. Je vais faire mes courses au supermarché, puis je vais casser la croûte près de l'école, car la bibliothèque est à côté et j'espère y avoir accès à internet.
Quand je m'approche de la bibliothèque, un homme m'interpelle en Suédois. C'est le cuistot de l'école. On discute un moment, puis je lui dis que je cherche un accès à internet. Il va se renseigner pour savoir si c'est possible à la bibliothèque. Il revient en me disant que non mais que je peux utiliser son poste à côté de la cuisine. C'est très sympa de sa part. Je peux mettre le site à jour et répondre aux messages. Ensuite, il m'invite à prendre le thé avec son équipe. Ils vont bientôt fermer car le repas des élèves est terminé et la vaisselle est faite. Ils me laissent partir en me souhaitant bonne chance.
En quittant Langsele, je passe devant un pré où se trouvent deux chevaux. L'un d'eux prend peur à ma vue et saute par-dessus la clôture. Il fuit devant moi sur la route et j'ai du mal à m'en débarrasser. Finalement, je m'en sors en me mettant debout pour réussir à l'amadouer. Il passe dans un champ et je peux continuer ma route. Une voisine m'a vu et m'a fait signe qu'elle va téléphoner au propriétaire pour qu'il vienne rechercher l'animal.
À la sortie de Langsele, j'ai pris une petite route qui m'évite un détour par Solleftea, car j'ai prévu de suivre la route 90. Une route parallèle existe de l'autre côté de la rivière et je tente ma chance de ce côté là. Mon choix n'est pas judicieux, d'une part parce qu'il n'y a quasiment pas de circulation sur la route 90, mais en plus, la petite route monte et descend dans les collines et finit par ne plus avoir de revêtement bitumé. Voilà qui me rappelle les mauvais souvenirs des deux derniers jours. D'autant que le temps se dégrade et qu'il commence à pleuvoir. Après Forsmo, je m'abrite sous un arbre pour grignoter un peu, mais la pluie n'est pas très forte, heureusement. Quand je repars, il ne tombe quasiment plus rien.
Finalement, je retrouve le bitume à Resele et je passe le pont sur la rivière pour rejoindre la route 90. Cela commence par une montée impressionnante à près de 15%. Heureusement, elle n'est pas très longue et je rejoins la route 90. Il n'y a presque pas de circulation, une voiture de temps en temps et pas de camions. Avec toutes ces péripéties, il est assez tard et je réalise que je n'atteindrai pas Junsele ce soir où je savais trouver un camping.
Je m'apprêtais à chercher un emplacement de bivouac dans la forêt omniprésente quand, à 2 km avant Nasaker, je vois un camping. Il n'a pas l'air ouvert, mais il y a une lumière allumée à l'extérieur du restaurant. J'y vais à tout hasard. La patronne est là. Elle me dit que le camping est fermé. Je lui demande de l'eau et elle me remplit ma réserve. En me la rendant, elle se renseigne d'où je viens et je lui raconte mon histoire. Elle vient dehors voir mon véhicule et elle me dit que, si son mari est d'accord, elle va ouvrir le camping pour moi. Un coup de fil et l'affaire est réglée. Il n'y a pas encore d'eau chaude, tant pis pour la douche, mais je peux profiter des sanitaires et de la cuisine.
J'ai parcouru 79,1 km avec 778 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 3752 km avec 21773 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Näsåker (S) - Åsele (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Je me lève tôt ce matin. Le temps est toujours gris, mais il fait moins froid et le vent s'est calmé. Le temps que je range, il commence à tomber quelques gouttes quand je plie la tente. Le temps que je déjeune, ça s'est calmé. Au moment de partir, je m'aperçoit que la roue droite de la remorque est à plat. Je trouve l'épine coupable et je mets une rustine sur la chambre à air. J'en profite pour huiler les roulements des deux roues, ce que je n'avais pas fait depuis longtemps. Il y en avait besoin.
Je reprends ma route qui monte lentement mais sûrement. Il n'y a pratiquement pas de plat ni de descente, ça monte sans jamais s'arrêter. Je vais monter ainsi toute la journée. Il tombe quelques gouttes de temps en temps, mais ça n'est pas gênant pour rouler. Comme il n'y a pas de vent, il ne fait pas trop froid, mais il faut rester couvert.
J'arrive à Junsele vers 11 h. Je vais au bureau du tourisme où je suis très bien accueilli. Il y a un ordinateur à disposition et je peux mettre à jour le site et répondre aux messages. Je quitte cette petite ville sous la pluie et je continue ma route. Un peu plus loin, je trouve une aire de repos avec un abri et du bois coupé pour faire du feu. L'endroit idéal pour déjeuner. Il ne faut cependant pas traîner pour ne pas se refroidir.
La route continue à monter. Le Suédois que j'avais rencontré à Kungsgården m'avait prévenu. Elle monte lentement mais très longtemps et ce n'est pas plus difficile que les autres routes, voir moins car on ne redescend pas.
À Lillsele, il y a des lacs partout. C'est vraiment très beau. En plus, le soleil fait quelques apparitions. À Hälby, il y a un lac énorme que la route traverse. On a l'impression d'être sur une digue entourée d'eau pendant plus d'1 km. Le paysage est vraiment très beau avec les montagnes au fond. Lorsque j'arrive à Hälla, un gros nuage noir menace. Le vent s'est levé et, bien sûr, je l'ai en face. J'arrive à passer entre les gouttes.
Finalement, j'arrive à Asele. J'ai monté toute la journée, sans pratiquement jamais descendre. Je vais au camping où je suis très bien accueilli. Le propriétaire est Hollandais et la cuisinière est Suédoise. Il est venu là surtout pour les hivers. Il organise des balades en traîneaux à chiens et il fait des compétitions. Il a fait second aux championnats du monde, il y a une dizaine d'années. Il me propose d'utiliser une cabane inoccupée plutôt que de monter la tente. La cabane n'est pas chauffée, mais il y a une cheminée et du bois pour faire du feu. Je peux utiliser les matelas des fauteuils pour dormir sur le sol. C'est le grand luxe. Ce soir, je mange avec eux un repas typiquement suédois à base de pommes de terre et il m'offre la bière et le thé. Le camping est international. Peu après mon arrivée, un couple d'Allemands arrive et un peu plus tard, c'est un couple Russe. La fille est très belle et ne déparerait pas au milieu des top-models. Nous passons la soirée à discuter et on termine sur un air de ukulele.
J'ai parcouru 101,4 km avec 737 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 3853 km avec 22510 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Åsele (S) - Lycksele (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, le ciel est clair. Il y a des nuages, mais le soleil est présent. Le vent aussi, qui n'a pas faibli depuis hier. Toujours du nord et toujours bien froid. Comme je n'ai pas la tente à démonter, je suis vite prêt et je reprends ma route de bonne heure. Le ton est donné dès le départ : ça monte. Et plus qu'hier. Quand on regarde la carte, ma route coupe de nombreuses rivières qui vont toutes vers l'est, vers la mer Baltique. Chaque rivière est un point plus ou moins bas, ce qui veut dire qu'avant ça descend et qu'après ça monte. Et ça va durer comme ça toute la journée avec une tendance globale à monter le matin et à descendre l'après-midi.
Juste à la sortie de Siksjö, un tout petit village, un groupe d'une quinzaine de rennes traverse la route devant moi. Ils m'aperçoivent mais ne me sentent pas car je suis sous le vent. J'ai juste le temps d'ôter les gants et d’attraper l'appareil photo pour prendre les trois derniers. Je n'ai pas eu le temps d'actionner le zoom. Les Allemands d'hier soir discutaient avec le patron du camping pour tenter d'en prendre en photo. Ils auraient du venir avec moi.
Juste avant Lillögda, je traverse la rivière Lögde. Il y a un bon débit. Une aire de repos a été aménagée juste au bord. C'est l'occasion pour moi de faire la pause méridienne. L'aire est très bien aménagée. Il y a une table et des bancs, deux barbecues avec du bois coupé et les grilles pour cuisiner et, un peu plus loin, en suivant un sentier dans la forêt, on trouve des toilettes aménagées d'une manière exceptionnelle. Il y a un tapis pour les pieds, plusieurs rouleaux de papier toilette, un poème illustré affiché sur le mur, un stylo et des bloc-notes suspendus par une ficelle, dont un où il y a déjà des commentaires d'utilisateurs, un livre, en suédois bien sûr, pendu lui aussi par une ficelle, tout un tas de dessins très jolis affichés sur les murs et, bien entendu, les éternels graffitis que l'on trouve partout en pareil lieu.
Après Lillögda, il y a une grande côte, puis la tendance générale s'inverse. Les pentes sont plus faibles, à part à quelques endroits où les montées sont bien prononcées, et surtout il y a quelques bonnes descentes où le vent du nord est plus fort que moi et me freine lamentablement. Dans l'après-midi, le ciel, qui s'était largement couvert en début de matinée, s'éclaircit de plus en plus. On a même l'impression que plus au nord il n'y a aucun nuage. C'est probablement le retour au beau temps annoncé par la météo pour le week-end à venir.
Finalement, j'arrive à Lycksele juste après 16 h. Je me rends au bureau du tourisme où on m'aiguille sur la bibliothèque pour l'accès à internet. Les ports USB des micros sont verrouillés et je ne peux pas mettre le site à jour. Par contre, je peux répondre aux messages. La mise à jour attendra. En quittant la bibliothèque, je vais faire des courses au supermarché que j'avais repéré en passant, puis je me rends au camping, à la sortie de la ville dans la direction que je dois prendre demain. Comme tous les campings scandinaves, il est très bien équipé avec cuisine, laverie et le nécessaire habituel. La douche est la bienvenue.
J'ai parcouru 89,3 km avec 871 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 3942 km avec 23381 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Lycksele (S) - Glommersträsk (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, il fait tout gris. La tente est bien sèche. Le vent s'est calmé un peu et il fait bien moins froid qu'hier. Avant de partir, je passe de l'huile sur la transmission du tricycle. Quand je pars, je sens quelques gouttes, mais comme il fait bon, je ne mets pas l'anorak. Au bout de 10 km, un nuage noir commence à lâcher son contenu. Je m'habille pour la pluie. Elle ne tombe pas très fort, mais la route est très vite mouillée. Il va pleuvoir ainsi par intermittence une bonne partie de la matinée. Ensuite, le ciel s'éclaircit un peu et vers midi, le vent se lève aussi fort et aussi froid qu'hier, et bien sûr, de face.
Je passe plusieurs petits villages avec des lacs ou des torrents qui dévalent vers la mer. Comme hier, je vois un groupe de rennes traverser la route devant moi. Ceux-ci sont moins farouches. Ils sont marqués et doivent être en semi liberté. Ils n'ont pas peur de moi et c'est à peine s'ils bougent lorsqu'une voiture arrivant en face passe à côté d'eux.
Juste avant le carrefour de la route qui mène à Rusksele, il y a une grande aire de repos dont une partie est noyée par les eaux du fleuve voisin qui a débordé. Je m'y arrête le temps d'une pause. Un homme qui descend de voiture m'interroge sur mon vélo. Il me demande si j'ai vu beaucoup d'animaux. Je lui réponds que je n'ai pas vu d'ours. Il me dit qu'il en a vu 7 seulement alors qu'il a toujours vécu dans la région. Au camping d'Asele, il y a un poster affiché au mur tiré d'une photo prise par un habitué du camping. On y voit une ourse qui traverse la route, suivie de ses trois oursons. C'est une image exceptionnelle car il est rare qu'ils aient plus de deux oursons et ils ne sont pas nombreux dans la région. En tout cas, je n'en ai pas vu.
Toute l'après-midi, je lutte contre le vent de face qui forcit dès que j'atteins le haut d'une montée. La couche nuageuse se désagrège peu à peu, mais le vent ne faiblit pas. La fin d'après-midi sera malgré tout bien ensoleillée, ce qui réchauffe un peu l'atmosphère. J'étais prêt à aller jusqu'à la ville de Glommerstrask, ce qui aurait fait une étape de près de 120 km, si j'étais certain d'y trouver un camping, mais un plan de la région affiché sur une aire de repos m'en dissuade. Il n'y a pas de camping avant Arvidsjaur. Finalement, je plante la tente dans la forêt à quelques kilomètres avant Glommersträsk.
J'ai parcouru 107,1 km avec 1075 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 4049 km avec 24456 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Glommersträsk (S) - Älvsbyn (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
J'ai été réveillé vers 1h30 du matin par une voiture qui passait sur la route. J'ai jeté un coup d’œil dehors. Le soleil embrasait l'horizon à l'Est. Dans la tente, j'avais moins de 6°C. Quand je me suis réveillé, le ciel était uniformément gris. Le soleil, déjà haut, faisait un halo blanc dans la grisaille. Le vent s'était calmé, mais une légère brise de nord subsistait encore. La tente était très sèche et j'ai vite levé le camp.
La route monte doucement. Il y a aussi quelques descentes peu pentues. Globalement, je suis sur un plateau, en haut des montagnes. La route suit les ondulations du relief, mais il n'y a pas de dénivellation. Un renne solitaire est en train de brouter sur le bas côté lorsqu'une voiture passe devant lui. Il ne bronche pas. Par contre, quand j'approche, il me regarde attentivement puis prend la fuite dans les sous-bois. Un peu plus loin, près d'une maison, il y a un enclos avec trois autruches qui se cachent à mon approche. Je ne peux même pas faire une photo car elles ont disparu derrière une palissade. Je ne pensais pas qu'on pouvait acclimater ces animaux sous cette latitude. Cela doit être un peu compliqué à gérer en hiver.
Les kilomètres défilent les uns après les autres. Comme il fait froid, rouler est la meilleure solution pour ne pas se geler. Les pauses, environ toutes les heures, sont réduites à 5 mn. Vu le peu de pente de la route, le rythme est assez soutenu.
À 11h30, j'arrive à Arvidjaur. Le bureau du tourisme est fermé. Je me contente de compléter mes courses au supermarché, puis je reprends ma route qui serpente entre lacs et forêts. Tout le plateau est imbibé d'eau. C'est un véritable réservoir pour les vallées et pour la côte.
L'après-midi, je vois un couple de cygnes sur un lac près de la route. Quand je m'approche, ils s'envolent et se posent un peu plus loin sur l'eau, puis ils s'envolent de nouveau et volent très haut jusque de l'autre côté de la route, avant de revenir à leur point de départ après mon passage. Je verrai un autre couple un peu plus loin sur un autre lac.
Dans le milieu d'après-midi, je croise un jeune cycliste qui monte en sens inverse. Il traverse la route et vient à ma rencontre. Il y avait longtemps que je n'avais pas croisé de cycliste hormis les anciens qui utilisent le vélo comme moyen habituel de déplacement. Lui vient de Pitea, sur la côte de la mer Baltique. Nous discutons 5 mn puis nous repartons chacun dans notre sens. Quelques minutes plus tard, alors que je me suis arrêté sur un parking au bord de la route et que je croque une pomme, une voiture arrive en sens inverse, ralentit, traverse la route et se gare devant mon tricycle. Le chauffeur arrête le moteur. Ce sont deux Suédois septuagénaires qui ne parlent pas un mot d'anglais. On arrive à se comprendre par gestes. Elle descend de la voiture pour examiner la peinture à l'arrière de ma remorque. Ils repartent avant que j'ai fini ma pause.
Au cours de la journée, les nuages m'ont gratifié de quelques gouttes à plusieurs reprises. Le soleil, quant à lui, a fait de rares apparitions l'après-midi. Vers 17 h, j'ai déjà parcouru une centaine de kilomètres. J'arrive au bout du plateau et la route se met à descendre. Je maintiens une vitesse élevée pendant très longtemps. J'avais fait le plein d'eau dans un lac en pensant que j'allais bivouaquer dans la forêt ce soir, mais finalement, vu le relief, il devient envisageable d'aller jusqu'à Älvsbyn où je peux trouver un camping. En fait, il y en a deux. J'arrive au premier vers 19 h. Tout est fermé, il n'y a personne. L'autre est de l'autre côté de la ville. Le temps que je le rejoigne, j'ai droit à quelques gouttes de pluie. Finalement, j'arrive au camping au bout d'une demi-heure. Il est tout petit et domine le fleuve qui se jette dans la Baltique à Pitea. Il n'y a personne à l'accueil. Heureusement, un couple de Suédois qui campe dans une caravane vient à mon secours, car il faut une clé pour entrer dans les locaux. Ils se font l'intermédiaire du patron par téléphone, me donnent une clé et je peux m'installer régulièrement.
J'ai parcouru 133,3 km avec 887 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 4183 km avec 25343 m de dénivelé depuis le départ. Une partie du parcours m'a fait descendre de la montagne. Il faudra bien pourtant remonter sur le plateau finlandais dans quelques jours.
Le parcours
Älvsbyn (S) - Niemisel (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Le ciel est bien couvert lorsque je me lève, mais il n'y a pas de vent. Avant de partir, je récupère le linge que j'ai lavé hier soir et qui a séché pendant la nuit dans la cuisine chauffée du camping. Le temps mérite qu'on se couvre. Même s'il n'y a pas de vent, l'air est froid. C'est dimanche, il n'y a personne sur la route qui n'était déjà pas fréquentée hier. Après quelques kilomètres de descente, je prends sur la gauche la route qui mène à Boden et qui recommence à monter. La pente est faible et je peux garder une bonne allure. Le paysage est plus varié. Il y a des zones cultivées et des prairies avec des chevaux. Cela ne dure pas longtemps. Dès qu'on monte, la forêt reprend le dessus. Il y a de jolis lacs et, comme on est assez bas en altitude, dès qu'il y a un lac, il y a des maisons.
Je m'arrête déjeuner juste après Vändträsk sur une entrée de chemin forestier. Depuis 10 h, la brise s'est levée. Elle vient du Nord-Ouest et je ne l'ai pas en face. À partir de midi, les nuages laissent un peu de place au soleil. J'en profite pour faire une petite sieste d'un quart d'heure sur mon fauteuil à roulettes que j'ai mis à l'abri du vent.
Je reprends la route et en peu de temps, je suis à Boden. C'est une ville de taille moyenne que je dois traverser entièrement. Finalement, ça se passe bien et je suis de l'autre côté en moins de trois quarts d'heure. Je crois que j'ai abandonné la piste cyclable au bon moment sinon, j'aurais certainement du rechercher mon chemin. Après la ville, je retrouve la route telle que je l'avais avant. Très peu de circulation, pas de poids lourds.
Un peu avant Niemisel, un renne mâle avec de très belles cornes est en train de paître dans le fossé alors que j'arrive. Tout d'abord, il ne semble pas effrayé, puis il traverse et s'enfonce dans les bois de l'autre côté. Je me suis arrêté pour ne pas l'effrayer, mais je n'ai pas le temps de préparer l'appareil photo qu'il est déjà parti. Dommage.
Après Niemisel, la route se met à monter. D'abord doucement, puis de façon plus marquée. J'adapte le rythme et je prends mon mal en patience. Je fais une pause à mi-hauteur. Le soleil a bien réchauffé l'atmosphère et il fait bien meilleur. Les moustiques s'en sont aperçus, car ils sont de sortie. Il faudra s'armer de citronnelle ce soir. Arrivé en haut, je cherche un coin pour la nuit. Je plante la tente sur un lit de myrtilles en fleurs dans un bois de sapins. Il n'y a pas de moustiques car le coin est sec. Tant mieux.
J'ai parcouru 90,4 km avec 556 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 4273 km avec 25899 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Niemisel (S) - Jockfall (S) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, le ciel est tout bleu et il commence à faire chaud lorsque je me lève. Toutefois, la brise venue du Nord rafraîchit dès qu'on n'est pas à l'abri. Sous les arbres, la tente est toute sèche et j'ai plié le camp en un temps record. La route monte et descend au gré des collines. Il n'y a pas de circulation. Vers 10 h, le temps se couvre, mais sans menace de pluie.
J'arrive à Morjärv avant 10 h. Je m'arrête au supermarché juste à l'entrée de la ville pour faire des courses. La bibliothèque est juste à côté, dans le même bâtiment. Cependant, elle n'ouvre qu'à midi. Je décide de ne pas attendre car j'espère avoir une connexion à Overkalix qui, d'après ma carte est une ville de même importance.
Je reprends ma route sous le soleil qui joue à cache cache avec les nuages. C'est une route plus importante jusqu'à Overkalix, mais la circulation reste quand même peu dense. Finalement, avant midi, ce sont les nuages qui gagnent. Je m'arrête un peu avant Overkalix pour déjeuner. Lorsque je repars, le vent m'a complètement gelé. Je rajoute une couche de vêtements pour me remettre. Là, se trouve le confluent entre le fleuve Ängesan que je suis en remontant depuis un moment et la rivière Kalix, que je vais remonter ensuite. Il y a de l'eau partout, on se croirait au milieu d'un lac, sauf que là, il y a du débit.
À Overkalix, je me rends au bureau du tourisme qui a un ordinateur à disposition. Ils ont également une zone wifi. C'est très bien organisé et gratuit. Je peux mettre à jour le site et répondre aux messages. Lorsque je sors du bâtiment, il fait grand beau temps. Le soleil chauffe. Je fais quelques kilomètres pour sortir de la ville et je passe à la tenue légère, short et polaire légère (on n'en est pas encore au tee-shirt). La route suit en remontant la rivière Kalix qui présente un bon débit. Il y a malgré tout pas mal de pente et peu à peu, on monte.
Juste avant 17 h, j'arrive au passage du cercle polaire arctique. Il y a un panneau. Au moment où je vais faire une photo, une voiture arrivant en face s'arrête juste à hauteur du tricycle. C'est un retraité qui parle à moitié suédois, à moitié anglais, avec de temps en temps un mot en russe. Bien entendu, on sympathise vite. D'autant que je lui sors quelques mots en russe moi aussi, ce qui a tôt fait de créer des liens. Il me dit que quelques kilomètres plus haut il y a un camping qui est ouvert à un endroit où la Kalix fait une chute brutale de 8 m. Voilà qui correspond exactement à ce qu'il me faut pour ce soir. Je lui dis que je vais y aller et il me répond qu'il me rejoindra là bas ce soir.
Une demi-heure plus tard, j'arrive au camping. Des ouvriers s'affairent au bulldozer autour du restaurant en construction. Il n'y a personne pour m'accueillir. J'installe ma tente. L'accès aux sanitaires est ouvert et il y a de l'eau chaude à volonté. Au moment où je compte aller à la douche, le retraité arrive. Il me souhaite la bienvenue en russe. Il va voir les gens du camping et revient en me disant que pour moi c'est gratuit. Voilà un accueil qui me plaît bien. Après la douche, je vais faire des photos de la chute qui est impressionnante. Le débit est très important et les embruns montent jusque sur le pont qui passe au-dessus. Il y a un bruit de fond permanent. Voilà qui ne m'empêchera pas de dormir.
J'ai parcouru 96,9 km avec 736 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 4370 km avec 26635 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Jockfall (S) - Kolari (FIN) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, le vent secoue la tente comme hier soir. Il n'a pas baissé et il vient toujours du Nord. C'est-à-dire toujours aussi froid. Par contre, il y a un beau ciel bleu sans un seul nuage. Peut-être que, pour le premier jour de juin, on va avoir enfin un temps bien meilleur. La tente est bien sèche et j'ai plié en un clin d’œil.
Je reprends la route qui m'a amené au camping hier soir. En effet, il faut revenir 5 km en arrière pour retrouver la route qui mène vers le Nord. Avec le vent dans le dos, c'est du gâteau. Ensuite, je retrouve le vent de face et en plus, ça monte. Heureusement, ça ne dure pas et la route est globalement plutôt plate, avec des faux plats montants ou descendants et de temps en temps quelques côtes plus marquées.
Les kilomètres défilent sans que je m'en rende compte. Comme il y a peu de pente, la vitesse moyenne est assez importante. Très vite, je mets le short, mais l'air reste très froid. J'ai même du remettre les gants en polaire à un moment donné de la matinée.
Je m'arrête déjeuner sur l'aire de repos de Korpilombolo. Elle est juste au bord d'un lac et c'est bien agréable d'avoir de l'eau à côté. Par contre, je n'ai pas vu le village que ma carte situe à l'écart, à gauche de la route. Il y a un supermarché, mais je n'ai pas de courses à faire. Lorsque je repars, je suis complètement gelé par le vent qui refroidit insidieusement quand on ne pédale pas. Heureusement, le ciel reste très bleu avec juste quelques petits nuages blancs pour agrémenter le décor. Dans l'après-midi, la température monte un peu grâce à l'effet du soleil.
J'arrive devant le bureau du tourisme de Pajala à 15h45, tout content d'être arrivé avant la fermeture annoncée à 16 h. Manque de chance, il y a un petit mot disant que le 1er juin, le bureau ferme à 15 h. J'interroge un passant qui me dit qu'il est possible d'accéder à internet à l'hôtel situé à côté. Je me rends à l'hôtel où on me dit que seul l'accès wifi est possible.
Un peu dépité, je reprends ma route vers la Finlande. Je ne suis qu'à 24 km de la frontière et, même si j'ai déjà fait beaucoup de kilomètres aujourd'hui, il n'est pas tard et je ne suis pas fatigué. Il est donc envisageable de passer en Finlande ce soir. À 18h30, je passe le pont sur le fleuve Muonio qui fait la frontière entre la Suède et la Finlande. Passé le poste frontière, on arrive tout de suite à Kolari. C'est une ville très semblable aux villes suédoises de la région, avec de jolies maisons en bois.
Par contre, il n'y a pas de camping. À la sortie de la ville, je vois une enseigne qui affiche tout un tas de choses dont le sigle des campings, mais ils ne font que la location de maisonnettes. Tant pis. Je trouve un emplacement au bout d'un chemin dans la forêt près de plusieurs tas de bois coupé, sur la route qui mène à Muonio que je dois suivre demain. Je suis accueilli par les moustiques que le soleil a réveillés. Il y a aussi beaucoup de traces de la présence des rennes, présence qui est d'ailleurs signalée sur la route.
J'ai parcouru 119,4 km avec 756 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 4489 km avec 27391 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Kolari (FIN) - Palojoensuu (FIN) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Je me suis réveillé vers 2h30 du matin. Le soleil faisait un beau disque rouge à l'horizon, visible à travers la lisière des arbres. Ce matin, c'est un ciel tout bleu. Pas un nuage. La journée s'annonce belle et il ne fait pas froid. Et, grande nouveauté, le vent à tourné au Sud, ce qui veut dire que je l'aurai dans le dos. Voilà une bonne nouvelle. Je me suis levé tôt et j'ai plié en un clin d’œil.
La route défile vite. Il n'y a pas de circulation bien que se soit un grand axe. Le relief est très modéré, globalement ça monte puisque je remonte le cours du fleuve Muonio, mais les pentes sont très faibles, ce qui permet de garder un bon rythme. Juste à l'entrée de Tapojärvi, un lièvre arctique vient se poster au bord de la route juste au moment où j'arrive. Je suis à grande vitesse car la route descend. Il m'observe un moment. Le temps que je m'arrête et que j'attrape l'appareil photo, en trois bonds, il est retourné dans les fourrés. Dommage. Un peu plus loin, il y a un groupe de rennes qui paissent tranquillement dans une prairie. J'ai le temps de m'arrêter et de faire une photo. Ils ne font aucun cas de moi. Après une courte observation, ils retournent à leur garde manger.
Vers midi, je m'arrête à l'aire de repos avant Muonio. Le fleuve est tout près. Il roule ses eaux tranquillement. J'arrive à Muonio peu après. Je m'arrête faire le plein de courses au supermarché car je vais être plusieurs jours sans possibilité de ravitaillement. Je peux même y écouler mes couronnes suédoises restantes car ils prennent les deux monnaies (ici, je suis revenu au pays de l'euro). Ensuite, je me rends à la bibliothèque pour mettre à jour le site et répondre aux messages. Simon est en ligne et on peut faire un peut de chat avant que j'abandonne le poste.
Au moment où je sors de la bibliothèque, je suis interpellé par une jeune dame qui me dit être la correspondante du journal local et qui demande une interview. Je lui accorde bien volontiers et j'ai droit à une séance photo sur le tricycle. Demain je serai dans le journal. Elle m'a dit qu'elle m'en enverra un exemplaire.
Il est 15 h quand je quitte la ville. Je reprends la route qui monte vers le Nord. Il y a encore moins de circulation dans l'après-midi. Le ciel, qui s'était un peu couvert en fin de matinée, est redevenu tout bleu. Le soleil chauffe bien et je roule en tee-shirt. Les kilomètres défilent. J'ai dépassé les 100 km depuis ce matin dès 17 h. Comme je ne suis pas fatigué, je continue, d'autant qu'il n'y a pas de camping en vue. Je me suis organisé pour bivouaquer ce soir et un ou deux des jours suivants. La prochaine grande ville, c'est Elvebakken, en Norvège.
5 km avant Palojoensuu, la ville où je dois changer de route pour obliquer vers la droite, je vois un panneau camping à 5 km. Je me dis qu'il doit y avoir un camping dans ce petit village. Hélas, c'est simplement pour annoncer qu'il y a un camping à 29 km en prenant la route à droite au village. Tant pis, j'avais prévu de dormir dans la forêt ce soir. C'est très facile, il y a des coins pour camper partout. Après la sortie de la ville, je plante la tente sous les sapins. Le ciel s'est subitement couvert de gros nuages, mais la pluie ne menace pas. On verra bien demain.
J'ai parcouru 119,6 km avec 461 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 4609 km avec 27852 m de dénivelé depuis le départ.
Norvège
Palojoensuu (FIN) → Midttun (N)
Du 3 au 13 juin 2010 · 11 jours · 173 photos
Le parcours
Palojoensuu (FIN) - Masi (N) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, il fait gris. Il a plu un peu dans la nuit, puis ça s'est calmé. Avec le vent du sud, la tente est sèche et je plie vite. Après quelques kilomètres, je trouve une aire d'observation des oiseaux très bien aménagée. Si je l'avais su avant, j'aurais poussé jusque là hier soir. Il y a un grand abri en bois où j'aurai pu monter la tente, du bois pour le feu, une réserve d'eau et un seau, un observatoire pour les oiseaux, les explications en finlandais, et des toilettes. Que demander de plus ?
Je poursuis ma route et sur une aire de repos, je vois un kayak arborant le logo d'un constructeur français bien connu, attaché sur une remorque attelée à un fourgon aménagé. Je m'arrête et tape à la porte du fourgon qui est immatriculé dans le Pas de Calais. Je réveille Laurent Jeandel qui est en route pour le Cap Nord. Il va réaliser un parcours en kayak de mer du Cap Nord à Bødø, en Norvège. Tout de suite, le courant passe entre nous. On a plein de connaissances en commun. On prend le temps de discuter autour d'un thé, de faire des photos, puis je reprends ma route. Il me doublera deux fois dans la matinée.
Un peu plus loin, je croise un cycliste chargé qui arrive d'Alta, en Norvège. Il est Autrichien et revient du Cap Nord. Nous échangeons quelques mots puis nous repartons chacun dans notre sens.
Après quelques kilomètres, je suis doublé par un camping car immatriculé en France. Je fais des signes, mais il ne s'arrête pas. Quelques kilomètres plus loin, il est garé au bord de la route avec un autre camping car et je suis sous le feu des appareils photos. Je m'arrête. C'est l'équipe d'accompagnement de Serge Girard qui est en train de faire le tour de l'Union Européenne en courant. C'est un projet d'un an et de 25000 km sans un seul jour de repos ! Serge arrive quelques minutes après et nous pouvons discuter un peu. Je reprends ma route sous la pluie qui commence à tomber.
Je passe la frontière en fin de matinée sous une petite pluie fine. Je suis en Norvège. Le paysage est devenu plus désolé, avec des arbres rabougris qui n'ont pas encore de feuilles et des troncs noirs. C'est assez triste. Pour tout arranger, la pluie se met à tomber plus fort. Heureusement, j'ai le vent dans le dos. La pause méridienne est expédiée rapidement car le vent et la pluie me refroidissent et je suis mieux quand je roule.
L'après-midi se poursuit sous la pluie. J'avale des kilomètres car il y a peu de pente et j'ai le vent dans le dos. Les pauses sont réduites au minimum. A un moment, une voiture me suit quelque temps, puis elle se met à ma hauteur. Je regarde et je vois pointer un appareil photo puis une jeune dame qui me fait des signes d'encouragement. Ce sont des Italiens qui poursuivent ensuite leur route. Finalement, vers 18h30, le vent tourne au nord et la pluie se renforce. Je décide d'arrêter pour aujourd'hui. Je trouve un emplacement à l'écart de la route mais bien venté. Je monte la tente sous la pluie et me mets bien vite à l'abri. Une fois changé, je cuisine sous la tente et me mets au chaud dans le sac de couchage qui est le bienvenu. La pluie va bercer mon sommeil.
J'ai parcouru 148,4 km avec 788 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 4861 km avec 28640 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Masi (N) - Kronstad (N) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Il a plu une bonne partie de la nuit et le vent du nord a bien secoué la tente. Heureusement, ça ne m'a pas empêché de dormir. Il ne pleut plus quand je me lève et la tente a séché. Par contre, il fait très froid et le ciel est bien couvert. Je reprends ma route face au vent qui va tout faire pour me retenir. Toute la journée, je vais batailler ferme pour avancer. Le matin, je grimpe quelques côtes, mais elles ne sont pas très fortes. Je suis encore sur le plateau. Le paysage est triste à mourir. Les arbres sont rabougris avec des troncs noirs et sans feuilles.
En fin de matinée, le ciel se dégage un peu et le soleil fait une timide apparition derrière un halo blanc. Je croise un cycliste randonneur qui tire une petite remorque à deux roues alors que je suis en train de grimper une côte assez raide. Je lui fais signe, mais il ne daigne même pas s'arrêter alors qu'il a le vent dans le dos et qu'il est en descente. C'est bien dommage, j'aurai bien aimé discuter un peu.
Dès qu'on s'arrête, le vent vous glace entièrement. J'ai les pieds gelés toute la journée car mes chaussures sont mouillées de la pluie d'hier. Il n'est quasiment pas possible de trouver un coin abrité. Je réduis les pauses au minimum, mais il faut bien s'arrêter de temps en temps. Après, il me faut un bon quart d'heure pour me réchauffer.
Finalement, en début d'après-midi, j’atteins le bout du plateau. Maintenant, c'est la montagne. Je l'aborde par le haut, mais il y a tout de même de bons dénivelés en descente et en montée. Au bout de quelque temps, j'arrive en haut d'une vallée qui est remplie par une retenue d'eau. La route monte et descend en suivant le bord de l'eau. De chaque côté, la montagne se resserre. Le vent du nord s'engouffre dans ce couloir et m'empêche d'avancer. C'est de plus en plus dur. Heureusement, au bout de quelques kilomètres, la vallée devient sinueuse et il y a des moments de répit. Par contre, il y fait très froid et il y a de plus en plus de neige sur les versants.
Et puis j'arrive à la zone où la rivière plate se transforme en torrent. La route devient très pentue et j'amorce la descente vers la mer du Nord. Un panneau annonce une pente de 8%. J'arrive à descendre assez vite contre le vent qui perd peu à peu de sa fougue. À mi-pente, il y a un ouvrier qui a mis une voiture en travers. Par signes, il me signale qu'il faut attendre. Ils ont fait sauter un rocher au-dessus et ils sont en train de déblayer. J'en profite pour faire quelques photos, puis il libère la file d'attente qui n'est pas très longue.
La suite de la vallée est très jolie. C'est très encaissé et la rivière descend entre les blocs. La route a tout juste sa place entre la falaise et la rivière. Je pense à ceux que j'ai croisés et qui ont monté ça en vélo. Il y a des moments ça doit être très dur car la pente est bien raide. Finalement, la vallée s'ouvre. C'est le moment choisi par un nuage noir pour déverser quelques gouttes. Heureusement, il est rappelé à l'ordre par le vent du nord qui l'envoie pleurer ailleurs. J'essuierai ainsi plusieurs averses avant d'arriver à Alta.
Une fois sorti de la vallée, je découvre un paysage plus agréable. C'est plus habité, les grands arbres ont des feuilles et les prairies sont vertes, c'est beaucoup plus riant. En plus, il fait un peu moins froid. On se sent tout de suite beaucoup mieux. À Alta, je rejoins le bord de mer. Le vent est toujours là et le soleil alterne avec les averses, heureusement courtes. Je me rends au bureau du tourisme où je suis très bien accueilli. Ils ont un ordinateur à disposition. Je commence la mise à jour du site et les réponses aux messages, mais je dois m'interrompre car le bureau ferme à 18 h. Je passe retirer des couronnes norvégiennes au distributeur de monnaie et je me rends à Kronstad, 6 km plus loin, où je m'installe au camping. Demain matin, je retournerai à Alta finir mon travail.
J'ai parcouru 94,2 km avec 613 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 4852 km avec 29253 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Kronstad (N) - Skaidi (N) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, il tombe quelques gouttes par intermittence. Je prépare tout, et je resserre l'attelage de la remorque. Ensuite, je laisse la remorque au camping pour retourner à Alta, à 6 km de là, afin de terminer les actions sur internet. Manque de chance, le serveur du site AS3R n'est pas accessible et je ne peux pas finir la mise à jour. J'envoie quelques messages, puis je retourne au camping.
Finalement, il est plus de 10h30 lorsque je reprends la route. Je suis vite sorti de la ville puis je longe la baie d'Alta. Au bout de quelques kilomètres, un panneau annonce la couleur : montée à 7% sur 5 km. C'est une valeur moyenne. Il y a des tronçons à plus de 10% et d'autres à moins de 5%. La météo aussi s'en mèle : il grêle. Cela ne dure pas, mais il fait bien froid. L'avantage de la montée, c'est que les parois abritent du vent. En moins d'une heure je suis en haut et je le retrouve, toujours du Nord, en face.
Heureusement, la vallée n'est pas finie et comme elle est un peu sinueuse, les parois forment un écran. Après la première montée, j'arrive à un lac d'où coule la rivière. Puis ça monte encore. Il y a un col à passer. En haut, j'arrive sur le plateau. Il y a des plaques de neige partout et pour tout arranger, il se met à neiger. Une neige sèche qui ne colle pas. L'avantage c'est que je ne suis pas mouillé. En haut, je retrouve le vent du Nord. Au début, il n'est pas trop gênant car la route est plutôt orientée au Nord-Est, mais dans l'après midi, je l'ai carrément en face. Les rafales me freinent énormément. En plus, le plateau n'est pas plat. Il y a encore quelques côtes.
Tout le monde me fait des signes d'encouragement. C'est très motivant, mais ça n'enlève pas le vent. Finalement, j'arrive au bout du plateau. Les montagnes enneigées réapparaissent et je descend dans une vallée en suivant une rivière. Il reste malgré tout quelques montées. En approchant du bas, il y a davantage d'habitations. La plupart sont occupées car on est samedi et les Norvégiens en week-end sont montés à la montagne. Bien fatigué, j'arrive à Skaidi. Ce sont juste quelques bâtiments autour d'un carrefour balayé par une neige fine qui tombe à l'horizontale. Il fait toujours aussi froid. Je m'installe sur un coin du camping privé avec l'autorisation du propriétaire. Dans les sanitaires, seules les toilettes sont ouvertes. La cuisine et les douches ne sont pas en service. Dommage.
Alors que je suis en train de ranger la tente, j'entends des gens qui parlent français. Je vois un camping car immatriculé en Haute-Savoie qui s'est arrêté près du camping. Les deux jeunes propriétaires m'invitent à prendre le thé et nous discutons un moment. C'est très agréable. Ils vont au Cap Nord, eux-aussi et ils ont prévu de redescendre par la Norvège car ils sont venus comme moi, par la Suède. Le thermomètre extérieur indique 4°C. Il neige par intermittence et une ou deux fois, on a vu le ciel bleu, mais ça ne dure pas. En les remerciant, je retourne cuisiner dans la tente pour la réchauffer un peu.
J'ai parcouru 79 km avec 993 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 4931 km avec 30246 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Skaidi (N) - Honningsvåg (N) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Il fait toujours aussi froid et le vent souffle comme jamais encore ce matin. Je mets un temps fou à tout ranger, puis je pars sous la neige qui tombe. Au début, j'ai le vent dans le dos et c'est tant mieux car ça monte plutôt raide. Il y a un col et un plateau à passer avant de redescendre vers la mer. Je suis encore en train de monter lorsqu'une voiture immatriculée en Finlande s'arrête à ma hauteur. La vitre du conducteur se baisse et nous échangeons quelques mots avec ces retraités épatés par ma provenance. Nous repartons chacun dans notre sens après qu'ils m'aient prodigué moult encouragements. Le plateau est similaire à celui passé hier et il neige.
Au bout du plateau, s'amorce une belle descente pour rejoindre la mer à Olderfjord. J'y bats mon record de vitesse en dépassant 68 km/h. Il faut dire qu'il y a une belle pente, que c'est très long et que le revêtement est bien lisse. Autant dire les conditions idéales pour aller vite. Ensuite la route suit le bord de mer et c'est bien plus agréable. D'abord il y a un peu plus de verdure et puis les petits villages de pêcheurs avec des bateaux amarrés, survolés par les oiseaux de mer, donnent un peu de vie au paysage. Par contre, comme je suis descendu, la neige s'est transformée en pluie et ça c'est nettement moins agréable.
Un peu plus loin, une voiture arrivant en sens inverse se gare et la vitre se baisse à mon approche. Je me gare à gauche à côté. C'est un jeune Norvégien avec deux enfants à l'arrière qui est épaté par mon parcours. Il me dit à plusieurs reprises : « vous devez être bien courageux ! ». Il me prodigue ses encouragements puis nous repartons.
Je fais la pause déjeuner à l'abri relatif d'une boutique de souvenirs qui est fermée. Le perron protège de la pluie, mais pas complètement du vent du nord déchaîné. Autant dire que le repas est vite expédié. Je suis content qu'ensuite la route monte un peu pour me réchauffer plus vite.
Quelques kilomètres plus loin, j'aperçois une remorque à vélo sur une aire de repos. Il y a un vélo accroché devant, couché par terre. A côté, je vois deux autres vélos. Sur la remorque, il est écrit : « France Finland Norway ». Je me dis que ce sont probablement des Français. En levant les yeux, je vois une cabane hexagonale qui n'a pas de porte. Je me dis que ceux que je cherche sont sûrement réfugiés là-bas. J'escalade la colline et effectivement je trouve Hugo, Martin, Yoann et le chien Sasha, un husky, réfugiés à l'abri du vent. Je discute une bonne heure avec ces étudiants en vacances, ce qui me permet de me réchauffer un peu. Ils sont partis d'Helsinki, vont comme moi au Cap Nord et prévoient de redescendre la Norvège à vélo. Le chien voyage dans la remorque pour ne pas s’abîmer les pattes sur la route. Ils ont prévu de le faire tirer dans les côtes bien pentues de Norvège. Ils me disent qu'une amélioration du temps est prévue et qu'ils ne sont pas pressés de repartir. Pour ma part, je vise de passer ce soir le tunnel du Cap Nord pour aller au camping d'Honningsvåg, alors je pars sans les attendre.
Je reprends la route et la pluie se calme un peu. Le temps reste toutefois très couvert et le vent ne faiblit pas. Je suis la côte, parfois protégé par les falaises, parfois luttant contre le vent de face selon l'orientation des criques. Puis je trouve un tunnel. Comme il s'est remis un peu à pleuvoir, c'est une aubaine. Dans le tunnel, pas de pluie et pas de vent. En plus, comme il y a peu de circulation, ce n'est pas du tout stressant et l'air est respirable. Ce premier tunnel fait plus de 4 km, la moitié en montée lente, l'autre moitié en descente. Au moment où je sors, il y a un camping-car immatriculé en Tarn et Garonne qui entre. Je leur fais des signes, mais ils ne s'arrêtent pas. Je croiserai plus tard de nombreux camping-cars français, mais aucun ne s'intéressera à moi.
Je passe un second tunnel bien plus petit que le précédent. La route finit par quitter la côte et amorcer une grande montée. Alors que je monte, les Savoyards d'hier soir me croisent. Ils s'arrêtent à ma hauteur pour prendre de mes nouvelles. Ils pensaient que je ne serais pas reparti ce matin avec le temps qu'il faisait. Ils me disent que le tunnel qui passe sous l'eau pour mener à l'île du cap Nord a une pente de 12% et ils se demandent comment je vais monter ça. Je leur réponds que j'en ai déjà monté d'autres aussi dures et qu'il suffit de prendre son mal en patience. Ils me souhaitent bonne chance et repartent.
Finalement, quelques kilomètres plus loin, j'arrive au fameux tunnel. Il fait 6,8 km de longueur. La descente est très rapide et je freine tout le long pour ne pas m'emballer. Un record de vitesse par jour suffit et, bien que ce soit éclairé, la lumière n'est pas suffisante pour prendre un tel risque, d'autant que le revêtement n'est pas des meilleurs. Arrivé en bas, ça remonte d'abord doucement. En fait, les 12% ne sont que sur les deux derniers kilomètres. Ce n'est pas difficile, il faut être patient et ne pas chercher à monter trop vite. Par contre, je suis couvert pour l'extérieur et j'ai vite très chaud. Je retire tout ce que je peux en roulant. Je vois la vapeur d'eau monter au-dessus de ma tête. J'arrive en haut complètement bouillant et en nage. J'appréhende un peu le retour en plein vent. Je suis accueilli par la pluie. Je m'empresse de me recouvrir et ça se passe plutôt bien. Je fais la queue au péage en sortie et le caissier me dit que pour moi c'est gratuit. Je l'avais lu sur internet, mais il faut passer par la caisse pour qu'ils ouvrent la barrière de sortie.
Ensuite, je prends la route du Cap Nord, qui passe par Honningsvåg. Il y a encore trois tunnels, dont le dernier, de 4 km, débouche sur la ville. Le plan situé sur l'aire de repos avant la ville indique un camping près du centre. J'y vais mais je ne voit rien. J'interroge un homme qui rentre chez lui qui me dit qu'il n'y a pas de camping, qu'il faut reprendre la route du Cap Nord et qu'il y en a un 2 km après la sortie de la ville. Finalement c'est à 4 km que je le trouve. Il est en plein vent. Le bureau est fermé, mais l'accès aux sanitaires est libre. Le vent est tellement fort que nous devons nous mettre à trois pour arriver à monter la tente. Le renfort des Italiens qui étaient en conciliabule à la cuisine est le bienvenu. Je suis arrivé tard, vers 21 h, mais j'ai couvert une grande distance aujourd'hui. Demain je pourrai aller au cap et passer une partie de l'après-midi en ville pour organiser la suite de mon voyage.
J'ai parcouru 130,5 km avec 1062 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 5061 km avec 31308 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Honningsvåg (N) - Nordkapp (N) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Je me réveille à 8 h. Il faut dire que je ne suis pas allé au lit avant 1 h du matin. Il faisait grand jour, même à cette heure là. Je ne suis qu'à 25 km du Cap Nord, mais je veux garder du temps cet après-midi pour retourner à Honningsvåg pour un accès internet et voir comment je peux repartir d'ici en ferry. Je laisse la remorque et la tente au camping. J'attaque la montée un peu après 9h30. La couleur est donnée dès le départ : pente 9%. Encore une fois, c'est une valeur moyenne, ça veut dire que ça peut monter jusqu'à 12%. En plus, il pleut. Le vent est toujours fort même si les rafales ne sont pas aussi violentes qu'hier. La montée est très longue. Ce n'est pas difficile, mais il faut prendre son mal en patience.
Arrivé en haut, la pluie se transforme en neige et plus rien n'arrête le vent qui se déchaîne sur le plateau. La suite est une succession de côtes et de petites descentes. Globalement, ça monte davantage. Régulièrement, un panneau indique la distance restante pour le Cap Nord. Finalement, ce n'est pas si loin, mais il y a beaucoup de montées très pentues et très longues. Certaines sont abritées du vent qui a faibli un peu. Il y a même un soleil timide de temps en temps. Un peu avant d'arriver, je vois une silhouette au loin. C'est une jeune dame qui fait son footing. Je mettrai un temps fou à la dépasser car dans les longues côtes elle va plus vite que moi.
Je finis par arriver au Cap Nord juste après 12h30. Il n'y a pas beaucoup de vent contrairement à ce que j'attendais. Il y a un péage pour entrer sur le site. Même les vélos doivent payer. C'est une grosse affaire commerciale. Hier on m'a dit à Honningsvåg que plus on approche du cap, plus les campings sont chers. Je contourne le gros bâtiment qui loge l'hôtel, le restaurant et la boutique de souvenirs pour rejoindre en vélo le Globe, qui est le monument mythique devant lequel tous les voyageurs se prennent en photo. Je fais une photo au retardateur, mais au moment ou je monte sur le piédestal, un autre homme vient aussi de monter. Une dame très gentiment me propose de me prendre en photo alors que j'y suis seul. Ensuite, un homme s'approche de moi pour me féliciter. Il me dit qu'il m'a vu au camping d'Honningsvåg et qu'il a relevé l'adresse de mon site internet. Je lui donne ma carte de visite et il me serre la main chaleureusement. Au moment où je vais repartir, un homme s'approche et me demande d'attendre pour qu'il me prenne en photo devant le monument.
J'ai parcouru 5073 km pour arriver ici depuis mon départ de Saint-Loup, le 3 avril. L'aller a duré 2 mois et 4 jours, beaucoup moins que ce que j'avais prévu. Cela explique peut-être aussi les conditions météo difficiles que je subis depuis plusieurs jours. Ici, le printemps est à peine commencé.
Je reprends la route sans m'attarder dans cette usine à touristes. Le retour est plus rapide que l'aller. J'ai le vent dans le dos la plupart du temps et il y a moins de côtes dans ce sens là. En plus, elles sont moins raides. Je fais des descentes assez rapides, même si la prudence me fait utiliser les freins plus que nécessaire.
À 15h30, je suis de retour au camping. Je prépare les photos du jour pour pouvoir les mettre sur le site, même si le compte rendu de la journée sera rédigé plus tard. Ensuite, je me rends à Honningsvåg, à 20 mn de là. Je vais droit à l'office de tourisme. En y arrivant, je rencontre un cycliste randonneur allemand. Son vélo n'est pas chargé, mais il a tout l'équipement pour mettre des sacoches devant et derrière. Il est logé à l'auberge de jeunesse qui facture la nuit 50 euros. Nous discutons un bon moment. Il connaît bien la France et il a déjà fait les Pyrénées en vélo.
Ensuite, je vais à l'office du tourisme. L'hôtesse me dit qu'il n'y a pas de ferry entre Bergen et Kristiansand, au Sud. La seule solution qu'elle me propose est de prendre un ferry jusqu'à Bergen et là, de prendre le train. Les trains sont équipés pour prendre les vélos, même mon tricycle et sa remorque. On verra bien à Bergen. Pour le ferry, il y a un départ demain matin à 6h15. En 5 jours je serai à Bergen. Par contre il n'est pas certain qu'une cabine soit libre. On verra ça demain matin. Je vais devoir me lever tôt pour être à 6 h à l'embarquement.
Pour l'accès internet, il y a un accès payant à la boutique d'à côté. Par contre, ils ont verrouillé les accès aux clés USB et je ne peux pas mettre le site à jour. Je mets juste une info sur la page d'accueil et je réponds aux messages. Les trois Français rencontrés hier m'ont écrit. Je ne les rencontrerai sans doute pas car ils ont du passer pour aller au Cap alors que j'étais déjà de retour au camping. Tant pis. À tout hasard, je vais voir à la bibliothèque que j'ai repérée hier en cherchant le camping, mais elle est fermée depuis 14 h. La mise à jour du site attendra encore.
J'ai parcouru 68,7 km avec 1300 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 5130 km avec 32608 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Honningsvåg (N) - Tromsø (N) en ferry
Le récit
Ce matin, je suis debout à 4h30. Je ne tiens pas à louper le ferry et il y a quelques kilomètres jusqu'à l'embarquement situé au centre de la ville d'Honningsvåg. Le temps est encore très froid mais le vent a baissé. J'ai juste fini de plier la tente quand la neige se met à tomber. Je me réfugie dans la cuisine pour déjeuner. Bien qu'il soit tôt, j'ai très faim.
Je prends la route juste avant 5h30. Il n'y a personne. Je croiserai juste la voiture d'un lève-tôt avant d'arriver à la ville. J'arrive au ferry un peu avant 6 h. Il est déjà là et les passagers sont en train de descendre. J'attends l'ouverture de la passerelle quelques minutes en compagnie d'un motard puis je monte à bord en vélo. Au bureau du tourisme on m'a dit qu'il est possible de payer son passage à bord. Les personnes chargées de ranger les véhicules me questionnent pour savoir d'où je viens, combien de kilomètres j'ai parcouru et depuis quand je suis parti. Ils ne savent pas où ils vont mettre le tricycle alors ils me disent de le laisser et qu'ils le rangeront plus tard. Avant que je ne monte vers la réception, l'un d'eux s'assoit sur mon siège et fait un essai entre les voitures, dans le ferry. Un peu inquiet, je les laisse avec mon jouet.
À la réception, on me dit qu'il n'y a pas de cabine pour tout le parcours qui dure 4 jours et demi. J'aurai une cabine jusqu'à jeudi matin, puis une autre à compter de vendredi matin jusqu'à l'arrivée à Bergen prévue samedi à 14h30. Aujourd'hui, je n'aurai la cabine qu'à partir d'Hammerfest à 11h15. L'Hurtigruten est très bien, mais c'est cher. Je paye environ 1100 euros pour le passage, la cabine pour 3 nuits et le transport du vélo jusqu'à Bergen. D'un autre côté, ça me fait descendre presque la totalité de la Norvège en moins de 5 jours, en évitant les détours des multiples fjords qui pénètrent loin à l'intérieur.
En attendant l'accès à la cabine, je m'endors dans un fauteuil. La nuit a été courte. Le motard qui a embarqué en même temps que moi vient me voir un peu plus tard. Il a assisté à nos échanges avec les gens chargés de l'agencement des véhicules dans l'entrepont. Il me raconte que pour lui aussi venir au Cap Nord en moto c'était un projet pour la retraite qu'il vient de prendre. Il est passé par la Finlande et vient d'Allemagne. Il me souhaite un bon retour en vélo.
Le ferry est plein de retraités, mais il y a aussi une classe d'écoliers que leur professeur d'anglais a chargé d'interviewer les passagers. Je suis interrogé par un jeune garçon et deux jeunes filles qui se débrouillent déjà très bien en anglais. J'en profite pour leur parler de mon voyage et je leur laisse ma carte de visite en cadeau.
À midi, je vais au restaurant du bord. C'est cher, mais tout est à volonté. On peut s'empiffrer tant qu'on veut. Je ne m'en prive pas car, bien que je m'alimentais toutes les deux heures, j'ai perdu 10 kilos depuis mon départ. Je m'assoit à une table occupée par des retraitées Suisses. C'est agréable de pouvoir parler français. Elles sont en voyage organisé et reviennent de Finlande et du Cap Nord qu'elles ont visité en bus. Elles vont jusqu'à Bergen et on pourra encore discuter les prochains jours. Elles me disent que la nuit avant que j'embarque, le ferry a été très secoué par les vagues entre Kirkenes et Honningsvåg. Beaucoup de passagers avaient le mal de mer.
L'après-midi, je vais faire une sieste. Lorsque je me réveille, le reflet du soleil sur la mer éclaire le plafond de la cabine. C'est féerique. Un peu après, le ferry s'arrête à Skjervoy. Le ciel est tout bleu. Sur le fond de montagnes enneigées, le village est éclairé par le soleil. C'est la Norvège des cartes postales. C'est pour ça que je suis venu ici, bien plus que pour le mythique Cap Nord. Je sors sur le pont faire des photos. Il ne fait même pas froid car il n'y a pas de vent. Pourtant, on est encore au Nord. Quelle différence avec les derniers jours que je viens de passer !
Le temps s'écoule lentement. Je ressens la fatigue de ces deux mois passés à pédaler. J'ai toutefois un petit regret que la Norvège passe aussi vite. En ferry, ce n'est pas pareil. On ne peut pas s'arrêter pour admirer le paysage. On est passif et on le regarde défiler. Il n'empêche que c'est très beau. Je reviendrai dans le coin pour en profiter davantage.
Il y a un accès internet sur le ferry. Il est en général très lent et l'accès aux ports USB est bloqué, mais ça permet malgré tout de traiter les messages. La mise à jour du site devra attendre. Il y a des activités organisées aux escales et des musiciens à bord. Tout est fait pour le confort des passagers. Cette nuit, lors de l'étape à Tromsø, il y a un concert dans la cathédrale avec transport organisé depuis le ferry. Le contraste avec la vie que j'ai vécue pendant les deux derniers mois est énorme. J'en profite, mais je pense que je serai aussi heureux de reprendre mon voyage à vélo.
Juste avant minuit, le ferry arrive à Tromsø. Il y a un immense pont sous lequel le bateau a juste la largeur et la hauteur pour passer. Il ne ralentit pas beaucoup, c'est assez impressionnant. Le soleil se cache derrière les montagnes et un banc de nuages. Les photographes du bord se déchaînent...
J'ai parcouru 8,3 km avec 99 m de dénivelé aujourd'hui pour rejoindre le ferry depuis le camping, ce qui fait 5138 km avec 32707 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Tromsø (N) - Bergen (N) en ferry
Le récit
Le ferry descend progressivement les côtes norvégiennes vers le Sud. Le passage dans les îles Vesterålen et dans les îles Lofoten est féerique. Même le soleil est de la partie. On peut admirer les paysages et le ferry fait des détours pour que les passagers en profitent. C'est ainsi que mercredi 9 juin il entre dans un chenal très étroit dans les îles Vesterålen pour avancer jusqu'au fond d'un cul de sac où il fait demi-tour sur place, permettant à chacun d'admirer les falaises de chaque côté.
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Le récit
Le jeudi 10 juin, le ferry passe la limite du cercle polaire arctique. Pour l'occasion, une cérémonie est organisée sur le pont arrière. Chaque passager reçoit une cuillère d'huile de foie de morue et un petit verre d'alcool. Finalement, l'huile de foie de morue ne me semble pas à la hauteur de sa mauvaise réputation. Elle a simplement un fort goût de poisson.
En fin d'après midi, le ferry passe devant le rocher de Torghatten, une île percée d'un trou de 160 mètres de profondeur, 35 mètres de haut et 15 mètres de large.
La grande majorité du parcours se fait entre les îles et la mer y est très calme.
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Le récit
La grande majorité du parcours se fait entre les îles et la mer y est très calme. Dans la nuit du 10 au 11 juin, nous effectuons une traversée au large pour rejoindre Trondheim, troisième ville de Norvège qui compte plus de 160 000 habitants. La mer est très calme et il n'y a pas de vent. Au petit matin, le temps se couvre et une petite pluie nous accueille pour l'arrivée en ville. Par contre, la température est très douce.
La petite ville de Kristiansund, qui nous accueille l'après-midi, est plus pittoresque que la grande ville. Il y a de jolies maisons sur les collines qui dominent la mer. Bien que les nuages couvrent le haut des montagnes et qu'il tombe une petite pluie, le paysage a beaucoup de charme.
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Le récit
C'est le dernier jour sur le ferry. Hier soir, on a regardé toutes mes photos depuis le départ du 3 avril avec deux des Suisses. Cela leur a beaucoup plu. La matinée passe très vite, tout comme le dernier repas, juste avant notre arrivée à Bergen. Après avoir débarqué, je vais vers le parking des bus pour faire un dernier au-revoir à mes amis Suisses. Les appareils photos crépitent car chacun veut garder un souvenir du voyageur à vélo qui les a tant étonnés avec ses histoires.
Ensuite, je me rends au bureau du tourisme en plein centre de la ville. Il y a un monde fou. Il faut prendre un ticket et faire la queue pour les renseignements. Finalement, mon tour arrive. Il y a un ferry qui rejoint Hirtsalls au Danemark avec étape à Stavanger. Le prochain départ est lundi à 13 heures. Le bureau des réservations ne sera ouvert que lundi matin.
Pour l'accès à internet, cela sera un peu tard pour ce soir car je voulais traiter la question du ferry en premier. On m'a signalé un accès internet qui sera ouvert demain, même si c'est dimanche. J'espère que je pourrai faire la mise à jour du site. Finalement, je reprends la route pour rejoindre le camping le plus proche qui est à 11 km du centre ville. La route monte et descend et je passe un tunnel. Je m'arrête en passant pour faire les courses dans un petit supermarché et finalement, j'arrive au camping de Midttun qui est tout petit et en pleine ville, mais dans un endroit très calme. J'y rencontre un couple de Français de Carcassonne qui termine un séjour de 15 jours dans la région. Nous avons ensemble une longue discussion et je leur laisse mes coordonnées pour qu'ils puissent consulter le site internet.
J'ai parcouru 12 km avec 95 m de dénivelé aujourd'hui, soit 5150 km avec 32802 m de dénivelé depuis le départ.
Le récit
Je me lève tard ce matin. Il n'y a rien qui presse, j'ai la journée pour explorer Bergen et y faire quelques emplettes. En descendant depuis le camping, je découvre qu'une piste cyclable permet de rallier la ville bien plus facilement que par la route. La pente est progressive et une partie serpente dans la verdure en surplombant la mer. C'est très joli, même si le ciel est couvert ce matin. À Bergen, je trouve l'emplacement où un accès à internet est possible, qui m'avait été signalé par la personne du bureau du tourisme hier. Malheureusement, l'accès aux clés USB ne marche pas et je ne peux pas mettre le site à jour.
Je vais faire un tour du centre ville. C'est très joli, avec de beaux jardins. Il y a plein de touristes. On y parle toutes les langues. Devant le port, il y a un marché au poisson où on peut acheter de quoi manger. Les produits sont très frais et préparés sur place.
Un peu plus loin, il y a un quartier ancien, tout en bois avec des boutiques de souvenirs. Les prix sont à la hauteur et bien plus chers pour les mêmes produits que ce qu'on peut trouver sur le marché, devant le bureau du tourisme face au port. Dans l'après-midi, le ciel nuageux du matin s'est dégagé pour laisser la place à un beau soleil. La température s'en ressent nettement, même s'il ne faisait pas très froid le matin.
Je fais mes emplettes puis j'écris quelques cartes postales. Vers 16 h, je reprends la route du camping. C'est un peu difficile de se retrouver dans le dédale des pistes cyclables, mais finalement, je retrouve le chemin par lequel je suis arrivé ce matin. En une heure environ, j'ai parcouru les 12 km qui séparent le centre ville du camping de Midttun. En cours de route, j'ai croisé un voyageur à vélo couché. Il m'a fait un signe de la main, mais, emporté par la descente, il n'a pas daigné s'arrêter pour discuter. Dommage.
Au camping, on a monté une tente près de la mienne. La réceptionniste me dit que c'est un Allemand qui voyage à vélo. Je le rencontrerai à la soirée. Le camping met à disposition un ordinateur connecté à internet. Je peux enfin mettre à jour le site. Il y a un gros boulot car je n'ai pas pu le faire depuis longtemps. J'en profite pour échanger quelques messages avec Simon qui est en ligne. Demain, le ferry part à 13 h. J'aurai encore un peu de temps à Bergen avant de partir.
J'ai parcouru 25 km avec 132 m de dénivelé aujourd'hui, soit 5175 km avec 32934 m de dénivelé depuis le départ.
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Danemark
Midttun (N) → Bredebro (DK)
Du 14 au 17 juin 2010 · 4 jours · 25 photos
Le parcours
Bergen (N) - Hirtsals (DK) en ferry
Le récit
J'ai le temps, mais je préfère me lever tôt pour arriver à l'heure d'ouverture des bureaux de la compagnie maritime. L’Allemand avec qui j'ai discuté hier soir est aussi levé tôt et part avant moi. Une autre tente a été montée hier soir. C'est un couple de cyclistes randonneurs. J'aurai l'occasion de discuter avec eux avant de partir du camping. Ils viennent de Londres et ont rejoint le Danemark, puis Oslo. De Bergen, ils repartent vers Oslo pour continuer leur voyage jusqu'en Nouvelle Zélande.
Vers 9h15, je quitte le camping. Il fait très beau. J'ai à peine fait 1 km sur la piste cyclable que je croise un cycliste à vélo couché à un carrefour. On se salue et il fait demi tour pour discuter. Il est Allemand et travaille à Bergen à l'orchestre philharmonique où il est violoniste. Il prend la piste cyclable tous les jours pour aller travailler. Je lui laisse mes coordonnées et nous repartons chacun de notre côté après qu'il m'ait souhaité bon voyage.
Un peu plus loin, j'entends soudain un sifflement. J'ai à peine le temps de me ranger sur le côté qu'un vélomobile (tricycle couché caréné) me double à une vitesse incroyable. J'ai tout juste eu le temps de le voir. La piste est sinueuse et après le virage suivant, il a déjà disparu. Il était orange avec un drapeau blanc à l'arrière.
Il est un peu plus de 10 h lorsque j'arrive au centre ville de Bergen. Je complète mes emplettes, envoie une ultime carte postale, puis je me rends au bureau de la compagnie maritime. En quelques minutes, ma place à bord est réservée et j'ai encore le temps d'aller refaire un petit tour en ville. Lorsque je retourne vers le ferry, je croise les deux campeurs cyclistes de ce matin qui font une balade en ville. L'embarquement est réalisé rapidement car je passe devant pas mal de voitures qui attendent. Je n'ai pas de cabine, seulement un siège inclinable dans lequel je vais passer la nuit. J'ai emporté mon sac de couchage pour être sûr de bien dormir. Au moment où le ferry quitte le port, le trois mâts basé à Bergen, le Stadstraad Lehkmuhl, appareille aussi. On a une belle vue de la ville depuis le ferry.
À 20 h, le ferry arrive à Stavanger après une navigation tranquille entre les îles du Sud de la Norvège et sous le soleil. Il en repart peu après 21 h, après avoir embarqué de nouveaux passagers. Il rejoint ensuite la pleine mer pour traverser jusqu'au Danemark.
J'ai parcouru 12 km avec 37 m de dénivelé aujourd'hui, soit 5187 km avec 32971 m de dénivelé depuis le départ.
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20:05
Le parcours
Hirstals (DK) - Løgstør (DK) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Le ferry arrive à 9 h à Hirtsals, comme prévu. La nuit a été calme et, même dans un fauteuil, j'ai bien dormi. Le temps du débarquement et de faire quelques courses au supermarché, il est 10 h quand je quitte la ville. Tout de suite, il y a une piste cyclable. J'ai à peine fait quelques kilomètres que je trouve un cycliste chargé au bord de la piste. Il est Norvégien et se rend en Allemagne. Il tire, avec son vélo de course, une remorque pour enfant dans laquelle il a mis ses bagages. Nous échangeons quelques mots, puis je reprends ma route.
Un peu plus loin, je suis doublé par deux cyclistes chargés qui mènent un train d'enfer. Il faut dire que le vent est toujours du Nord et que nous l'avons dans le dos. Les deux cyclistes me font un salut, mais ne s'arrêtent pas.
La route est très agréable, ce n'est que de la piste cyclable. Il fait très beau. Dans l'après-midi, je passe au tee-shirt. J'ai déjà mis le short en début de matinée. Même si l'air est un peu frais, avec le vent dans le dos on ne sent rien.
Ma route rejoint Løkken, au bord de la mer. Il y a beaucoup de cyclistes. C'est un lieu de villégiature. Après le village, je rencontre un jeune couple d'Espagnols qui randonnent dans le coin. Ils sont partis de Copenhague et vont y retourner dans quelques jours.
Je passe Aabybro où les pistes cyclables s'entrecroisent. Heureusement, c'est assez bien signalé et je ne me perds pas. A Brovst, je quitte la route 11 et je prends des petites routes pour rejoindre le pont qui enjambe le bras de mer avant Løgstør. Si le relief jusqu'ici était très plat, ce qui permettait un bonne moyenne, il y a maintenant des montées et descentes plus accentuées. Mais elles ne sont quand même pas très fortes. Avant 17 h, je rejoins le pont. Il y a un bateau qui passe et les voitures attendent. Le temps que j'arrive, le passage est libéré. C'est un peu acrobatique avec mon attelage, car il y a deux chicanes. J'arrive malgré tout à passer.
Finalement, à 17 h, j'arrive au camping de Løgstør. Il est très bien équipé, comme tous les campings du Danemark. En plus, il y a un micro connecté à internet et, bien mieux, en connectant le câble sur mon micro, tout fonctionne parfaitement.
Je profite du fait de m'être arrêté tôt aujourd'hui pour échanger entre eux mes deux pneus avant. Il sont déjà bien usés après pas loin de 6 000 km, mais en plus, le pneu droit est plus usé que le gauche. En les intervertissant, j'espère rééquilibrer un peu les choses, bien qu'il aurait fallu faire ça plus tôt. J'en profite pour graisser un peu partout. Il y en a bien besoin après le temps que j'ai eu au Cap Nord.
J'ai parcouru 101,4 km avec 349 m de dénivelé aujourd'hui, soit 5288 km avec 33320 m de dénivelé depuis le départ.
12:16
16:08
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18:54
Le parcours
Løgstør (DK) - Hjøllund (DK) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, je suis réveillé par la chaleur du soleil sur la tente. Il fait très beau. Le vent à tourné au sud-ouest, ce qui veut dire que je l'aurai, encore une fois, en face. Tant pis. Je pars vers 9 h. Je retrouve tout de suite la piste cyclable le long de la route qui longe la côte. Il y a peu de circulation. Le parcours jusqu'à Viborg est très joli. La mer est tout près et il y a des dunes couvertes de forêts et entrecoupées de champs cultivés. Par contre, quand on n'est pas abrité par les dunes, il faut lutter contre le vent qui n'est heureusement pas trop fort.
J'arrive à Viborg en début d'après-midi. Je traverse la ville mais la sortie n'est pas évidente à trouver avec les pistes cyclables. Finalement, je vais un peu trop à l'est et je prends une petite route qui me ramène sur le bon chemin. La route 13 après Viborg est beaucoup plus passante et il n'y a pas toujours une piste cyclable.
En raison de mon erreur à Viborg, je modifie mon itinéraire prévu pour passer un peu plus à l'est. Cela ne change pas grand chose sur la distance totale. À Pårup, je tombe sur un os. Impossible de reprendre la route 13 interdite aux vélos. En désespoir de cause, je prends la route perpendiculaire vers l'est, bien décidé à prendre à droite dès que possible. Après 2 km, je trouve une route qui s'enfonce dans la forêt. Le coin est particulièrement joli. Sur ma carte, cela correspond bien à un circuit cycliste. Normalement, le circuit continue jusqu'à revenir sur la route que je souhaite prendre.
En fait, je retombe sur une route perpendiculaire et il n'y a aucune indication du chemin cyclable de ma carte. Je prends à gauche, vers le village indiqué par la carte. Là, il y a juste un circuit touristique pour les vélos. Je le prends à tout hasard. Très vite, la route goudronnée se transforme en sentier. C'est très bien pour un vélo droit, mais j'ai du mal à caser mes cinq roues dans cette trace unique. Par contre, l'orientation correspond très bien au sentier de la carte et j'ai l'espoir d'arriver au bon endroit, c'est-à-dire à celui où se trouve mon camping pour ce soir. Le paysage est magnifique. Le sentier est tout plat. Il ressemble à une voie ferrée désaffectée. Il est rectiligne dans la forêt et parfois domine le paysage. Finalement, il arrive bien à l'endroit prévu et je ne regrette pas d'avoir persévéré jusqu'au bout. Le camping est là, dans le tout petit village de Hjøllund sur la route 13 que le chemin a rejoint. Il n'y a personne à l'accueil, mais je me débrouille avec les campeurs présents, même s'ils ne parlent qu'un anglais très approximatif.
J'ai parcouru 120 km avec 672 m de dénivelé aujourd'hui, soit 5408 km avec 33992 m de dénivelé depuis le départ.
10:14
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11:54
18:32
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Le parcours
Hjøllund (DK) - Bredebro (DK) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, le ciel est tout gris. De temps en temps, il lâche un petit crachin à peine sensible. J'arrive à démonter la tente quasiment à sec. Le vent est encore au Sud-Ouest, mais il est bien plus faible qu'hier. Je paie le camping et je prends la route vers 8h30. J'ai décidé de ne pas suivre la route 13 très fréquentée et de prendre une petite route qui me rallongera un peu mais sera beaucoup plus tranquille. Elle passe dans la forêt et le coin est très joli. Après ce petit crochet, je retrouve ma route à Hampen. C'est très calme jusqu'à Give. Là, je traverse la ville rapidement en évitant le centre. Je prend ensuite une petite route dans la campagne qui file en droite ligne sur Billund. Les pentes sont faibles et je tiens un rythme élevé.
J'arrive à Billund juste à midi. Je trouve tout de suite le bon chemin, malgré les pistes cyclables qui sont souvent un souci pour trouver sa route. La route est ensuite un peu plus fréquentée, mais il n'y a quand même pas grand monde. Le paysage est très campagnard avec de temps en temps de jolies forêts. La route file droit vers le Sud. Dans l'après-midi, la température a augmenté un peu, mais avec l'absence du soleil, ça reste pas très chaud.
Mon idée initiale était de rejoindre le camping de Ribe, mais j'y arrive bien trop tôt pour m'arrêter là, même si le compteur affiche plus de 100 km. Je prends une déviation qui évite la ville par l'Ouest et je suis rapidement de l'autre côté. Il y a une piste cyclable, mais dès qu'on s'écarte des villes, elle disparaît. Cette route est un peu plus fréquentée que la précédente, mais c'est encore acceptable. Et puis globalement, il y a quand même un bon kilométrage de pistes cyclables, qui sont parfois très jolies en s'écartant de la route principale. Après Give, il y a plusieurs campings. Finalement, je m'arrête vers 18 h, le critère de temps étant plus important que celui de la distance. Je m'installe au camping de Bredebro, à une quinzaine de kilomètres de Tønder, dernière ville avant la frontière avec l'Allemagne. J'aurai descendu la totalité du Danemark en à peine plus de 3 jours. Je n'espérais pas aller aussi vite. Il faut dire que le relief est modéré et qu'on peut garder une allure soutenue presque toute la journée malgré le vent de face.
J'ai parcouru 140,1 km avec 641 m de dénivelé aujourd'hui, soit 5548 km avec 34633 m de dénivelé depuis le départ.
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16:02
Allemagne - Pays-Bas - Belgique
Bredebro (DK) → Avin (B)
Du 18 au 24 juin 2010 · 7 jours · 32 photos
Le parcours
Bredebro (DK) - Warwerort (D) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, je suis debout très tôt. Il fait encore bien gris et le vent a forci. Par contre, il a tourné au Nord-Ouest, ce qui veut dire que je vais l'avoir dans le dos. C'est une bonne nouvelle. Je lève le camp de bonne heure et j'ai vite parcouru la vingtaine de kilomètres qui me sépare de Tønder, la dernière ville avant la frontière. Par contre, j'ai commis l'erreur de ranger la carte du Danemark avant de partir, et je rentre dans la ville alors que j'aurais pu l'éviter par l'Est. Tant pis. Je perds un peu de temps à retrouver le bon chemin, mais la piste cyclable me ramène sur la route 11 qui conduit en Allemagne. Peu de temps après, je passe la frontière.
En Allemagne, il y a quasiment des pistes cyclables partout. La route 5 qui descend vers le Sud n'y fait pas exception. De plus, les directions des pistes cyclables en ville sont souvent très bien indiquées, ce qui permet de ne pas perdre de temps à chercher sa route. Le vent me pousse et les kilomètres défilent.
Juste à la sortie de Bredstedt, je vois un tricycle couché bien chargé qui va dans l'autre sens sur la piste cyclable située de l'autre côté de la route. Nous nous arrêtons tous les deux. Horst est Allemand et se rend à Stokholm. Son tricycle est le summum du confort. C'est un Scorpion FS entièrement suspendu et super équipé. Non seulement il a une boîte de vitesse Rolhoff dans le moyeu arrière, mais il est aussi bien fourni en électronique : deux haut-parleurs avec radio et musique, GPS, compteur, tout ça alimenté par un panneau solaire rigide fixé derrière l'appui-tête. Le prix du tricycle est à la hauteur de son équipement : 10 000 euros. Par contre, je ne sais pas si cet équipement aurait résisté aux conditions auxquelles j'ai eu à faire face en Suède sur les routes non goudronnées et sous la pluie.
Horst, de son côté, est épaté par les astuces mises en œuvre sur mon tricycle : les sacoches latérales et leur support, l'airzound pour réveiller les automobilistes endormis... Après avoir échangé nos adresses et fait des photos, nous repartons chacun vers notre aventure.
Un peu plus loin, je m'arrête casser la croûte. Le vent, que je ne sentais pas trop en roulant, me refroidit vite, même si le soleil fait quelques apparitions qui réchauffent un peu. Juste avant Husum, je croise un autre voyageur à vélo. Il tire une remorque monoroue derrière son vélo de course. Il a commencé son voyage en train et continue en pédalant vers le Nord. Avec lui aussi, on fait une photo et nous échangeons nos adresses.
Peu de temps après, j'arrive à Husum. Je vais à la bibliothèque. Elle n'ouvre qu'à 14h30 et il est 13h45. Je suis décidé à attendre. Dans le même bâtiment se trouve le musée de la mer du Nord qui est en accès libre. En attendant l'ouverture de la bibliothèque, je fais une petite visite. Je ne comprends pas tout car les explications en allemand ne sont pas traduites, mais il y a beaucoup de maquettes expliquant la construction des digues pour protéger les polders, ou montrant les habitations et les moulins à vent. Tout est très bien fait et c'est très agréable à regarder. Finalement, la bibliothèque ouvre. Malheureusement, c'est comme dans beaucoup de grandes villes, l'accès n'est pas gratuit et les ordinateurs sont verrouillés. Pas moyen d'utiliser la clé USB. Je ne peux que consulter la messagerie et le forum du site. La mise à jour attendra encore un peu.
Un peu plus loin, je quitte la route 5 pour rejoindre Fredrichstadt où je trouverai une route plus courte pour Heide. J'espère y trouver un camping. Dès que j'arrive en vue de la ville, j'interroge un homme qui travaille à son jardin. Il me refroidit tout de suite : il n'y a pas de camping à Heide. Il va chercher son guide des campings et me dit que le seul endroit où j'ai des chances d'en trouver, c'est près de la côte à Büsum. C'est à 20 km de là et j'en suis déjà à plus de 120 depuis le départ. De plus, il est déjà 18 h. Pour tout arranger, la route est plein Ouest, ce qui implique 20 km avec le vent en face. Tant pis, je prends mon mal en patience et je suis ses conseils.
Il est un peu plus de 19 h lorsque j'arrive au camping de Warwerort. Pour tout arranger, il s'est mis à pleuvoir. J'évite le plus gros car je suis arrivé juste à temps. Le temps de passer au bureau, je peux monter la tente sans me mouiller, mais le vent est toujours là. Ce crochet m'a bien allongé la route d'une dizaine de kilomètres, mais comparés aux milliers passés et à ceux restant à faire, cela ne représente pas grand chose.
J'ai parcouru 126,4 km avec 263 m de dénivelé aujourd'hui, soit 5675 km avec 34896 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Warwerort (D) - Mittelstenahe (D) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Le vent a secoué la tente toute la nuit et régulièrement, il est tombé des averses. Le ciel est tout gris et ne présage rien de bon pour aujourd'hui. Je pars dès 8 h. J'ai à peine fait 500 m que j'entends un bruit bizarre à l'arrière. Le pneu gauche de la remorque est à plat. Petite séance de réparation pendant laquelle un riverain vient s'enquérir si j'ai besoin d'aide. Le pneu est complètement usé et il y avait une branche de rosier sur la route.
7 km plus loin, c'est le pneu avant droit du tricycle qui est à plat. Décidément, ce n'est pas un bon jour. Je m'offre une deuxième séance de réparation dans le vent et avec une petite averse au mauvais moment. Puis je reprends ma route avec le vent dans le dos. Cela rend bien plus supportable les petites averses périodiques qui heureusement sont très brèves. À Meldorf, je rejoins la route que j'avais initialement prévue avant mon détour d'hier pour rejoindre le camping. La route est plus fréquentée, mais avec la piste cyclable, il n'y a pas de problème.
Je m'arrête à Marne pour faire les courses. Il y a une bibliothèque, mais elle est fermée le samedi. Je pense que ma prochaine connexion à internet attendra lundi. À Brünsbuttel, il y a un bac pour traverser le canal qui va jusqu'à Kiel, sur la côte Est. C'est un service gratuit et la traversée ne dure que quelques minutes. De l'autre côté, c'est une zone très industrielle. Il y a même une centrale nucléaire.
Un peu plus loin, j'ai droit à une nouvelle crevaison de la roue gauche de la remorque. Un épine dans le pneu n'a pas eu de mal à tout traverser vu l'épaisseur de gomme qui reste. Je vais devoir bientôt trouver un marchand de vélos pour acheter deux pneus pour la remorque. Je n'ai des rechanges que pour le tricycle. Je pensais que ceux de la remorque tiendraient plus longtemps, mais c'est tout l'inverse. Heureusement, je suis dans le pays du vélo.
Je prends la route parallèle à l'Elbe qui mène à Gluckstadt. Je retrouve, juste avant le ferry pour traverser l'Elbe, le chemin que j'avais pris à l'aller et que je vais suivre près d'une journée. Je double toute la file d'attente du ferry en passant par la piste cyclable et j'embarque en dernier sur le ferry en partance. Une fois de l'autre côté, je retrouve la piste cyclable. Maintenant, ma route est un peu plus vers l'ouest et j'ai davantage le vent en face. Heureusement, il y a souvent des arbres qui font protection.
L'après-midi, le temps se dégrade un peu. Les averses sont plus fortes, même si le soleil fait parfois des apparitions. Je m'abrite régulièrement sous des arbres ou des abris-bus pour laisser passer le plus gros. Le vent se charge de déplacer la pluie un peu plus loin.
Finalement, je m'arrête vers 18 h à la sortie du petit village de Mittelstenahe où je trouve un petit coin de forêt bien abrité, près d'une maison abandonnée, pour une nuit en camping sauvage.
J'ai parcouru 99,9 km avec 156 m de dénivelé aujourd'hui, soit 57752 km avec 35052 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Mittelstenahe (D) - Oldenburg (D) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, les arbres gouttent encore un peu. Il a dû pleuvoir cette nuit, mais je n'ai rien entendu. Le ciel est toujours couvert, mais le plafond est plus haut, gage de moins d'averses. Dès que je sors de l'abri des arbres, je retrouve le vent. Toujours de l'Ouest, mais un peu moins fort qu'hier.
Je poursuis ma route face au vent vers Bremerhaven, où il y a un fleuve à traverser. Je retrouve les endroits où je suis passé à l'aller. Après Bederkesa, je me laisse tenter par les indications de la piste cyclable et je me retrouve successivement sur : une route pavée, une petite route dans la forêt bien sympathique, une route en béton pleine d'ornières avec de l'herbe qui pousse au milieu, un chemin avec deux séries de dallages où passent les roues des véhicules à moteur, un véritable chemin dans la forêt. Le paysage est magnifique et je ne regrette pas les petites galères. Finalement, je me retrouve sur la route que je n'aurais pas dû quitter.
À force d'avancer, j'entre dans Bremerhaven. C'est une ville assez grande mais déserte en ce dimanche. Je traverse tout du Nord au Sud pour rejoindre le point d'embarquement. J'arrive en même temps qu'un groupe de motards Allemands. Nous devons attendre car il y a moins de navettes le dimanche. Finalement, le ferry arrive et nous faisons la traversée en 10 mn. Pendant qu'on naviguait, un des motards est venu m'interroger. Ils sont impressionnés par mon voyage. En fin de traversée, nous rejoignons un joli trois mâts qui vient de quitter le port juste avant nous.
Une fois de l'autre côté, je fais route plein Sud. Le vent me devient plus favorable et c'est tant mieux car il a un peu forci en début d'après-midi. Par contre, les nuages sont devenus moins denses et le soleil fait quelques apparitions qui réchauffent bien l'atmosphère. La moyenne devient plus élevée et les kilomètres défilent. Les pistes cyclables permettent de ne pas se soucier de la circulation.
Finalement, vers 16 h j'arrive à Oldenburg. Dès l'entrée de la ville, il y a un camping. Je décide d'arrêter là pour aujourd'hui, ce qui me laissera un peu de temps pour changer le train de pneus du tricycle. Je monte la tente, vide la remorque pour faire un peu de nettoyage, puis je remplace mes trois pneus par les pneus de rechange que je trimbale depuis mon départ. Finalement, au vu de l'épaisseur restante sur les pneus avant que je viens de remplacer, je décide de mettre ces pneus là sur la remorque, car ceux d'origine n'ont pratiquement plus d'épaisseur, surtout celui de gauche. Par contre, les pneus du tricycle sont plus gros et je dois démonter les garde-boues de la remorque.
Une fois tous les pneus changés, je suis assailli de questions par les gamins Irlandais qui courent depuis un moment dans le camping. Un des garçons demande à essayer le tricycle. J'ai la faiblesse de lui donner mon accord et bien sûr, les autres en veulent autant. Puis c'est le tour des filles. Ils sont près d'une dizaine entre 8 et 13 ans, presque tous les cheveux roux. Finalement, je suis obligé de mettre un frein à leurs ardeurs car il me faut remettre dans la remorque tout ce que j'ai mis dans la tente. Les parents viennent également m'interroger et me félicitent pour le trajet réalisé. Demain matin, je vais peut-être trouver un marchand de vélo ouvert en ville. Outre des pneus neufs pour la remorque, il me faut des rustines et une chambre à air de rechange.
J'ai parcouru 100,1 km avec 219 m de dénivelé aujourd'hui, soit 5875 km avec 35271 m de dénivelé depuis le départ.
09:28
10:51
11:07
11:41
Le parcours
Oldenburg (D) - Haselünne (D) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, il fait beau. Le vent d'Ouest est toujours là, mais les nuages laissent un peu plus de place au soleil qui commence à chauffer. Je décolle peu après 8 h. La traversée de la ville est assez longue mais pas très difficile et je me retrouve facilement du côté où je dois suivre ma route. Je m'arrête faire des courses à Wardenburg, puis je continue sur cette petite route peu fréquentée qui est malgré tout équipée d'une belle piste cyclable.
En quittant le village, après avoir passé un trottoir abaissé, j'entends un frottement accentué sur la remorque. Je suis en train de perdre la roue droite ! Le choc a été assez fort pour faire pression sur les deux billes qui retiennent la roue en place. Alors que j'étais en train de me dire que depuis que j'avais mis des gros pneus, la remorque absorbait mieux les chocs, je suis vraiment surpris. Je remets tout en place, vérifie l'accrochage. La roue tient bien. Par contre, le capuchon en caoutchouc qui cache le bout de l'axe a disparu. Tant pis, il est plus décoratif qu'utile.
Dans un tout petit village, je trouve un abribus très sophistiqué pour faire une pause. C'est une véritable pièce avec table et bancs, des vitres aux fenêtres, et une table avec banc à l'extérieur. Il y a même un cendrier sur la table avec, gravé dessus, le nom du village.
Un peu plus loin, je rejoins la route 213 qui relie Brême aux Pays-Bas. C'est un gros axe de circulation et il y a beaucoup de poids-lourds. Heureusement, la piste cyclable m'offre une voie indépendante pour moi tout seul, car il n'y a pas d'autre cycliste. A chaque ville, le flux des véhicules à moteur est avalé par une dérivation interdite aux vélos qui,eux, sont dirigés vers le centre ville. C'est souvent un circuit plus court. Par contre, il n'est pas toujours évident de retrouver la bonne route. La plupart du temps, je m'en sors bien.
À Cloppenburg, je m'arrête pour l'accès à internet. Le bureau du tourisme me dirige vers un cyber-café, à deux pas, en plein centre ville. En une heure, j'ai juste le temps de mettre le site à jour et d'envoyer quelques messages. Je retrouve ensuite assez facilement la route 213 et son flot de circulation. Il en est de même à Lastrup et à Löningen.
Par contre, à Herzlake, je me laisse tenter par les indications de la piste cyclable. Je me retrouve rapidement sur un chemin non goudronné, puis je retrouve le bitume et de nouveau un chemin qui serpente dans la forêt, ce qui n'est pas désagréable. Malheureusement, les secousses ajoutent beaucoup à la fatigue de la journée. Je retrouve le bitume quelques kilomètres plus loin, mais c'est beaucoup moins lisse que la piste cyclable qui suit la nationale. Finalement, j'arrive à Haselünne où je réalise que je longe un camping qui n'est pas signalé. Comme il est 17h30 et que j'ai fait presque 100 km, je décide de m'arrêter là pour aujourd'hui.
J'ai parcouru 91,5 km avec 239 m de dénivelé aujourd'hui, soit 5966 km avec 35510 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Haselünne (D) - Groenlo (NL) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Enfin, c'est vraiment l'été. Ce matin, le ciel est entièrement bleu et le soleil chauffe un peu. Il y a toujours une petite brise d'Ouest que j'aurai partiellement en face toute la journée, comme hier. En arrivant au camping hier soir, le bureau était fermé. C'est encore le cas ce matin quand je pars. Tant pis, c'est gratuit pour moi. Dès que j'ai traversé Haselünne, je retrouve la route et sa piste cyclable. Il y a un peu moins de circulation qu'hier. Toute la matinée, la piste est à l'ombre des arbres et je dois rester un peu couvert car l'air n'est pas encore très chaud.
À Lingen, je sors de la ville un peu trop au Sud. Je trouve une petite route bien sympathique sans circulation qui me ramène au bon endroit. Il m'aura quand même fallu une bonne heure pour traverser. Vers midi, j'arrive à Nordhorn, la dernière ville allemande avant la frontière hollandaise. Je m'arrête faire des courses au supermarché et puis je cherche vainement la bibliothèque. Malgré les conseils des autochtones, impossible de localiser le bâtiment que j'ai vu signalé sur un plan avant d'entrer en ville.
En désespoir de cause, je reprends ma route en me disant que je trouverai un accès à internet plus tard. À la sortie de la ville, la piste cyclable passe dans la forêt qui est l'essentiel du paysage depuis hier. Je m'y arrête déjeuner avant de tomber d'inanition. Peu après, j'arrive à la frontière. Elle est simplement marquée d'une pancarte. Pas de poste frontière ni de douaniers ici.
Les pistes cyclables hollandaises prennent le relais des pistes allemandes. C'est toujours aussi bien, voire mieux. Il y a beaucoup de cyclistes dès qu'on approche des villes. En plus, la région est assez touristique et il y a beaucoup de pistes dans la forêt. Il y a aussi beaucoup de campings. Je pense que ce soir je n'aurai pas de mal à en trouver un.
À Oldenzaal, j'interroge un passant qui m'indique le chemin de la bibliothèque. Je peux y mettre à jour le site et répondre aux messages. Je repars au bout d'une demi-heure, mais je prends la mauvaise direction en rejoignant la route que j'avais quitté pour aller à la bibliothèque. Bilan, je fais deux traversées de la ville pour rien. Là encore, il m'aura fallu une heure pour traverser.
Il fait plus chaud dans l'après midi et je peux rouler en tee-shirt, même si quelques nuages sont venus troubler la plénitude bleue du ciel de ce matin. La ville suivante, Enschede, est beaucoup plus grande d'après ma carte. De plus, en sortant je dois prendre une route moins importante. Pourtant, tout se passe à merveille. En à peine une demi-heure, j'ai tout traversé et je suis sur la bonne route qui est malgré tout assez fréquentée, car on approche de l'heure de débauche. Mais elle possède une belle piste cyclable. Les villes suivantes passent sans encombre. Finalement, juste avant Groenlo, je trouve un camping un peu à l'écart de la route niché dans un coin de forêt avec beaucoup de campeurs Hollandais. On voit que les vacances sont commencées.
J'ai parcouru 109,3 km avec 302 m de dénivelé aujourd'hui, soit 6076 km avec 35812 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Groenlo (NL) - Kessel (NL) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Encore une belle journée qui se prépare. Il va même faire plus chaud qu'hier. Il est tôt et le camping est calme. Je mets la tente au soleil, qui chauffe déjà, pour qu'elle finisse de sécher pendant que je range le reste. Lorsque je démonte la tente, un homme qui vient de se lever me questionne sur mon vélo. Il est étonné par le parcours réalisé. Je pars aussitôt après. Il n'est pas 8 h.
Je retrouve la piste cyclable. Celle d'en face est envahie par les jeunes qui vont à l'école. C'est un vrai défilé. Il faut dire qu'avec ce beau ciel bleu et la chaleur, c'est bien agréable. Je passe facilement les villes suivantes, Groenlo, Lichtenvoorde et Aalten. Tout de suite après Aalten, je passe en Allemagne. La configuration de la frontière fait que l'Allemagne a une enclave dans les Pays-Bas. Comme ma route est Sud-Ouest, je coupe droit et donc je passe des Pays-Bas en Allemagne pour revenir aux Pays-Bas un peu plus loin.
À Bocholt, je modifie un peu mon trajet prévu pour faire un peu plus direct. Je passerai à Wesel. Les routes sont plus importantes, mais comme il y a des pistes cyclables, ça ne pose pas de problème. Après Bocholt, les indications de la piste cyclable me conduisent à prendre des toutes petites routes sans circulation dans la campagne. C'est très agréable car le paysage, tout en étant assez agricole, reste très boisé. C'est ainsi que j'arrive à Wesel où je passe sur le Rhin. La suite jusqu'à Venlo est facile. Il suffit de suivre la piste cyclable qui prend même les déviations des villes.
Juste avant Venlo, je repasse aux Pays-Bas. À partir de là, la piste est un petit sentier impraticable. J'ai vu plusieurs cyclistes prendre une route en face alors je fais de même. Effectivement, cette route conduit en ville. Je mets pas mal de temps à me retrouver dans toutes ces rues, mais je rejoins la gare, je passe sous les voies puis sur le pont de la rivière Maas. Il n'y a pas de piste cyclable le long de la nationale que je veux suivre. J'improvise en prenant des petites routes qui traversent un paysage très bucolique. J'y retrouve d'autres cyclistes, car c'est un circuit de randonnée. Je retombe exactement où je souhaitais, c'est-à-dire au village suivant à partir duquel la piste cyclable suit la nationale. C'est ainsi que j'arrive à Kessel où il y a plusieurs campings signalés au bord de la route. Au camping où je m'installe, j'ai droit à un régime de faveur. On m'offre une bière, puis une saucisse chaude et des frites et on m'attribue un emplacement à côté d'une tonnelle équipée avec une table et des chaises en fer. Quoi demander de plus ?
J'ai parcouru 111 km avec 300 m de dénivelé aujourd'hui, soit 6187 km avec 36112 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Kessel (NL) - Avin (B) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Encore du très beau temps aujourd'hui. L'après-midi sera chaude. Je dépose les cales de mes chaussures et les fixe sous les sandales. Je vais rouler pieds nus. Je range tout et je m'avance vers la réception du camping. C'est là que je m'aperçois que la roue droite de la remorque est à plat. Je démonte, trouve le trou et répare. Ensuite, je sonne la cloche pour payer mon séjour. La patronne sort de chez elle et me dit que pour moi, avec tous les kilomètres que j'ai fait, c'est gratuit. Merci beaucoup. Je fais une photo et je pars après qu'elle m'ait souhaité bon voyage.
Sur la piste cyclable, je croise des écoliers en vélo. La route est facile jusqu'à la frontière belge, après Ittervoort. Il y a des pistes cyclables partout et le passage des villes ne présente pas de difficultés. Le soleil est plus chaud qu'hier et dès le matin, je roule en tee-shirt. Après la frontière, il y a des maisons partout et la piste cyclable est juste contre la route avec un gros flot de voitures et de camions. Ce n'est pas dangereux, mais pas très agréable non plus. Cela va durer longtemps comme ça, car on approche de Maastricht. Mon parcours évite cette grande ville, mais j'ai l'impression d'être en ville quand même.
À Maaseik, la route est en travaux et c'est interdit aux piétons et aux cyclistes. Je fais demi-tour et je trouve une petite route qui mène à Elen, le village suivant. À l'entrée du village, il y a un joli moulin à vent restauré. Je rejoins la nationale et retrouve la piste cyclable. À Lanaken, je m'arrête casser la croûte à l'ombre, puis je passe au bureau du tourisme qui est sur ma route. Il ouvre à 13 h et c'est l'heure où j'arrive. Belle coïncidence. C'est aussi l'heure d'ouverture de la bibliothèque qui est dans le même bâtiment et où je peux mettre à jour le site, échanger des messages avec Martine et chatter avec Simon qui est en pause pendant son stage.
Je poursuis ensuite jusqu'à Tongeren, qui est une ville assez importante. Avant de traverser la ville, je suis rattrapé par quatre jeunes cyclistes chargés, deux garçons et deux filles, qui me doublent sans s'arrêter alors que je fais une pause sous un arbre. Je les retrouve un peu plus loin, arrêtés à leur tour. Ils sont Français, de Lille, et reviennent de Cologne. Ils vont sur Bruxelles avant de rentrer chez eux. Nos routes se croisent là par hasard. Je leur laisse ma carte et je continue ma route.
Je traverse Tongeren en plein centre ville avec des rues pavées et plein de gens aux terrasses des cafés. Je me retrouve facilement sur la bonne route de l'autre côté. Le paysage change. Il y a moins d'arbres et c'est de l'agriculture intensive. Par contre, les villages sont moins denses. Le relief est aussi plus vallonné. Il faut que je me réhabitue après tout le parcours plat que je viens de faire depuis le Danemark.
La Belgique est flamande jusqu'à Liège. Quand j'arrive à la hauteur de cette ville que mon parcours évite, je trouve des indications en français et les gens me saluent en disant « bonjour ! ». Cela fait plaisir d'entendre parler français. Par contre, le paysage ne change pas beaucoup et il n'y a pas de camping. Finalement, en arrivant à Moxhe, je prends une petite route perpendiculaire à la nationale, traverse un petit village sympathique nommé Avin et jette mon dévolu sur un champ fraîchement fauché, en lisière des betteraves. Il accueillera ma tente pour la nuit. Il y a un cimetière à côté. J’espérais y trouver de l'eau, mais il y a juste une citerne et je n'ai pas confiance dans la qualité de l'eau. Heureusement, en partant ce matin j'avais prévu l'éventualité d'un bivouac et j'ai assez de réserve jusqu'à demain matin.
J'ai parcouru 122,7 km avec 462 m de dénivelé aujourd'hui, soit 6309 km avec 36574 m de dénivelé depuis le départ.
France
Avin (B) → Saint-Loup (82)
Du 25 juin au 4 juillet 2010 · 10 jours · 44 photos
Le parcours
Avin (B) - Fumay (08) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, je me lève avec le soleil. Dès sept heures, je suis sur la route. Je rejoins la nationale qui a déjà la circulation de ceux qui vont au travail de bonne heure. À Bierwart, je prends à gauche pour rejoindre la vallée de la Meuse. C'est une superbe descente de plusieurs kilomètres jusqu'à Andenne.
Là, je trouve une piste cyclable qui longe la Meuse jusqu'à Namur. En cours de route, je suis rejoint par un cycliste couché du coin, membre du forum Vélorizontal (Bendadou). On s'arrête faire une photo, on discute un peu, je lui remets ma carte, puis il file sans m'attendre après m'avoir donné des indications sur la suite du parcours jusqu'à Givet.
La vallée est très jolie et depuis la piste en bord de Meuse, on oublie les voitures. À Jambes, la banlieue de Namur, je reste sur la rive droite et prend la route pour Dinant. Il n'y a plus de piste cyclable dès qu'on quitte la ville, mais il y a peu de circulation, le gros du trafic passant par la nationale sur l'autre rive. À certains moments, la route monte dans la montagne et domine la vallée. Le paysage est très agréable. À Yvoir, je me trompe et je passe sur l'autre rive. Le cycliste rencontré ce matin m'avait dit qu'il y avait une piste cyclable de l'autre côté mais qu'elle était en mauvais état. Je tente ma chance quand même. En fait, il y a quelques tronçons vraiment exécrables avec des pavés qui sollicitent le matériel. Mais la majorité de ce parcours est très convenable.
C'est ainsi que j'arrive avant midi à Dinant. C'est une ville très touristique et très jolie, le long de la Meuse, avec des falaises et une forteresse perchée en haut. Je m'arrête au Syndicat d'initiative. On me signale qu'on peut accéder à internet à l'hôtel Ibis. J'y vais, mais il faut compter 5 euros pour un quart d'heure. Là, ils exagèrent. Je repars déçu.
Après un petit tour en ville, je reprends ma route en direction de la frontière française. Là, ce n'est plus pareil. Ça monte et ça descend, même fortement. Je passe en France juste à l'entrée de Givet. Je tente un coup de fil à la maison. Il n'y a personne. Comme il n'est que 15 h, je décide de continuer au moins jusqu'à Fumay. C'est là que j'ai prévu de quitter la vallée et je suis certain d'y trouver un camping. Après une petite pause près d'un cimetière où j'apprécie l'eau fraîche car la chaleur est étouffante, j'arrive à Fumay.
Je m'installe au camping à côté d'une tente de randonneurs à vélo. Je vais ensuite téléphoner en ville. Lorsque je reviens, mes voisins sont là. C'est un couple de Belges qui rentrent chez eux après un parcours en France, en Italie et en Suisse. Encore des rencontres sympathiques qui marquent ce voyage.
J'ai parcouru 110,9 km avec 876 m de dénivelé aujourd'hui, soit 6420 km avec 37450 m de dénivelé depuis le départ.
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Le parcours
Fumay (08) - Guignicourt (02) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Il va encore faire très chaud aujourd'hui. Je me lève tôt pour profiter de la fraîcheur. Mes voisins Belges émergent un peu plus tard, avant mon départ. Nous avons le temps de discuter un peu puis je quitte le camping après que nous nous soyons souhaité mutuellement un bon retour à la maison.
Je quitte la vallée de la Meuse pour rejoindre Rocroi. Donc, forcément, ça monte. Et même bien. La route grimpe dans la forêt. Les bas côtés sont tapissés de fraises des bois. Et l'ombre des sapins est bien fraîche, d'autant que le soleil ne chauffe pas encore beaucoup.
Après une bonne quinzaine de kilomètres de côtes et de descentes (les Ardennes c'est de la montagne), j'arrive à Rocroi. C'est une ville fortifiée en étoile avec une place centrale jonchée de pavés. C'est très joli, mais le matériel apprécie moyennement les vibrations. Je fais des courses au supermarché et je m'arrête à la boulangerie.
Je reprends ma route qui continue dans la forêt avec des montées assez fortes et des descentes aussi fortes et très longues. Avant Rouvroy, je sors de la forêt et le paysage change un peu. Il y a davantage de cultures et moins d'arbres. Par contre, il y a toujours des collines et la route monte et descend sous le soleil qui commence à taper fort.
À Novion-Porcien, je prends à droite une petite route qui me fera éviter le grand axe qui mène à Rethel et Reims. Les côtes sont toujours aussi lentes à monter et le soleil chauffe. Ce soir, je vais être bien noir car je suis en maillot de bain et tee-shirt. Heureusement, les descentes sont assez rapides pour bien me refroidir. À partir de Château-Porcien, je rejoins la vallée de l'Aisne. Je pensais que la route suivrait la vallée, mais pas du tout. Elle n'arrête pas de monter sur les collines pour redescendre à chaque village.
Je rejoins Neufchâtel-sur-Aisne que je m'étais donné comme objectif pour la journée. Il n'y a pas de camping ici. Un passant interrogé m'indique le camping de Guignicourt, à 6 km en aval. Ce n'est pas sur le parcours que j'ai prévu, mais le détour n'est pas énorme et puis peut-être que j'éviterai la traversée de Reims demain matin. Le camping est sympa, situé en bordure de l'Aisne. Après m'avoir vu arriver, un Hollandais vient me voir pendant que je monte la tente. Il me demande de m’asseoir sur le tricycle pour une photo, ce à quoi je consens bien évidemment. Nous discutons un peu et je lui explique mon voyage. Un quart d'heure après, il revient avec un verre et une bouteille de Bordeaux blanc. Il me remplit le verre, m'indique où est sa caravane, puis me laisse la bouteille déjà bien entamée pour que je la finisse. Voilà qui est vraiment très sympa.
J'ai parcouru 106,8 km avec 1073 m de dénivelé aujourd'hui, soit 6527 km avec 38523 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Guignicourt (02) - Sézanne (51) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Je me lève avant que le soleil ait pointé son nez au-dessus de la colline. Je quitte le camp alors qu'il a eu à peine le temps de chauffer la tente avant que je ne la plie. Au départ, j'avais prévu de passer par Reims, mais je laisse passer le carrefour qui m'aurait mis sur la nationale qui y conduit tout droit. Je m'aperçois de mon erreur un peu tard, alors je décide de couper par les petites routes pour rejoindre Épernay, sans passer par Reims. J'aurais peut-être mieux fait de faire demi-tour. La route est très jolie et passe de beaux petits villages, mais tout est en pente. Soit ça monte, soit ça descend. Et la pente varie entre 8% et 12%. Autant dire qu'en fin de matinée, je suis bien fatigué. En fait, c'est la route touristique du vin de Champagne, et elle passe dans les monts de Reims. Pour tout arranger, le soleil tape encore plus fort qu'hier. Heureusement que la zone est largement boisée et qu'on peut profiter de l'ombre de temps en temps.
Finalement, je retrouve une nationale qui mène à Épernay. Je m'arrête casser la croûte sur une aire de repos ombragée, puis je reprends mon chemin. Il y a encore de belles côtes mais la pente est un peu plus faible. En arrivant au bout de la zone des monts de Reims, on domine toute la vallée de la Marne, avec Épernay qui tapisse le fond. On profiterait davantage de la vue si le soleil ne chauffait pas autant. La descente est très rapide. Il faut bien serrer les freins pour ne pas s'emballer. En un rien de temps, je suis dans la ville. Je traverse jusqu'au centre, m'arrête le temps d'une photo devant la cathédrale, mais le soleil est si fort qu'on n'a qu'une envie, c'est de retrouver la fraîcheur des arbres.
Je rejoint la route de Sézanne et c'est également une très longue et forte montée. A mi-hauteur, je m'arrête sous les arbres le temps d'une courte sieste, histoire de laisser au soleil le temps de redescendre un peu. Je m'arrête faire le plein d'eau à Montmort-Lucy. L'accès au cimetière est sous le porche de l'église. Il y a une exposition de l'association locale de conservation du patrimoine. J'en profite pour interroger les personnes présentes sur la présence d'un camping dans les environs, bien décidé à m'arrêter dès que possible compte tenu de la chaleur. Le camping le plus proche est celui de Sézanne, à 25 km. Il est 17h30 et c'est faisable. Les gens présents s'intéressent à mon équipage et à mon histoire. L'un deux fait une photo qu'il promet de m'envoyer par internet, puis je reprends ma route.
La suite est sans histoire. Le soleil est encore bien chaud, mais il y a des passages très ombragés dans la forêt qui sont bien rafraîchissants. J'arrive au camping à 19h30, abruti de soleil. À peine arrivé sur mon emplacement, plusieurs personnes s'approchent pour voir mon vélo de plus près. L'un d'eux m'offre une bière. J'apprécie grandement la douche, bien qu'elle soit un peu chaude et non réglable.
J'ai parcouru 112,8 km avec 1323 m de dénivelé aujourd'hui, soit 6640 km avec 39846 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Sézanne (51) - Saint-Hilaire-les-Andrésis (45) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, je ne croise que la personne qui fait le nettoyage des sanitaires. Le camping est endormi. Je veux profiter des rares heures fraîches de la journée pour avancer un peu sans souffrir de la chaleur. Aujourd'hui elle s'annonce au moins aussi forte qu'hier.
Je traverse la petite ville de Sézanne qui s'éveille lentement. La route grimpe dans la forêt puis elle passe d'une colline à l'autre. Dès qu'on est en haut, il y a davantage de cultures. On est encore dans le domaine du champagne et les coteaux sont en grande partie couverts de vignes. Je m'attendais à être sur une route peu fréquentée, mais jusqu'à Nogent-sur-Seine, il y a régulièrement des poids lourds. Dans la descente avant Villenauxe-la-Grande, je bats mon record de vitesse en atteignant 74,7 km/h. Il faut dire que la pente était très forte avec la ville en bas. Heureusement, mes freins à tambour sont très efficaces et je peux maîtriser la situation. La seule contrainte, c'est que le revêtement soit correct pour assurer une bonne maîtrise de la trajectoire.
Juste avant d'arriver à Nogent-sur-Seine, je m'arrête en haut d'une pente pour faire une photo des aéroréfrigérants de la centrale électro-nucléaire qui dépassent des collines. Malheureusement, j'ai le soleil en face et la photo ne donnera rien. Je renonce. Au moment de repartir, un joggeur qui arrivait en sens inverse traverse la route pour venir me parler. Il s'entraîne pour un marathon et a déjà fait celui de New-York. Je lui laisse ma carte et il me souhaite un bon retour, puis nous repartons chacun dans notre sens.
À Nogent-sur-Seine, je m'arrête faire des courses pour garnir la cuisine, puis je quitte la ville par des petites routes sans circulation. Comme hier, le soleil tape de plus en plus. Heureusement, de temps en temps, un petit nuage fait un peu d'ombre. Je m'arrête près d'un petit bois pour casser la croûte. Au loin, les deux panaches blancs de la centrale n'arrivent pas à créer des nuages.
Je poursuis ma route quelques kilomètres, puis je décide de faire une sieste dans un petit bois dont l'ombre est la bienvenue. Lorsque je repars, il fait encore chaud, mais je voudrais bien arriver jusqu'à Courtenay ce soir. Je passe plusieurs petits villages et je m'arrête presque à chacun d'eux pour prendre de l'eau fraîche au cimetière. À Soucy, il y a plusieurs cimetières et j'ai du mal à en dénicher un. Je retourne sur la route principale que je suivais pour observer le plan que j'ai vu en passant. C'est alors qu'une voiture s'arrête et un homme du village me demande si j'ai besoin d'aide. Je lui dis que je cherche le cimetière pour prendre de l'eau. Il me propose de venir chez lui en chercher, puis comme il faut grimper dans le village, il me dit d'attendre à l'ombre et il revient 5 mn plus tard avec une bouteille de deux litres pleine. Après quelques échanges, je le remercie et je reprends ma route.
J'arrive à Sens en peu de temps car la route est surtout en descente entre Soucy et Sens. La traversée de la ville ne pose pas de problème. Le centre ville est très joli avec une grande cathédrale et de jolis jardins fleuris. Compte tenu de la chaleur et comme je ne suis pas certain de trouver un camping à Courtenay, je ne m'attarde pas. La route entre Sens et Courtenay est certainement une des pires que j'ai empruntées depuis le début. Il y a un gros trafic de poids lourds et, en plus, c'est quasiment tout en montée sauf à la fin. Je prends mon mal en patience et je fais plusieurs pauses lorsque je trouve un peu d'ombre.
Finalement, j'arrive à Courtenay juste avant 18 h. Pas de trace de camping. J'interroge un passant qui me dit qu'il y en a un à 4 km. Il m'indique la route qui n'est pas très compliquée. C'est un peu à l'Ouest par rapport à mon itinéraire, mais le détour n'est pas très important. C'est ainsi que je m'installe au camping de Saint-Hilaire-les-Andrésis. Il est tout petit et il y a peu de monde. Depuis que je suis arrivé à Courtenay, un gros nuage noir a commencé à boucher l'horizon côté Ouest. Finalement, il a juste fait baisser la température en occultant le soleil, mais l'orage que je craignais ne s'est pas manifesté.
J'ai parcouru 113,6 km avec 881 m de dénivelé aujourd'hui, soit 6753 km avec 40727 m de dénivelé depuis le départ.
12:28
Le parcours
Saint-Hilaire-les-Andrésis (45) - Mehun-sur-Yèvre (18) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, le temps est très couvert. Le soleil trouve quand même un trou entre les nuages, mais j'ai déjà plié la tente. Trop tard pour le séchage. Je pars très tôt pour profiter de la fraîcheur. Je suis en tee-shirt dès le départ. Il fait lourd. Une petite route déserte me ramène sur mon itinéraire qui suit, lui aussi, des petites routes peu fréquentées. Il y a peu de pente et ça roule bien, même si les villages sont dans des creux qu'il faut remonter après les avoir passés. Je traverse Chuelles, Châteaurenard, puis Châtillon-Colligny. Tous ces noms résonnent à ma mémoire car j'ai vécu cinq ans dans le coin.
Avant Gien, je rejoins une route plus fréquentée, mais elle est très large et le trafic n'est pas très dense. Une quinzaine de kilomètres plus loin, j'arrive à Gien que je connais bien. Je m'arrête en plein centre ville, juste avant le pont sur la Loire et je vais à l'office du tourisme. Un ordinateur est à la disposition des visiteurs, ce qui me permet de mettre le site à jour et de répondre à quelques messages. Ensuite, je passe un coup de fil à la maison pour annoncer mon arrivée prochaine.
Je reprends ma route en passant le pont sur la Loire. Ensuite, il faut quitter la vallée et ça monte un peu, mais les pentes ne sont pas très importantes. Je m'arrête casser la croûte un peu plus loin à l'ombre des platanes, puis je continue. La route jusqu'à Aubigny-sur-Nère n'est pas très agréable. Il y a beaucoup de circulation et il fait un peu chaud, même si le soleil est encore caché par les nuages. À partir d'Aubigny, je prends la route de Vierzon. Il y a déjà moins de monde et surtout, je suis la plupart du temps sous l'ombre épaisse des arbres qui apportent une fraîcheur réconfortante, car le ciel se dégage peu à peu et le soleil tape fort. Je m'arrête dans plusieurs villages afin de faire le plein d'eau fraîche.
À Neuvy-sur-Barangeon, je prends à gauche une petite route peu fréquentée et toute plate. En plus, le revêtement est bon et je file vite. J'y croise quelques cyclistes qui font une sortie de fin d'après-midi. À Vouzeron, je prends la petite route qui mène à Mehun-sur Yèvre où je compte m'arrêter ce soir. Je passe devant un joli château entouré de forêt. La route est sinueuse. Elle monte et descend au gré des collines. Par contre, je n'y croise quasiment personne.
Dans un petit village, il y a une pancarte un peu oxydée qui signale "Le gué Lasnier". La légende raconte qu'il y a très longtemps un devin avait prédit la venue d'un énergumène sur un vélo bizarre à trois roues. Personne n'y a cru, mais ils ont quand même donné le nom du phénomène à un gué. Depuis la pancarte a vieilli. Lorsque je suis passé, je n'ai vu personne. Peut-être que tous ceux qui ont attendu ont trépassé. Le village s'appelle La Minauderie. Était-ce prédestiné ?
Finalement, j'arrive à Mehun-sur-Yèvre un peu avant 19 h. Je trouve une piste cyclable sur la route principale qui relie Vierzon à Bourges et à quelques centaines de mètres se trouve le camping municipal où je m'installe pour la nuit.
J'ai parcouru 130,4 km avec 983 m de dénivelé aujourd'hui, soit 6884 km avec 41710 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Mehun-sur-Yèvre (18) - Crozant (23) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, le ciel est un peu couvert. Le vent d'hier soir, qui a séché mon linge en peu de temps, est tombé. Le soleil pointe son nez timidement, mais c'est encore une journée chaude qui s'annonce. Dès que je pars, je suis en tee-shirt. Les parcours à l'ombre sont encore un peu frais, mais très vite, la température monte. Mon trajet emprunte les petites routes. Il n'y a pas de trafic, à part les quelques voitures de ceux qui se rendent à leur travail.
Jusqu'à Issoudun, la route suit les collines au milieu des champs de céréales. Il y a quelques zones boisées, mais elles sont en général à l'écart de la route. Heureusement, il ne fait pas encore assez chaud pour que je puisse souffrir de la température qui monte progressivement. Avant Mers-sur-Indre, il y a un beau passage dans la forêt. Heureusement car la route monte progressivement et le moteur pourrait chauffer.
J'arrive dans le pays de George Sand. Ma route passe juste à côté de la mare au diable, qui a inspiré le célèbre roman. Il y a un panneau explicatif et un petit sentier serpente jusqu'à la mare. Un peu plus loin, à Cluis-Dessous, se trouvent les ruines d'une forteresse des XIème et XIIème siècles, avec derrière une petite chapelle restaurée.
En approchant de la Creuse, le relief devient beaucoup plus tourmenté. C'est une succession de montées et de descentes, pratiquement sans zone plate. Et les pentes sont assez fortes, au moins 5% à chaque fois. Comme il y a des virages, c'est souvent impossible de prendre de la vitesse dans les descentes pour faciliter la montée qui suit. Il faut prendre son mal en patience.
En fin d'après-midi, je rejoins la vallée de la Creuse. Je suis dans une zone que je connais bien, l'ayant parcouru dans ma jeunesse pendant les vacances. Ici, tout est vertical. La vallée est très profonde et il y a des côtes partout. En plus, le soleil tape. Heureusement que c'est assez boisé et que l'ombre n'est pas avare. Mon parcours se termine par le passage de la vallée à Crozant. C'est d'abord une grande descente pour atteindre la rivière là où se trouve le départ de la vedette qui promène les touristes jusqu'au barrage d'Éguzon, puis une lente montée sous les arbres jusqu'aux ruines du château de Crozant où je m'arrête pour une photo. Suit une nouvelle descente jusqu'à la Sédelle, petit affluent torrentueux qui se jette dans la Creuse au pied des ruines et que j'avais l'habitude de descendre en kayak, à la saison où il y avait assez d'eau, avec des amis du village de mes parents.
La fin du parcours est une lente montée pour s'extraire de la vallée jusqu'au plateau. Les pentes sont entre 5% et 8%, avec deux passages à 10%. Heureusement, l'essentiel est sous les arbres avec une belle vue sur la vallée entre les feuillages. Une fois en haut, je retrouve le soleil et les derniers kilomètres sont très chauds, car ça monte encore un peu.
À l'Âge-Quatre-Maux, petit lieu-dit de la commune de Crozant, j'ai droit au comité d'accueil. Mes parents ont invité des amis pour assister à mon arrivée. Une séance de photos est organisée devant leur maison. Comme il fait encore chaud, on se retrouve vite à l'intérieur à déguster des boissons fraîches. D'autres invités arriveront plus tard et les festivités se termineront à la nuit tombée.
J'ai parcouru 116,5 km avec 891 m de dénivelé aujourd'hui, soit 7000 km avec 42601 m de dénivelé depuis le départ.
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Jour de repos
Le parcours
Crozant (23) - Flavignac (87) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin, le ciel est d'un bleu pur. Pas un nuage. Il va encore faire bien chaud. Je quitte mes parents vers 7 h après qu'on ait discuté un peu avec le voisin. Le village est au sommet d'une colline, alors forcément, je commence par une descente. L'air est encore un peu frais, mais je n'ai pas le temps de prendre froid. La Creuse, c'est des descentes et des montées. On est vite rappelé à l'ordre si on l'oublie.
Je connais bien cette route qui serpente dans les collines. La traversée de La Souterraine est facile car je ne rentre quasiment pas dans la ville. Ensuite, il faut de nouveau grimper pour s'extraire de la vallée. La suite est aussi vallonnée et les pentes s'accentuent même, lorsque je passe les vallées de la Gartempe et du Rivalier. C'est long et ça grimpe jusqu'à 10%. Les genoux n'apprécient pas, par contre, le paysage est très joli lorsqu'on est en haut.
À Razès, je rejoins l'autoroute et ma route fait une partie de cache cache avec elle. Un coup par dessous, un coup par dessus. On suit le même chemin sauf que le mien est plus tortueux et plus pentu. Toutes les pentes dépassent 5%. Je le savais en choisissant cet itinéraire. Il suffit de prendre son mal en patience et de faire des pauses de temps en temps. Vers midi, le temps se couvre et j'apprécie de ne plus monter au soleil, mais ça ne dure pas plus d'une heure. Le ciel bleu reprend vite le dessus.
Finalement, j'arrive à Limoges. La traversée de la ville est comme toutes les autres. Pleine de voitures. Le parcours n'est pas très simple car il faut passer la zone industrielle Nord avec tous ses camions. Finalement, j'arrive au centre ville. Il y a une déviation pour Périgueux, mais comme j'ai choisi de ne pas suivre la route principale, je prends la route prévue qui suit la vallée de la Vienne. Il y a quand même pas mal de circulation car la route n'est coupée qu'à 9 km et les gens du coin savent qu'ils peuvent passer sur l'autre rive de la Vienne à compter de la zone barrée. Je fais au jugé et je les suis. Finalement, la route de l'autre côté mène exactement à l'endroit où j'avais prévu d'aller. Il y a encore plein de côtes.
Au petit village de Beynac que j'atteins après une montée éreintante, je m'arrête au cimetière faire le plein d'eau car je ne suis pas certain de trouver un camping ce soir. Je passe les villages qui suivent, puis je m'arrête dîner au bord de la route, bien décidé à rouler assez tard pour profiter de la fraîcheur, d'autant que le ciel s'est bien couvert. Finalement, j'arrive à Flavignac qui est sur un chemin de Compostelle. Là, il y a un camping. Il est un peu plus de 20 h et il n'y a personne. Il n'y a pas de campeurs non plus. Les sanitaires sont en travaux, mais il semble qu'une partie soit en service. Près de l'accueil, un mot indique qu'on peut s'installer et que quelqu'un sera là entre 7 h et 9 h du matin. Je me fais confirmer tout ça par des gens de la municipalité venus visiter l'avancement des travaux. Il ne me reste qu'à monter la tente, prendre une douche (l'eau chaude est à volonté), faire un peu de lessive et me mettre au lit. Encore une journée bien remplie avec beaucoup de montées bien raides.
J'ai parcouru 105,4 km avec 1255 m de dénivelé aujourd'hui, soit 7106 km avec 43856 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Flavignac (87) - Lamonzie-Montastruc (24) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Cela a commencé à 1 h du matin avec une petite pluie. Puis, j'ai entendu gronder l'orage au loin. Il ne s'est jamais approché mais il a plu tout le reste de la nuit. Lorsque je me lève ce matin, le ciel est tout gris et il ne pleut plus, mais la température reste assez élevée. Le temps de ranger, il retombe une petite pluie fine peu dense, puis ça se calme. Je peux plier la tente après avoir épongé la toile. Je quitte le camping vers 7h15. Tout est désert. Contrairement à ce qu'annonce le panneau à l'entrée, il n'y a personne à la réception. Tant pis, je n'attends pas n'étant pas certain que quelqu'un vienne.
Je reprends ma route qui monte dans les collines. Le temps est très brumeux et humide, mais à part un bref instant, il ne pleuvra pas aujourd'hui et le soleil restera caché derrière les nuages une grande partie de la journée. Finalement, je décide de rejoindre la nationale 21 en me disant qu'en ce week-end de départ en vacances, il ne doit pas y avoir de poids lourds. Je la rejoins à Châlus. Effectivement, il y a peu de circulation. Juste quelques vacanciers et quelques locaux. Je décide de continuer sur cette route où les pentes sont plus faibles et le revêtement meilleur. La descente sur Périgueux est un vrai toboggan de plusieurs kilomètres. À la sortie de Trélissac, il y a une superbe piste cyclable du même niveau que ce que j'ai trouvé aux Pays-Bas ou en Allemagne. Seulement, elle ne dure que 1 km et ensuite, on continue avec les voitures jusqu'à Périgueux. Dommage. C'est aussi là que j'entends mes premières cigales de la saison.
La traversée de Périgueux se fait sans problèmes en une demi-heure. La route de Bergerac est plus tourmentée qu'avant Périgueux. Les pentes sont plus fortes et plus longues. Il faut prendre son mal en patience. Pour tout arranger, le soleil tente une percée entre les nuages. La température, déjà élevée ce matin, monte nettement dans l'après-midi. Si j'ai bien avancé dans la matinée (à midi j'avais déjà parcouru 60 km), j'ai l'impression de me traîner cet après-midi. J'avance malgré tout. Finalement je m'arrête à un camping situé au bord de la nationale, une dizaine de kilomètres avant Bergerac, près du village de Lamonzie-Montastruc. Il n'est pas très tard et je peux profiter de la soirée pour me reposer un peu.
Je ne suis plus qu'à 90 km d'Agen en passant par Villeneuve-sur-Lot. Je vais donc prendre cette option plutôt que de rejoindre le canal à Marmande, car elle me permettra d'arriver demain soir à la maison.
J'ai parcouru 117,4 km avec 1117 m de dénivelé aujourd'hui, soit 7223 km avec 44973 m de dénivelé depuis le départ.
Le parcours
Lamonzie-Montastruc (24) - Saint-Loup (82) : voir le parcours sur OpenRunner
Le récit
Ce matin le ciel est tout bleu mais on devine la naissance d'une bande nuageuse côté Sud. Des volutes de brume s'élèvent lentement au-dessus du lac. Rien ne bouge dans le camping et je ne verrai personne avant de partir. En une heure, j'ai tout plié, déjeuné et fait ma toilette. J'appuie sur le bouton qui ouvre le portail électrique du camping et je reprends la route vers le Sud. Il fait frais, mais le soleil commence à chauffer très tôt. Je rejoins la déviation de Bergerac et, comme j'ai décidé de piquer directement vers Agen, je ne rentre pas dans la ville. Il n'y a pas un chat sur la route. Je m'arrête passer un coup de fil à la maison pour prévenir de mon arrivée pour ce soir et donner rendez-vous à ceux qui le souhaitent vers 16 h à Agen sur le Canal des Deux Mers, au niveau de la route de Pont-du-Casse. Manu se chargera de la mise à jour de la page d'accueil du site.
Au bout d'un certain temps, je rattrape la zone nuageuse qui me protège des rayons chauds du soleil. C'est très bien car je peux rouler sans trop cuire. La route est très correcte avec un revêtement bien lisse et des pentes pas trop difficiles. À Castillonnès, une voiture s'arrête juste avant moi et je vois descendre Alain, un ancien collègue de travail. Il me dit qu'il m'a croisé en se rendant à Bergerac un peu plus tôt et qu'il espérait bien me retrouver en revenant, même s'il craignait que je prenne une autre route. Nous discutons un petit moment, puis je repars. Il me double quelques minutes après et s'en va après un dernier salut.
Quelques kilomètres plus loin, je vois une voiture s'arrêter à gauche. Deux personnes et un enfant descendent et viennent vers moi. Je traverse la route et je m'arrête auprès d'eux. Intrigués par mon vélo, ils ont envie de discuter un peu. Nous échangeons quelques minutes et je reprends la route après leur avoir laissé ma carte. Le reste de la matinée passe sans difficulté. Je casse la croûte juste avant Villeneuve sur Lot. Lorsque je repars, la bande nuageuse qui me protégeait du soleil glisse peu à peu vers le Sud. La température remonte nettement. Je contourne Villeneuve-sur-Lot puis j'arrive sur une voie rapide en construction. Il n'y a qu'une demi-largeur en service et je peux l'emprunter avant qu'elle soit interdite aux vélos. Par contre, le soleil y est plus fort et il n'y a pas d'ombre.
Au bout de la voie rapide, je m'arrête à Saint-Antoine-de-Ficalba pour faire le plein d'eau au cimetière. L'eau fraîche est la bienvenue. Quelques kilomètres plus loin, je quitte la nationale pour passer par Laroque-Timbaut et rejoindre la route de Cahors à Agen qui m'amène du bon côté pour prendre la piste cyclable du Canal des Deux Mers. La route descend doucement jusqu'à Pont-du-Casse et elle est assez ombragée. Il y a peu de circulation et c'est très agréable. Finalement, j'arrive à Agen et au canal vers 15h30, une demi-heure avant l'heure que j'avais annoncée ce matin. Personne n'est là pour m'attendre. Je patiente quelques minutes abrité du soleil sous le pont, puis je prends la piste direction le Sud, dans l'espoir de rencontrer ceux qui souhaitent me rejoindre.
Au niveau du petit port de Montalembert à Boé, je m'arrête quelques minutes pour faire le plein d'eau sous le regard intrigué des cyclistes de passage. C'est à Saint-Jean-de-Thurac que je vois apparaître un cycliste qui me fait de grands signes de loin. C'est Manu qui vient à ma rencontre. Martine et Sarah sont un peu plus loin près du camping-car. Elles m'attendent avec une bière fraîche et quelques fruits. Après quelques minutes de repos, je reprends mon chemin accompagné par Manu. Le camping-car retourne m'attendre à la maison. La suite est facile sur un parcours que je connais bien. Un dernier effort pour monter la côte de Saint-Loup, sous les feux de l'appareil photo de Dominique, le correspondant local de La Dépêche du Midi qui a lu l’information de mon arrivée sur le site internet, et je suis arrivé à la maison. Ici se termine ce voyage de 7300 km en trois mois. Ironie du sort, le lendemain matin, je trouverai la roue avant gauche du tricycle à plat. C'est la huitième crevaison.
J'ai parcouru 125,7 km avec 1127 m de dénivelé aujourd'hui, soit 7349 km avec 46100 m de dénivelé depuis le départ.
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